Dimanche 24 novembre – 10 h – dans l’avion de Hyderabad à Pune
300 personnes au concert de Hyderabad hier, piano droit qui ne tenait pas l’accord au fur et à mesure du concert, Cyril sur un stand de batterie, standing ovation après un concert de 1h30, on signe des autographes et on pose pour les photos…
Discussion intéressante autour d’une bière a l’hôtel à propos de la différence entre l’intensité des concerts et ce qu’on arrive a canaliser sur les disques et les vidéos. Shrini dit, comme beaucoup d’autres, qu’il ne s’attendait pas a ce niveau de quasi transe, ni à voir le public – plutôt conservateur selon lui qui est né dans cette ville – autant réceptif et touché.
Ce matin petit déj excellent, potage de légumes, petites crêpes… Je suis aussi allé au gymnasium transpirer un peu.
Puis taxi pour l’aéroport, toujours cette circulation chaotique. Mais en fait, qui est le plus stressé entre un conducteur genevois et un indien ? Il n’est pas rare par exemple qu’un automobiliste a Genève ACCELERE quand un piéton essaye de passer au rouge, alors qu’ici où tout le monde essaye de passer et klaxonne tout le temps, il semble qu’il n’y ait pas la même expression dangereuse de frustration.
A propos du non port de casque en moto et scooter, on se dit que c’est pour ne pas avoir l’air d’une poule mouillée.
On se demande aussi comment on passe son permis de conduire ici, et à quel moment la police arrête une voiture ou une moto, qu’est-ce qui est vraiment interdit. Shrini dit en plaisantant : “This is true democracy, people really do what they want.”
Du 23 au 30 novembre, Johann Bourquenez, Cyril Bondi et Vincent Ruiz sont en Inde pour y donner six concerts avec leur trio préféré, Plaistow. Le pianiste Johann Bourquenez se prête au jeu du journal de bord. A lire en écoutant ou en réécoutant (puisqu’on ne peut pas se téléporter en Inde) l’excellent dernier opus du groupe, “Citadelle” (lien soundcloud au bas de l’article). Première halte à:
Samedi 23 nov – 11h10 – Hyderabad
Nous sommes arrivés hier a Mumbai, vers 1h du matin. un taxi de l’hôtel nous attend comme prévu. Concert de klaxons dès le parking. Circulation assez intense même à cette heure de la nuit. Il fait 15 degrés et l’air est plutôt épais et chargé d’odeurs chaudes.
On dort vite fait 3 petites heures, tous dans la même chambre qui sent la naphtaline. A 5h30, Shrinivas (Shrini) arrive a l’hôtel et nous repartons à l’aéroport pour Hyderabad, première ville ou nous jouons. Shrini sera notre tour manager pendant toute la tournée, c’est la première fois que nous sommes accompagnés tout le temps. Quelques security check, on me dévalise mes deux briquets. Arrivée a Hyderabad, trajet de 30 minutes pour l’hôtel, cette fois un hôtel plutôt business class.
Pendant le trajet, des squelettes d’immeubles pas finis avec leurs échafaudages de bambou, au milieu d’autres immeubles habités, parfois un peu des deux, l’autoroute suspendue qui traverse tout à 10 mètres du sol, des collines en pierres rouge empilées comme par un géant, une circulation dense où tout le monde klaxonne tout le temps. Il pleut un peu. Il fait 20 degrés. Je tue un tout petit moustique dans la voiture. Des motos qui doublent n’importe ou avec trois personnes sans casque, des gens qui traversent la route au milieu de nulle part. Un quartier pauvre juste avant d’arriver. Il y en a un juste à côté de l’aéroport de Mumbai, on voit les baraques par le hublot de l’avion qui décolle.
On mange un peu, je n’ai pas faim alors que tout a l’air très bon, j’ai l’impression d’entendre un choeur d’Européens en train de dire: “Ah, j’adore l’Inde, c’est incroyable, et puis la bouffe c’est incomparable, etc…” puis on a une sieste jusqu’à 15 heures, puis repas, puis soundcheck à 16, puis repas, puis concert à 19h30. Ce soir on est le seul groupe. Je fume une cigarette devant l’hôtel en regardant et en écoutant la rue, puis les peintures sur les murs. Tout est dense, pourtant c’est une “petite” ville ici, l’air, les sons. Je manque un peu de sommeil et me sens flottant.
