« Pommelhorse signifie en anglais ” cheval d’arçon “. Le nom nous plaisait car cette discipline de gymnastique est précise comme notre musique. Et puis, cela nous donne un point de repère amusant pour toute notre communication », explique le clarinettiste Lukas Roos. PommelHORSE, ce sont donc cinq musiciens bernois, ex-étudiants de l’école de jazz, mais tous issus d’horizons différents. Électro pour les claviers, rock pour la basse, classique pour la clarinette, heavy metal pour le batteur et blues-jazz pour le sax. Ensemble, ces cinq-là pratiquent une drôle de fusion où chaque chanson évoque une histoire et chaque musique l’ambiance de cette histoire… Parti en tournée en Inde à la fin de l’année dernière, Lukas Roos est encore excité à l’évocation de ce concert devant un stade au Congosquare Jazzfestival. « Nous nous sommes rendu compte de la dimension pop de notre musique ! » Jouant acoustique, mais utilisant des effets de distorsion et de retard, Pommelhorse propose une musique en mutation sur des rythmiques étonnantes.
Pommelhorse en concert le 10 août 2013 au Festival Hors tribu de Môtiers (CH)
Category: FR
Orioxy, vainqueur du Tremplin Jazz d’Avignon!
Ils sont venus, ils ont joué, ils ont vaincu: je vous présentais hier le groupe israëlo-genevois Orioxy à l’occasion de son passage au Tremplin Jazz d’Avignon. Je reçois aujourd’hui un mail pour me dire qu’ils ont séduit les quatorze professionnels du jury dont Pascal Bussy, directeur d’Harmonia Mundi et Franck Bergerot, rédacteur en chef de Jazz Man Mag. A la clef, un concert en première partie d’une tête d’affiche lors du Tremplin Jazz 2014. Pour info, ont été programmés cette année au Festival Bojan Z, Roberto Fonseca et quelques autres… Et surtout, un enregistrement et mixage au studio de la Buissonne, l’un des plus prestigieux studio de France. Bravo à Yaël Miller, Julie Campiche, Manu Hagmann, Roland Merlinc! On se réjouit d’ores et déjà du futur enregistrement.
Suisses d’ailleurs: Orioxy
Rares sont les Suisses qui n’ont que du sang suisse qui coule dans les veines. Entre les vagues d’immigration économique (italienne, espagnole et portugaise) et les vagues de réfugiés, la Suisse se métisse. Cela se sent aussi dans sa musique. Le CD Swiss Vibes 2013 propose quatre projets radicalement différents, emmenés par des artistes qui ont élu résidence en Suisse ou qui sont nés de parents immigrés. Le premier chapitre de cette série est consacré à Orioxy, quartette genevois atypique.
La première, Yael Miller, est Israélienne, chanteuse et pianiste, arrivée en Suisse pour des raisons de cœur. La seconde, Julie Campiche, est une harpiste genevoise aventureuse. Assistées d’un bassiste et d’un batteur, les deux musiciennes se sont lancées dans l’ambitieux défi de créer un « spectacle de folklore urbain imaginaire ». Leur nom, Orioxy, ne veut pas dire grand-chose, mais il a l’avantage de leur laisser toute liberté de construire et de déconstruire. Un peu comme une pâte à modeler qu’elles façonneraient pour mettre en forme leurs différentes visions du monde, leurs interrogations. Ainsi, « World Database Of Happiness » rit de ce classement mondial du bonheur découvert dans un article du Monde Diplomatique. « The Other Strangers » évoque tous les étrangers, réel, fictif ou intérieur, « We Are Done-May 21 » aborde les questions de haine et de peur à travers les prophéties de fin du monde. En hébreu ou en anglais, la voix de Yael Miller ose l’expérimentation vocale, ose l’ultra-intime, sent les esprits. « À partir du moment où je me suis installée en Suisse, j’ai découvert l’attachement à mon pays, et par conséquent la nostalgie », explique Yael Miller. Partant du jazz, réfutant toute idée de faire du jazz, ces deux amatrices de la confrontation explorent musicalement les rythmiques décalées et les sons différents. Orioxy est une entité en devenir, une musique intuitive, imaginaire, habitée, qui s’appuie sur scène sur une gestuelle non dénuée d’humour. Affaire à suivre.
