Disque du mois : Olivia Pedroli « A Thin Line »

PO.indd« Touchée par la grâce » dit l’Hebdo, « une plénitude musicale rare » affirme le blog Bon pour les Oreilles. « Olivia Pedroli peint des paysages sonores d’oiseaux, de vents hurlants et de bêtes plus sombres qui sommeillent au fond des bois de notre identité. » lit-on sur le site Internet de la RTS.

Une voix habitée, vivante, invitante…

En un mot comme en cent, l’album d’Olivia Pedroli a mis en émoi les journalistes suisses. Et il y a de quoi. A nouveau enregistré dans la capitale islandaise en compagnie du génial Valgeir Sigurösson (Bjork, Coco Rosie, Bonnie Prince Billy, Feist), ce quatrième opus de la chanteuse neuchâteloise, est sans aucun doute son œuvre la plus aboutie.

portrait 5D’abord, il y a cet incroyable travail sur la voix, ciselée avec une précision d’orfèvre tout en étant habitée, vivante, invitante. Une voix en forme de fil rouge d’un album aux univers musicaux forts différents. Musique sacrée, chanson, musiques répétitives unissent leurs forces pour créer un théâtre musical dont les autres acteurs sont les instruments. Des cordes magiques font ainsi place à une guitare acoustique qu’on a l’impression de pouvoir toucher. Puis s’avance un piano hypnotique, des instruments à bois cajoleurs et même une scie musicale.

Une artiste précieuse

On plonge dans cet univers avec délectation en se disant qu’Olivia Pedroli n’est plus seulement cette jeune fille rousse au charme instinctif. Elle a grandi, muri et s’impose désormais comme une artiste précieuse. Elle joue ce soir à Paris au Centre Culturel Suisse avant une série de dates en Suisse. Ne la ratez pas !

 

Olivia Pedroli, “A Thin Line” (Betacorn-Cristal Records/ Dist Harmonia Mundi)
http://oliviapedroli.bandcamp.com/album/a-thin-line

Paris, Centre Culturel Suisse, le 7 octobre 2014
Meyrin, Salle Antoine-Verchère, vendredi 17 octobre, 
Le Locle, La Grange,  Jeudi 27 et vendredi 28 novembre, 
Pully, City-Club, samedi 29 novembre
Berne, Bee-flat, dimanche 30 novembre
Fribourg, Nouveau Monde, 7 décembre

Ephrem Lüchinger: «Are You Prepared?»

are you prepared

Vor sieben Jahren ging der Pianist Ephrem Lüchinger für zwei Tage ins Studio, improvisierte und experimentierte alleine mit seinem Instrument, das der Zürcher mit allerlei Gegenständen präparierte. Das Material, das in diesen Tagen entstanden ist – zeitweise in Begleitung des Posaunisten Michael Flury – jagte Lüchinger später durch den Laptop, verfremdete und arrangierte die Klaviersounds neu und setzte sie zu 34 Stücken zusammen, die nun, auf der CD-Trilogie «Are You Prepared?» zu hören sind.

[vimeo 56098064 w=500 h=292]

Ephrem Lüchinger – Are you prepared from ephrem lüchinger on Vimeo.

Entstanden ist eine reichhaltige Sammlung an neugierigen Klängen, die wahlweise technoid schimmern, romantisch schillern und auch popnah dahinschlendern können. Soundclips, Tracks und auch Songs sind auf «Are You Prepared?» zu hören – und die Trilogie entpuppt sich mit dieser Formenvielfalt auch als Suche nach den sonischen Grenzen des Klaviers, eine Suche, die allerdings scheitert. Denn Lüchinger, der in zahllosen Bands seine Spuren hinterlassen hat, entdeckt in seinem Instrument zuweilen Sounds, die man auch beim dritten Hördurchgang nicht mit einem Klavier in Verbindung bringt. So ist «Are You Prepared?» eine überaus lohnenswerte Reise in den Saitenkasten eines Instruments der unbegrenzten Möglichkeiten. Möglichkeiten, die Ephrem Lüchinger verspielt und doch konzentriert auslotet.

