Julian Sartorius en mode random

On l‘a vu un peu partout ces derniers mois, en solo ou auprès de Merz ou Colin Vallon, dans les club de jazz, les galeries d’art contemporain ou à l’affiche de festivals indie, le jeune batteur bernois Julian Sartorius ouvre ce soir le 32ème CullyJazz Festival avant Avishai Cohen et Rusconi sous un chapiteau sold out.

ImageFriand d’atmosphères intimistes, la batterie à même le sol pour être au plus proche du public, on l’a vu plusieurs fois émouvoir et faire se lever les foules. A Cully, le dispositif sera tout différent : 900 personnes en rang d’oignon, lui bien loin, sur un large piédestal et sous un gros logo jaune. Il est curieux de voir ce que cela va donner. Le jazz ? Une formation aux conservatoires de Berne puis Lucerne. « J’aime Coltrane, Monk, ce qui a du spirit. » Avant de rajouter gaiement dans l’immense sourire qui le caractérise « Mais j’aime autant Schubert que Madlib ! », et citer encore Awesome tapes from Africa ou le label Sublime Frequencies.

Beat diary

Julian Sartorius est un chercheur, et c’est grâce à un travail titanesque, son « Beat Diary », qu’il a véritablement développé son jeu : pendant une année, il s’est donné pour contrainte de produire et prendre en photo un beat par jour afin de le publier sur un blog, devenu un livre album. « La contrainte est toujours un procédé créatif intéressant, où tu peux aller au fond des choses. Regarde par exemple la gravité, et comme les gens ont été inventifs pour tenter d’y échapper, de l’escalade au base-jump… J’aime les règles, comme dans un jeu. Si elles sont bonnes, il y a beaucoup de fun. Attention, je ne dis pas que la musique juste est un jeu, mais qu’il faut jouer avec les limites. »

“Les nuances sont infinies…”

Ce qui étonne et éblouit dans son solo, c’est la gamme d’harmonies qu’il parvient à faire sortir de son instrument, l’inventivité de sa proposition, et un groove toujours en mouvement. « J’essaie de garder les jambes dans la pulsation et de faire aller mes mains ailleurs. Quand tu arrives à faire bouger les choses tout en restant dans le tempo, cela donne quelque chose de très fort. Et puis les nuances que tu peux apporter selon comment tu touches les choses sont infinies. »

“J’adore quand je ne sais pas ce qui va arriver”

S’il écrit la musique, des plans plutôt que des partitions, il aime se laisser surprendre et s’inspirer de tout ce qui l’entoure : nature, animaux, machine à laver, frottement des vêtements, tout ce qui peut produire un rythme, qu’il soit régulier ou non. « J’ai toujours des images dans la tête, c’est très narratif, et souvent j’entends des synthétiseurs ». Il a lu John Cage qui lui a « ouvert l’esprit », et a peu à peu développé un élan vers le random, l’imprévisible : « J’adore quand je ne sais pas ce qui va arriver, quand il se passe des choses qu’on ne peut pas penser. Cela me rend vraiment heureux ! »

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=MVLNRLnqTI8]

A l’automne, il sort un album du solo, parce qu’on lui l’a souvent demandé, et un autre album fait de duo entre lui et un train, un frigo, ou une caisse à la Migros. Et puis encore un single 7’’ avec des beats dessus. Dans l’intervalle, il réfléchit à comment optimiser les sous qu’il vient de recevoir pour sa nomination au premier Prix de Musique Suisse. Les idées ne manquent pas.

Le site de Julian Sartorius

Dernier disque en date: Merz, “No Compass Will Find Home” (Julian Sartorius drum and vocal renditions), Everest records

Ein kleiner Festivalbericht vom M4Music

SCHWEIZ M4MUSIC 2014Gute Konzerte und interessante Panels: Diese Mischung lockt jedes Jahr Musikfans und Musikschaffende an das M4Music nach Lausanne (erster Festivaltag) und Zürich (zweiter und dritter Festivaltag). Im Rahmen des Festivals findet auch die Demotape Clinic statt, an der die vielversprechendsten Nachwuchskünstler gekürt werden und einen Förderbeitrag erhalten.

