Rootwords – “Inappropriate Behaviour” (EP) part. II

Chaque mois, Swissvibes vous présente un nouveau titre extrait de “Inappropriate Behaviour”, le nouvel EP de Rootwords.


Rootwords-She-thumbIncontournable de la scène musicale suisse, Rootwords puise la source de ses créations dans la culture hiphop. Loin de se contenter de recréer l’actuel ou le passé, le rappeur genevois d’origine américaine et zambienne allie des influences éclectiques à son style de prédilection. Le résultat ? Des univers hétéroclites, entre tendances et old school, guidés par le verbe consciencieusement aiguisé de Rootwords, qui mènent l’auditeur dans un voyage musical aux multiples facettes.

Après avoir présenté son premier album, “The Rush” (en 2014), et les EPs de ses débuts sur les scènes suisses, françaises, italiennes, allemandes ou encore chinoises de renom, Rootwords aborde 2016 avec un nouvel EP au concept peu commun. Composé de six titres qui sortiront au compte-gouttes tout les 25 du mois, “Inappropriate Behaviour” oscille entre titres solo et collaborations avec des artistes des quatre coins du monde, encrant ainsi Rootwords un peu plus dans la lignée des artistes citoyens du monde. Chaque mois, nous découvrirons un nouveau chapitre de cet EP avec l’impression de Rootwords sur ce dernier.

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Après « Move », un condensé d’influences trap, de basses lourdes et de revendications en featuring avec la kényane Muthoni The Drummer Queen, Rootwords ralentit le tempo et se dévoile sur « She ». Le deuxième extrait de l’EP s’inscrit dans une lignée plus traditionnelle de l’univers de prédilection de Rootwords. Production soignée et beat répétitif aux accents mélancoliques; un effluve envoûtant émane du morceau et inscrit une dimension mystique dans l’atmosphère. Comme si la transe était essentielle pour que le flow s’accorde. À l’image des vérités du coeur qui se gravent dans le texte, le clip de « She » s’illustre dans un espace graphique, subtile et brute à la fois. Parfois, « less is more » lorsqu’il s’agit de conter une histoire du passé :

« Il est difficile d’avancer et de tirer un trait sur les relations qui ont eu un profond impact dans notre vie. Celles qui vous font voir, penser, faire les choses autrement, à jamais. Ce sont parfois des relations courtes, mais dans mon cas, cela a duré plus de dix ans. Ce morceau est à propos d’elle et je l’ai écrit quand j’étais profondément amoureux.

Certains d’entre vous m’ont connu uniquement lorsque j’étais avec elle, alors que d’autres ne nous ont peut-être jamais vus ensemble. Je crois qu’on peut dire que j’ai appris à mes dépens qu’elle était irremplaçable, et avec du recul, qu’elle ne m’avait jamais fait de mal. Néanmoins, en pensant à mes proches, j’ai dû me résoudre au fait que je ne serai jamais en mesure de lui laisser la place qu’elle exigeait dans ma vie. » – Rootwords

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=ZCNpMQJ58u0]

Rootwords – “She” est disponible en téléchargement gratuit sur Soundcloud.

Pablo Nouvelle “All I need”

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Fabio Friedli, aka Pablo Nouvelle, is a young Swiss German soul-boy turned bedroom-rocker whose first album couldn’t get an official release because of all the Marvin Gaye and Smokey Robinson samples that needed clearing. The term “plunderphonics” seems to have been coined for this studio magician thanks to his particular talent for the art of sampling and restitching. Three years later, his new album, All I Need, is less of a post-modernist chop-up job and more of an organic studio project full of contemplative beats and atmospheric vocals, both skillfully employed to tease out a strong feeling of space and mood.

