Les fièvres électrisantes de Puts Marie

© Alessandro Della Bella/m4Music
© Alessandro Della Bella/m4Music

Préliminaires fiévreux le 26 mars à Lausanne à l’enseigne de la 18e édition de m4music. Le festival dédié principalement à la scène et au marché suisse de la musique, qui se prolonge à Zurich les 27 et 28 mars entre conférences, workshops et concerts (Jungle, MØ, Verveine ou Yellow Teeth), a pris ses quartiers au studio 15 de la RTS entre le dancehall décapant de Muthoni The Drummer Queen, la soul futuriste de Sohn et le rock vénéneux de Puts Marie. Les Biennois clôturant la soirée avec leur répertoire diaboliquement lascif, mélancolique et mélodique qui fait parfois songer au dEUS des débuts.

Un retour inspiré

Au terme du longue parenthèse, le quintet réapparu à l’hiver 2013 avec le mini-album “Masosch” n’en finit plus de séduire loin à la ronde. Entre le Prix culturel de la ville de Bienne et les festivals prestigieux (Transmusicales de Rennes l’hiver dernier, Printemps de Bourges, The Great Escape, Paléo et Vieilles Charrues sous peu), leur cote ne cesse de grimper. A juste titre tant les variations d’intensité des prestations de Puts Marie se révèlent ensorcelantes. Entre accents progressifs, élans psychédéliques à l’orgue Farfisa, fracas saturés évoquant par endroits Nirvana et climats d’une moiteur interlope, Puts Marie a sans peine et avec beaucoup d’âme électrisé le m4music.

Le concert du groupe aux dix ans de carrière, retransmis en direct dans l’émission « pl3in le poste » de Couleur 3, débute dans un calme instrumental trompeur. Une torpeur vite dissipée par une succession d’orages desquels se distinguent entre autres « Tell Her To Come On Home », relecture de Little Mack with Sun Ra & His Arkestra. Cardigan noir sur polo orange, Max Usata habite les morceaux de sa voix atypique oscillant entre graves et aigus et se travestissant au gré des atmosphères, du hanté « Obituaries » sur voix filtrée aux airs délurés irrésistibles du mélodique “Pornstar”.

Si vous raté Puts Marie, découvrez-les  lors de l’un de leurs prochains concerts:

21 April 2015 – Les Docks – Lausanne (CH)
28 April 2015 – Printemps de Bourges – Bourges (FR)
2 May 2015 – Café du Soleil– Saignelégier (CH)
14 May 2015 – The Great Escape – Brighton (UK)
18 May 2015 – Chabada (Europavox) – Angers (FR)
19 May 2015 – La Maroquinerie (Europavox) – Paris (FR)
20 May 2015 – La Vapeur (Europavox) – Dijon (FR)
21 May 2015 – Brise Glace (Europavox) – Annecy (FR)
22 May 2015 – Le Transbordeur (Europavox) – Lyon (FR)
23 May 2015 – Fac’tory (Europavox) – Clermont-Ferrand (FR)
29 May 2015 – Kilbi Festival – Düdingen (CH)
30 May 2015 – This is not a Love Song – Nîmes (FR)
02 June 2015 – Centre Culturel Suisse, Carte Blanche à Swiss Vibes – Paris (FR)

 

The beat of Swiss electro pop is TRUE

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Flying the flag for Swiss indie electro pop, TRUE are highly creative Bern-based duo formed by Daniela Sarda on vocals & keys and Rico Baumann on keys, drums, drum machines & sound design. Emerging out of the jazz scene and having cut their teeth on numerous musical projects, the duo came together just over two years ago with the aim of putting their brand of sleek, elegantly-produced synth beats on the European electronica map.

Their sound is deliciously enveloping

True to their aim, the duo have already gained quite a reputation for their sultry, downbeat singles and EPs which are always accompanied by exquisitely made art-house videos directed by film duo Nicole Pfister and Kapuly Dietrich. Their sound is deliciously enveloping due to many strong ingredients: Daniela’s rich sultry voice very apt at carrying emotion, haunting synth arrangements and sparse, compelling beats. As Rico explains, “We like songs that you could play on a guitar or piano, and we put it into an electronic context”. Singles like ‘What I’ve Lost’ and ‘Colors of my Estimation’ are late-night slow-burners that cast shadows on the musical landscape. The lyrics are full of bitter-sweet introspection which hint at the origins of the groups name – “a commitment to unadulterated truth”.