An der 17. Ausgabe des M4Music Festivals wurde erstmals der neu gegründete Verband der unabhängigen Musiklabels und -produzenten IndieSuisse vorgestellt. Angeregt wurde dieses Jahr ausserdem der Austausch mit der Kulturmetropole Berlin, wobei für verschiedene Panels Gäste aus der deutschen Hauptstadt zugegen waren. Als «Demo Of The Year» wurde der Song «Somnambulant Cannibal» der Band Conjonctive aus Nyon ausgezeichnet.

Erstmals Konzerte unter freiem Himmel

Das M4Music bot auch dieses Jahr ein spannendes Konzertprogramm. Auf fünf Bühnen in und um dem Schiffbau in Zürich stellten Schweizer und internationale Acts ihre Songs vor. Für den letzten Festivaltag machte ich mir ein dichtes Programm zurecht; die Konzerte des Vortages hatte ich bedauerlicherweise verpasst. Der Auftritt von Broken Bells war als Krönung des Festival-Samstags eingeplant.

Um 16.30 Uhr bestritt Milchmaa als zweiter Act an diesem Samstag ein Konzert auf der Bühne vor dem Schiffbau – die erste Openair-Bühne am M4Music, wo die Auftritte zudem noch gratis zu bestaunen waren. Der sympathische Rapper aus Chur war ziemlich geduldig mit dem Publikum, das auf die Animationsversuche eher zurückhaltend reagierte, die Show aber dennoch aufmerksam verfolgte. Anschliessend betrat die aus Russland stammende Tessinerin Ekat Bork die Bühne – und zog sogleich die Aufmerksamkeit der Zuhörer mit ihrer starken Stimme und ihrer exzentrisch-expressiven Art auf sich.

Viele spannende Acts am Abend

Eine enorme Bühnenpräsenz legten auch The Rambling Wheels an den Tag. Mit fadengeradem Rock lockten die vier Neuenburger die Festivalbesucher in die anfangs ziemlich leere Halle des Schiffbaus. Musikalisch durchaus abwechslungsreich brachten sie die vordersten Reihen schnell zum Tanzen.

Um halb elf begann das Konzert von The Lonesome Southern Comfort Company (schwieriger Name, man sagte dann jeweils: «Ich gehe noch ans Konzert der Southern Comfort irgendwas da…»). Geblieben bin ich nur für zweieinhalb Songs, aber nicht etwa, weil sie nicht gefielen. Im Gegenteil: Die folkigen Lieder liessen mich in Entzückung mitschwanken. Den Bandnamen konnte ich mir danach merken. Aber meine Helden namens Broken Bells würden gleich auftreten.

So stand ich nun vor der Halle, einige Minuten vor dem Konzert der amerikanischen Headliner. Die Schlange bewegte sich nicht vorwärts. Es vergingen Minuten und die Band hatte bereits losgelegt, in der Schlange war ich aber kaum vorwärts gekommen. So beschloss ich schliesslich, mich von dem Gedanken zu verabschieden, Broken Bells an diesem Abend noch zu sehen. Einen letzten Blick warf ich noch durch die offene Tür in die grosse Halle und glaubte für einen Moment, James Mercer auf der Bühne erblickt zu haben. Vermutlich war es nur ein Becher Bier, das begeistert in die Höhe gestreckt wurde.

Verärgert über mein eigenes Zeitmanagement zog es mich Richtung Exil. Glass Animals standen nun auf dem Programm. Und sie begeisterten. Musikalisch einwandfrei gab die junge Band aus Grossbritannien ihrer teils distanziert wirkenden Musik ein Gesicht. Das Publikum fiel in Ekstase und tanzte – auf ähnliche Weise wie Ekat Bork einige Stunden zuvor auf dem Schiffbauplatz. Dieses Konzert war genug Entschädigung für das verpasste Konzert von Broken Bells.