Orioxy, The Other Strangers (Unit Records)
Concerts : Avignon (F), Tremplin Jazz, les 31 juillet et 1er août. Genève (CH), Aubes Musicales, Bains des Pâquis, le 9 août. Paris (F), Sunset, le 19 septembre. St-Genest Malfaux (F), Sommet Festival, 20 septembre. Lyon (F), Périscope, 21 septembre. Heilbronn (D), Cave 61, le 28 septembre
Bojan Z et Tobias Preisig s’envolent!

Hier, au Festival de la Cité, la tension était grande. Le pianiste serbe Bojan Z qui devait ouvrir la soirée n’a pas pu prendre l’avion prévu et a fini par atterrir à l’aéroport de Cointrin à 18 h. Une heure plus tard, il était propulsé sur la scène du Château pour un mini concert d’une trentaine de minutes où il posait les bases de son univers foisonnant construit à partir des musiques ethniques, du jazz, du rock.… Après cette mise en bouche, Bojan Z devait remonter sur scène à 22 h avec son trio et un invité spécial en la personne du violoniste suisse Tobias Preisig. Les deux ne s’étaient jamais rencontrés, avaient échangé par mail et devaient répéter dans l’après-midi… Gloups.
Lorsque Tobias Preisig entre en scène, la nuit est tombée et le vent s’est levé. La tension monte d’un cran. Bojan Z annonce « Greedy (In Goods, We Trust) » dédié aux banquiers et à la cupidité. Un morceau visionnaire qu’il a fait paraître en 2009. Les musiciens s’observent, prennent leur marque. Bojan a une main sur le piano à queue, l’autre sur son Fender Rhodes. Tout d’un coup ça démarre, le violon de Tobias Preisig s’embrase, les claviers de Bojan lui répondent. Les deux semblent s’être trouvés : ils attaquent leurs instruments avec une hargne jouissive. Une forme d’agressivité magique qui transforme le négatif en positif. La rencontre est puissante et leur permet ensuite de poursuivre le dialogue dans des modes plus doux.

« Finalement, c’est bien que cette rencontre se soit faite directement en public. On a été obligé de converser tout de suite. J’ai déjà joué avec d’autres violonistes à Paris, mais là c’était plus fort » explique, le sourire aux lèvres Bojan Z un peu plus tard dans les backstage.
« Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Mais comme ils sont très forts, je n’ai pas eu de peine à entrer dans leur musique, reprend Tobias Preisig, Leur travail au niveau des rythmes est vraiment incroyable. Bojan Z a un côté franchement rock que j’adore ». Il en sait quelque chose lui qui va se produire le 18 juillet au Montreux Jazz Festival dans le cadre du nouveau projet du king de la pop helvétique, Dieter Meier.
Au Canada, avec le batteur des Mama Rosin
Victoriaville (Québec), le 27 juin,
Xavier Bray
J’aurais aimé prendre le temps de raconter ces quinze jours au Québec. Faire d’abord un tour rapide sur l’histoire de ce pays pour ne pas toujours tourner autour du cliché : Conquête des Amériques=Génocide des Amérindiens. Car même si Christophe Colomb a vraiment éradiqué les tribus des Bahamas de la surface de la terre, un peu plus haut, au nord il s’est passé des jolies choses. A l’époque où le Canada n’était qu’une “forêt confuse”.
Ouais ça aurait été bien de raconter comment, par le biais des “truchements”, certains européens ont donné tout son sens au mot “acculturation”. Comment au XVIIème siècle, ces mal-aimés des vieux continents ont traversé le grand océan pour devenir purement et simplement des “indiens blancs”. Raconté par les missionnaires assermentés aux états souverains cette histoire est sordide, mais raconté par ces “coureurs des bois” eux-mêmes, on se permet de rêver que l’homme a du bon en lui. Quand même. Et puis j’aurais, bien sur, pris le temps de raconter notre arrivée à Montréal, où à chaque coin de rue, tu as l’impression de revoir un vieux pote. Ici on ne dit pas “bonjour”. On dit : “bonjour, comment ça va c’matin?”. Et ça change beaucoup de choses.