A surprisingly mature and emotionally delicate second album from a 29 year old who, when not winning awards for his work in film animation, finds time to record 4o tracks for his new album in London and Los Angeles. It has slick, catchy, pop/soul electronica stamped all over it, a feast for chill out lounges, downtempo playlists and elegant Manhattan shopping arcades. Though shamelessly commercial in its intention, the album is rich in feeling and texture thanks to a minimalist approach to the production that lets each track breathe in its landscape. Little wonder it struck me as the potential soundtrack to a film featuring hypersensitive characters figuring out their mercurial relationships on a snowy horizon.

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Fabio explains that what starts off as a vague musical sketch at home on the keyboard and drum machine then gets elaborated in the studio with a singer who helps co-write and develop the piece turning it more into a song rather than just a sampling mosaic, a new situation for him formerly used to solitary confinement with his machinery. However sampling still features heavily as the vocals are often looped, chopped, slowed down and generally manipulated in some way to create the essential, raw direction of the track. Often compared to the likes of DJ Shadow and The Avalanches, the beats are tight, crisp, the uptempo numbers aching with dance floor potential.

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Joined by a drummer and bassist on stage, Pablo Nouvelle will be on tour throughout Europe for most of spring 2016. Quoting Bonobo, the XX and Radiohead as his influences, I wouldn’t be surprised to find the work of Pablo Nouvelle alongside his heroes on heavy rotation on an intelligent radio station near you soon. With the one Marvin Gaye sample on the LP finally cleared, All I Need is out now on the award-winning Dutch label, Armada Music.

Pablo Nouvelle tour dates in March and April are on bandsintown

LEON an extremist and polymorphous quartet, chapter 2

LEON is composed of two bass players: Raphaël Ortis from Geneva and Louis Schild from Lausanne. Since 2011, they’ve been giving life to this project adopting multiple forms and facets as a duo, trio or quartet, based on improvisation, noise and abrasive rock compositions. They have recently been joined by David Meier on drums and Antoine Läng on vocals. For this second chapter, it’s drummer David Meier’s turn to narrate his insider experiences with the band LEON.

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LEON un quartet extrémiste et polymorphe, chapitre 1

A l’origine, LEON est composé des deux bassistes: le Genevois Raphaël Ortis et le Lausannois Louis Schild. Depuis 2011, ils font vivre ce projet avec ses multiples formes et facettes en duo, trio ou quartet, dans l’improvisation, la noise et le rock aux compositions abrasives. Ils sont aujourd’hui entourés de David Meier (à la batterie) et d’Antoine Läng (voix). Antoine Läng a pris la plume pour raconter de l’intérieur le premier concert de la tournée à swissvibes.

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Je goûte le calme d’une matinée qui se prolonge seul, la tête et les membres qui vibrent de ces cinq jours avec LEON, une résidence au Romandie suivie de deux concerts – le premier sur place à Lausanne puis le second, ce soir, au Bad Bonn de Dudingen – qui initient une série en Suisse pour la sortie de notre premier album. Une respiration bienvenue dans cet enchaînement qui imprime déjà sa marque sur le corps – j’ai dormi quelques heures et la fatigue siffle encore un peu dans les oreilles, la tension musculaire dans le cou fait écho aux rythmes dont les secousses parcourent encore mes articulations et ma voix.