 Auch nächstes Jahr der Treffpunkt für die Schweizer Independent-Musik-Szene

Kurz vor zwei Uhr verabschiedete ich mich von der tanzenden Menge beim Bonaparte-Konzert. Durch das wunderschöne Foyer des Schiffbaus schlendernd stellte ich fest, dass das Musikprogramm am M4Music auch dieses Jahr sehr ansprechend war. Immerhin hielt es mir sofort eine würdige Alternative für das verpasste Broken Bells-Konzert bereit.

Eine spannende Konferenz, die ungemein wertvolle Demotape Clinic und gute Konzerte gibt es nächstes Jahr wieder vom 26. bis 28. März 2015 in Zürich und Lausanne.

Best Swiss Vidéo Clip

Les 2 gagnants et le jury @Allessandro Dellabella
Les 2 gagnants et le jury
@Allessandro Dellabella

La semaine dernière dans le cadre du M4Music ont été décernés deux prix pour le meilleur clip vidéo. Parmi 14 vidéos retenues, cinq étaient en compétition. Le Prix du public était organisé sur la plateforme Mx3 par votation online et le Prix du Jury faisait appel au regard de trois personnalités du milieu culturel suisse : Franz Treichler des Young Gods, Vincent Jaquier de l’ECAL et Désirée Wismer de la TV zurichoise Joiz.

Prix du Jury

Le réalisateur Vaudois Simon Wannaz remporte le Prix du Jury pour le clip « Airplane Friendship » de Buvette. Une vidéo à l’atmosphère étrange, où les bonnes idées et une belle photo parent intelligemment aux petits moyens à disposition. Un visuel en belle adéquation avec l’électronique DIY de Buvette, qui avait déjà été remarqué, notamment à la Nuit du Court de Lausanne qui l’avait programmé. Simon Wannaz vient de terminer le prochain clip de la jeune veveysanne Verveine – dont nous parlerons ici très bientôt – et s’envole pour New York où il compte travailler ces prochaines années.

[youtube.com=http://youtu.be/AhfifHipcZU]


Prix du Public

Le Prix du Public a quant à lui été remporté par Uslender Production pour « Würsch Sie », un clip dont la victoire au nombre de clics doit franchement beaucoup aux très jolies filles en bikinis et à leurs nombreux amis.

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=LhmqdfcTGPY]

Or parmi les 14 clips projetés, il y avait d’autres belles choses, qui n’étaient étonnamment pas en compétition. Pour le plaisir, voici donc la….

Sélection Swiss Vibes

Le clip du rappeur Skor, pour les rondes enchanteresses en costumes traditionnels:
[youtube=http://youtu.be/rpSmHh6zIjM]

Celui du producteur vaudois Christophe Calpini, dont le dispositif en négatif, simple comme bonjour, est diablement maîtrisé:[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=yvBtPwlq6ac]

La vidéo de Bonaparte, une jolie animation bricolée :
[youtube=http://youtu.be/gVWK7cuWh2w]

Et enfin, la vidéo de Metube qui est plus un court métrage qu’un réel clip musical, mais qui, tout en s’amusant, raconte beaucoup de choses sur les nouveaux médias et le rapport à l’image:
[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=P2jn_lxrrPg&list=PLl-CRSATZiXSMWhkvfHs0H5j9JQ12DsZm&feature=share]

 

Record of the month: Tobias Preisig, ‘Drifting’

Tobias Preisig's 'Drifting'

I’ve got Drifting on constant rewind. It’s a spacious album, pulling back to allow an experience of resonance and a sort of quiet mayhem. The musicians don’t hate us: they want to captivate, however, we’re not their only object of desire. There’s a care and deep listening in their interplay that is almost audible. It’s as if they are feeling their way into a new form of being, as a quartet.

Abstract, even animalistic

Tobias Preisig spoke to me of his band working as an ‘integrated instrument’ with ‘spots’ replacing full-blown solos, such as when André Pousaz’s double bass breaks out into a sombre spotlight in Floating Causes amongst low violin stabs and hi-hat shimmers. It’s true that tracks like Out of Reach weave a subtle tapestry of instruments, intensifying in colour as it progresses. But there is no ignoring the quality of Tobias’ violin: rich, assured, respectful of its emotional power yet avoiding sentimentality. It can be abstract, even animalistic, revelling in a purity of sound.