Ha pis j’aurais raconté notre rencontre avec Lisa Le Blanc, ce petit bout de femme qui ne fait absolument pas semblant de chanter des chansons. Invités ici et là par les bons artistes de notre bon label Bonsound, nous nous sommes sentis simplement bienvenus.
Vous auriez bien rigolé si je vous avais raconté le matin ou j’ai confondu ma crème pour le visage (bah oui quoi… Faut s’hydrater!) avec mon dentifrice, et que…hum…ma tête…”Non madame, c’est pas le soleil, c’est mon dentifrice.” J’aurais sûrement aussi raconté notre périple au nord. Quand on a suivi le fleuve Saint Laurent qui, à 1000 km de l’océan, fait déjà 20 km de large. Les deux day off à Tadoussac qui ont été réduits à un, car on a trouvé un concert pour se payer la bouffe d’un soir. Et puis cerise sur le gâteau, ils nous ont offert un tour en ferry pour aller voir les baleines. Au large du “plus vieux village du Canada” j’aurais raconté qu’il se trouve un mélange étonnant d’eau douce et d’eau de mer qui offre aux grands cétacés de quoi se nourrir en quantité. De mon côté je vous aurais avoué que je me suis chopé une fièvre de cheval dans les 39°, donc les baleines je m’en foutais un peu (mais qu’est-ce que tout le monde a avec les baleines!?!). J’ai donc laissé les touristes japonais et leurs jumelles…(oui moi aussi j’ai trouvé louche que des japonais viennent admirer des baleines…A mon avis c’était plutôt du repérage…enfin je dis ça je ne dis rien). Je me suis donc réfugié dans la cabine pour griffonner quelques poèmes dédier à une déesse lointaine. C’est quand la biologiste a crié “A 9h!!” et que les japonais se sont rués à bâbord que j’ai daigné sortir le bout de mon nez dans le vent glacial. Et puis là, effectivement, voir un troupeau de 60 bélougas nager à coté du bateau m’a impressionné. C’est drôle ces animaux…Ça ressemble à un gros pénis circoncis tout blanc. Bon, oui pardon pour la ressemblance mais allez voir des photos ça saute aux yeux.
J’aurais expliqué comment j’ai été troublé par les indépendantistes Québécois dans ce “Grand” nord. Pas du tout gênés de chanter à tue-tête que l’ennemi juré c’est l’Anglais. J’ai tenté de leur expliquer qu’en France aussi, on avait des rigolos en Corse avec armes et cagoules (en fait non, c’est pas rigolo du tout). Ils n’ont pas aimé la relation je crois. Enfin, de toute façon, je ne me permettrais pas de donner mon avis sur la question. Car un peu chauvin, j’aurais avoué qu’il y de belles choses chez les francophones ici, et que chez les anglophones c’est pas la même.
J’aurais pu parler de la langue du coup. Et notamment d’un mot : “Tantôt”. Je l’adore. Il arrive à exprimer le passé ou le présent. Par exemple : “On ira se boire une bière tantôt” ou alors “c’était bien de se boire une bière tantôt”. Et puis j’aurais pas pu m’empêcher de parler de la peur qu’il y a ici que la langue anglaise devienne trop présente. Pourtant j’explique qu’en France on va faire du shopping alors qu’ici on fait du magasinage.
Aurais-je osé raconter nos concerts devant des Québécois souriants et étonnés de voir des Suisses faire du Cajun.
Où plutôt vous dire comment je me sens lorsque pris d’une de mes sempiternelles insomnies-mélancolie, j’ère à 4 heures du matin dans le hall de l’hôtel à la recherche d’alcool et de tabac.
