Swiss No Swiss

Jazz no jazz, Swiss no Swiss… Les genres musicaux et les frontières géographiques sont parfois élastiques. Swiss Vibes dit “tant mieux”!

Ils sont Suisses ou ils résident en Suisse; ils aiment les musiques des quatre coins de la planète et ils aiment les traiter à leur manière. Pour la plupart, ils n’aiment pas l’étiquette de world music. Ils, ce sont ces nombreux artistes-musiciens, qui s’inspirent des traditions et des courants musicaux étrangers pour mieux les reformuler à leur manière.

Cuivres à l’unisson

Dans cette playlist, découvrez donc la Fanfare Molotow Brass Orkestar, qui glisse des répertoires balkaniques à la musique suisse avec une fluidité étonnante, le big band de Professor Wouassa et des Faranas qui déclinent l’afrobeat en version helvétique et cuivrées avec des chanteurs sénégalais ou maliens de Suisse.

Hors des sentiers battus latino

Partant des musiques afro-cubaines, la chanteuse et violoniste Yilian Canizares donne à sa voix une nouvelle ampleur de diva latino. L’Argentine Maria de la Paz s’est associée au guitariste espagnol Ignacio Lamas au sein du combo Barrio Oscuro pour y développer un répertoire de chansons et de rock latino qui ne sont pas sans rappeler l’univers de la trop tôt disparue Lhasa. Sa compatriote, Malena Sardi explore quant à elle les possibilités infinies de sa guitare électrique entre autres à l’aide du live sampling et son nom de groupe s’est imposé de lui-même: One Guitar Woman Orchestra (OGWO).

Afrique improvisée

Jeroen Visser et un saxophoniste hollando-suisse qui s’est associé à deux musiciens éthiopiens (Endris Hassen au masenko et le chanteur Mesele Asmamaw) pour créer le Trio Kazanchis.  Ensemble ils pratiquent, selon leur propres dires, de “l’Ethiopian Traditional Impro Punk”.

Swiss Vaudou

Enfin T’Doz, digne rejeton de Lolo et Manze du groupe Boukman Eksperyans, martèle son vaudou-pop avec puissance.

En concert prochainement

OGWO, Lausanne, Bourg, jeudi 19 mars
Barrio Oscuro, Nyon, l’Usine à Gaz de Nyon, samedi 21 mars
Professor Wouassa, Carouge (Genève), Le Chat Noir, samedi 21 mars.
Molotow Brass Orchestar Zurich, Provitreff, samedi 27 mars.

 

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Billie Bird’s Session No 3 @ Le Bourg, Lausanne 27/02/2015

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This is Billie Bird‘s third experimental sound session at Lausanne’s cosy Le Bourg theatre. A chance to play out new arrangements and songs that could go on to be used on her forthcoming LP. This intimate, organic musical workshop perfectly suits Bille Bird’s style which is anchored in the folk idiom but is textured with such deep, naked emotion that a close exchange with her audience is an essential part of her live expression. No surprise, it’s a sold out soirée for Lausanne’s finest singer-songwriting talent, her loyal fanbase is out in hoards because once bitten, twice smitten and eager for more.

 

Immediately you are drawn, tripes and all

Setting the tone is her haunting acoustic version of Bronski Beat’s ‘Smalltown Boy’, (the only cover in her otherwise original repertoire), one that she has made her own by marrying the melancholic dark edges with her sensitive vibrato voice to great emotional and melodic effect. In fact, therein lies Bird’s vocal skill: teasing fragmented, disjointed lines and rhythms with such malleability that everything comes together seamlessly. Immediately you are drawn, tripes and all, into a journey of emotional exorcism helped along the way by the stunning video backdrop of misty landscapes, raging seas and moody skies totally suiting the timbre of her music.

