MHBCW, 3 questions à Thom Luz

MHBTCW_press_portrait_pixlrAlors que le deuxième album de My Heart Belongs to Cecilia Winter (MHBCW), « Midnight Midnight », s’apprête à sortir en France, Thom Luz fait le point sur son groupe, nouveau  héraut de la pop romantique suisse. My Heart Belongs to Cecilia Winter est en concert ce soir au Festival Rock oz’Arênes d’Avenches. Lui succèdera sur scène, Bonaparte et son combo punk-rock-electro délirant.

Les gens qui vous connaissent citent toujours l’influence des Raveonnettes sur votre musique… mais la liste est bien plus longue, non ?
Thom Luz : Tout à fait. Je suis devenu complètement obsessionnel à propos des Raveonnettes, il m’est même arrivé de suivre leur tournée sur une dizaine de dates ! Je trouve qu’ils sont tout simplement parfaits, avec une combinaison idéale entre profondeur et superficialité, entre la brutalité du noise et une pop presque kitsch. Jesus and Mary Chain, en plus raffiné. Mais je me nourris de beaucoup d’autres choses : la pop canadienne, que ce soit Timber Timbre, Broken Social Scene ou Arcade Fire pour les ambiances. Grandaddy ou Conor Orbest me guident pour la composition. Quand j’étais plus jeune, par contre, je ne pouvais me passer des Smashing Pumpkins… j’étais même à la limite du harcèlement de Billy Corgan. En y réfléchissant, aujourd’hui, j’aimerais bien qu’on me harcèle, être un rêve pour un adolescent!

Justement, les textes de MHBVW sont souvent inspirés par une certaine forme de nostalgie adolescente.
Thom Luz : Oui, je pense qu’on peut dire cela. La tristesse et la nostalgie sont des thèmes centraux pour moi. Retrouver l’ingénuité de l’adolescence est un vrai moteur pour mon travail artistique – ce qui nous a touché dans notre enfance, il faut les défendre pour toujours. Du coup, même si j’essaie de rester optimiste dans les textes, je cultive un peu le romantisme de l’échec, des amours ratés de jeunesse, du pardon. Même quand je fais une chanson sur la série Game of Thrones, « Battlescar », je ne peux m’empêcher d’évoquer l’amour et la peur de grandir ! L’avantage, pour le groupe, c’est ce que ce romantisme-là s’accommode bien avec notre théâtralité, sur scène,  ou nos harmonies vocales. Tant pis pour ceux qui nous trouvent un peu kitsch.

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Ce sont des thématiques que l’on retrouvera sur le troisième album?
Thom Luz :  Pas forcément. Nous avons commencé à travailler sur de nouveaux morceaux, mais sans pour autant savoir réellement quelle direction nous allons prendre, à part pour le son. Notre deuxième album a été fait avec beaucoup de moyens et au final, il a été un peu trop « produit ». Cette fois-ci nous essayons de chercher à être plus direct et franc, en nous laissant plus de marge d’erreur pour l’enregistrement. Mais il est trop tôt pour dire si nous allons continuer à faire de la « teenpop romantique ». et en même temps, c’est notre identité, pourquoi la changer ?

Jazz à califourchon

Pommelhorse 3« Pommelhorse signifie en anglais ” cheval d’arçon “. Le nom nous plaisait car cette discipline de gymnastique est précise comme notre musique. Et puis, cela nous donne un point de repère amusant pour toute notre communication », explique le clarinettiste Lukas Roos. PommelHORSE, ce sont donc cinq musiciens bernois, ex-étudiants de l’école de jazz, mais tous issus d’horizons différents. Électro pour les claviers, rock pour la basse, classique pour la clarinette, heavy metal pour le batteur et blues-jazz pour le sax. Ensemble, ces cinq-là pratiquent une drôle de fusion où chaque chanson évoque une histoire et chaque musique l’ambiance de cette histoire… Parti en tournée en Inde à la fin de l’année dernière, Lukas Roos est encore excité à l’évocation de ce concert devant un stade au Congosquare Jazzfestival. « Nous nous sommes rendu compte de la dimension pop de notre musique ! » Jouant acoustique, mais utilisant des effets de distorsion et de retard, Pommelhorse propose une musique en mutation sur des rythmiques étonnantes.
Pommelhorse en concert le 10 août 2013 au Festival Hors tribu de Môtiers (CH)

Orioxy, vainqueur du Tremplin Jazz d’Avignon!