A collectable item in a precious series

Visually, each video and photograph is a studied performance in itself. Not only are True’s videos filmed with a fully live rendition of the song, but each clip has its own particular style, colour and tone, almost as if it were a collectable item in a precious series. The quirky, upbeat ‘Vertyko’ is a seamless take of Japanese 80s-style choreography, blueish hues, mixing up the retro with the futuristic. The timbre of ‘Colors of my Estimation’ is sombre and monochrome to match the moody beats whereas ‘What I’ve lost’ comes at you with dazzlingly bright lights, white attire and a sharp, bouncy rhythm.

Championed regularly by BBC Radio 1 and 6 Music, the duo can be seen at the prestigious M4 festival on the showcase stage at the Moods club in Zurich on 28th March. Keep an eye on this classy Swiss synth pop outfit, released on Mouthwatering Records out of Bern, their name is and their aim is TRUE.

Interesting additional reading: an in depth article entitled “Switzerland: in the creative Spirit” on The Formant blog where TRUEKamikazeSnow GhostsLen Sander among other artists from the Swiss electronic scene are well represented.

 

 

Paralog @ Live in Vevey

Comment dire.
Il s’agit du plus beau trio de jazz suisse du moment. C’est à en perdre ses superlatifs.

photo paralogGabriel Zufferey (p), Christoph Hutzinger (b), Domi Chansorn (dm)

A la composition et au piano, l’extraordinaire genevois Gabriel Zufferey, petit prodige qui a commencé tout gamin aux côtés de Daniel Humair, et dont la fougue et le cœur laissent toujours pantois; à la batterie, Domi Chansorn, batteur multi-instrumentiste touche-à-tout, toujours avec ce beau feeling souple qu’on retrouve d’ordinaire plutôt chez les félins que chez les humains; et enfin Christophe Utzinger à la contrebasse, clef de voûte sobre et solide du puissant groove général.

Paralog allie virtuosité et inventivité, en partant à la recherche d’un langage propre, parallèle, paralogue. Des improvisations élaborées comme une toile sur laquelle s’organiseraient repères et émancipations. Une musique toujours au maximum de sa force, même dans les instants de retenue, et toujours dans un feu d’harmonies.

Un album est en préparation, et le groupe est en résidence à “Live in Vevey” au Théâtre de l’Oriental à Vevey tout prochainement. C’est évidemment à ne pas manquer.
Le site de Paralog

Live in Vevey – Théâtre de l’Oriental (rue d’Italie 22, 1800 Vevey)
du 25 mars au 4 Avril 2015
mercredi, jeudi, vendredi, samedi à 20h
Entrée au chapeau
le site de Live in Vevey

A écouter également le 31 mars dans l’émission Jazzz sur Espace 2

Manuel Troller @ bee-flat, Bern, 18/03/2015

troller

Wenn das Jahr so weitergeht, dann wird 2015 das Jahr von Manuel Troller. Denn der Luzerner Gitarrist hat eben mit seinem Powertrio Schnellertollermeier das monströse Album «X» veröffentlicht, das toll die Barrikaden zwischen Rock und Jazz niederreisst (und zurecht mit Superlativen bedacht wird).

Seit kurzem spielt Troller auch Solokonzerte. So teilte er Anfangs März in Luzern die Bühne mit dem ehemaligen Sonic-Youth-Gitarristen Lee Ranaldo, und nun, in der Berner Turnhalle, eröffnete er den Abend der bee-flat-Konzertreihe «Stage For Two», an dem nach Troller mit Marc Ribot ein anderer grenzüberschreitender Gitarrist zu erleben war.

Zu Beginn seines gut vierzigminütigen Soloauftritts strich Manuel Troller mit einem Geigenbogen über die Saiten seiner elektrischen Gitarre, der in einem rasenden Arpeggio-Teil mündete, ehe Troller entschleunigte und leisere Töne in den Raum schickte. Das Leise, es führte über in eine Noise-Passage, in der er mit seinen Pedalen und Loop-Geräten einen zerhackten Störfunk-Beat arrangierte – einer, der an Werke von Laptop-Manipulationskünstler erinnerte. Trollers Neugier nach neuen Klängen, in der die Gitarre das «gitarristische» verliert, war in allen diesen verschiedenen Aggregatszuständen seines Spiels zu spüren und hören. Sein Set beschloss Troller mit einem akustischen Stück, das die Americana von Saitenkünstlern wie John Fahey zitierte.

