From Louisiana to New York via …..Geneva.

Mama Rosin New York 10These three are decidedly untenable. No sooner had Mama Rosin got back from New York where they’d recorded their new studio album under the aegis of Jon Spencer, that they announced the release of three screen-printed limited editon singles. The first recording by the Souchet brothers (same line-up but without drummer Xavier Bray) is also awaited before Christmas. Guitarist and banjo player, Robin Girod, is very chatty on skype – it’s kind of normal since his head is still a bit in the USA.
How did you meet Jon Spencer?
Robin Girod : Jon Spencer plays with Matt Verta-Ray in an incredible rockabilly band called Heavey Trash. It’s real rockabilly, fine and subtle, never vulgar. His Swiss tour manager, David Schindler, gave him a bunch of Swiss CDs to listen to including ours. Once back home, Jon Spencer called him to say that he’d really liked our stuff. He suggested that we do the start of a small German tour with him as part of Blues Explosion. We had a great time together. On the last day, Jon asked us to do some recording with him at his studio in New York. We weren’t expecting any of this since up until then our relationship had been very professional.
Mama Rosin New York_3Are you scared about working with someone of this stature?
Robin Girod : We were scared beforehand, but we were also very excited about recording and playing together. Once we saw the place we were even more excited. Jon Spencer has a studio from back in the day, everything is analogue just like we like it and he shares it with Matt Vera-Ray and Iggy Pop’s drummer. We were stunned to be hanging out with people of this calibre. They were very modest, much more so than the Europeans. Jon behaved like a surgeon or possibly more like an old savant. He let us climb on board a truly fantastic ship. There was a piano and a vibraphone. He told us to try out whatever we liked. We worked nine hours non-stop everyday with a short pause and then it was over. Even if we felt like staying longer in order to work on a difficult part, he’d force us to sleep on it and come back the next day with a rested head.
The result?
Robin Girod: We’d gone with the idea of making a really different album. Whereas in fact, we made something which is an extension of our “Voodoo Rhythm” LP, but with two years of experience added on, a few rock tracks and also some rather sad ballads.
Why do you keep on bringing out limited edition vinyl tracks at the same time?
Mama Rosin New York 8Robin Girod: It’s a bit of a joke we’ve got going on with MP3 and downloading. Of course we download stuff too, but we like to put out these little hidden gems that would otherwise get lost. They bear witness to a tour or to a specific moment in our group’s existence.

(Translation Beatrice Venturini)

The new Mama Rosin, “Bye Bye Bayou” is out since november and will be released in France early 2013. You can listen and buy their music on bandcamp.

Mama Rosin will tour France and Europe at the same period.

Les judicieux mélanges de Label Suisse

RoninDu 13 au 15 décembre,  Label Suisse a frappé un grand coup en investissant les clubs Lausannois. Plus que jamais le festival gratuit bisannuel a mélangé les genres. A signaler en particulier une soirée jazz qui a démarré au D’Club avec l’incroyable Nik Bärtsch et son groupe Ronin. Jouant sur les répétitions, les modulations, les combinaisons infinies de phrases musicales, ce groupe tient sur l’incroyable précision de ses musiciens. Mention spéciale au leader de l’ensemble ainsi qu’au batteur Kaspar Rast et à la personne aux lumières, dont les changements d’éclairage semblaient être calculés au centième de seconde.

Guillaume PerretA peine le temps de souffler et de s’extraire du temple de la dance music qu’il faut se précipiter de l’autre côté de la rue, à la Mecque du rock (Le Romandie) pour voir Guillaume Perret se déchaîner sur son sax et ses pédales d’effets. Que dire ? Par moment on a l’impression que son souffle part de ses tripes, le transperce et se transmet comme une onde à l’entier du public, sous le choc. La classe. « En plus du mélange des styles, cette édition a mélangé les publics, souligne Marc Ridet coordinateur et âme pensante de ce Festival dans lequel on croise aussi des programmateurs de haut vol (Jazz à Montréal, les Eurockéennes, les Nuits du Botanique). A l’église Saint-François le samedi la prestation de Francesco Salis et de la chanteuse de gospel La Velle Duggan puis celle d’Olivia Pedroli furent remarquées. « Le festival a prouvé que la musique suisse fédérait le public suisse. Avant les Romands avaient tendance à se tourner culturellement vers la France. Maintenant, ils sont plus sensibles à ce qui se fait en Suisse allemande. Paradoxalement, les Suisses allemands chantent d’ailleurs désormais pour la plupart en anglais ! »