Ephrem Lüchinger, “Are You Prepared?” (Dist CH Irascible)

[soundcloud url=”https://api.soundcloud.com/playlists/72104018″]

 

Trois clips vidéos pour faire passer l’hiver

En ce début du mois de février, les températures me donnent surtout envie de rester sur la couette. Ça tombe bien, les Suisses sont plutôt doués pour les clips. Voici mes 3 vidéos préférées du moment à visionner et revisionner sans modération.

Larytta_OsamaLarytta “Osama Obama” (Label Creaked)

Déjà encensé sur Youtube (avec près de 60 000 vues), le single “Osama Obama” est l’un des 5 clips suisses nominés au Best Swiss Vidéo Clip au M4Music Festival. Ce film d’animation signé Julien Mercier  a pris pour prétexte la soit disant ressemblance entre Obama et Osama (Ben Laden) et confronte la journée de deux personnages que tout sépare (sauf la drogue…). Drôle, bien fichu et avec une mélodie electro-pop plus qu’entêtante. N’hésitez plus, et allez voter ici avantle 25 mars 2015!

Bauchamp feat Tsunami “Afroskank” (Label Argent Sale)

Bauchamp est un DJ et producteur du bout du lac qui s’est amouraché d’un morceau de rocksteady de Paul Francis. Il l’a réécrit en compagnie du Jamaïcain Tsunami. La mise en image de Gertrude Tuning fonctionne sur le principe du découpage et du décalage chronologique. Aux dires mêmes de Bauchamp: ” Le morceau a été testé et fonctionne autant dans le contexte d’un mariage entre Beyoncé et Michael Jackson que dans les clubs les plus undergrounds”. Alors, n’hésitez plus et suivez les instructions: “Shake it, shake it…”

Pour ceux qui comme moi en redemandent, on peut toujours aller jeter un coup d’œil à l’original réédité en 2005 par l’excellent label londonien Soul Jazz.

http://youtu.be/B2Opt0NqgSU

Verveine, Antony (Creaked Records)

Enfin petit clin d’œil 100 % helvétique de Verveine pour annoncer la sortie d’un nouveau EP de son projet solo électronique en mars 2015 . Après son passage remarqué aux Transmusicales de Rennes en décembre et quelques critiques dithyrambiques dans la presse française, l’austère Verveine s’amuse et nous aussi!

Monoski: «Pool Party»

Monoski (Photo: Mehdi Benkler)

Nichts auf der Welt scheint einfacher zu sein, als lauten, primitiven Garage-Rock zu fabrizieren. Eine schön verzerrte Gitarre und ein minimal gespieltes Schlagzeug reichen scheinbar, um dem Rock’n’Roll in seiner essentiellen, weil dreckigen und lärmigen Form zu huldigen. Doch natürlich: das Einfache ist immer schwieriger zu bewerkstelligen als man annimmt, und so gibt es denn gar nicht so viele Duos, die in der Lage sind, aus dem Minimum das Maximum zu zaubern.

Monoski aus Fribourg gehören zu diesen Duos, die solches schaffen. Auf ihrem zweiten Album «Pool Party», erschienen auf dem Lausanner Label Vitesse Records, spielen Lionel Gaillard an der Gitarre und Floriane Gasser, die früher Violinistin war, am Schlagzeug eine wunderbar lärmige und sperrige Rockform. Getroffen haben sich die beiden im Jahr 2008 in New York City, doch weniger der Grossstadtdschungel als vielmehr die kalifornischen Wüstenlandschaften ist das Zuhause ihrer Musik.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Z7FQkRVvwLc&w=640&h=360]

Auf «Pool Party» brettern die beiden aber nicht einfach besinnungslos durch eine unwirtliche, psychedelisch schillernde Blues-Rock-Landschaft, sondern begeistern durch ein fein getimtes und dynamisches laut-und-leise-Spiel. Und man merkt dank dieser Platte wieder einmal, dass es nicht viel schwierigeres gibt, als lauten, primitiven und begeisternden Rock’n’Roll zu fabrizieren. Ein Rock’n’Roll, der ganz am Ende von «Pool Party» teuflische Züge annimmt. So soll es sein.