IMG_2881(1)Le temps aussi d’une séance d’écoute et de manipulation de l’album-objet, le dépliage de la pochette, la découverte des photos et illustrations de Lisa Bonard et de Michel Bonvin et le caractère aléatoire de l’agencement du tout qui à la manière d’une composition ouverte s’inscrivent dans le même élan que celui de la musique.
Les quelques jours passés ensemble ont justement été consacrés à travailler sur l’équilibre des sons, un point sensible quand le projet repose sur l’articulation de deux basses selon différents modes. LEON cultive cette particularité du double instrumental sous diverses formations – en duo, en trio avec invité puis avec Kasper T Toeplitz – qu’il l’explore dans l’improvisation noise, l’électroacoustique ou le rock, et Louis et Raphael attachent un soin particulier à jouer sur l’ambiguïté des timbres, les complémentarités rythmiques et les rétrécissements/élargissements du spectre, dont les matières servent à produire des ombres, des reflets, des fantômes ou des jumeaux au même titre qu’elles laissent s’exprimer deux personnalités.
Dans le cadre de ce LEON à quatre, ce jeu crée de nouvelles ramifications dans l’appui rythmique de David et dans l’ouverture vers le texte apportés par la présence d’une voix et demande que d’autres équilibres se créent. L’objectif de la résidence au Romandie est de préparer les concerts à venir en visant l’épure, la création de nouveaux espaces dans les morceaux existants et de travailler sur la complémentarité des gestes et leur partage. Deux pièces récemment écrites jouent sur l’articulation des rythmes et des textes. Elles impliquent une distribution des voix entre tous qui ouvre de nouvelles perspectives en matière de jeu et de substitution des rôles qui caractérise le projet.Au soir du premier concert de la série, une certaine fébrilité mêlée d’excitation est palpable. On se plonge alors dans le concert de Massicot et leurs maillages rythmiques faussement bancals, hypnotiques, dont chaque répétition fait monter l’intensité et pare la soirée d’une couleur obsessionnelle de transe. On en oublie la neige de la journée, les embouteillages et les glissades sur la route, l’angoisse avant de commencer. La salle est pleine quand on prend place sur l’avant-scène, de plein pied pour partager au mieux ce travail de quelques jours et une nouvelle étape dans ce parcours de plus de deux ans ensemble, les yeux dans les yeux avec le public, les amis venus fêter ce moment avec nous.

Le concert se déroule bien si j’en crois mes sensations, je me sens porté par la musique et la présence des gens. Pour l’aspect technique l’enchaînement des parties écrites et des improvisations, l’intégration des nouveaux espaces dans les pièces a l’air de bien fonctionner, et surtout les canaux sont ouverts et l’énergie circule. Après une heure dix de concert on sort de scène, croise des regards, on se prend dans les bras. Le sourire et les encouragements font vraiment du bien. Je rentre vite à Genève – histoire de pouvoir chanter le lendemain – porté par l’adrénaline et l’envie de remettre ça.” Antoine Läng

Prochains concerts de LEON

Winterthur, Albani Club, le 18 février
Lucerne, Süd Pol, le 20 février
Bâle, le Flatterschaft, le 22 février 

et en juin au festival Toxoplasmose à St Imier ainsi qu’au 2.21 à Lausanne.

www.l-e-o-n.ch

FlexFab x « LOAS » EP

Figure montante de la scène électronique suisse, FlexFab sort « LOAS », un EP aux basses vibrantes et à l’éclectisme subtil.

Stage

Discret jusqu’en 2015, le neuchâtelois FlexFab s’est imposé comme pièce incontournable du puzzle musical suisse en conquérant la scène. Après avoir fait ses premiers pas publics dans la formation live des Murmures Barbares, le producteur a accroché aficionados et badauds avec des performances pointues et mirifiques. Bien plus qu’une adaptation des tendances actuelles en la matière, son light show (créé par la Supermafiasaisi, prend au corps et porte l’audience dans une danse mystifiante ; le tout en fusion totale avec les dérives sonores de sa création. Du Paléo Festival de Nyon au Montreux Jazz Festival en passant par les Trans Musicales de Rennes, les plus belles scènes lui ont offert leurs planches.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=1RpBeZpU830]

« Loas »

Après son premier mini-album, « Manoir », sorti fin 2014, et son remix remarqué à l’international du « River » d’Ibeyi, FlexFab continue de dévoiler les facettes de son univers et propose en ce début 2016 un nouvel EP, « LOAS », aux saveurs addictives. Ouverture avec « A Bright August Day » en featuring avec Verveine. Réunissez la crème de la scène électro suisse-romande et vous obtiendrez un titre organique, profond et relaxant. Sa continuité croche grâce à cette rythmique et cette basse détonante. La voix de Verveine agit comme un spectre qui donne une dimension percutante au morceau; caractère feutré qui guide les harmonies et expérimentations de FlexFab vers ses plus convaincantes conclusions. La suite de l’EP recèle de surprises tout autant saisissantes.