J’écris ça. Je n’ai pas encore pris de photo. C’est pas pareil d’écrire. expérience…
Il est 15h30 je vais dormir un peu.
Dans les travées encore clairsemées du Nouveau Casino, ça murmure. Ignorant une première partie désespérante (Edward Barrow, grand échalas androgyne pleurant ses chansons d’amour à la harpe dans une indifférence polie), le public s’inquiète.
A Paris, le « président Kadebostan » ne débarquait pas encore en pays conquis
Son look de général d’opérette aurait d’ailleurs pu très vite le voir affublé de quelques railleries jadis réservées au Général Tapioca. « J’ai quand même des réserves sur cet album » glisse un beau gosse à l’oreille de sa compagne de concert – « je ne suis pas sûr d’accrocher à leur virage électro hip hop » renchérit un autre, qui avait découvert le groupe quand il s’appelait encore, The National Fanfare of Kadebostany. Et pourtant. Et pourtant, il n’a pas mis longtemps pour se mettre les danseurs au rythme de ses galons brillants.
Un dispositif scénique légèrement mégalo
Au centre de la scène, il annonce la couleur dès les premières secondes, devant une audience immédiatement densifiée : bombardement de batterie électronique martiale alourdie de tonnes de réverb, un trombone et un saxo sur le côté gauche en support d’artillerie, la voix diaphane de sa « ministre Amina » pour adoucir les mœurs, sur sa droite. Dispositif scénique légèrement mégalo, surtout que le « président » se retrouve sous les deux « drapeaux écrans » faisant défiler les couleurs du Kadebostany, mais relativement efficace pour faire bondir la foule tout au long des morceaux de « Pop Collection » : electro pop emphatique sous influences légèrement balkaniques.
Le passage à la scène de ce disque inégal permet d’en gommer certains clichés de production
Kadebostany revient ainsi à l’essence de sa musique, profondément dansante, déclinée sous forme dub,hip hop ou presque jungle et laisse de côté ses inclinations kitscho-dégoulinantes. On regrette quand même la disparition des sources plus traditionnelles de son premier album, “Songs from Kadebostany”, en s’obligeant même à rejouer une deuxième fois ses deux « tubes », « Walking with a Ghost » et « Jolan ».
Kadebostany s’est produit le 12 novembre 2013 à Paris, au Nouveau Casino Prochains concerts : à Lyon le 22 novembre, à Strasbourg le 28 novembre Dernier album paru: “Pop Collection” (Mental Groove)
Directeur du JazzOnze+ Festival avec son épouse Francine depuis plus de vingt ans, Serge Wintsch est aussi un musicien à ses heures perdues. Il connaît la scène suisse sur le bout des doigts. D’autant qu’Onze+ était à l’origine une association de musiciens lausannois, rassemblés pour donner plus de visibilité « aux musiques d’improvisation, à la musique contemporaine ». Du haut de ses 25 éditions, Onze+ s’impose aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable du jazz suisse comme international ainsi que des musiques actuelles. Les concerts de jazz ont lieu dans la salle Paderewski alors que depuis 2001, la salle des Fêtes du Casino de Montbenon se transforme en EspaceJazz et propose des concerts gratuits destinés à un public plus jeune, amateur de musiques africaines, de soul-funk ou d’electro.
Le festival a toujours accueilli des musiciens suisses. Parlez-nous de ceux que vous avez invités en 2013 ? Serge Wintsch Le Who Trio est une valeur sûre. Michel Wintsch (mon homonyme sans être un parent) joue depuis de nombreuses années avec Gerry Hemingway et Bänz Oester. Ce trio s’est rarement produit à Lausanne. Idem pour le guitariste genevois Christian Graf dont le côté rock me plaît beaucoup. Et comme cette année, nous voulions mettre l’accent sur les guitaristes, l’occasion était toute trouvée.
