Tobias Preisig: « Playing solo makes you stronger »

Tobias solo_3Après nous avoir séduit avec son quartet, après nous avoir surpris avec son projet électro Egopusher, le violoniste Tobias Preisig s’attaque à un autre exercice de haute voltige : le solo. Une première à voir dans le cadre des soirées Swiss Vibes du Montreux Jazz Festival au Château de Chillon le 10 juillet (quelques places sont à gagner, voir au bas de cet article). Autre invité de la soirée, l’excellent trio suisse-allemand, Vein, que nous vous avons déjà présenté sur ce blog. Alors qu’il st entrain d’enregistrer à Chamonix, Tobias Preisig a répondu à nos questions par téléphone.

 

Pourquoi avoir choisi d’essayer la formule solo ?

Tobias_solo_1Tobias Preisig: C’est un nouveau défi pour moi. Faire un concert en solo implique de gérer en même temps les rythmes, la mélodie, la situation du moment. C’est très difficile, très extrême, mais ça amène aussi des nouvelles idées, ça permet d’avancer musicalement. Le pianiste Bojan Z m’a dit une fois « playing solo makes you stronger ». C’est très vrai. Pour une prestation solo, on doit être très conscient de ce que l’on est et de où on veut aller.

Cela dit, un concert de violon solo est moins courant qu’un concert de piano-solo ?

Tobias Preisig: Oui bien sûr. Le piano est à la fois un instrument mélodique, harmonique et rythmique. Il se prête plus facilement à l’exercice du solo. Evidemment avec le violon, c’est plus risqué. Pour être honnête, j’avoue que ma grande crainte est d’ennuyer les gens, un peu comme une chanteuse d’opéra qui chanterait pendant une heure… Le plus dur de ma tâche consiste à garder l’attention, captiver le public pendant toute la durée de mon solo.

Est-ce que vous allez utiliser les pédales d’effet que vous utilisez dans le projet électro Egopusher ?

Tobias Preisig: Le top du top serait bien sûr de faire un concert solo avec seulement un violon. Un peu comme Marc Ribot le fait avec une guitare solo. Les concerts en solo de Marc Ribot sont d’ailleurs une source d’inspiration pour moi…

Ceux du chanteur Phil Minton aussi, même si les deux n’ont rien à voir.

https://vimeo.com/90025844

Mais, je n’en suis pas encore là ! J’utilise quelques pédales d’effets sur certains morceaux, mais j’ai aussi plusieurs morceaux où je ne joue que du violon.

Avez-vous créé un répertoire spécifique pour ce concert ou réadaptez-vous d’anciens morceaux ?

Tobias Preisig: C’est un répertoire entièrement nouveau. Je ne trouve pas très intéressant de reprendre des anciens morceaux et de les adapter. C’est plus excitant de faire quelque chose d’entièrement nouveau

Pourquoi le choix du violon ?

Tobias Preisig: J’ai toujours joué du violon. Je ne sais pas pourquoi. Ça a été un choix intuitif. En même temps, le violon n’est pas si important pour moi. Quelque soit l’instrument, le musicien dévoile sa personnalité musicale. J’aime sincèrement le violon, mais je pourrais aussi jouer d’un autre instrument. C’est la même chose pour mes différents projets: en quartet, en duo ou en solo, je parle toujours la même langue.

 

Vein et Tobias Preisig seront en concert au Montreux Jazz Festival, Château de Chillon, le 10 juillet, 21 :00.

10 places à gagner  pour ce concert pour les 10 premiers mails envoyés à e.stoudmann at gmail.com et intitulés “Invitation 10.07” avec nom et prénom du participant.

 

 

 

Swiss Vibes live @Montreux Jazz Festival: Polar

En collaboration avec le Centre culturel suisse de Paris, le Genevois Polar a imaginé pour le Montreux Jazz Festival un projet solo exploratoire dialoguant avec le Château de Chillon entre climats pop et rock.