Miniature for Gold is a painfully-gentle vignette painted by Stefan Aeby‘s piano. Preisig’s violin balances the sweetness, plucking as if a tight bass line. The track is like an exquisite kiss. But Searching for Soil is my highlight, a spellbinding piece.

Michi Stulz’s drum rolls… an unrelenting mantra

The opening Rhodes’ chord conjures a translucent pathway out to the Milky Way, there’s the metallic jingle of a cold star, before Michi Stulz’s drum rolls march us on; an unrelenting mantra. It’s the woozy high violin plucks and quivering strokes of the strings that send my goosebumps bumping. It’s a trip, to somewhere magical or possibly, macabre. Piercing violin runs twist the screws tighter whilst a stormy piano bashes at its low notes. A scrap of melody breaks through as if to keep us entwined in the music, before it shudders to a close.

This music has character: it can be moody, sensitive, frustrated yet is often playful – it’s got soul. What I hope to hear from the band in the future is a wider range of textures and themes; an evolution of their emerging and ear-catching language. Look out for this quartet playing live and let me know what you think.

http://www.youtube.com/watch?v=6UpFkg3F_8s

 

05.04.2014 CH-Zurich, Moods
12.04.2014 DE-Erfurt, Jazzclub
13.04.2014 DE-Dresden, Tonne
15.04.2014 DE-Jena, Cafe Wagner
16.04.2014 DE-Berlin, A-Trane
25.04.2014 CH-Basel, Jazzfestival Offbeat
16.05.2014 CH-Arbon, Kultur Cinema
02.06.2014 CH-Orsière, Fête de la musique
20.07.2014 CH-Gstaad, Menuhin Festival
14.08.2014 CH-Winterthur, Musikfestwochen

 

 

Just released: Heidi Happy «Golden Heart»

heidi-happy-golden-heartSie wühlte einst in der loopenden Folk-Wunderkiste, gab sich auf «Hiding with the Wolves» ein orchestrales Kleid und zeigte sich auf ihrem letzten Album «On the Hills» zuletzt countryinfiziert. Nun hat die Multiinstrumentalistin Priska Zemp alias Heidi Happy für ihr neues Album «Golden Heart» eine neue, prominent besetzte Pop-Band zusammengestellt, die ihr bei den neuerlichen musikalischen Abenteuerfahrten zur Seite steht.

Und diese Reisen führen die 34-jährige Luzernerin in die verspielte Disco, wo die geschickte Arrangeurin scheue Tänze wagt, man sieht vorüberziehende Neonlichter im schwer schnaufenden «Across the Ocean», cruist durch die und es gibt, wie bei Heidi Happy üblich, auch Nonsense-Nummern wie der pfeifende «The Whistle Song».

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=te7XhkJVs3Q&w=640&h=360]
«La Danse»

Ephrem Lüchinger an den Keyboards, Baptiste Germser am Horn und anderen Instrumenten und der Legendary-Lightness-Schlagzeuger Domi Huber folgen Heidi Happy überall hin – auch in das zarte «Maintenant», das diese ausgesprochene Pop-Platte schön beschliesst.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=AzXzNC2GiJA&w=640&h=360]
«Down Town»

Im Frühling gibt Heidi Happy mit ihrer Band auf Tour durch die hiesigen Clubs – und wagt für sechs Solo-Konzerte auch den Abstecher nach Russland. Alle Daten finden sich hier.

The bianca Story an der Deutschen Oper Berlin

Web2_gilgamesh_1Ausser für Musik, die über die Landesgrenzen hinaus Anerkennung findet, und verrückten Crowdfunding-Aktionen (90’000 Euro in knapp zweieinhalb Monaten) sind The bianca Story auch dafür bekannt, dass sie ihre Musik gerne mit Theater und Schauspiel vereinen. Mit ihrem neusten Album «Digger» sind sie nun auf der Bühne der Deutschen Oper Berlin zu sehen.