[soundcloud url=”https://api.soundcloud.com/playlists/55826104″]

Disque du mois de janvier: « Thrill Addict » de Peter Kernel

Les riffs et les tripes, l’amour et l’insolence, les beats et les claques : longtemps, Peter Kernel s’est forgé sur ses instincts primaires. Ceux qui faisaient tournoyer une Barbara Lehnoff possédée sur une basse délaissée et un Aris Bassetti sombre sur sa guitare frénétique. Une incandescence de l’instant, qui brillait surtout sur scène (voir la chronique d’un de leur passage au Point Ephémère), quand le couple réinventait la danse des sens, sur les rythmes enragés de leur batteur Ema Mathis. Frissons fugaces, donc : l’émotion s’envole, les cris restent. Avec leur troisième album, le bien nommé « Thrill Addict » (accro au frisson, en VF), Peter Kernel voit encore plus loin : l’étincelle a allumé un foyer plus stable, prêt à scintiller longtemps dans l’espace (l’un des thèmes principaux de ce disque, justement).

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=DhJfNKpPJPo&w=854&h=510]

« Tout ira bien, on a un plan et du temps » susurre Barbara, en guise de programme sur la ballade quasi cold wave « It’s Gonna be Great ». Et le plan, c’est de canaliser ces pulsions primitives du rock abrasif. Juste un exemple : Barbara la prêtresse hurleuse (« High Fever ») peut se faire douce – et à ce moment là, sur « Supernatural Powers », c’est la batterie qui déploie toute sa charge sonore. Mais surtout, le feu sacré de la guitare d’Aris Bassetti enflamme désormais toute la palette du rock, tour à tour garage post MC 5 (« You’re Flawless »), ensorceleuse comme chez Mogwai (« Your Party Suck », « Tears don’t fall in space »), décomplexée et tribale comme chez Sonic Youth (« Majestic Faya »)… La comparaison, facile, évidente, avec leurs grands aînés s’impose, encore plus que d’habitude, car « Thrill Addict », rock trip mené tambour battant et saut qualitatif important dans leur discographie, pourrait bien être leur « Daydream Nation » : le grand référent rock des années 2010, où les guitares s’envolent, mais l’émotion reste.

Peter Kernel – Thrill Addict (On The Camper)

[soundcloud url=”https://api.soundcloud.com/users/626915″]

Barbara Lehnoff et Aris Bassetti vont défendre leur album dans une longue tournée en France et en Suisse :

23/01 La Souris Verte – Epinal
24/01 Radio Z Winter Festival – Nürnberg
27/01 Showcase DRS Virus – Zürich
28/01 Studio 2 RSI – Lugano
30/01 MJC Picaud – Cannes

12/02 Le Tétris – Le Havre
13/02 L’Astrolabe – Orléans
14/02 Le Confort Moderne – Poitiers
19/02 La Centrifugeuse – Pau
20/02 MJC John Lennon – Limoges
21/02 Le Spot – Nimes
25/02 Le Point Ephemere – Paris
26/02 Pôle Etudiant – Nantes
04/03 Le Bourg – Lausanne
05/03 La Gravière – Genève
20/03 Les Cuizines – Chelles
27/03 Bad Bonn – Düdingen

KIKu adoubé par Blixa Bargeld à Paris

KiKu_Presspic_01_72dpi_1_530_352« Vous êtes là pour Blixa ? » se demande-t-on poliment au sein d’une foule compacte d’où émerge, en connaisseur, la tête du géant (au sens propre) de l’électro analogique parisienne, Arnaud Rebotini. Blixa Bargeld, donc, fait l’attraction de ce premier concert de rentrée au centre culturel suisse. Le fondateur d’Einstürzende Neubauten vient prêter sa voix caverneuse au nouveau projet de KIKu, le duo d’indus jazz romand. Mais, comme pour rester fidèle au titre de leur album, « Marcher sur la tête », Yannick Barman, à la trompette et Cyril Regamey, à la batterie, s’amusent d’emblée à brouiller les pistes. En introduisant le slammeur lausanno-new-yorkais Black Cracker et leur guitariste David Doyon, ils démarrent par une impressionnante session de hip hop noise, tandis que sur l’écran sont projetés les dandinements d’une caméra entre deux murs léprosés. Regamey, métronomique sur sa batterie électronique et Barman, toujours entre miaulements de trompettes et mélodies fugaces orchestrent l’ensemble avec toute leur science du micro silence et du groove impossible.