There’s such charming, heartfelt purity in her delivery

Song-by-song a band member joins the stage, so that when it’s time for the bluesy, foot-stomping ‘April’, all hands are on deck for clapping and voices for singing in unison – a change in tone thanks to lightness of Billie’s banjo and the audience’s joyful participation. Another of her great abilities is to blurr the light with the shade: – yes the majority of Billie Bird’s song-writing material is tortured and rueful in colour, but oh, there’s such charming, heartfelt purity in her delivery that one never feels the need to call the Samaritans. Toes are always tapping and fingers eager to snap, even during the darkest lament of love-turned-sour (‘What are we’) or impossible desire (‘Beast’). Hanging emotion on a driving, intricate beat is Billie’s speciality; her original rhythmic patterns are as compelling as her meaningful lyrical content.

She gives difficult emotions a home to go to

It’s a treat to hear her sing in French, (‘Il n’y a rien qui te remplace’), and I would certainly have liked more in her original tongue which to my anglophone ears is made for poetic, romantic suffering. There’s an unexpected afrobeat moment where the entire band fusion together into one deep, hypnotic groove – very refreshing. And then the Tom Jones incident: knickers thrown at her on stage! When I mentioned a loyal fanbase I wasn’t exaggerating. Billie Bird is a blossoming national treasure and audiences are enchanted by her dark, emotive style wherever she performs. It’s as if she gives difficult emotions a home to go to. Her raw, understated delivery has a knack of drawing you in and not letting you go. We were all left wanting more, wishing that the magic of this intimate gig could go on and that her dusky light could shine on us all night.

Line up:

Billie Bird (vocals, guitars, banjo, piano)
Marcin De Morsier (bass, synths, vocals)
Fabio Pinto (guitars, piano, perc, vocals)
Jérémie Duciel (drums)
Giuseppe Greco (live video visuals)

Forthcoming live gigs:

22nd March : Ebullition, Bulle w/ Mister & Mississipi
25th April : Bogen F, Zürich w/ Scott Matthew
19th June : Cully Classique (off festival )

Olivia Pedroli : ” J’ai conçu mes arrangements comme un acrobate évolue sur un fil”

Apologie de la dualité, goût pour le minimalisme contemporain et influences islandaises : de passage à Paris pour la sortie française d”A Thin Line”, la chanteuse et compositrice de Neufchâtel Olivia Pedroli dévoile quelques clés d’entrée dans son univers magnétique…

© Yann Mingard Olivia Pedroli, Press portrait 2010Apologie de la dualité, goût pour le minimalisme contemporain et influences islandaises : de passage à Paris pour la sortie française d”A Thin Line”, la chanteuse et compositrice de Neuchâtel Olivia Pedroli dévoile quelques clés d’entrée dans son univers magnétique… 

Si “The Den“  était ce vase clos, dans lequel vous disiez vous être enfermée pour développer votre imaginaire, “A Thin Line“, “la fine ligne“, que sépare-t-elle ?

Olivia Pedroli J’aime développer une thématique pour mon travail. Sur “The Den“, elle s’est imposée en cours de route. Pour “A Thin Line“, je voulais réfléchir à une problématique au préalable, avant même d’écrire une note de musique : il me fallait un concept global qui englobe aussi bien la conception des arrangements que l’écriture des paroles ou la façon de présenter le projet sur scène. Je suis partie sur l’idée des opposés et de l’équilibre. Sans s’intéresser aux extrêmes, mais plutôt sur l’endroit où ces dualités se rencontrent.

Cela se retrouve par exemple dans la composition, où je fais dialoguer les morceaux entre eux – un quintolet de “Mute“ se retrouvera, de manière inversée, sur “Silence“. Certains titres seront axés sur les cordes, d’autre sur les cuivres : j’ai conçu mes arrangements comme un acrobate évolue sur un fil… Même pour le dispositif on retrouve cette dualité, puisque j’ai séparé mes musiciens en deux groupes. D’un côté une formule acoustique à jouer dans les églises, avec un trio de cordes et des percussions légères, dans un travail de dentelle, de fragilité assumée. De l’autre, il y a mon trio amplifié, avec, cuivre, piano et programmations de textures sonores, pour présenter le projet dans les clubs – comme au New Morning, notamment. Nous jouons les mêmes morceaux, mais avec des arrangements très différents.