Ouais, j’aurais vraiment aimé vous raconter tout cela. Mais je ne vais pas passer mon temps devant mon ordi quand même!!
Enfin. Pour certains ça va bientôt être les vacances, alors je vais me mettre en vacance de récits aussi. Et si je suis encore vivant on se verra à la rentrée.
Mais sachez que j’aurais vraiment aimé…
Après le Canada, les Mama Rosin sont visibles sur les scènes suivantes
04.07.2013 – Jazzparade, Fribourg SWITZERLAND
19.07.2013 – Colours of Ostrava, Ostrava CZECH REPUBLIC
20.07.2013 – Gartenfestival, Bern SWITZERLAND
23.07.2013 – Paléo, Nyon SWITZERLAND
24.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
25.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
26.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
27.07.2013 – Blue Balls, Luzern SWITZERLAND
01.08.2013 – Yverdon-Les-Bains SWITZERLAND
02.08.2013 – Esperanzah Festival, Namur BELGIUM
10.08.2013 – Guiness Festival, Sion SWITZERLAND
11.08.2013 – Heitere Open Air, Zofingen SWITZERLAND
16.08.2013 – Sounds of the Forest, Erbach GERMANY
17.08.2013 – Zone Piétonne, La Neuveville SWITZERLAND
18.08.2013 – Theaterspektakel, Zürich SWITZERLAND
20.08.2013 – Mardi Sablés, Excenevex FRANCE
22.08.2013 – Nest Collective / SBC roof top, London UNITED KINGDOM
23.08.2013 – Purbeck Folk Festival, Purbeck UNITED KINGDOM
25.08.2013 – Towersey Festival, Towersey UNITED KINGDOM
26.08.2013 – Greenbelt Festival, London UNITED KINGDOM
16.10.2013 – MaMA Festival, Paris FRANCE
Swiss Vibes 2013, la chanson du mois de juin, Pierre Omer
« La chanson évoque ce mal du pays que j’éprouvais tous les jours alors que je vivais à Madrid. J’y raconte la nostalgie des terres noires et fertiles, je dis entre les lignes le blues que j’ai ressenti dans un pays qui est, lui, plutôt aride voire désertique. En écrivant le texte, j’ai su tout de suite que le rythme allait être lent, j’ai compris à quel type de scansion j’allais faire appel. En l’écoutant aujourd’hui, je me dis qu’il y a dans le chant quelque chose de Dylan, un artiste que j’ai beaucoup écouté dans ma vie. » Pierre Omer, chanteur, Genève, à propos de la chanson “I Wanna go Home” qui figure sur la compilation Swissvibes 2013. Cette chanson est écoutable ci-dessous et téléchargeable sur le bandcamp de Swiss Vibes.
[soundcloud url=”http://api.soundcloud.com/tracks/88381404″ params=”” width=” 100%” height=”166″ iframe=”true” /]
En concert à Lausanne, Festival de la Cité, le 9 juillet
Bienne, Podring Festival, le 10 juillet
Pierre Omer’s Swing Revue, Guebwiller (F), Festival Les Dominicains de Haute Alsace, le 13 juillet
Yellofier, le nouveau joujou de Yello
On connaissait Boris Blank co-fondateur de Yello. On le retrouve au côté du producteur suédois Hakan Lidbo pour Yellofier, une application pour smartphone destinée à la création musicale.
Le principe est simple. L’application permet d’enregistrer des sons et de les utiliser immédiatement comme boucles sonores. Chaque son est représenté par un carré de couleur auquel on peut superposer un effet audio (saturation, écho…) de manière intuitive. Ajouter à cela la possibilité d’agencer les diverses motifs rythmiques créés à l’aide d’un séquenceur audio simple d’utilisation mais riche en fonction d’édition, et on obtient une application facile d’accès mais aux innombrables possibilités. Et c’est la grande force de Yellofier. Pas besoin de connaissances musicales particulières ou d’instrument: un claquement de doigt, une respiration ou un tintement de verre suffisent à créer un morceau. Les fonctions de partage permettent d’accéder aux titres des autres utilisateurs, certains signés Henrick Schwarz, The Orb ou encore Carl Craig.