Epopée spatiale et exubérance électro

0cc4f0_797941abe05c44b1a8a8117ccd9dfe52Épopée spatiale aux titillements exotiques sur « Break-Fast (feat. Shake It Maschine) ». Escapades trap et hip-hop imposées par « Climax ». Exubérance électro et lettres de noblesse portent « Tricky Martine », titre produit avec Hook, son acolyte des Murmures Barbares. Cris fédérateurs, vocalises orientales et intrusions savanesques portent « Safari » et, alliés au maniement rigoureux du beat, en font l’une des productions les plus intéressantes de l’EP.

L’éparpillement ne fait pas partie du vocabulaire du neuchâtelois. En guise de fil rouge, il offre des atouts à la fois puissants et discrets: crescendo qui emporte avec délicatesse, mains précises qui tissent textures et volupté, beat percutant et envoûtant. Avec « LOAS » et ses productions à la croisée des microcosmes musicaux, FlexFab affûte ses armes et ne manquera pas de continuer son ascension musicale.

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FlexFab – « LOAS »
Label : Feelin’ Music
iTunes: www.apple.co/1SfpUwS
Bandcamp: www.bit.ly/1JZyk8r

Rusconi und Fred Frith: Im Spieltrieb vereint

Pianist Stefan Rusconi über die Entwicklung seines Trios und das neue Live-Album mit Fred Frith

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Mit Rusconi, seinem Trio mit dem Bassisten Fabian Gisler und dem Schlagzeuger Claudio Strüby, reiht sich der Zürcher Pianist Stefan Rusconi seit bald 15 Jahren in die Riege der Erneuerer des klassischen Klaviertrios im Jazz ein. „Garagen-Jazz“ nannten Kritiker ihren charakteristischen, sehr zugänglichen und bis 2012 bei Sony erscheinenden Mix aus Jazz, Rock und Pop, der Einflüsse aus der elektronischen Musik bis hin zum Noise-Rock einer Band wie Sonic Youth – deren Kompositionen sie 2010 auf dem Album „It’s A Sonic Life“ interpretierten – verarbeitet. Nun ist beim eigenen „Qilin“-Label das Album „Live in Europe“ erschienen, das die gemeinsame Tour mit dem amerikanischen Avantgarde-Gitarristen Fred Frith dokumentiert.

Wie habt ihr und Fred Frith euch gefunden?
Stefan Rusconi Wenn man seit ein paar Jahren unterwegs ist, denkt man über Gäste nach. Wir haben uns zuletzt immer wieder mal mit verschiedenen Leuten getroffen und sie zum Mitspielen eingeladen. Bei manchen hat es wider Erwarten nicht gepasst, bei anderen sehr gut. Ich glaube, es geht natürlich um Geschmack und eine ähnliche ästhetische Ausrichtung, aber auch sehr viel um Haltung. Was will ich in der Musik oder sogar im Leben? Was ist es, das mich da fasziniert, was ich leben möchte?

Da seid ihr euch mit Fred Frith ebenso einig wie in der Liebe zu extravaganten Sounds?
Stefan Rusconi Ja, da decken wir uns mit ihm exakt. Nicht im Musikalischen, die Musik seiner Bands ist ganz anderes als unsere, und das hat ihn ebenso gereizt wie uns. Aber die Grundeinstellung, auf der Bühne in einem definierten Kontext Dinge zu wagen und so anzuspielen, dass sie scheitern könnten, aber dann doch die Kurve kriegen, dieses Spielerische, das teilen wir. Wir kennen ihn inzwischen besser, er ist öfter bei Fabian in Basel zu Besuch, weil er ja in Basel unterrichtet. Wir spielen dann alle mit Fabians drei Kindern.