Qu’en est-il de Samuel Blaser et Jean-Lou Treboux ? Serge WintschSamuel Blaser est un extraordinaire inventeur de musiques. Il trace sa propre voie dans la musique improvisée sans s’inscrire dans un genre particulier. Sa formation autant classique que jazz lui a permis d’acquérir des bases techniques solides pour créer avec la plus grande liberté formelle. Jean-Lou Treboux est un jeune vibraphoniste que nous suivons de près. Il a décroché une aide financière institutionnelle pour résider à New York pendant six mois. Cette invitation à Onze+ constitue son premier concert en Suisse avec cette nouvelle formation. Nous ne savons pas du tout ce que cela va donner, mais nous lui faisons entièrement confiance.
Que pensez-vous du jazz en Suisse en 2013 ? Serge Wintsch Cette scène est extrêmement intéressante et riche. Rappelons qu’en Suisse il y a une longue tradition du jazz. Avant elle existait sans doute plus à l’intérieur des frontières qu’à l’extérieur. Je pense en particulier au Zürcher Jazz Festival qui de 1951 à 1973 fut un lieu de rendez-vous incontournable des musiciens alémaniques comme romands. Mais peu de musiciens s’exportèrent. On peut citer, parmi ceux-ci,Pierre Favre, Daniel Humair, George Gruntz, Irène Schweizer, Matthieu Michel ou Mathias Rüegg (Vienna Art Orchestra). Dans la nouvelle génération, il suffit d’écouter les pianistes, Colin Vallon, Stefan Aeby, Gabriel Zufferey, Léo Tardin ou Marc Perrenoud pour être convaincu que la relève est là et qu’elle possède un haut niveau créatif.
Les musiciens que vous mentionnez se sont souvent intégrés à d’autres scènes, comme Daniel Humair en France ou Pierre Favre en Allemagne. On oublie presque que ce sont des Suisses. Serge Wintsch Oui, les Suisses sont discrets ! Peu nombreux sont ceux qui se sont exportés et ceux-là se sont fondus dans l’internationalisme du jazz. Ce qui manque, c’est un mouvement spécifiquement helvétique. Il me semble toutefois que les musiciens circulent plus qu’avant, qu’ils collaborent plus entre eux, peut-être aussi grâce à l’apparition d’écoles comme l’HEMU (Haute Ecole de Musique) de Lausanne).
Les conditions seraient donc réunies pour un mouvement spécifiquement helvétique ? Serge Wintsch Ce serait drôle d’imaginer des tournées internationales avec des ensembles suisses en alternance. Un peu comme le Chicago Blues en son temps. Cela permettrait de montrer le foisonnement de cette scène suisse au reste du monde.
En 2012, le CD “In transit” de Tobias Preisig figure parmi les meilleures ventes de disques jazz au Japon. Le violoniste suisse est sur le point de repartir avec son band pour une tournée de six concerts sur l’île nippone. Interview exprès.
Alors que ta carrière décolle à l’étranger, pourquoi être resté à Zürich et ne pas avoir déménagé, à Berlin ou Paris ? Tobias Preisig Etonnamment, c’est plus pratique pour moi de rester par ici. Mon groupe est éparpillé un peu partout en Suisse, entre Bâle, Bern et Lausanne, et je peux les retrouver en un clin d’oeil. Pareil pour voyager à l’étranger : Zürich a une position tellement centrale en Europe que l’on peut se rendre partout sans problème. Enfin, c’est bête à dire, j’ai la chance d’avoir mon bureau et mon espace de répétition dans un club d’ici, l’Exil, et cela me permet de me concentrer sur mon travail. En plus, je peux profiter des conseils d’un ancien d’ici, Nik Bärtsch, et évoluer dans un environnement où les musiciens prennent des risques, et c’est la seule chose que je recherche.