Der Abend blieb in der Folge akustisch, denn Marc Ribot entschied sich für sein Set für die unverstärkte Gitarre. Ganz zum Schluss des Abends holte Ribot seinen 28-jährigen Kollegen für ein spontanes Duo auf die Bühne – ein würdiger Abschluss eines überaus tollen Abends.

Solokonzert: 11.6., B-Sides Festival, Kriens

Konzerte mit Schnellertollermeier: Zürich, Walcheturm, 10.4. Schaffhausen, Jazzfestival, 9.5. Luzern, Südpol, 13.5. St. Imier, Toxoplasmose Festival, 6.6. Kriens, B-Sides Festival, 13.6. Danach Tournee in England.

Schnellertollermeier: «X» (Cuniform Records)

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Swiss No Swiss

Jazz no jazz, Swiss no Swiss… Les genres musicaux et les frontières géographiques sont parfois élastiques. Swiss Vibes dit “tant mieux”!

Ils sont Suisses ou ils résident en Suisse; ils aiment les musiques des quatre coins de la planète et ils aiment les traiter à leur manière. Pour la plupart, ils n’aiment pas l’étiquette de world music. Ils, ce sont ces nombreux artistes-musiciens, qui s’inspirent des traditions et des courants musicaux étrangers pour mieux les reformuler à leur manière.

Cuivres à l’unisson

Dans cette playlist, découvrez donc la Fanfare Molotow Brass Orkestar, qui glisse des répertoires balkaniques à la musique suisse avec une fluidité étonnante, le big band de Professor Wouassa et des Faranas qui déclinent l’afrobeat en version helvétique et cuivrées avec des chanteurs sénégalais ou maliens de Suisse.

Hors des sentiers battus latino

Partant des musiques afro-cubaines, la chanteuse et violoniste Yilian Canizares donne à sa voix une nouvelle ampleur de diva latino. L’Argentine Maria de la Paz s’est associée au guitariste espagnol Ignacio Lamas au sein du combo Barrio Oscuro pour y développer un répertoire de chansons et de rock latino qui ne sont pas sans rappeler l’univers de la trop tôt disparue Lhasa. Sa compatriote, Malena Sardi explore quant à elle les possibilités infinies de sa guitare électrique entre autres à l’aide du live sampling et son nom de groupe s’est imposé de lui-même: One Guitar Woman Orchestra (OGWO).

Afrique improvisée

Jeroen Visser et un saxophoniste hollando-suisse qui s’est associé à deux musiciens éthiopiens (Endris Hassen au masenko et le chanteur Mesele Asmamaw) pour créer le Trio Kazanchis.  Ensemble ils pratiquent, selon leur propres dires, de “l’Ethiopian Traditional Impro Punk”.

Swiss Vaudou

Enfin T’Doz, digne rejeton de Lolo et Manze du groupe Boukman Eksperyans, martèle son vaudou-pop avec puissance.

En concert prochainement

OGWO, Lausanne, Bourg, jeudi 19 mars
Barrio Oscuro, Nyon, l’Usine à Gaz de Nyon, samedi 21 mars
Professor Wouassa, Carouge (Genève), Le Chat Noir, samedi 21 mars.
Molotow Brass Orchestar Zurich, Provitreff, samedi 27 mars.

 

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Billie Bird’s Session No 3 @ Le Bourg, Lausanne 27/02/2015

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This is Billie Bird‘s third experimental sound session at Lausanne’s cosy Le Bourg theatre. A chance to play out new arrangements and songs that could go on to be used on her forthcoming LP. This intimate, organic musical workshop perfectly suits Bille Bird’s style which is anchored in the folk idiom but is textured with such deep, naked emotion that a close exchange with her audience is an essential part of her live expression. No surprise, it’s a sold out soirée for Lausanne’s finest singer-songwriting talent, her loyal fanbase is out in hoards because once bitten, twice smitten and eager for more.