Pas étonnant dès lors, que deux des groupes les plus remarqués furent deux groupes hybrides, tous deux originaires de Genève. The National Fanfare Kadebostany et son mélange de cuivres, de techno et les Mama Rosin qui conjuguent bayou et énergie punk !

>Ecoute et extraits des concerts sur le site de la RTS.
>Ecoute de la compilation numérique Label Suisse ici!
>Et encore le festival vu par les Français avec le reportage audio de Solnix écoutable sur le site Internet de Télérama.

Live report, Rusconi à Paris le 11/12

Rusconi_2Grooves délirants, improvisations sans bornes et incursions pop effrénées : le Sunside a eu du mal à se remettre du passage du power trio Rusconi.

Curieux paradoxe : pour célébrer la sortie de son troisième album « Revolution » (Beejazz), qui déjoue encore plus les règles du jazz traditionnel, Rusconi se présente au Sunside, gardien d’une certain forme d’orthodoxie jazz. Voir ces trois sales gosses Suisses-Allemands prendre des libertés pop et expérimentales dans ce temple parisien policé était d’autant plus réjouissant que le public s’était déplacé en nombre, alerté par nombreuses les critiques élogieuses publiées, entres autres, dans Libération ou les Inrocks. De quoi faire saliver le malicieux Stefan Rusconi (« c’est mieux que de jouer dans une salle vide », tentera-t-il, jamais à court de blague malgré son français hésitant). Le pianiste ne laissera guère de répit à la salle. D’emblée, il attaque avec un morceau très groove qui le verra pourtant quitter vite son clavier pour farfouiller directement dans les cordes, en Thurston Moore du piano à queue, sous les yeux possédées du bassiste Fabian Gisler.

Voilà le leitmotiv de ces deux sets de 70 minutes : détourner l’instrument de sa fonction première pour libérer leur inventivité sans complexe, se muant peu à peu en power trio, plus proche du « rock instrumental » que du jazz. Sur « Change, Part 1 », Rusconi lancera des ambiances sur une guitare électrique (avec archet et bottleneck), le batteur Claudio Strüby à la basse et le bassiste… au boucle hypnotiques de piano. Une apologie de l’irrévérence qui prendra tout sens sur « Alice in the Sky » (« un mélange de Lucy in The Sky et d’Alice au pays des merveilles, avec des cuillères dans le piano », résumera Strüby, hilare), monument de jazz spatial déconstruit, sur les solos, habités et habitants, où sur l’intermède « vinyle » : un drôle d’exercice de style, où un membre du groupe fait écouter un morceau de son choix (en l’occurrence, « Wrong », de Depeche Mode »), avant que le trio improvise sur le thème. Et pour achever de défriser le public du Sunside, Rusconi concluera la soirée par un clin d’œil à son album précédent en reprenant magistralement le « Hoarfrost » de Sonic Youth. Pas étonnant que pour son prochain concert parisien, le groupe devrait se présenter dans une salle habituellement réservée à la pop, le Café de la Danse, en mars.

Plus d’infos par ici: rusconi-music.com

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Départ en foudre pour Label Suisse

Velvet-Two-StripesHier soir, Label Suisse a investi le studio 15 de la Radio Suisse romande. De quoi nous rappeler qu’en 2004, lors de la première édition du festival, c’était toute la maison de la radio de La Sallaz qui avait ouvert ses portes aux artistes suisses. Depuis, le festival lausannois a grandi de façon exponentielle chaque deux ans, jusqu’à atteindre son apogée en 2010 lorsqu’il investissait l’ensemble de la place de l’Europe et du Flon, tel un open air urbain.