Yellofier rend la création musicale accessible aux novices tout en proposant des fonctions avancées qui convaincront les utilisateurs plus expérimentés, et cela grâce à une interface visuelle bien pensée, colorée et ludique. A vos tablettes!
Yellofier est disponible sur Iphone et Ipad. 2,69 euros.
[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=ulrDSBsjS80]
“By Bye Bayou” de Mama Rosin consacré
Tes les Federer du rock indépendant, les Genevois de Mama Rosin viennent de décrocher le prix du meilleur album de “alternative country” aux IMA, Independent Music Award. Cette distinction internationale n’est pas un prix avec une somme rondelette à la clef. Elle est conçue et pensée comme une vraie possibilité de développer sa visibilité sur la scène internationale. Elle devrait donc permettre à nos deux héros helvétiques, assistés de leur compère et batteur français, de décrocher plus de gigs, d’obtenir une meilleure distribution, bref d’aggraver leur hyperactivisme déjà bien développé.
Justement jeudi soir, les Mama Rosin organisent à Genève (au cinéma Spoutnik) une soirée en l’honneur d’Alan Lomax, avec une performance de Eric Isaacson, le boss du label Mississipi Records (qui a réédité plusieurs enregistrements du père de l’ethnomusicologie) et célèbrent la sortie, sur leur label MoiJConnais Records, d’un disque culte du groupe de rock psychédélique californien, Human Expression. Ah oui, j’oubliais… les Mamas vont aussi passer des disques et en vendre. Une question reste en suspens: quand est-ce qu’ils dorment?
Dans la caverne de Fai Baba
Sur la scène du Bourg, Fabian Sigmund, alias Fai Baba surprend avec sa formation trio aussi minimale que puissante. D’abord il y a la voix, une voix qui peut partir très haut, dans un registre habité et qui ne colle pas forcément avec la silhouette longiligne et les mouvements de ce corps nerveux. Un décalage intrigant qui accroche d’emblée. A ses côtés, bassiste et batteur suivent, amplifient et bousculent ce blues bruitiste traversé de fulgurances rock et punk. Les rythmes se cassent pour faire place à de longues parties instrumentales. Deux guitares (une simple et une douze cordes), quelques pédales d’effets, Fai Baba met ses tripes à l’air sans avoir l’air d’y toucher. Une reprise de Townes Van Zandt et des clins d’œil à beaucoup de tendances rock confirment que l’homme est un fou de musiques. Fai Baba salue, annonce qu’il vend ses CDs et passe illico à l’acte en extirpant une mallette planquée sur un des côtés de la scène. A l’intérieur ses deux CD dont le deuxième, « She’s The Guru », vient de paraître. Il fait état d’une musique nettement plus orchestrée que ce que le Zurichois vient d’envoyer sur scène. Pourtant Fai Baba l’a conçu presque entièrement seul. Explications.
Comment avez-vous réalisé « She is My Guru » ?
Fai Baba Cet album s’est fait en six mois. Je me suis enfermé dans un local de répétition à Zurich et j’ai commencé à faire des loops, à expérimenter des sons avec une table de mix huit pistes. En six mois les bases du disque étaient faites. Puis je suis parti à New York pour le terminer. J’ai travaillé dans le studio de Tony Maimone, qui a été longtemps le bassiste de Père Ubu.
Comment avez-vous rencontré Tony Maimone ?
Fai Baba Par hasard. J’aidais un ami à organiser un marché d’habits d’occasion pour enfants. En discutant avec une femme, je lui ai dit que j’étais musicien. C’était la belle sœur de Tony Maimone et elle m’a mis en contact ave lui. J’ai découvert un nerd qui aimait comme moi la musique organique et travailler en analogique.
Depuis combien de temps travaillez-vous tout seul ?