 

Immediately you are drawn, tripes and all

Setting the tone is her haunting acoustic version of Bronski Beat’s ‘Smalltown Boy’, (the only cover in her otherwise original repertoire), one that she has made her own by marrying the melancholic dark edges with her sensitive vibrato voice to great emotional and melodic effect. In fact, therein lies Bird’s vocal skill: teasing fragmented, disjointed lines and rhythms with such malleability that everything comes together seamlessly. Immediately you are drawn, tripes and all, into a journey of emotional exorcism helped along the way by the stunning video backdrop of misty landscapes, raging seas and moody skies totally suiting the timbre of her music.

There’s such charming, heartfelt purity in her delivery

Song-by-song a band member joins the stage, so that when it’s time for the bluesy, foot-stomping ‘April’, all hands are on deck for clapping and voices for singing in unison – a change in tone thanks to lightness of Billie’s banjo and the audience’s joyful participation. Another of her great abilities is to blurr the light with the shade: – yes the majority of Billie Bird’s song-writing material is tortured and rueful in colour, but oh, there’s such charming, heartfelt purity in her delivery that one never feels the need to call the Samaritans. Toes are always tapping and fingers eager to snap, even during the darkest lament of love-turned-sour (‘What are we’) or impossible desire (‘Beast’). Hanging emotion on a driving, intricate beat is Billie’s speciality; her original rhythmic patterns are as compelling as her meaningful lyrical content.

She gives difficult emotions a home to go to

It’s a treat to hear her sing in French, (‘Il n’y a rien qui te remplace’), and I would certainly have liked more in her original tongue which to my anglophone ears is made for poetic, romantic suffering. There’s an unexpected afrobeat moment where the entire band fusion together into one deep, hypnotic groove – very refreshing. And then the Tom Jones incident: knickers thrown at her on stage! When I mentioned a loyal fanbase I wasn’t exaggerating. Billie Bird is a blossoming national treasure and audiences are enchanted by her dark, emotive style wherever she performs. It’s as if she gives difficult emotions a home to go to. Her raw, understated delivery has a knack of drawing you in and not letting you go. We were all left wanting more, wishing that the magic of this intimate gig could go on and that her dusky light could shine on us all night.

Line up:

Billie Bird (vocals, guitars, banjo, piano)
Marcin De Morsier (bass, synths, vocals)
Fabio Pinto (guitars, piano, perc, vocals)
Jérémie Duciel (drums)
Giuseppe Greco (live video visuals)

Forthcoming live gigs:

22nd March : Ebullition, Bulle w/ Mister & Mississipi
25th April : Bogen F, Zürich w/ Scott Matthew
19th June : Cully Classique (off festival )

Olivia Pedroli : ” J’ai conçu mes arrangements comme un acrobate évolue sur un fil”

Apologie de la dualité, goût pour le minimalisme contemporain et influences islandaises : de passage à Paris pour la sortie française d”A Thin Line”, la chanteuse et compositrice de Neufchâtel Olivia Pedroli dévoile quelques clés d’entrée dans son univers magnétique…

© Yann Mingard Olivia Pedroli, Press portrait 2010Apologie de la dualité, goût pour le minimalisme contemporain et influences islandaises : de passage à Paris pour la sortie française d”A Thin Line”, la chanteuse et compositrice de Neuchâtel Olivia Pedroli dévoile quelques clés d’entrée dans son univers magnétique… 

Si “The Den“  était ce vase clos, dans lequel vous disiez vous être enfermée pour développer votre imaginaire, “A Thin Line“, “la fine ligne“, que sépare-t-elle ?

Olivia Pedroli J’aime développer une thématique pour mon travail. Sur “The Den“, elle s’est imposée en cours de route. Pour “A Thin Line“, je voulais réfléchir à une problématique au préalable, avant même d’écrire une note de musique : il me fallait un concept global qui englobe aussi bien la conception des arrangements que l’écriture des paroles ou la façon de présenter le projet sur scène. Je suis partie sur l’idée des opposés et de l’équilibre. Sans s’intéresser aux extrêmes, mais plutôt sur l’endroit où ces dualités se rencontrent.