Comme le pianiste Stefan Rusconi, par exemple, avec qui tu partages une approche originale de vos instruments respectifs? Tobias Preisig Et oui, non seulement je m’essaie au jazz au violon, ce qui est très rare (à part Stéphane Grappelli, j’aurais du mal à citer d’autres violonistes de jazz!), mais en plus j’essaie d’exploiter mon instrument au-delà des canons du genre, sinon je m’ennuie. Il y a tellement de gens qui savent jouer du violon parfaitement, cela ne sert à rien de d’être un nouveau disciple appliqué. A vrai dire, j’ai eu de la chance de pouvoir rencontrer un professeur au conservatoire et à l’école de jazz suffisamment ouvert pour me dire : « ce n’est pas grave si tu joues la tête en bas, du moment que tu joues bien… » Ca m’est resté… et effectivement ca me fait un grand point commun avec Stefan Rusconi. Lui, c’est comme c’est comme un frère pour moi, nous formons une petite communauté à nous deux. On a énormément joué ensemble pour d’autres musiciens et maintenant, nous avons un drôle de duo, à l’orgue et au violon, qui nous ouvre un espace pour explorer de nouveaux sons.
Justement, comment peut se dérouler le processus créatif qui amène à dénicher ces nouveaux sons ? Tobias Preisig Comme pour tout le monde : avec beaucoup de travail, et un peu de chance. Prenons l’exemple de « Transforming », l’un des morceaux les plus connus de « In Transit ». Au départ, j’ai eu huit mesures en tête, dans la rue, et je me suis empressé de les noter sur le carnet où je note toutes mes idées. Plus tard, en répétant, je me replonge dans mon carnet et je me rend compte que ces mesures pourraient bien s’accorder avec d’autres, que j’avais notées plusieurs pages plus tôt. En les réarrangeant, j’avais la base de mon morceau… mais ce n’est pas tout ! Un peu plus tard, je me suis mis en tête d’apprendre à jouer du theremin, alors je me rend sur youtube pour trouver un tutoriel… et je tombe sur la vidéo d’un type qui joue le thème principal de « Transforming » – sans le savoir, j’avais repris un morceau de Gabriel Fauré ! C’était moins une : la pochette de l’album partait le lendemain à l’impression, j’ai appelé le label en catastrophe pour qu’ils « créditent » Fauré sur le livret …
il paraît que « In Transit » est rentré dans les tops albums au Japon… Tobias Preisig Oui, c’est incroyable, n’est-ce-pas ? Il y a deux ans, le bureau export nous a permis de faire une petite tournée à Tokyo et Kyoto; une excellente expérience. Non seulement les ingénieurs du son ont été formidables, mais notre mélange de rock, de jazz et de musique expérimentale a paru complètement avant-gardiste aux oreilles du public japonais… et ils en redemandaient ! En exagérant à peine, les filles étaient en pleurs à la fin des concerts. Du coup, nous avons prévu d’y retourner cet automne pour flatter nos nouveaux fans hystériques (il rit ).
En concert au Japon: Shikori Fukuoka, sa 12 octobre 2013. Hiroshima, Speak Low, di 13. Osaka, Mister Kelly’s, lu 14. Kyoto, Live Spot Rag, me 16. Tokyo, Spiral Lay, je 17. Kyoto, Left Alone, ve 18.
“Comme The Avalanches et DJ Shadow avant lui, Pablo Nouvelle applique les techniques de production du hip hop à des enregistrements de pop et soul, coupant et recontextualisant pour obtenir des effets ahurissants”. Ainsi s’exprimait l’an dernier le Guardian.
Le jeune Bernois Pablo Nouvelle a décidé que son nom d’artiste devait faire référence à la fois à l’architecte français Jean Nouvel et à la nouvelle vague du cinéma français. Logique pour cet ancien étudiant en architecture qui construit sa musique comme un édifice subtil de samples et de live, donnant ainsi à Marvin Gaye ou à Smokey Robinson de nouvelles intonations mélancoliques.
10 morceaux dans lesquels se croisent le chant de Fiona Daniel et les rythmes de cet autre Bernois qui monte, Domi Chansorn, est téléchargeable gratuitement sur son site Internet (vous pouvez bien sûr aussi faire un don!) Je vous recommande également vivement de visionner ce concert filmé, qui fait partie de la série “Live at Music Apartment” et qui diffusé sur le net depuis quelques jours.