[vimeo 105333734 w=500 h=281]

Travailler à nouveau avec le même producteur, Valgeir Sigurosson, c’était important pour vous ?

Olivia Pedroli Sur “The Den“, je découvrais une nouvelle manière de collaborer avec Valgeir Sigurosson. Je touchais à quelque chose que j’avais envie de vraiment développer. Pour “A Thin Line“, je considérais qu’il important d’approfondir cette collaboration, reprendre un peu là où nous nous étions arrêtés. Mais ce n’était pas difficile, puisque entre-temps nous sommes devenus amis; nous avons beaucoup échangé ces 5 dernières années. Du coup, en studio, nous allions directement à l’essentiel, ce qui permettait d’affiner mieux notre travail. Quant à son influence… J’ai du mal à dire concrètement comment il opère : je l’appelle “l’Alchimiste“, car il a façon de faire croire qu’il ne fait rien, mais il a une influence énorme, qui passe par des trucs subtil, des sous-couches… Il se fond dans les projets pour nous faire aller plus loin.

Sur “A Thin Line”, sur le plan de la composition, on ressent une influence profonde des compositeurs minimalistes du 20e siècle, Terry Riley, Philip Glass

Olivia Pedroli Oui, sur l’album il y a même un humble hommage à Philip Glass, le morceau “Glassbirds“ étant une variation sur une de ses structures. Plus globalement, j’ai beaucoup la répétition – parfois, un motif m’habite et j’ai envie de le faire évoluer. Quant au minimalisme, il y a effectivement une tendance à l’épure sur “A Thin Line“ : je n’avais pas envie de rajouter de la crème, du sucre, de la meringue… Mais si Terry Riley, Philip Glass ou Gavin Bryars ont eu une forte influence, il ne faut pas oublier mes copains compositeurs islandais du label Bedroom Community : Ben Frost, Daniel Bjarnason… leurs projets m’ont beaucoup touchée. Ce n’était pas certainement un travail solitaire.

A propos de minimalisme… vous partez pour six mois en résidence d’artiste à Londres, où il se dit que vous allez travailler avec Gavin Bryars..

Olivia Pedroli Il s’agit en effet d’une résidence de composition, une vraie bulle créative pour se concentrer sur mon travail. Mais ce n’est pas à proprement parler “une rencontre avec Gavin Bryars“, je vais simplement en profiter pour le rencontrer plusieurs fois. C’est un vrai puits de science, qui a travaillé avec Tom Waits, Brian Eno, Robert Wilson : son expérience m’est précieuse…

Olivia Pedroli en concert le 11 mars au New Morning, à Paris
 “A Thin Line“ Bandcamp (CD paru fin 2014 sur le label d’Olivia Pedroli, Betacorn Records)

Louis Schild, « Qu’il Vive »

Portrait de Louis Schild revisité par le photographe Michel Bonvin!
Portrait de Louis Schild revisité par le photographe Michel Bonvin

Sur la scène du Théâtre 2.21 à Lausanne, samedi 17 janvier, un grand barbu armé d’une basse et d’une trompette qui ressemble à un jouet dirige un drôle d’orchestre. Pierre Audétat (Stade, Piano Seven) s’agite entre un piano à queue et des samplers, Flo Stoffner, assis se balance hypnotiquement sur sa guitare. Quant à Lionel Friedli, il frotte, frappe et fait voltiger les baguettes de sa batterie comme si sa mission était de déclencher un feu d’artifices de rythmes.

Qu’il Vive

 « Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles sur les arbres de mon pays. Les branches sont libres de ne pas avoir de fruits. » écrivait René Char dans le poème “Qu’il Vive“ en 1968. C’est à ce court texte que Louis Schild rend hommage pendant un peu plus d’une heure. « “Qu’il Vive“ parle d’un pays. C’est un vœu de l’esprit, une utopie, un pays qu’on a en nous. Cette idée m’a accompagné tout au long du processus de création. » Qui s’achève en décembre 2014, le jour où Louis Schild remet à ses comparses les copies de son travail de composition.