Cela se retrouve par exemple dans la composition, où je fais dialoguer les morceaux entre eux – un quintolet de “Mute“ se retrouvera, de manière inversée, sur “Silence“. Certains titres seront axés sur les cordes, d’autre sur les cuivres : j’ai conçu mes arrangements comme un acrobate évolue sur un fil… Même pour le dispositif on retrouve cette dualité, puisque j’ai séparé mes musiciens en deux groupes. D’un côté une formule acoustique à jouer dans les églises, avec un trio de cordes et des percussions légères, dans un travail de dentelle, de fragilité assumée. De l’autre, il y a mon trio amplifié, avec, cuivre, piano et programmations de textures sonores, pour présenter le projet dans les clubs – comme au New Morning, notamment. Nous jouons les mêmes morceaux, mais avec des arrangements très différents.

[vimeo 105333734 w=500 h=281]

Travailler à nouveau avec le même producteur, Valgeir Sigurosson, c’était important pour vous ?

Olivia Pedroli Sur “The Den“, je découvrais une nouvelle manière de collaborer avec Valgeir Sigurosson. Je touchais à quelque chose que j’avais envie de vraiment développer. Pour “A Thin Line“, je considérais qu’il important d’approfondir cette collaboration, reprendre un peu là où nous nous étions arrêtés. Mais ce n’était pas difficile, puisque entre-temps nous sommes devenus amis; nous avons beaucoup échangé ces 5 dernières années. Du coup, en studio, nous allions directement à l’essentiel, ce qui permettait d’affiner mieux notre travail. Quant à son influence… J’ai du mal à dire concrètement comment il opère : je l’appelle “l’Alchimiste“, car il a façon de faire croire qu’il ne fait rien, mais il a une influence énorme, qui passe par des trucs subtil, des sous-couches… Il se fond dans les projets pour nous faire aller plus loin.

Sur “A Thin Line”, sur le plan de la composition, on ressent une influence profonde des compositeurs minimalistes du 20e siècle, Terry Riley, Philip Glass

Olivia Pedroli Oui, sur l’album il y a même un humble hommage à Philip Glass, le morceau “Glassbirds“ étant une variation sur une de ses structures. Plus globalement, j’ai beaucoup la répétition – parfois, un motif m’habite et j’ai envie de le faire évoluer. Quant au minimalisme, il y a effectivement une tendance à l’épure sur “A Thin Line“ : je n’avais pas envie de rajouter de la crème, du sucre, de la meringue… Mais si Terry Riley, Philip Glass ou Gavin Bryars ont eu une forte influence, il ne faut pas oublier mes copains compositeurs islandais du label Bedroom Community : Ben Frost, Daniel Bjarnason… leurs projets m’ont beaucoup touchée. Ce n’était pas certainement un travail solitaire.

A propos de minimalisme… vous partez pour six mois en résidence d’artiste à Londres, où il se dit que vous allez travailler avec Gavin Bryars..

Olivia Pedroli Il s’agit en effet d’une résidence de composition, une vraie bulle créative pour se concentrer sur mon travail. Mais ce n’est pas à proprement parler “une rencontre avec Gavin Bryars“, je vais simplement en profiter pour le rencontrer plusieurs fois. C’est un vrai puits de science, qui a travaillé avec Tom Waits, Brian Eno, Robert Wilson : son expérience m’est précieuse…

Olivia Pedroli en concert le 11 mars au New Morning, à Paris
 “A Thin Line“ Bandcamp (CD paru fin 2014 sur le label d’Olivia Pedroli, Betacorn Records)

Louis Schild, « Qu’il Vive »

Portrait de Louis Schild revisité par le photographe Michel Bonvin!
Portrait de Louis Schild revisité par le photographe Michel Bonvin

Sur la scène du Théâtre 2.21 à Lausanne, samedi 17 janvier, un grand barbu armé d’une basse et d’une trompette qui ressemble à un jouet dirige un drôle d’orchestre. Pierre Audétat (Stade, Piano Seven) s’agite entre un piano à queue et des samplers, Flo Stoffner, assis se balance hypnotiquement sur sa guitare. Quant à Lionel Friedli, il frotte, frappe et fait voltiger les baguettes de sa batterie comme si sa mission était de déclencher un feu d’artifices de rythmes.