Einfach einmal geklingelt

Ihr habt ihn also einfach gefragt, ob er mitmachen will?
Stefan Rusconi  Naja, es war auch ein bisschen Zufall. Wir waren für unsere „Revolution“-Platte in dem Haus, in dem wir immer aufnehmen. Wir bauen uns da immer selbst ein Studio zusammen und nehmen uns selber auf, ganz ohne diesen Strukturdruck, dass Techniker da sind, die gerne nach Hause möchten. Nur aufnehmen, das ist echt einfach. Wir haben einen Techniker, der richtet uns alles ein, und dann darf er wieder gehen. Das ist für den und für uns schön. In dieser Atmosphäre kam uns dann bei einem Track, bei „Alice In The Sky“, die Idee, dass da der Sound von Fred Frith perfekt passen könnte. Und er arbeitete quasi nebenan. Wir haben geklingelt, ihn gefragt, und er war sofort dabei.

So einfach geht das manchmal.
Stefan Rusconi Ja, und das ist schon sehr schön, denn zu der Zeit hatten wir noch einen Manager. Und es lief bei solchen Features normalerweise so, dass der Manager einer Agentur oder irgendeinem Assistenten eine Mail schreibt, und dann die Anfrage hin und her geht. Das ist oft ein bisschen verkrampft und komisch. So hieß es halt: Ja klar, lasst uns ein bisschen spielen gehen, in den Keller runter. So ist das Ganze dann entstanden.

Das war dann direkt vor den Konzerten, bei denen das Album entstanden ist?
Rusconi and Fred Frith_1Stefan Rusconi Nein, wir hatten etwa ein Jahr Pause dazwischen. In der hat Fabian immer mehr Gitarre gespielt, weil wir durch Fred gemerkt hatten, wie sehr wir diesen Sound gebrauchen können. Da kamen wir auf die Idee, mit ihm ein paar Konzerte zu spielen. Es hat sich also ganz natürlich ergeben, war kein Festivalprojekt – was auch toll sein kann -, und war deshalb total entspannt.

Ihr tourt jetzt aber gar nicht mit Fred?
Stefan Rusconi Nein, im Moment spielen wir ohne ihn. Ich weiß, das ist jetzt nicht im Sinne eines klassischen Marketings. Aber wir hatten viele Gastfeatures zuletzt, und es ist jetzt schön, mal wieder auf einer Tour zu sein, wo wir mal wieder den ganzen Abend nur für uns haben (lacht).

 „Die Schweiz ist so klein“

Du hast in Zürich studiert, Fabian in Basel und Claudio aus Luzern. Wie habt ihr euch denn gefunden, damals vor bald 15 Jahren?
Stefan Rusconi Die Schweiz ist so klein. Da ist dann halt die eine Jam Session in Bern, die nächste in Luzern, da bist du eine Stunde unterwegs. In Berlin, wo ich seit einiger Zeit wohne, brauche ich die fast, nur um in den Übungsraum zu kommen.

Kann man sagen, dass die klaren Strukturen, das Rhythmische und das Hymnische eurer alten Alben jetzt in einen starken Kontrast zu Noise- und freien Improvisationsphasen treten? Dass also eure Ästhetik offener ist als früher?
Stefan Rusconi  Ja, das Gefühl habe ich auch. Das hat sich aber schon mit dem „History Sugar Dream“-Album und in den vergangenen zwei Tour-Jahren so entwickelt. Die Funktion von Fred kann auch immer jemand von uns übernehmen. Ich spiele dann halt mehr Synthi-Bass und Fabian Gitarre. Wir haben dann freilich immer noch den Kontext einer quasi konventionellen Band; bei Fred konnten wir wieder auf unsere Ur-Instrumente zurückkommen, gleichzeitig ergab sich sehr viel Raum, eine Spielwiese zum Ausprobieren. Die Stücke sind verschachtelter. Das ist, wo wir jetzt stehen, denke ich.