A leur sortie, les mélancolies orientalistes de « The Other Strangers », avaient suscité quelques incompréhensions délicieuses dans la presse jazz, charmée autant que bousculée dans ses certitudes par ce drôle d’objet sonore. Certains usèrent même sans trop y croire, le terme de « pop folk », plutôt incongru pour un exercice de style aux confins des traditions hébreuses et indiennes, avec une approche résolument contemporaine. Des questions vite levées lors du passage d’Orioxy au Sunset, pour la première présentation française de ce second album.
La mythologie du halètement
Et tout de suite, que ce soit en hébreu ou en anglais, la chanteuse du quartet genevois Yaël Miller fait oublier rapidement les exégèses confuses : chez elle, peu importe de savoir si son chant est « jazz ou pas jazz ». Ce qui compte, dans ses morceaux sur le bonheur (« World Database of Universe ») ou sur un misanthrope (« Bachour Meshouamam »), c’est la mythologie du halètement. Dans l’onomatopée, dans les saccades, rire sardonique, en hébreu ou en anglais. C’est ce qui donne le souffle à cet univers toujours mystérieux, d’une angoisse cinématographique – notamment quand le contrebassiste Manu Hangmann fait vibrer son engin dans une distorsion de fin du monde.
Impossible également de définir sans le trahir le travail subtil de la harpiste Julie Campiche, passée par de nombreuses formations classiques et « proprement » jazz : cambrée avec sensualité, elle torture gaiement sa harpe arrangée à coups de maillet, la caresse d’une bande de papier et improvise comme jamais en Thurston Moore de la « 47 cordes », tout en gardant un pied (voire même sa main droite) sur ses machines d’effets. Il n’y a guère que vers la fin, après une reprise des Beatles (« Blackbird », comme pour encore mieux brouiller les pistes), que cette tension sous-jacente finit par se relâcher. Pour le rappel, Yaël Miller et Julie Campiche reviennent sans leurs deux garde-chiourme, et concluent tout en douceur leur danse du ventre avec les amateurs de jazz contemporains, forcément conquis.
« Quelqu’un nous a dit un jour que nous étions un joli jardin. Imperial Tiger Orchestra c’est vraiment ça : des plantes qui grandissent et qui ont plein de trucs à raconter» résume Raphaël Anker au bout du fil.
Après s’être enthousiasmés pour la musique éthiopienne des années 70 (“Addis Abeba”), puis pour celles des années 80-90 (“Mercato”), les Genevois d’Imperial Tiger Orchestra se plongent dans les rythmes traditionnels d’Ethiopie et d’Afrique de l’Est sur leur nouvel opus.
Ils propulsent la tradition vers le futur
Sur cet enregistrement, ils sortent de leurs besaces des nouveaux trucs et astuces (une batterie électronique bricolée avec des klaxons et des bouts de ficelle, des flûtes faites maison, des synthétiseurs déraisonnables).
A sa manière, indéfinissable et pourtant immédiatement reconnaissable, Imperial Tiger Orchestra part de l’essence, déconstruit et reconstruit la tradition en la propulsant vers le futur.
Plus expérimental, plus psyché, mais toujours aussi irrésistiblement dansant, les tigres balancent à la face du monde leur concept-maison: le wax.
Authenticité
Ce qui n’était qu’un terme fourre-tout que les membres du groupe utilisaient à toutes les sauces est aujourd’hui transformé en acte assumé. Le wax, c’est le groove, le rythme, mais aussi une façon de vivre, de penser, de rester en contact les uns avec les autres, d’être authentique, de prendre les choses comme elles viennent. Par exemple les participations des gens que l’on invite sur un morceau et qui arrivent avec des propositions pas forcément conformes à nos attentes.