Quelques morceaux plus tard, après cet échauffement emballant, frémissements : « Blixa », impassible dans son costume trois pièces impeccables, débarque en fauteuil. A peine le temps d’un « Bonjour ! » tonitruant, et déjà les meilleurs morceaux de « Marcher sur la tête » s’enchaînent. Avec « Nuages », longue composition labyrinthique, KIKu tempête sur drone; sur « Belehrung », poème de Herman Hesse contée d’une voix profonde, la trompette chuinte du free jazz; sur le classique new wave des Korgis, « Everybody’s got to learn sometime », d’incongrus apartés pop font leur apparition. Parfois, Blixa lâchera un cri ou soulèvera un sourcil rageur, Régamey laissera l’impression d’être le Tony Martin du free-drone; Barman, la trompette dans la bouche, fricotera avec ses machines (la sainte trinité sampler-ipad-laptop). Mais toujours, sauf peut-être pour le final, qui, à défaut de marcher sur la tête, piétinera les tympans, toujours KIKu, Blixa et Black Cracker réussiront à rester imprévisibles.

Le 20 janvier 2015 au Centre Culturel Suisse de Paris

Egalement le 22 janvier au Bad Bonn de Düdingen et le 23 janvier aux Docks de Lausanne

Album : « Marcher sur la tête » (Everest Records)

Release: Kaos Protokoll Tour-Doku Russland/Ukraine 2013

„zdravstvuyte. Mi Kaos Protokoll i mi iz Shveytsáriya. My rady igrat vrasi v pervyy raz. Spasibo Bol’shoye.“

Mittlerweile können wir diesen Begrüssungssatz den wir jeweils an unseren Konzerten brachten im Schlaf, aber was haben wir nicht dafür geübt.

Gut, es gab auch reichlich Flugstunden, die genug Zeit boten, sich mit den russischen Verhaltens -und Sprachregelen auseinander zu setzen.

Aber beginnen wir von vorne…

Heute, genau vor einem Jahr waren wir das erste Mal in Russland und der Ukraine auf Tour. Überhaupt war davor noch nie jemand von uns in dieser Gegend. Vorfreude mischte sich mit Spannung und Aufregung.

Zur Einstimmung schauten wir uns ein paar „Russian Traffic“ Filmchen auf Youtube an, um uns ein wenig auf das Russische „Verkehrs –Roulette“ vorzubereiten. Der Flugzeugabsturz einen Monat vor Tourbeginn in Kazan, demselben Flughafen, den auch wir noch benutzen sollten, liess natürlich auch uns nicht kalt und so gab es kurz vor Abflug in München für alle noch ein Gläschen Verdrängungs-Wodka.

IMG_95451. Tag Moskau

Moskau war unsere erste Station in Russland. Es herrschten eisige minus 10 Grad. Wir spielten im renommierten Kozlov Club. Ein netter Laden dessen Eingang leicht übersehbar durch eine „Anne Frank – Bücherregal-Türe“ führte. Der Club war längst nicht voll, aber die Leute tanzten und kaum hatten wir den letzten Ton gespielt, standen bereits die ersten im Backstagebereich und wollten Fotos und Autogramme von uns. Wir dachten, die hätten sich wohl in der Tür geirrt. Warum wollen die nun Fotos und Autogramme von uns? Es sollte nicht unsere letzte Überraschung des russischen Publikums bleiben.

2. Tag Kaliningrad

Von Moskau ging es weiter mit dem Flieger in die russische Exklave Kaliningrad. „Dreadnought“, hiess der Club, der einem U-Boot nachempfunden wurde und einen schier endlosen Gang hatte, der uns vom Backstage bis zur Bühne führte. Das Haus war voll und die Leute noch euphorischer als zuvor in Moskau. An die obligaten Autogrammstunden und Fotosessions haben wir uns mittlerweile gewöhnt, war auch nicht all zu schwer, doch unser gesamter CD Bestand war schon fast ausverkauft und das hat uns dann doch etwas überrascht, ist doch Russland eher für den Musik Download als für die Kaufkraft bekannt.