Esbjörn Svensson hat von seinem Trio mal gesagt: „Wir sind eine Rock-Band, die Jazz spielt“. Trifft das auch für euch zu?
Stefan Rusconi Das würde ich nicht sagen. Der Claudio etwa spielt schon ein sehr distiguiertes Jazz-Schlagzeug. Esbjörn Svensson war so zehn Jahre vor uns, aber wir haben das schon mitbekommen: Es war damals richtig, sich ein bisschen zu distanzieren, zu sagen: Wir sind eine neue Generation, wir schauen auf die Geschichte ein bisschen anders, wir haben andere Höreinflüsse. Aber trotzdem: Für uns bleibt Jazz immer ein wichtiger Bezugspunkt. Es gibt halt viele Schnittstellen, auch bei der Film- und Theatermusik, die ich schreibe. Auch für Claudio und Fabian, wir loten unsere eigene Welt aus, eine sehr bildhafte.

„Wir fühlen uns Leuten verbunden, die an den Rändern arbeiten“

Dazu passen die Licht- und Videobegleitung eurer Konzerte. Ihr denkt Musik wohl sehr interdisziplinär?
Stefan Rusconi Ja, wir haben an der „Art Basel“ sogar mit einer Modedesignerin gearbeitet, was aber nichts mit „Germans Next Top Model“ zu tun hatte oder an was man so denken könnte. Wir fühlen uns sehr verbunden mit Leuten, die an den Rändern arbeiten, ob die nun vom Film, von der Kunst oder aus der Mode kommen.

Ihr wart früher bei Sony, jetzt habt ihr „Live in Europe“ wie schon zuvor „History Sugar Dream“ beim eigenen „Qilin“-Label herausgebracht, das auch eine Plattform für befreundete Künstler sein soll. Ist die Zeit der Majors für Jazzmusiker vorbei?
Stefan Rusconi Ich weiß nicht. Es muss einfach passen, und bei uns hat’s nicht mehr gepasst. Große Labels schauen sich Musik nach einem Verkaufsargument an, und dann läuft die Maschine Major auch. Es gibt immer noch Jazz, den man so unter die Leute bringen kann. Unser Sonic-Youth -Album wurde damals in den Magazinen besprochen, die beim Friseur liegen. Das ist einfach nicht unser Publikum. Wir haben uns auseinanderbewegt bei dem, was so ein Major gut kann, mit uns aber gar nicht mehr umsetzen konnte. Am Anfang war das noch anders, da war alles noch offen. Das hätte Zukunft haben können, das haben wir dann irgendwie anders entwickeln lassen. Bei einem Till Brönner zum Beispiel, ein toller Musiker, mit dem ich auch schon gespielt habe, kann das prima funktionieren. Für uns aber sind gewisse konkrete Erwartungshaltungen inzwischen ein Horror. Wir fühlen uns sehr wohl, wo wir sind. Auch wenn die Konsequenz ist, dass alles etwas länger dauert, und die Leute dich ein bisschen suchen gehen müssen. Das ist aber auch was Schönes, das hat für uns viel mit einer Lebenshaltung zu tun, bei der wir alles an uns genommen und unter Kontrolle haben. Das färbt auch auf die Musik ab: Es ist dann etwas konsequent Eigenformuliertes.

Rusconi & Fred Frith: Live in Europe, Qilin Records;

Link für Rusconi Konzerte

Erfolgreiche Suche nach dem gemeinsamen Nenner

Mit „Curiosity“ gelingt dem Kaleidoscope String Quartet eine neue Klangdefinition des Streichquartetts

Kaleidoscope String QaurtetSchon seit Jahrzehnten gibt es ein paar Streichquartette, die von der reinen Lehre abgefallen sind. Das Kronos Quartet und das Turtle Island Quartet (interessanterweise beide aus San Franzisco) oder das Modern String Quartet in Deutschland betrieben seit den Siebziger und Achtziger Jahren, was man so unglücklich als Crossover bezeichnet hat. Doch erst mit der Genre-sprengenden und Stil-übergreifenden Bewegung des europäischen Jazz aber hat die Streichquartett-Szene wirklich Fahrt zu einem eigenen neuen Format aufgenommen. Ensembles wie das radio.string.quartet.vienna aus Österreich, das Atom String Quartet aus Polen oder das ursprünglich rein klassische Quatuor Ebène aus Frankreich eröffneten der Besetzung neue Wege.