Qu’il Vive

 « Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de ne pas avoir de fruits. » écrivait René Char dans le poème “Qu’il Vive“ en 1968. C’est à ce court texte que Louis Schild rend hommage pendant un peu plus d’une heure. « “Qu’il Vive“ parle d’un pays. C’est un vœu de l’esprit, une utopie, un pays qu’on a en nous. Cette idée m’a accompagné tout au long du processus de création. » Qui s’achève en décembre 2014, le jour où Louis Schild remet à ses comparses les copies de son travail de composition.

En ce samedi soir de janvier, je ne cherche d’ailleurs pas vraiment à comprendre où se situe le blues, le rock ou le jazz dans ces long morceaux, dans ce processus d’improvisation collective. Je préfère apprécier l’incroyable énergie qui se dégage l’ensemble et se transmet au public encore plus jeune que le leader de la formation.

https://vimeo.com/118988006

Quelques jours plus tard, dans un café du centre ville, les questions affluent. « Je n’ai pas seulement emprunté au jazz, mais aussi aux musiques folkloriques d’Afrique de l’Est, aux musiques populaires italiennes des années 60 et à celles du Proche-Orient » explique le jeune autodidacte de 23 ans, éperdument curieux. « Je me suis beaucoup intéressé aux musiques de l’Empire Ottoman, aux rhapsodies. On dit d’ailleurs que dans les rhapsodies, les thèmes sont cousus ensemble. Cette idée m’a beaucoup parlé».

LEON

LEON Louis Schild (à gauche) et Raphaël Ortis (à droite)
LEON
Louis Schild (à gauche) et Raphaël Ortis (à droite)

Quand il n’est pas en train de donner son interprétation musicale de poésie résistante, Louis Schild est la moitié du binôme LEON. Né en 2011 d’une rencontre avec Raphaël Ortis (bassiste et explorateur de sons ) à la Reithalle de Berne, LEON a choisi comme mode opérationnel l’improvisation pure. Le travail du groupe repose sur quelques idées discutées en amont et une complicité à toute épreuve. Aujourd’hui. Parce qu’il se sent irrésistiblement attiré par le rock, LEON aime inviter d’autres musiciens et tend à se fixer en quartet avec encore Antoine Läng (voix et électronique) et David Meier (batterie).

Parfois encore LEON collabore avec Kasper T. Toeplitz, le compositeur franco-polonais, également un homme de basse, mais aussi d’ordinateurs, bien connu dans les milieux de la noise music. Un enregistrement de leurs recherches sonores va d’ailleurs bientôt paraître sur le label et distributeur de disques fous Metamkine.

Travailleur du son et de l’espace, Louis Schild est aussi l’ardent défenseur d’une autre façon de vivre. Une forme de résistance ou plutôt d’« insurrection de consciences » pour reprendre les termes de de l’intellectuel Jean Ziegler. Louis Schild a choisi la vie en communauté, à la maison comme dans ses nombreuses activités. Avec Alain Wolff, il s’occupe de l’Espace Echallens13 à Lausanne.

Il se prépare à lancer Les éditions collectives La Maraude dont l’une des premières parutions devrait être un livre de dessins de Julian Sartorius. La carte blanche que lui a donné pendant 4 soirs le théâtre 2 :21 à Lausanne a été l’occasion de faire le point sur son travail. Enrichissant et stimulant.

 

 

 

Great Black Waters: «Glow, Sand & Other Songs»

Björn_Coverfoto_Quer_mediumVerwackelte Bilder eines mehrspurigen Highways, aufgenommen auf dem Armaturenbrett eines Autos, das Meile um Meile der untergehenden Sonne entgegenfährt: Das simple Video zu «Sand» könnte die Verbildlichung des ganzen Albums von Great Black Waters sein. «Glow, Sand & Other Songs» fühlt sich an wie eine ziellose Reise unter einem psychedelisch glühenden Himmel – mit den Haaren im warmen Fahrtwind, mit den Gedanken frei.