3. Tag Arkhangelsk

Weiter ging es mit dem Flug über Moskau in den noch kälteren Norden nach Arkhangelsk, ein nettes russisches Städtchen am weissen Meer. Nachmittags angekommen, war es bereits stockdunkel, aber das ist es dort immer, zumindest im Winter, egal zu welcher Tageszeit.

Wir spielten in einem Museum, der Saal war voll, die Stimmung elektrisierend. Wir wollten soeben zur Zugabe ansetzen, da packte der Veranstalter das Mikrophon und startete zu einer grossen Rede, die unser Vorhaben sogleich wieder im Keim ersticken liess. Es schien, als würde er nun rückblickend versuchen in Worte zu fassen, was wir gespielt hatten. Und ach ja, Zugaben kennen die Russen anscheinend nicht, auch wenn sie das Konzert noch so sehr genossen haben, würden sie sich doch keines falls die Hände wund klatschen. Verlässt man die Bühne, verhallt dann auch ziemlich bald mal das klatschende Geräusch.

4.und 5. Tag St. Petersburg Airport/Cheboksary

Von Arkhangelsk ging es weiter über St- Petersburg nach Cheboksary, eine Stadt an der Wolga, östlich von Moskau.

Mit 12 Stunden Verspätung endlich dort angekommen – wir hatten unseren einzigen Off-Day mit Warten am Flughafen verbracht, weil der Pilot kurz vor dem Start bemerkt hat, dass der Reifen kaputt war – empfing uns ein junger Veranstalter, der in seiner Aufregung eine Kippe nach der anderen rauchte, (er hätte sich dem Anschein nach auch gerne drei auf einmal angesteckt.) Es stellte sich heraus, dass unser Konzert seine erste selbstorganisierte Veranstaltung war und da will man sich doch, vor allem mit einer Band aus dem Westen, keine Fehler leisten.

Auf dem Parkblatz wartete dann sein Kumpane, ein kahlgeschorener eher furchteinflössender Typ mit Daunenjacke, der uns als unser Fahrer vorgestellt wurde und wie sich später herausstellen wird, sein Geld als Transporteur der örtlichen Sexarbeiterinnen verdient, indem er die hochgestiefelten Frauen zu ihren Kunden fährt und wieder abholt.

Das Konzertlokal war dann in Bezug auf die Dekoration wohl kaum zu überbieten. Ein ländliches Disco-Flair der 90’ mit einem Backdrop, das irgendwie so aussah, wie ein Verschnitt zwischen Predator und dem Maskottchen von Iron Maiden.

Für uns war es eher ein Konzert zum vergessen, aber den Leuten schien es gefallen zu haben. Ein späterer Bericht von diesem Abend im russischen Rolling Stone Magazin, fand jeweils nur lobende Worte.

6. Tag Yekaterinburg

IMG_9731Von Cheboksary ging es weiter zum Flughafen Kazan nach Yekaterinburg, die Stadt in der Zar Nikolaus II. der russischen Revolution zum Opfer fiel.

Dort angekommen erwartete uns ein junger Kasachischer Typ mit einem Kopfhörer im Ohr und dem Handy in der Hand, dessen Lockerheit so demonstrativ war, dass uns jede unserer Bewegungen schon total verkrampft vorkommen musste. Den Kopfhörer hatte er dann auch den ganzen Abend im Ohr und man wusste nie genau, ob er mit dir spricht, oder jemanden in der Leitung hat. Im „Everjazz Club“, ein gediegener Jazz-Laden mit langer Tradition begrüssten uns dann die beiden Veranstalterinnen, deren Charme unsere erkalteten Körpertemperaturen sofort wieder in die Höhe schnellen liess.

Während wir unser Abendessen genossen, spielte zuerst der lokal Matador mit seiner Jazzband gelangweilt ein paar Standarts, was uns eher befremdend vorkam, vor allem in der Vorstellung, wie wir wohl in Kürze mit unserem „Kaos“ ähnlich einer Dampfwalze die kitschig – träumerische Stimmung platt walzen werden.