Neue Maßstäbe

Das Schweizer Kaleidoscope String Quartet setzt jetzt mit seinem zweiten, beim Berliner Traumton Label erschienenen Album „Curiosity“ noch einmal neue Maßstäbe.Das mag damit zusammenhängen, dass die vier Musiker, abgesehen von der so gut weil allen Streichern gemeinsamen klassischen Basisausbildung aus ganz verschiedenen Ecken kommen.

Geiger Ronny Spiegel hat sich neben zahlreichen Konzertmeister-Tätigkeiten bei klassischen Orchestern wie der Sinfonieorchester Tifico und Nota Bene,dem Neuen Züricher Orchester, des ad hoch Ensembles, der Zuger Sinfonietta oder der Camerata Schweiz vor allem in der Klezmer – und Balkan-Szene getummelt.

david_schneebeli_portrait_aBratschist David Schnee hat sich neben dem Züricher Galatea-Quartett insbesondere auf freie Improvisationsmusik verlegt und leitet einen Musiker-Pool für Filmmusiken.

Cellist Holme Song ist von der härteren Fraktion und spielt vorzugsweise in Rockbands.

 

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Und der Berner Geiger Simon Heggendorn, sozusagen der Primarius und vorrangiger Komponist des Quartetts, hat neben dem Konservatorium auch die Swiss Jazz School absolviert. Dass alle vier stets einen gemeinsamen Nenner suchen, dabei aber ihre jeweiligen Qualitäten einbringen, macht das Besondere und Überraschende von „Curiosity“ aus.

 

Klassischer Ton und Jazz-Spirit

Schon beim Opener „Sommer“ wird die fröhlich-klassische Grundmelodie auf verschiedenste Weise gebrochen, durch harte Pizzicati, Ausritte in südosteuropäischen Melos oder folkige Riffs. Das folgende „Winter“ übertragt das ins elegisch-getragene Moll. Die meisten Stücke, vom „Choral“ bis zur „Rhapsody in D“, arbeiten mit extremer Dynamik und dem spannungsreichen Kontrast aus weichen, gezogenen Linien und synkopiertem Stakkato sowie aus harmoniebetonten Melodien und dissonanter Begleitung. Ein enormer Fundus, der dem Titel „Kaleidoscope“ mehr als gerecht wird.

Die vier selbst scheuen sich, einen Stilbegriff für ihre Musik zu verwenden. Im Ton sind sie klassisch, ihr Material aber ist wie bei einer Rockband selbstgeschrieben und selbstbestimmt, und die Aufführungspraxis wiederum ist vom Jazz-Spirit durchdrungen, verändert sich doch der konkrete Klang der bis auf Solopassagen ausgeschriebenen Stücke im Zusammenspiel von Konzert zu Konzert. Dazu passt, dass das Kaleidoscope String Quartet im Januar mit dem Jazz Orchestras des SwingBop-Altmeisters Joe Haider (gemeinsames Album: „Keep It Dark“) auf Tour geht. Beweist es doch, dass sich der Jazz auf zwei Arten immer mehr der klassischen Musik nähert: Als „Zweite Klassik“ einer historisierenden Repertoire-Musik und – wie „Curiosity“ eindrucksvoll belegt – als die eigentlich moderne komponierte Kunstmusik.

Kaleidoscope String Quartet: „Curiosity“ (Traumton)
Live in Cully, Cully Jazz Festival, Temple, 08.04.2016