En ce samedi soir de janvier, je ne cherche d’ailleurs pas vraiment à comprendre où se situe le blues, le rock ou le jazz dans ces long morceaux, dans ce processus d’improvisation collective. Je préfère apprécier l’incroyable énergie qui se dégage l’ensemble et se transmet au public encore plus jeune que le leader de la formation.

https://vimeo.com/118988006

Quelques jours plus tard, dans un café du centre ville, les questions affluent. « Je n’ai pas seulement emprunté au jazz, mais aussi aux musiques folkloriques d’Afrique de l’Est, aux musiques populaires italiennes des années 60 et à celles du Proche-Orient » explique le jeune autodidacte de 23 ans, éperdument curieux. « Je me suis beaucoup intéressé aux musiques de l’Empire Ottoman, aux rhapsodies. On dit d’ailleurs que dans les rhapsodies, les thèmes sont cousus ensemble. Cette idée m’a beaucoup parlé».

LEON

LEON Louis Schild (à gauche) et Raphaël Ortis (à droite)
LEON
Louis Schild (à gauche) et Raphaël Ortis (à droite)

Quand il n’est pas en train de donner son interprétation musicale de poésie résistante, Louis Schild est la moitié du binôme LEON. Né en 2011 d’une rencontre avec Raphaël Ortis (bassiste et explorateur de sons ) à la Reithalle de Berne, LEON a choisi comme mode opérationnel l’improvisation pure. Le travail du groupe repose sur quelques idées discutées en amont et une complicité à toute épreuve. Aujourd’hui. Parce qu’il se sent irrésistiblement attiré par le rock, LEON aime inviter d’autres musiciens et tend à se fixer en quartet avec encore Antoine Läng (voix et électronique) et David Meier (batterie).

Parfois encore LEON collabore avec Kasper T. Toeplitz, le compositeur franco-polonais, également un homme de basse, mais aussi d’ordinateurs, bien connu dans les milieux de la noise music. Un enregistrement de leurs recherches sonores va d’ailleurs bientôt paraître sur le label et distributeur de disques fous Metamkine.

Travailleur du son et de l’espace, Louis Schild est aussi l’ardent défenseur d’une autre façon de vivre. Une forme de résistance ou plutôt d’« insurrection de consciences » pour reprendre les termes de de l’intellectuel Jean Ziegler. Louis Schild a choisi la vie en communauté, à la maison comme dans ses nombreuses activités. Avec Alain Wolff, il s’occupe de l’Espace Echallens13 à Lausanne.

Il se prépare à lancer Les éditions collectives La Maraude dont l’une des premières parutions devrait être un livre de dessins de Julian Sartorius. La carte blanche que lui a donné pendant 4 soirs le théâtre 2 :21 à Lausanne a été l’occasion de faire le point sur son travail. Enrichissant et stimulant.

 

 

 

Great Black Waters: «Glow, Sand & Other Songs»

Björn_Coverfoto_Quer_mediumVerwackelte Bilder eines mehrspurigen Highways, aufgenommen auf dem Armaturenbrett eines Autos, das Meile um Meile der untergehenden Sonne entgegenfährt: Das simple Video zu «Sand» könnte die Verbildlichung des ganzen Albums von Great Black Waters sein. «Glow, Sand & Other Songs» fühlt sich an wie eine ziellose Reise unter einem psychedelisch glühenden Himmel – mit den Haaren im warmen Fahrtwind, mit den Gedanken frei.

Dezent verpackt

Irgendwo zwischen den ekstatischen Gitarrenriffs und den erdigen Drums, Akustik- und Bassgitarren schwebt die Stimme von Great Black Waters gleichmässig und teilweise fast schon flüchtig in das Klanggeschehen hinein. Wo andere Musiker versuchen, in der Tiefe verborgene Gefühle bisweilen plump nach aussen zu tragen, verleiht Björn Magnusson, der hinter dem Pseudonym steckt, den Songs mit dezent verpackten Worten Struktur. Seine zurückhaltende Art ist eine erfrischende Abwechslung zur sonst so beliebten Zelebrierung gekünstelter In-Your-Face-Attitüden.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=OpUn_0b4sRA&w=612&h=459]