Lustigerweise sorgte gerade an diesem Abend das Publikum wieder für eine unerwartete Überraschung. Wir verbeugten uns, die Leute klatschten frenetisch und brachen wiederum abrupt ab, als wir von der Bühne traten. Eine Zugabe schien uns eher aufgezwungen, als erwünscht zu sein. Komischerweise – es waren bestimmt bereits 10 Minuten vergangen – schienen die Leute immer noch auf etwas zu warten und erst als die Veranstalterin uns nochmals lieb bat, doch noch ein 1-2 Stücke zu spielen, wurde uns klar, warum.

 7. Tag Dubna

 Von Yekaterinburg ging es weiter zu einem Festival in Dubna, eine kleine Stadt in der Nähe von Moskau. Dass dieser Gig überhaupt noch stattfand, war eigentlich den Umständen entsprechend kaum mehr zu denken. Es fing schon in Yekaterinburg an, als unser lieber Kasache – es war der Tag, als die olympische Fackel auf ihrer Reise gerade Halt in der Stadt machte – vor lauter Lockerheit uns mal schön den Flieger verpassen liess. „Shit happens!“ meinte er lakonisch dazu, während wir ihn am liebsten in Stücke zerrissen hätten. 3 std. später doch noch in Moskau angekommen, folgte darauf eine ca. 2 Stündige Autofahrt nach Dubna, die wohl keiner mehr von uns so schnell vergessen wird. Gott sei dank heil angekommen, konnten wir doch noch als letzte Band des Festivals die örtliche Bibliothek beschallen. Nach 6 Konzerten, 10 Flügen und durchschnittlich 4 Std. Schlaf, neigte sich unsere Tour langsam dem Ende zu.

8. Tag Lviv

Ein letzter Gig in Lviv im westlichen Teil der Ukraine bevor es über Warschau wieder zurück in die Schweiz gehen soll. „JazzBez“ hiess das Festival und es sollte uns vor Staunen beinahe zu Salzsäulen erstarren lassen. Doch zuvor genossen wir noch ein paar Stunden in der wunderschönen Altstadt. Aus den Lautsprechern, die noch aus der Sowjetzeit in den Strassen hingen, erklang die Stimme der Ukrainischen Revolution. Im Stadtzentrum versammelte sich das Volk und demonstrierte lautstark gegen die Regierung. Es war der Anfang des später im Osten folgenden Bürgerkriegs. Beängstigend und zugleich aufregend. Man spürte förmlich die Kraft und Euphorie des Widerstands. Das Konzert fand in der städtischen Philharmonie statt, welche ein Fassungsvermögen von ca. 800 Plätzen bot. Blöd nur wenn die halb leer sein sollte, dachten wir, während wir uns für den Soundcheck installierten. Als wir später zum Konzert auf die Bühne traten, konnten wir unseren Augen kaum trauen. Der Saal war restlos ausverkauft und wir spielten wohl eines unserer besten Konzerte. Es war ein wunderschöner Abend und ein fantastischer Tourabschluss. Und hätten wir dann keine Zugabe mehr gespielt, sie hätten es uns wohl nie verziehen.

Kaos Protokoll: Flo Reichle (Drums), Marc Stucki (Sax), Benedikt Wieland (Bass)
Kaos Protokoll website
Kaos Protokoll Bandcamp

 

Le Pot «She»

LePot_She_CoverThe system has crashed and we nervously float through a spiral galaxy

Le Pot’s album is the first of a planned trilogy, SheHeraZade. After crossing paths in outfits such as Manuel Mengis‘ Gruppe 6, they committed to this project with Mengis on trumpet and electronics, Hans-Peter Pfammatter playing Moog and synthesisers, drummer Lionel Friedli and Manuel Troller on electric guitar. This instalment, She, has thrown off the shackles of melody and musical convention and is driven by atmosphere, environment, feeling. The electronics provide a subtle, post-Apocalyptic white noise; the system has crashed and we nervously float through a spiral galaxy.