Gilgamesh Must Die!

Das Epos von Gilgamesch, einem mesopotamischen König, ein Drittel Mensch, zwei Drittel Gott, dient als Vorlage für das Musiktheater «Gilgamesh Must Die!». Bereits Ende 2011 zeigte die Basler Band mit «M & The Acid Monks», dass sie es verstehen, Konzert und Schauspiel zu vermischen. Damals wie heute führt Daniel Pfluger Regie. «Gilgamesh Must Die!» nimmt Songs aus dem Album «Digger» als Leitmotiv, um die Geschichte eines totalitären Herrschers zu erzählen, der nach dem Tod seines besten Freundes Enkidu auf die Suche nach dem Unsterblichen geht.

The bianca Story werden bei der Aufführung dieses musikalischen Theaters von einer Opernsängerin, einer Schauspielerin und 16 jugendlichen Laiendarstellern aus Berlin unterstützt. Sowohl die Uraufführung am 17. März 2014 als auch vier weitere Vorstellungen von «Gilgamesh Must Die!» finden in der Deutschen Oper Berlin statt. Ab April wird das Stück auch in Zürich, Basel und Bern aufgeführt.

Aufführungstermine von «Gilgamesh Must Die!»:

Deutsche Oper Berlin: 17./20./21./22./25. März 2014
Gessnerallee Zürich: 15./16./17. April 2014
Kaserne Basel: 23./24./25. April 2014
Konzert Theater Bern: 29. April & 1. Mai 2014

Alle Konzerte und Billete hier!

Anna Aaron, un disque, un clip, un style

Cover_Neuro_RGB_300dpi_2500x2500Si les déhanchés déshabillés de son dernier clip “Linda” lui ont valu d’être remarquée par les Inrocks, Anna Aaron n’est pas encore complètement portée aux nues en France – en tous cas, comparé à l’emballement médiatique qu’elle suscite dans les cantons suisses, elle y reste encore discrète. Mais, programmée en bonne place dans le cadre du festival itinérant les Femmes s’en Mêlent (à Paris et en province) pour y présenter son deuxième album “Neuro”, elle a l’occasion de se faire un prénom. Ou plutôt deux: Anna et Aaron, le féminin et le masculin, le clair et l’obscur. Une ambivalence assumée, déjà, sur son premier album Dogs In Spirit, deux ans plus tôt: elle s’y montrait tendre et furieuse, au gré de ballades folk au piano façon Fiona Apple et de plages rock déchirantes.

Un son à la hauteur de sa beauté froide et de ses tumultes intérieurs

Après un intermède avec le quartet d’Erik Truffaz, qu’elle a suivi en tournée, la Bâloise avait donc décidé d’approfondir ses ambiguïtés : c’est à Londres, auprès de David Korsten, qu’elle va se forger un son à la hauteur de sa beauté froide et de ses tumultes intérieurs. Fidèle à ses habitudes, le producteur de l’Anglaise Bat for Lashes va envelopper sa voix puissante d’un vernis électro faussement vintage, entre reverbs puissantes et rythmiques eighties avec Jason Cooper, le batteur de Cure, derrière les fûts! Parfois un peu caricaturale (avec des réminiscences trop évidentes de … Bat for Lashes, justement), cette approche sonore permet à Anna Aaron de gagner en épaisseur artistique. D’opérer des contre-pieds mélodiques inattendus au milieu des morceaux. D’oser le mélange entre la pop la plus accessible et les riffs les plus tordus. Avec “Neuro”, la fille de missionnaires religieux se rapproche des grandes prêtresses de la pop moderne. A elle de prouver sur scène qu’elle peut nous hypnotyser autant qu’Anna Calvi ou Pj Harvey.

Anna Aaron est en tournée jusqu’à la fin du mois en Suisse et en France. Détails de la tournée ici!