Brachial und fesselnd

An der Plattentaufe im Helsinki in Zürich blieb Magnusson unverkrampft wortkarg und spielte mit seinen vier Mitmusikern (u.a. Fai Baba) auf der kleinen Bühne ein mächtiges Set; mächtig, weil die verzerrten Gitarrenklänge sich wie eine massive Klangwand vor einem aufbauten. Wo auf dem Album hier und da eine besonnene Leichtigkeit mitschwingt, war der Auftritt grösstenteils geprägt von brachialer, fesselnder Rohheit. Man fand sich manchmal in einer grossartigen Jam-Session wieder.

Great-Black-Waters-©-by-Danny-Hole_Quer1In den diffusen Melodien von «Glow, Sand & Other Songs» verliert man sich schnell und gerne. Mit trockenem Sand in den Haaren blickt man in den rot-blau glühenden psychedelischen Himmel und weiss für einmal die Schönheit des Ungewissen zu schätzen.

«Glow, Sand & Other Songs» erschien am 6. Februar 2015. Great Black Waters spielt am 28. Februar zusammen mit Fai Baba im Albani in Winterthur.

Orioxy “Lost Children”

OrioxyEvocative storytelling perfectly suits this quartet
Orioxy’s third album resonates most when it re-imagines the template of simple folk music. Evocative storytelling perfectly suits this quartet of Manu Hagmann on double bass, Roland Merlinc on drums, harpist Julie Campiche and Yael Miller’s voice which at best is pure and unadorned, yet rich with the flavour of her mother tongue, Hebrew.

These stories have a modern accent though. Princeless is Yael’s re-telling of the Cinderella tale, it’s riven with longing and bereft of the happy ending. Soft electronic cries, a melancholic double bass and bare drum taps use a delicacy that binds the whole piece together. Yael Miller’s voice flips between innocence and sensuous knowing throughout, calling on her natural ability for drama. Song of Love is wonderfully accompanied by a percussive typewriter as if the singer is dictating her letter. Some type of squeeze box murmurs sadly and drops of electronica fold into a sympathetic bass solo, all the while the fountain-like harp sparkling light and fresh.

Julie CampicheCampiche’s timing seems to fly directly from her heart
The harp is really the heroine of this album with Julie Campiche’s myriad of subtle colours and styles perfectly placed again and again. Her solo in Isha is spine-tingling. This track is ranging and borderless, a landscape of yearning vocals and grooving rhythms helped by tape rewinds and effects. At first the harp captivates with Middle Eastern vibes amid deep double bass twangs that fall into dark scrapes, before the harp emerges in a solo full of soul and expression. Campiche’s timing seems to fly directly from her heart.

I don’t mind Yael’s rapping or the use of the Sami Darg Team (rappers from Gaza) on Bachour Meshouamam (A Bored Boy) but it does break the spell of the delicate web of lovelorn melodies. As an album, Lost Children does face the danger of its gentle downtempo mood coming to a lethargic halt so I welcome a bit more spit and verve. However, this is best done with their own instruments such as in Old World. Using a bow on the double bass and suitable electronics they bring a free rock track together without a whiff of lead guitar.

There could be a further clarity of the unique Orioxy sound
‘Music doesn’t have a style,’ Yael sings and it’s true this album does not fit into a neat genre. But music does need to have a clear identity, and although this is a decent third album I feel there could be a further clarity of the unique Orioxy sound gained through exploring further musical depth and developing musicianship and songwriting skills.

Interestingly, Orioxy do a captivating interpretation of Paul McCartney’s Blackbird. But in a way that cover serves to show what a truly stunning song can do. It’s the track that has stayed in my head. Orioxy have a good line up of gigs, often a chance for a band to get to know itself on a deeper level. Grab a chance to hear them play as I’m sure there will be some wonderful moments of magic.

Orioxy website and tour dates

[youtube=http://youtu.be/VftefxldpLM]

Disque du mois : Olivia Pedroli « A Thin Line »

PO.indd« Touchée par la grâce » dit l’Hebdo, « une plénitude musicale rare » affirme le blog Bon pour les Oreilles. « Olivia Pedroli peint des paysages sonores d’oiseaux, de vents hurlants et de bêtes plus sombres qui sommeillent au fond des bois de notre identité. » lit-on sur le site Internet de la RTS.

