Les riffs et les tripes, l’amour et l’insolence, les beats et les claques : longtemps, Peter Kernel s’est forgé sur ses instincts primaires. Ceux qui faisaient tournoyer une Barbara Lehnoff possédée sur une basse délaissée et un Aris Bassetti sombre sur sa guitare frénétique. Une incandescence de l’instant, qui brillait surtout sur scène (voir la chronique d’un de leur passage au Point Ephémère), quand le couple réinventait la danse des sens, sur les rythmes enragés de leur batteur Ema Mathis. Frissons fugaces, donc : l’émotion s’envole, les cris restent. Avec leur troisième album, le bien nommé « Thrill Addict » (accro au frisson, en VF), Peter Kernel voit encore plus loin : l’étincelle a allumé un foyer plus stable, prêt à scintiller longtemps dans l’espace (l’un des thèmes principaux de ce disque, justement).
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« Tout ira bien, on a un plan et du temps » susurre Barbara, en guise de programme sur la ballade quasi cold wave « It’s Gonna be Great ». Et le plan, c’est de canaliser ces pulsions primitives du rock abrasif. Juste un exemple : Barbara la prêtresse hurleuse (« High Fever ») peut se faire douce – et à ce moment là, sur « Supernatural Powers », c’est la batterie qui déploie toute sa charge sonore. Mais surtout, le feu sacré de la guitare d’Aris Bassetti enflamme désormais toute la palette du rock, tour à tour garage post MC 5 (« You’re Flawless »), ensorceleuse comme chez Mogwai (« Your Party Suck », « Tears don’t fall in space »), décomplexée et tribale comme chez Sonic Youth (« Majestic Faya »)… La comparaison, facile, évidente, avec leurs grands aînés s’impose, encore plus que d’habitude, car « Thrill Addict », rock trip mené tambour battant et saut qualitatif important dans leur discographie, pourrait bien être leur « Daydream Nation » : le grand référent rock des années 2010, où les guitares s’envolent, mais l’émotion reste.
Peter Kernel – Thrill Addict (On The Camper)
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Barbara Lehnoff et Aris Bassetti vont défendre leur album dans une longue tournée en France et en Suisse :
23/01 La Souris Verte – Epinal
24/01 Radio Z Winter Festival – Nürnberg
27/01 Showcase DRS Virus – Zürich
28/01 Studio 2 RSI – Lugano
30/01 MJC Picaud – Cannes
12/02 Le Tétris – Le Havre
13/02 L’Astrolabe – Orléans
14/02 Le Confort Moderne – Poitiers
19/02 La Centrifugeuse – Pau
20/02 MJC John Lennon – Limoges
21/02 Le Spot – Nimes
25/02 Le Point Ephemere – Paris
26/02 Pôle Etudiant – Nantes
04/03 Le Bourg – Lausanne
05/03 La Gravière – Genève
20/03 Les Cuizines – Chelles
27/03 Bad Bonn – Düdingen

« Laisse moi essayer quelque chose de neuf » entend-on, d’une voix plaintive, au détour du cinquième album des

Le 4 octobre 2014, le travail des saxophonistes soprano et ténor est enfin écoutable et visible “pour de vrai” au Sud des Alpes dans le cadre de la 18è édition du Festival Jazz Contreband, cette manifestation qui rassemble 50 concerts en 20 lieux pendant 24 jours, en France voisine et en Suisse romande.
On n’est pas parti là-bas avec en tête le rêve américain, oh non ! On les connaît bien les histoires des groupes européens qui se cassent les dents dans les bars US. Mais la tournée de 10 jours (dont 2 jours en studio sur la fin) qui s’amorcent nous a déjà emporté très très loin. Sur la carte mais surtout dans nos têtes. D’abord St Louis, Missouri puis Memphis, Tennessee ! On longe le Mississippi jusqu’à La Nouvelle Orléans puis on tourne à l’ouest jusqu’au Texas.
Mais s’il y a quelque chose à retenir de ces premiers jours, c’est le niveau de classe ahurissant des groupes avec qui on joue. Juste des gens de n’importe quel âge, shootés au son des radios locales et aux LPs par milliers, pour qui la musique est une seconde nature. Deux baffes dans la gueule monstrueuses ! En deux soirs. Au point où ça devient gênant de jouer après eux … Et de recevoir leurs compliments … Et de vendre autant de disques. Ce soir c’est le
Peu de dodo. Et des kilomètres sur les routes sans virage, excepté peut-être celui qu’on a fait aujourd’hui pour aller poser une fleur sur la tombe de
Dernier jour à Tokyo avant un vol de 12 heures pour Zürich… Il pleut et la ville humide ressemble à un décor de Blade Runner sous ce ciel sombre et chargé, ce qui n’est pas sans charme d’ailleurs…
Pour s’y retrouver à
La redistribution de l’argent perçu par les plate-formes de streaming se fait au prorata, un système peu équitable
Il s’agit d’un groupe de militants pour les droits des animaux, qui chantent un morceau pour diffuser leur message, avant de céder leur place au band prévu dans le programme. La marraine / instigatrice de cette fondation se révèle être la CEO d’une grande entreprise japonaise de sodas et bières au citron, présente ce soir-là dans le club pour soutenir les troupes, et proche du patron de l’établissement. Nous sympathisons après mon set et échangeons nos contacts. Elle semble beaucoup apprécier l’album Dawnscape
Le soir dans le cadre d’une soirée intitulée M4Music at Postbahnof les artistes convainquent pourtant que disparité linguistique et culturelle peut rimer avec vivacité. Après
Equipe technique au taquet, magnifique piano Rhodes, public au rendez-vous et très démonstratif: notre premier concert Grand Pianoramax au Japon, dans le cadre du Tokyo Jazz Festival fut un beau succès! Egalement belles ventes de CDs au stand Tower Records Japon, avec un petit pincement au cœur en souvenir de ce disquaire maintenant défunt aux USA, qui avait marqué mes années d’étudiant à New York lorsque je passais des heures à creuser dans leurs bacs.