Grand prix_AvignonIls sont venus, ils ont joué, ils ont vaincu: je vous présentais hier le groupe israëlo-genevois Orioxy à l’occasion de son passage au Tremplin Jazz d’Avignon. Je reçois aujourd’hui un mail pour me dire qu’ils ont séduit les quatorze professionnels du jury dont Pascal Bussy, directeur d’Harmonia Mundi et Franck Bergerot, rédacteur en chef de Jazz Man Mag. A la clef, un concert en première partie d’une tête d’affiche lors du Tremplin Jazz 2014. Pour info, ont été programmés cette année au Festival Bojan Z, Roberto Fonseca et quelques autres… Et surtout, un enregistrement et mixage au studio de la Buissonne, l’un des plus prestigieux studio de France. Bravo à Yaël Miller, Julie Campiche, Manu Hagmann, Roland Merlinc! On se réjouit d’ores et déjà du futur enregistrement.

Suisses d’ailleurs: Orioxy

Orioxy 2_300dpiRares sont les Suisses qui n’ont que du sang suisse qui coule dans les veines. Entre les vagues d’immigration économique (italienne, espagnole et portugaise) et les vagues de réfugiés, la Suisse se métisse. Cela se sent aussi dans sa musique. Le CD Swiss Vibes 2013 propose quatre projets radicalement différents, emmenés par des artistes qui ont élu résidence en Suisse ou qui sont nés de parents immigrés. Le premier chapitre de cette série est consacré à Orioxy, quartette genevois atypique.

La première, Yael Miller, est Israélienne, chanteuse et pianiste, arrivée en Suisse pour des raisons de cœur. La seconde, Julie Campiche, est une harpiste genevoise aventureuse. Assistées d’un bassiste et d’un batteur, les deux musiciennes se sont lancées dans l’ambitieux défi de créer un « spectacle de folklore urbain imaginaire ». Leur nom, Orioxy, ne veut pas dire grand-chose, mais il a l’avantage de leur laisser toute liberté de construire et de déconstruire. Un peu comme une pâte à modeler qu’elles façonneraient pour mettre en forme leurs différentes visions du monde, leurs interrogations. Ainsi, « World Database Of Happiness » rit de ce classement mondial du bonheur découvert dans un article du Monde Diplomatique. « The Other Strangers » évoque tous les étrangers, réel, fictif ou intérieur, « We Are Done-May 21 » aborde les questions de haine et de peur à travers les prophéties de fin du monde. En hébreu ou en anglais, la voix de Yael Miller ose l’expérimentation vocale, ose l’ultra-intime, sent les esprits. « À partir du moment où je me suis installée en Suisse, j’ai découvert l’attachement à mon pays, et par conséquent la nostalgie », explique Yael Miller. Partant du jazz, réfutant toute idée de faire du jazz, ces deux amatrices de la confrontation explorent musicalement les rythmiques décalées et les sons différents. Orioxy est une entité en devenir, une musique intuitive, imaginaire, habitée, qui s’appuie sur scène sur une gestuelle non dénuée d’humour. Affaire à suivre.

Orioxy, The Other Strangers (Unit Records)

Concerts : Avignon (F), Tremplin Jazz, les 31 juillet et 1er août. Genève (CH), Aubes Musicales, Bains des Pâquis, le 9 août. Paris (F), Sunset, le 19 septembre. St-Genest Malfaux (F), Sommet Festival, 20 septembre. Lyon (F), Périscope, 21 septembre. Heilbronn (D), Cave 61, le 28 septembre