Une voix habitée, vivante, invitante…

En un mot comme en cent, l’album d’Olivia Pedroli a mis en émoi les journalistes suisses. Et il y a de quoi. A nouveau enregistré dans la capitale islandaise en compagnie du génial Valgeir Sigurösson (Bjork, Coco Rosie, Bonnie Prince Billy, Feist), ce quatrième opus de la chanteuse neuchâteloise, est sans aucun doute son œuvre la plus aboutie.

portrait 5D’abord, il y a cet incroyable travail sur la voix, ciselée avec une précision d’orfèvre tout en étant habitée, vivante, invitante. Une voix en forme de fil rouge d’un album aux univers musicaux forts différents. Musique sacrée, chanson, musiques répétitives unissent leurs forces pour créer un théâtre musical dont les autres acteurs sont les instruments. Des cordes magiques font ainsi place à une guitare acoustique qu’on a l’impression de pouvoir toucher. Puis s’avance un piano hypnotique, des instruments à bois cajoleurs et même une scie musicale.

Une artiste précieuse

On plonge dans cet univers avec délectation en se disant qu’Olivia Pedroli n’est plus seulement cette jeune fille rousse au charme instinctif. Elle a grandi, muri et s’impose désormais comme une artiste précieuse. Elle joue ce soir à Paris au Centre Culturel Suisse avant une série de dates en Suisse. Ne la ratez pas !

 

Olivia Pedroli, “A Thin Line” (Betacorn-Cristal Records/ Dist Harmonia Mundi)
http://oliviapedroli.bandcamp.com/album/a-thin-line

Paris, Centre Culturel Suisse, le 7 octobre 2014
Meyrin, Salle Antoine-Verchère, vendredi 17 octobre, 
Le Locle, La Grange,  Jeudi 27 et vendredi 28 novembre, 
Pully, City-Club, samedi 29 novembre
Berne, Bee-flat, dimanche 30 novembre
Fribourg, Nouveau Monde, 7 décembre

Ephrem Lüchinger: «Are You Prepared?»

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Vor sieben Jahren ging der Pianist Ephrem Lüchinger für zwei Tage ins Studio, improvisierte und experimentierte alleine mit seinem Instrument, das der Zürcher mit allerlei Gegenständen präparierte. Das Material, das in diesen Tagen entstanden ist – zeitweise in Begleitung des Posaunisten Michael Flury – jagte Lüchinger später durch den Laptop, verfremdete und arrangierte die Klaviersounds neu und setzte sie zu 34 Stücken zusammen, die nun, auf der CD-Trilogie «Are You Prepared?» zu hören sind.

[vimeo 56098064 w=500 h=292]

Ephrem Lüchinger – Are you prepared from ephrem lüchinger on Vimeo.

Entstanden ist eine reichhaltige Sammlung an neugierigen Klängen, die wahlweise technoid schimmern, romantisch schillern und auch popnah dahinschlendern können. Soundclips, Tracks und auch Songs sind auf «Are You Prepared?» zu hören – und die Trilogie entpuppt sich mit dieser Formenvielfalt auch als Suche nach den sonischen Grenzen des Klaviers, eine Suche, die allerdings scheitert. Denn Lüchinger, der in zahllosen Bands seine Spuren hinterlassen hat, entdeckt in seinem Instrument zuweilen Sounds, die man auch beim dritten Hördurchgang nicht mit einem Klavier in Verbindung bringt. So ist «Are You Prepared?» eine überaus lohnenswerte Reise in den Saitenkasten eines Instruments der unbegrenzten Möglichkeiten. Möglichkeiten, die Ephrem Lüchinger verspielt und doch konzentriert auslotet.