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=cGyS_goCnLI]

William White – Open Country

OpenCountry-williamwhite-coverHalf Swiss, half Barbadian William White arrived in the German part of Switzerland 20 years ago to study at university. But thanks to the mix of Bob Marley, Dionne Warwick, Nashville and country ballads that formed his musical DNA, engineering got the elbow for song-writing and playing his guitar in bars and bands instead. Celebrating ten years as a solo Swiss recording artist, William White spoils us with his 4th studio album, “Open Country”, a double CD featuring ten new studio tracks recorded in Jamaica last year, plus a live album recorded at Das Welt Winterthur in 2012.

A star-studded production

Compared to his previous albums constructed in solo mode, this is a star-studded production featuring the imput of Devon Bradshaw (former Burning Spear bassist) and Ian Coleman (Ziggy Marley guitarist), not to mention the distinctive legendary voices of Bushman and Toots & The Maytals. It’s a colourful and varied collaboration which hints appropriately at the title. “Open Country”: an invitation for White’s work to be interpreted and moulded by others, paying homage to his Caribbean roots and above all tipping his hat in the direction of free spiritedness, the love of nature, the wild and the organic backyard setting of the simple life.

The sound is refreshingly pure and authentic

showthumb-1.phpHugely radio-friendly, there are welcome country, folk and pop nuances that are woven throughout the reggae textures. The occasional syrupy moments (the new single ‘For Your Love’) are well contrasted with forceful, emotionally charged protest songs where White’s vocal ability is always convincing and sensitive (as in ‘Power Reggae’ or in the Marley cover of ‘Caution’). In keeping with all good reggae albums, the production is unfussy and organic, the sound is refreshingly pure and authentic. An album that exudes sunny joyfulness and the clear euphoria of mixed cultures. Listen barefoot, preferably with the sun on your back whilst planting something fabulous in your garden, (“Money for the strong man and the earth for the wise”). The album is out on 7th March 2014, launched live at Les Docks (Lausanne). A tour throughout Switzerland till April follows.

Forthcoming William White gigs:

7/03/14: Les Docks, Lausanne

8/03/14: Chollerhalle, Zug

13/03/14: Rete 3, Studio 2, Lugano

14/03/14: Rössli, Stäfa

15/03/14: Casino Theater, Winterthur

28/03/14: Hotel Murten, Murten

29/03/14: TonArt Festival, Altdorf

03/04/14: Kofmehl, Solothurn

04/04/14: Schüür, Luzern

05/04/14: Eintracht, Kirchberg

25/04/14: Nordportal, Baden

26/04/14: Mühle Hunziken, Bern

Dog Almond “Drifting Animals” LP

a2445370845_10Christophe Calpini and Franco Casagrande are two busy, genre-defying, musical pedigrees who play around with styles as they play around with projects. With CVs as long as their arms, their musical journeys are both peppered with collaborations that read like the Swiss Who’s Who of the electro-jazz, indie-folk, reggae and hip hop scenes. Calpini – a veteran drummer, knob twiddler, arranger and producer, who made his mark back in the 90s with Silent Majority, then continued via Eric Truffaz, Alain Bashung, and set up cult underground projects in the shape of Mobile in Motion and Stade. Casagrande – best known as the guitarist in the Swiss reggae band The Moonraisers, errant collaborator with outfits as varied from Chapter to Awadi, and master of a very capable vocal talent.

Ready to bite

‘Drifting Animals’ is the third Dog Almond LP recently issued on their own label, altogether a different affair from their quirky, groovy-edged “In Dog We Trust” of 2010 where the pooches were cute, cuddly and playful. Here the dogs are in a more sombre mood and are ready to bite. As the album cover suggests, intricate beauty sits aside danger, decay and darkness. The sound is fuller, larger, played live and loud. Distorted guitars, reverberating drums, vocoder voices add a depth and perspective which is at times melancholy, other times angry, always emotionally and musically audacious.