OVNI de transe ethio-helvétique
Les étonnantes vocalises du rapper érythréen Ghost Tape, aka Gabriel Ghebrezghi, sur « Tgeregna » en sont une preuve. Les impressionnants chants de gorge de celui qu’on connaissait jusqu’ici comme un danseur, Getu Tirfe, en sont une autre. Au final, l’album est un vrai petit OVNI de transe éthio-helvétique que l’on se repasse en boucle. Il a convaincu sans problème les autres amoureux du roots genevois que sont les Mama Rosin. Wax paraîtra donc le 23 septembre sur le label, « Moi J’Connais Records ». Préparez-vous !
En concert: Creil (F), La Grange à musique, 5 octobre. Fribourg (CH), La Spirale, le 12 octobre. Belgrade (Serbie), Dom Omladine, 19 octobre. Oslo (Nor), Café Mir, Bergen (Nor), 25 octobre, Copenhague (Danemark), Global Copenhagen, le 26 octobre. Zurich, Le Moods (CH), 2 novembre. Genève (CH), Cave 12, 9 novembre.
“Im Tamouti signifie ” Si tu meurs ” en hébreu. J’essaie de m’imaginer ce que je ressentirais à l’annonce de la mort de l’un des membres de ma famille. J’ai l’impression qu’il me manque tellement de liens familiaux. La convention veut que l’on soit triste si quelqu’un de sa famille proche meurt. Mais perdre un parent n’est pas forcément la pire chose qui puisse arriver. L’attachement ne vient pas systématiquement des liens du sang. Dans nos chansons on cherche aussi à exprimer les non-dits, le politiquement incorrect. ” Yael Miller, chanteuse du groupe Orioxy de Genève, à propos de la chanson “Im Tamoutli” qui figure sur la compilation Swissvibes 2013. Cette chanson est écoutable ici:
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Orioxy sera en concert à Paris, au Sunset le 19 septembre prochain à l’occasion de la sortie française de leur album “The Other Strangers” (Abeille Musique).
“Nous n’enregistrons pas notre nouvel album pour réaliser un bénéfice maximal, mais pour tenter une expérience avec vous.” Tel est le nouveau slogan de The Bianca Story, groupe de pop bâlois qui aime autant recycler qu’innover.
La tendance s’accentue: le crowdfunding est entrain de se substituer à l’industrie du disque qui investit peu ou prou dans les nouveaux projets. Il n’est pas une semaine sans que tout un chacun se voit solliciter pour aider à payer les billets d’avion d’artistes d’horizons différents se réunissant dans un studio, pour payer la location dudit studio d’enregistrement ou pour prendre en charge d’autres coûts de production.
Aujourd’hui The Bianca Story pousse le bouchon plus loin. Il demande à ses, fans, amis et compagnons (“Kumpel” en allemand) de financer de A à Z son prochain CD. Ce qui inclut les frais de production, de fabrication, de distribution, de communication et fait s’élever le montant de l’opération à…. 90 000 €. Une somme qui semble gigantesque, mais qui est répartie en contributions accessibles pour toutes les bourses (de 2 € à 8000 €). 12’500 € ont déjà été rassemblés. Le compte à rebours a commencé et il reste 70 jours pour rassembler l’entier de la somme.
S’il atteint son objectif, The Bianca Story s’engage à réaliser un disque entièrement gratuit. Outre les souscripteurs qui recevront bien sûr le CD dédicacé et la titre spécial de “gueule noire”, tous les spectateurs de sa prochaine tournée se verront offrir le disque, disque également commandable par mail (au prix des frais de port). Quant au téléchargement, il va s’en dire qu’il se fera librement aussi. Bref tout sera gratuit dans le pays de “la musique libre” que The Bianca Story souhaite créer de tout cœur.
L’acteur principal de la vidéo ci-dessus, Tim Renner, n’est autre que la tête pensante de Motor Entertainment, label de The Bianca Story et l’ex-boss d’Universal Allemagne. Il est connu pour ses écrits engagés sur la musique digitale (“Der Tod ist gar nicht so schlimm”, “Digital ist besser”).
En un mot comme en cent, “Bist du Kumpel oder nicht?”: autrement dit: ” Etes-vous prêt à creuser le long tunnel vers la musique libre avec les cinq musiciens de The Bianca Story?