This interplay creates expansive landscapes

Ariel Alert sets up the ride with its cacophony of smashing cymbals and firing drum rolls, psyched-out guitar and trumpet, part-quivering, part-soaring. It leads into the track I keep re-playing, Part 1 Desert Whale Song. A sublime sound-piece where the ever-present electronics are so subtle you can’t tell where the instruments stop and they begin. This interplay creates expansive landscapes and mysterious visions: here the band appears as a disorientated submarine in the deepest of pitch-black oceans. The denouement escalates to an animalistic attack of Mengis’ braying brass, distorted guitar and drum blows, that had me on the edge of my seat.

Electronics are the threads invisibly sewing it all together

Throughout the album, the trumpet chatters, squeals, cries in pain but rarely sings – there is a sense of skilful playing and a wilful rejection of tradition, although I could sense echoes of ‘electric Miles’ (Davis). It is perfectly matched by the guitar’s imaginings: from fuzzy strums to almost inaudible bending notes and tripped-out chords. The drumming is a-rhythmical, barging into the argument with its own opinions; sparse and jagged, whilst the synths and electronics are the threads invisibly sewing it all together into a dark collage.

LePot_Dec2014

An echoing guitar drives the track off the cliff into freefall

It’s as if their idea is to drag music back in time to primal grunts or break it even further down into fizzing atoms. They are not always successful in this, but what I am taken by is the quartet’s commitment to space in their music; they allow each sound to breathe and exist even when they build to discordant climaxes such as in Part II Phili’s Boat Bursting or Gezinkt Sind Wir Alle. In this piece the instruments intensify their squabbling chatter; bass notes underpinning frantic trumpet squeals and insistent electric loops, before an echoing guitar drives the track off the cliff into freefall. There is almost a sense of post-punk electronica here with keyboards, guitar and drums uniting in a vague melody.

This is what I think should have been developed – a more tangible shape, even if for one track in order to pull the album back from drifting into clever noodling. Having said that, I enjoyed the trip very much and am looking forward to Hera – which the band say will be an acoustic reflection on the motives of the British composer Benjamin Britten. Le Pot are a band we should all be keeping our ears open for.

Le Pot             Everest Records

 

Welcome to the world of Heidi Happy

heidi-happy-golden-heart

Singer-songwriter Prisk Zemp, otherwise known as Heidi Happy, is a delightful exponent of today’s Swiss indie music scene, delivering a fresh, cheeky, homemade lo-fi folk/pop with an electronic edge. Her ethereal voice is seductively irresistable and has been entrancing audiences in and around Switzerland for the past 10 years. Her latest LP, Golden Heart (Silent Mode/ Irascible), is a creative project of 14 compact songs that float by like a breeze, each full of deep, beautiful melodies as well as a hint of melancholy and “sonic heartbreak”. The album’s received very warm reviews, has sold out and is currently being re-pressed.

Is the name ‘Heidi Happy’ some kind of strategic Swiss marketing trick?

Heidi Happy Funnily enough no, though I did love the Heidi stories as a kid. It was more a question of visual design because my first ever solo live performance was at a party of some graphic designer friends who wanted my stage name to look good on their flyers. There were many to choose from but they decided that Heidi Happy had a nice symmetry to it.

You’re from a small village outside Lucerne, what kind of music did you grow up listening to?

Heidi Happy Everyone is musical in my family: my father is a choir singer, my mother is a classically trained soprano, all my siblings play instruments, music was always happening in the house. As a teenager I loved everything soulful like Aretha Franklin and the funky jazz sound of Jamiroquai and Incognito. My first group was a funk band, I sang, wrote the lyrics and arranged the horn section. During my exchange year in America at 17, I discovered Jimi Hendrix and got into a dirtier, rockier sound which I still appreciate now. In recent years I’ve been very inspired by singers like Feist and Wallis Bird, at home I usually listen to old vinyl records with big voices and orchestra, like Lee Hazlewood or Nina Simone.

How did your career take off?

Heidi Happy I recorded my first CD with the funk band in 1998. Then in 2003 a producer asked me to do an album with him based on my own material. I learnt a lot about what I can/can’t do, what I really want to do and what I’m best suited to. I did so many things on that record that I’m still deeply ashamed of that I decided to not let others convince me to do things (like rapping!) if I’m not sure about it myself. It helped me to listen to my heart and trust my intuition and hence, I have produced all my subsequent LPs. I’ve been lucky to receive some funding from the city and canton of Lucerne which has allowed me to do my own thing. After having released my records on labels like Little Jig and Two Gentlemen, I set up my own label Silent Mode in 2012 on which I have released my records abroad (often in collaboration with other labels and promotors) and in Switzerland.