Fai Baba A 14 ans, j’ai commencé à jouer dans un groupe et je traînais pas mal avec un ami plus âgé et plus au courant. C’est lui qui m’a appris à m’enregistrer sur un magnéto à bandes et j’ai tout de suite trouvé ça plus cool que de bosser avec un ordinateur.
Comment procédez-vous?
Fai Baba J’ai toujours joué avec les rythmes en plus de la guitare. Dès que je touche un instrument, il y un son spécifique pour moi. Je vais par exemple faire un son de grosse caisse avec le pied. Je le sample et je le rejoue. Ça me donne une base à partir de laquelle je construis. Ce sont des choses très simples parfois une simple note. La technique s’inspire du hip hop, mais l’esprit vient du blues.
Comment avez-vous découvert le blues ?
Fai Baba Je jouais dans un groupe. On est passé par tous les style, du hip hop à du rock façon Radiohead, puis façon Pink Floyd, puis façon Sonic Youth ! Je suis ensuite parti en Inde avec ma guitare. Ce sont des travellers qui m’ont initié au blues. Quand je suis rentré, je me suis retrouvé à faire une première partie de concert tout seul à la guitare. C’est là que j’ai réalisé que je voulais jouer solo.
Vous semblez avoir une collection impressionnante d’instruments et de synthétiseurs?
Fai Baba Je ne sais pas combien j’ai d’instruments. Ça remplit une pièce chez moi. Ça me stresse d’ailleurs car je vais devoir déménager bientôt… J’ai toujours aimé les sons vintage, les instruments. Mais je ne suis pas assez riche… Récemment mon amie a déniché un orgue Ace Tone (orgue portable électronique beaucoup utilisé dans le rock américain des années 60). Je l’ai utilisé sur ce disque
Puis vous avez convié d’autres musiciens à vous rejoindre, quels ont été leurs apports ?
Fai Baba Quand je demande à quelqu’un de venir jouer sur mon disque, je sais exactement ce que je veux, le son qu’il va m’amener. Mais j’aime que le processus soit instantané, radical.
Votre dernier album s’intitule « She is the Guru ». Qui est votre gourou ?
Fai Baba Une fois l’enregistrement terminé, j’ai remarqué que je n’avais fait que des chansons d’amour. Quand on pense à un gourou, on pense d’abord à un homme. Ça m’a amusé de dire : « Elle est mon gourou ». Un « elle « qui renvoie à la femme en général, ma muse autant que mon gourou.
“Julia”, chanson qui figurait sur le premier album de Fai Baba (“Snake Snake”) est téléchargeable sur le bandcamp de Swiss Vibes et écoutable ici:
[soundcloud url=”http://api.soundcloud.com/tracks/88381394″ params=”” width=” 100%” height=”166″ iframe=”true” /]
Nouvel album: Fai Baba, “She Is My Guru” (A Tree in a Field Record/Irascible)
Swiss Vibes 2013, la chanson du mois de mai
« On pourrait croire, en écoutant cette chanson, que je travaille dans un état de spleen profond. Ce n’est pas du tout le cas. Je fais partie de ceux qui ne croient pas au cliché qui dit qu’il faut être malheureux pour produire de bonnes chansons. En composant ” Sorrow “, je voulais trouver une fragilité, je cherchais des ambiances éthérées et subtiles. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’y ai pas mis de basses. J’ai voulu aussi être très concis. On m’a souvent dit que mes chansons étaient longues, dilatées. Avec cette minute et demie, on ne pourra plus me reprendre. » Nick Porsche, à propos de la chanson Sorrow.
[soundcloud url=”http://api.soundcloud.com/tracks/88381400″ params=”” width=” 100%” height=”166″ iframe=”true” /]
Sorrow est écoutable et téléchargeable sur le bandcamp de Swissvibes. Récemment le chanteur biennois aux goûts décidément éclectiques a fait paraître un nouveau single qui comprend une reprise de son cru de « Billie Jean ».
[soundcloud url=”http://api.soundcloud.com/tracks/69423817″ params=”” width=” 100%” height=”166″ iframe=”true” /]