Epic, moody, multi-textured, swirling pop songs

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Setting the tone perfectly is the opening track, “Dull Knife”, a richly menacing and dubby instrumental soundtrack, (imagine a would-be Tarantino reggae Western), greatly coloured by the baritone sax of Ganesh Geymeier. There’s an ambiant, trip-hoppy vibe that then takes over, big beats played sparse and wide giving room to highlight Casagrande’s vocal abilty that sits well in both a soft pop frame as that of fierce rocker. For some reason comparisons with Depeche Mode are springing to mind – epic, moody, multi-textured, swirling pop songs that could seduce a daytime radio listener as much as the stadium rock fan. “If it’s easy” is a typical example of a darkly captivating, tortured love song that sucks you in and spews you out thanks to less-is-more pacing, crafty sinister reverbs and an emotionally-sensitive vocal. My money sits with the closing track, “Inventing a moment”: deceptive languid melancholia set on fire by wonderful string arrangements and the guest-featured sax that swirls us into a heady jazz-tinged finale.

Dog Almond forthcoming gigs:

7/03/14: Chat Noir-Carouge (Ge)

28/03/14: Le Bout Du Monde – Vevey (Vd)

3/05/14: Hacienda-Sierre (Vs)

Sex & Videos & Rock’n’roll

La pop suisse s’est trouvée un nouvel étendard visuel: tous à poil!

Une obsession de la jambe à l’air qui transcende les “genres” de la folk au slam. Oubliée la grande déclaration de Clémenceau, “le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier“. Ce qui compte maintenant, c’est de faire tomber la feuille de vigne.

Anna Aaron “Linda”

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On aurait pu croire la Bâloise aussi sage que ses chansons

Dans son précédent clip “Stellarling”, Anna Aaron se montrait en Piéta dans les bois, tenant délicatement son hipster christique sur ses genoux, avec la douceur d’un cours de catéchisme. Mais sur “Linda”, elle oppose sa beauté froide et ses rondeurs serrées dans un pull moulant, au corps nu, terriblement sec, de la danseuse et performer Oriana Cereghetti.

Introduction plastique, anti-érotique, à la morphologie humaine qui s’offre aux regards devant un mur noir et quelques néons. L’esprit torturé par Godwin pourrait y trouver des réminiscences contemporaines des “Dieux du stade” (ceux du documentaire allemand avec Leni Riefensthal, pas le calendrier des rugbymen français), pourtant si éloignées des jolies élégies de son dernier album “Neuro”, à paraître en Suisse le 28 février (et en France le 11 mars).

Kadebostany “Jolan”

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Erotisme crypto-fasciste et vaguement sado-maso…

C’est  le parti-pris visuel des derniers clips de Kadebostany. Alors même que la fanfare électro semblait plutôt lorgner du côté des anciennes démocraties populaires de l’Est, le grand leader Kadebostan, en costume d’apparat, s’y montre toujours entouré de deux amazones aux jambes gracieuses et aux poses ouvertement lascives sous l’uniforme. Sans hésiter à enlever le haut parfois, mais toujours de manière fugace.

Comme chez Anna Aaron, ces visions subliminales s’appliquent sur fond noir et néons clinquants, pour mieux mettre en valeur cette esthétique d’une froideur infinie. Un choix d’autant plus étonnant que les paroles de “Jolan” semblent dire le contraire de ce qui est montré ” Ho, je me sens si haut quand tu es prêt de moi […] et je suis sûr que nous pourrons traverser l’univers” chante Kadebostan avec un romantisme insoupçonnable derrière se poses martiales.

Puts Marie “Pornstar”

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=OHWL14EQOcc&w=640&h=390]

Chez les Puts Marie, on se fait plus explicite…

Les rockers de Bienne, parmi lesquels Nick Porsche, réanimés après une longue période de sommeil, ont frappé un grand coup avec “Pornstar”, tiré de leur EP, au titre tout aussi transparent, “Masoch”. Emmenés par leur chanteur-acteur de théâtre, Max Usata, ils ont recréé en studio une sorte de boîte échangiste délirante, presque sortie d’un film de Fellini, où les corps plus ou moins gracieux se mêlent sans complexe dans un même élan hétéro et gay-friendly. Un choix qui a le mérite de faire sens: leur nouvel album, mi-rappé, mi-chanté, les voit explorer l’auto-destruction et la provoc authentique.