You’ve been described as “one of the most influential Swiss voices of the moment”. How would you describe your sound/your voice?

Heidi Happy I had a distinctive folk/pop sound at the start that was rather safe and constructed, but now that I’ve branched out into electronic music things feel freer, more open to surprises. My voice is very precious to me after surgery to remove a polyp on my vocal chords in 2001. The operation has given it a slightly more crackly tone, but I’ve learnt to like it and appreciate it more. I always take care of it nowadays and warm up before going on stage.

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You are quite a multi-instrumentalist powerhouse on stage.

Heidi Happy Each tour is different. I’ve had duo shows where I sang, played guitars, drums, melodica, piano, glockenspiel and used a loop station, or shows with an entire symphonic orchestra where I just sang and played the guitar. It all depends on the songs, location, audience and financial possibilities. Right now I usually perform with my four-piece band or solo with my loop station, guitars, glockenspiel and a synthesizer.

 How is Heidi Happy received abroad?

Heidi Happy I’ve played the most abroad shows in Germany, Holland, Canada, England and in Russia. People abroad seem to really appreciate our music – we get very enthusiastic feedback. Radio stations in France, Germany, Austria and USA have put my songs on their playlist. Thanks to my collaboration with Yello, some people know me without me ever having played there.  We’ve just been on an Austria tour with Clara Lucia, an Austrian singer very similar in style to me. We’ve been friends for a few years and it was a wonderful, perfectly matched tour.

What are you working on at the moment?

Heidi Happy I’m currently writing some film music which has always been a big love of mine. I’m also rearranging my repertoire for a big show in spring next year where I’ll be playing in my hometown Dagmersellen with the local brass band. I’m constantly gigging, writing and looking for new distribution deals abroad to get my music heard.

 

Forthcoming gigs:

12.12.2014 Zauberwald Lenzerheide (solo)

24.01.2015 Filmtage Solothurn (band)

29.01.2015 Gaskessel Bern (band)

30.01.2015 Moods Zürich (band)

31.01.2015 Kreuz Nidau (band)

27.02.2015 Kulturkarrousel Stäfa (band)

Buvette: «The Never Ending Celebration»

buvette-marie-taillefer-3_WEBDie neugierigste und furchtloseste Musik wird nicht in den Zentren dieser Welt geschaffen, sondern stammt aus den Provinzen. Das ist auch in der Schweiz nicht anders. Ein Beispiel ist Cédric Streuli aus Leysin, der unters einem Alias Buvette im Sommer sein bereits drittes Album «The Never Ending Celebration» veröffentlicht hat. Erschienen auf dem französischen Label Pan European Recordings, geht Buvette den Weg, der vom grellen, enorm lustigen und unterhaltsamen Pop seiner Anfangstage wegführt, weiter. Ein Weg, den er bereits auf seiner zweiten, in sich gekehrteren Platte «Palapa Lupita» eingeschlagen hatte – wie auch auf «Airplane Friendship», das dieses Jahr mit dem «Best Swiss Video»-Award ausgezeichnet wurde.

Neu ist aber die Orientierung hin zum Song: Beispielhaft dafür steht die Single «The Never Ending Party», auf der Buvette die elektronischen Kicks und Sounds behutsam zu einem Song zusammenbaut. Ein Song, der nicht auf den schnellen Effekt zielt, sondern dank dem hell-fröhlichen Refrain lange nachhallt:

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=p3z_XUuEzBk&w=640&h=360]

«The Never Ending Celebration» ist auch ein Album, in das man sich reintanzen kann – wie bei «The Sun Disappeared» und bei «Living in a Painting», dem späten Höhepunkt der Platte –, ehe Buvette die Gitarre auspackt und das Album mit dem spanisch gesungenen «El Nuevo Paraiso» endet. So bleibt Buvette – auch dank seinem eigenen Label Rowboat Records – einer der eigenständigsten Popforscher der Schweiz, der immer noch viel zu unbekannt ist.