Dezent verpackt

Irgendwo zwischen den ekstatischen Gitarrenriffs und den erdigen Drums, Akustik- und Bassgitarren schwebt die Stimme von Great Black Waters gleichmässig und teilweise fast schon flüchtig in das Klanggeschehen hinein. Wo andere Musiker versuchen, in der Tiefe verborgene Gefühle bisweilen plump nach aussen zu tragen, verleiht Björn Magnusson, der hinter dem Pseudonym steckt, den Songs mit dezent verpackten Worten Struktur. Seine zurückhaltende Art ist eine erfrischende Abwechslung zur sonst so beliebten Zelebrierung gekünstelter In-Your-Face-Attitüden.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=OpUn_0b4sRA&w=612&h=459]

Brachial und fesselnd

An der Plattentaufe im Helsinki in Zürich blieb Magnusson unverkrampft wortkarg und spielte mit seinen vier Mitmusikern (u.a. Fai Baba) auf der kleinen Bühne ein mächtiges Set; mächtig, weil die verzerrten Gitarrenklänge sich wie eine massive Klangwand vor einem aufbauten. Wo auf dem Album hier und da eine besonnene Leichtigkeit mitschwingt, war der Auftritt grösstenteils geprägt von brachialer, fesselnder Rohheit. Man fand sich manchmal in einer grossartigen Jam-Session wieder.

Great-Black-Waters-©-by-Danny-Hole_Quer1In den diffusen Melodien von «Glow, Sand & Other Songs» verliert man sich schnell und gerne. Mit trockenem Sand in den Haaren blickt man in den rot-blau glühenden psychedelischen Himmel und weiss für einmal die Schönheit des Ungewissen zu schätzen.

«Glow, Sand & Other Songs» erschien am 6. Februar 2015. Great Black Waters spielt am 28. Februar zusammen mit Fai Baba im Albani in Winterthur.

Orioxy “Lost Children”

OrioxyEvocative storytelling perfectly suits this quartet
Orioxy’s third album resonates most when it re-imagines the template of simple folk music. Evocative storytelling perfectly suits this quartet of Manu Hagmann on double bass, Roland Merlinc on drums, harpist Julie Campiche and Yael Miller’s voice which at best is pure and unadorned, yet rich with the flavour of her mother tongue, Hebrew.

These stories have a modern accent though. Princeless is Yael’s re-telling of the Cinderella tale, it’s riven with longing and bereft of the happy ending. Soft electronic cries, a melancholic double bass and bare drum taps use a delicacy that binds the whole piece together. Yael Miller’s voice flips between innocence and sensuous knowing throughout, calling on her natural ability for drama. Song of Love is wonderfully accompanied by a percussive typewriter as if the singer is dictating her letter. Some type of squeeze box murmurs sadly and drops of electronica fold into a sympathetic bass solo, all the while the fountain-like harp sparkling light and fresh.

Julie CampicheCampiche’s timing seems to fly directly from her heart
The harp is really the heroine of this album with Julie Campiche’s myriad of subtle colours and styles perfectly placed again and again. Her solo in Isha is spine-tingling. This track is ranging and borderless, a landscape of yearning vocals and grooving rhythms helped by tape rewinds and effects. At first the harp captivates with Middle Eastern vibes amid deep double bass twangs that fall into dark scrapes, before the harp emerges in a solo full of soul and expression. Campiche’s timing seems to fly directly from her heart.

I don’t mind Yael’s rapping or the use of the Sami Darg Team (rappers from Gaza) on Bachour Meshouamam (A Bored Boy) but it does break the spell of the delicate web of lovelorn melodies. As an album, Lost Children does face the danger of its gentle downtempo mood coming to a lethargic halt so I welcome a bit more spit and verve. However, this is best done with their own instruments such as in Old World. Using a bow on the double bass and suitable electronics they bring a free rock track together without a whiff of lead guitar.

There could be a further clarity of the unique Orioxy sound
‘Music doesn’t have a style,’ Yael sings and it’s true this album does not fit into a neat genre. But music does need to have a clear identity, and although this is a decent third album I feel there could be a further clarity of the unique Orioxy sound gained through exploring further musical depth and developing musicianship and songwriting skills.

Interestingly, Orioxy do a captivating interpretation of Paul McCartney’s Blackbird. But in a way that cover serves to show what a truly stunning song can do. It’s the track that has stayed in my head. Orioxy have a good line up of gigs, often a chance for a band to get to know itself on a deeper level. Grab a chance to hear them play as I’m sure there will be some wonderful moments of magic.

Orioxy website and tour dates

[youtube=http://youtu.be/VftefxldpLM]