Ephrem Lüchinger, “Are You Prepared?” (Dist CH Irascible)

[soundcloud url=”https://api.soundcloud.com/playlists/72104018″]

 

Trois clips vidéos pour faire passer l’hiver

En ce début du mois de février, les températures me donnent surtout envie de rester sur la couette. Ça tombe bien, les Suisses sont plutôt doués pour les clips. Voici mes 3 vidéos préférées du moment à visionner et revisionner sans modération.

Larytta_OsamaLarytta “Osama Obama” (Label Creaked)

Déjà encensé sur Youtube (avec près de 60 000 vues), le single “Osama Obama” est l’un des 5 clips suisses nominés au Best Swiss Vidéo Clip au M4Music Festival. Ce film d’animation signé Julien Mercier  a pris pour prétexte la soit disant ressemblance entre Obama et Osama (Ben Laden) et confronte la journée de deux personnages que tout sépare (sauf la drogue…). Drôle, bien fichu et avec une mélodie electro-pop plus qu’entêtante. N’hésitez plus, et allez voter ici avantle 25 mars 2015!

Bauchamp feat Tsunami “Afroskank” (Label Argent Sale)

Bauchamp est un DJ et producteur du bout du lac qui s’est amouraché d’un morceau de rocksteady de Paul Francis. Il l’a réécrit en compagnie du Jamaïcain Tsunami. La mise en image de Gertrude Tuning fonctionne sur le principe du découpage et du décalage chronologique. Aux dires mêmes de Bauchamp: ” Le morceau a été testé et fonctionne autant dans le contexte d’un mariage entre Beyoncé et Michael Jackson que dans les clubs les plus undergrounds”. Alors, n’hésitez plus et suivez les instructions: “Shake it, shake it…”

Pour ceux qui comme moi en redemandent, on peut toujours aller jeter un coup d’œil à l’original réédité en 2005 par l’excellent label londonien Soul Jazz.

http://youtu.be/B2Opt0NqgSU

Verveine, Antony (Creaked Records)

Enfin petit clin d’œil 100 % helvétique de Verveine pour annoncer la sortie d’un nouveau EP de son projet solo électronique en mars 2015 . Après son passage remarqué aux Transmusicales de Rennes en décembre et quelques critiques dithyrambiques dans la presse française, l’austère Verveine s’amuse et nous aussi!

Monoski: «Pool Party»

Monoski (Photo: Mehdi Benkler)

Nichts auf der Welt scheint einfacher zu sein, als lauten, primitiven Garage-Rock zu fabrizieren. Eine schön verzerrte Gitarre und ein minimal gespieltes Schlagzeug reichen scheinbar, um dem Rock’n’Roll in seiner essentiellen, weil dreckigen und lärmigen Form zu huldigen. Doch natürlich: das Einfache ist immer schwieriger zu bewerkstelligen als man annimmt, und so gibt es denn gar nicht so viele Duos, die in der Lage sind, aus dem Minimum das Maximum zu zaubern.

Monoski aus Fribourg gehören zu diesen Duos, die solches schaffen. Auf ihrem zweiten Album «Pool Party», erschienen auf dem Lausanner Label Vitesse Records, spielen Lionel Gaillard an der Gitarre und Floriane Gasser, die früher Violinistin war, am Schlagzeug eine wunderbar lärmige und sperrige Rockform. Getroffen haben sich die beiden im Jahr 2008 in New York City, doch weniger der Grossstadtdschungel als vielmehr die kalifornischen Wüstenlandschaften ist das Zuhause ihrer Musik.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Z7FQkRVvwLc&w=640&h=360]

Auf «Pool Party» brettern die beiden aber nicht einfach besinnungslos durch eine unwirtliche, psychedelisch schillernde Blues-Rock-Landschaft, sondern begeistern durch ein fein getimtes und dynamisches laut-und-leise-Spiel. Und man merkt dank dieser Platte wieder einmal, dass es nicht viel schwierigeres gibt, als lauten, primitiven und begeisternden Rock’n’Roll zu fabrizieren. Ein Rock’n’Roll, der ganz am Ende von «Pool Party» teuflische Züge annimmt. So soll es sein.

[soundcloud url=”https://api.soundcloud.com/playlists/55826104″]