En 2012, Label Suisse a fait du régime. Ce qui n’est pas pour nous déplaire. Il investit désormais les principaux clubs de la ville  (Le Bourg, le Romandie, le D ! Club, les Docks). « L’avantage de cette nouvelle formule est que cela nous permet d’être plus pointu explique Laurent Pavia, rédacteur en chef adjoint de la rédaction musique à la RTS, on n’a plus besoin de chercher une tête d’affiche qui attire 6000 spectateurs ».

Au Studio 15, ce sont donc les Saint-Galloises de Velvet Two Stripes qui donnent le coup d’envoi. Une vraie découverte. Trois très jeunes filles – une blonde, une rousse et une noiraude – côte à côte au centre de la scène. Une caisse claire, un clavier, un synthé, une basse et un ordinateur portable constituent l’essentiel de leur instrumentation. Sara Diggelmann à la chevelure rousse tient la guitare. Sa sœur, la blonde platine Sophie, le micro et Franca Mock les claviers. Mais chez les Velvet Two Stripes rien n’est vraiment fixe. La chanteuse peut devenir batteuse et le clavier se mettre à chanter. Autour de leur instrumentation minimale, les trois jeunes filles tournent et se relayent, traversées par la même énergie viscérale. Leur premier single « Supernatural » semble défier les lois du son alors que leur dernière composition « Fire » est un blues psychédélique de la meilleure facture. A la fin de leur concert, le public est chaud bouillant. Et la carrière de ces trois-là, entamée il y a une année, semble vouée à un avenir fulgurant.

A voir la vidéo ci-dessous et à télécharger gratuitement ici le morceau Hellbound.

Des extraits du concert d’hier soir sont également visibles sur le site de la RTS.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=a_zc_Fo3DVc]

Soraya, entre la Suisse et la Tunisie

Soraya & Maxime SteinerLe gros stress d’un artiste est souvent d’être face à une salle frappée d’inertie. Il doit alors en faire des tonnes jusqu’à ce que les gens se lèvent de leurs chaises et se mettent à bouger. Le 15 novembre 2012 au Lido Comedy Club à Lausanne, Soraya Ksontini prend les choses à l’envers. A peine le premier morceau terminé, elle s’accroupit et demande aux gens de s’asseoir par terre. Sa façon à elle de les faire entrer dans son univers intime et particulier.

Car l’univers de Soraya Ksontini est très particulier. Ce concert lausannois célébrait la parution de son premier EP de quatre titres, « Soraya & Me ». Un trio polyvalent avec Maxime Steiner à la guitare et aux claviers, Felix Bergeron à la batterie et aux percussions et Soraya Ksontini qui jongle avec deux micros pour juxtaposer ses différentes parties vocales. Des comptines apparemment simples, mais qui oscillent entre chanson française, arabe et folk et dans lesquelles sourdent anxiété, inquiétude, interrogations. Soraya Ksontini est née de parents tunisiens à Lausanne. Elle chante depuis son plus jeune âge; sans perdre la tête. Elle participe à la Star Academy Maghreb en 2004 avant de se lancer dans des études de relations internationales, puis d’anthropologie.

Depuis 2006, elle affine son projet solo. Les quatre titres de son EP ne tombent donc pas du ciel,mais ont été longuement mûris. Surtout depuis qu’elle travaille avec le réalisateur Maxime Steiner (Trip’In, Aliose). Avec lui, elle a passé des heures dans son studio de Gland, à deux pas des voies ferrées, à chercher des sons sur des instruments orthodoxes, mais aussi sur des machines à café, tuyaux, billes et clous. A chaque fois que le train passe, il faut s’arrêter. Puis recommencer. Quelques mois plus tard, elle en ressort avec ces quatre drôles de ritournelles : une berceuse pour adulte (« Ya Weldi »), un titre inspiré par Woody Allen (« Woody & Moi »), un autre par une photo angoissante (« Odorantes ») et un blues de son crû (« Red Night Blues »).

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Pour le moment, Soraya Ksontini fait tout toute seule, mais elle est à la recherche d’une vraie structure de production qui pourrait la prendre sous son aile. Elle a beaucoup d’autres morceaux dans son escarcelle. Qu’on se le dise…

Les quatre morceaux de Soraya sont disponibles sur Itunes et dans les Fnac de Suisse