Image: Tristan PfundAu cours des dix premières années de son parcours de chanteur, Eric Linder, alias Polar, avait donné naissance à trois beaux albums de folk-pop anglophone intimiste. De subtiles variations sur un même thème délaissées ensuite pour deux albums pop-rock francophiles extravertis et mélodiques. Cinq ans après French Songs, Polar a renoué l’an dernier avec la langue de Shakespeare pour l’impressionniste Empress. Un sixième album en seize ans que le Genevois a imaginé panoramique, lumineux et exploratoire, empruntant à la pop ses lignes de force mélodique, au rock son intensité et à la folk ses racines.

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Aujourd’hui, le remuant Genevois d’origine irlandaise prend encore la tangente en imaginant pour le Montreux Jazz un projet en solo dont l’ambition est un dialogue majestueux avec le Château de Chillon. La proposition, que le Festival lui a adressée suite à sa récente carte blanche au Centre culturel suisse de Paris, enchante le musicien et chanteur. En tant que directeur et programmateur musical du Festival genevois Antigel, dont la spécificité est de programmer des spectacles dans des lieux atypiques, l’idée l’a immédiatement séduit. D’autant que l’image évocatrice du «fameux album de Bill Evans At The Montreux Jazz Festival, avec une vue du château depuis le Léman sur la pochette (1968) et qui fait partie de mes disques favoris, m’est aussitôt venue à l’esprit».

Pas de déclinaisons jazz pour autant en perspective dans la prestation de Polar. « Ce sera un concert avec guitare acoustique et électrique et le registre sera donc différent de mes concerts en solo habituels teintés folk. Il y aura par exemple des parties instrumentales insérées dans les titres chantés de mon répertoire anglophone. L’idée est de m’imprégner des lieux, de son acoustique et de sa réverbération, pour esquisser une prestation pop qui soit des plus oniriques ». Des atmosphères plutôt pop et rock donc pour celui qui s’est produit à Montreux pour la première fois en 1998, au Miles Davis Hall, et qui y a aussi vécu les concerts mémorables de Neil Young, Wilco, James Blake ou Kendrick Lamar.

Polar en concert solo au Château de Chillon, Montreux Jazz Festival, sa 11 juillet.
En première partie: Paralog et Gabriel Zufferey “Around Bill Evans”.

 

Swiss Vibes sessions: l’union fait la force! (Paris, Ccs du 2 au 4 juin 2015)

tete_visit-in_centre_culturel_suisse_2014_-sebastienborda-sb20140217073En cette première semaine du mois de juin, le Centre culturel suisse se présente sous ses plus beaux atours. En plein cœur du Marais, la devanture de la libraire fait de l’œil au passant en exposant ses sacs Freitag bien en évidence. Passé les lourdes portes en bois les cours intérieures fleuries transportent en un instant le passant de l’ébullition de la rue des Franc-Bourgeois au calme d’un bâtiment historique. Intra muros, place à la création contemporaine avec Marc-Antoine Fehr et l’installation sonore et visuelle de Dominique Koch.

Les deux directeurs du Centre culturel suisse, Olivier Kaeser et Jean-Paul Felley et leur équipe, travaillent d’arrache-pied pour faire « connaître en France une création contemporaine helvétique ouverte sur le monde et y favoriser le rayonnement des artistes suisses ».

Ça tombe bien, au rayon musique, c’est exactement la même ambition qui anime le blog swissvibes.org. Les grands esprits se sont donc rencontrés au Ccs du 3 au 6 juin 2015 pour présenter trois soirées de concerts aux couleurs musicales différentes. Grâce au soutien de Pro Helvetia (la Fondation pour la culture suisse) et de Swiss Music Export, l’entreprise dut une réussite tant au niveau de la qualité artistique, des échanges que de l’affluence. L’union fait la force!

 

Mardi 3 juin Swiss Vibes goes rock

Pour cette soirée étiquetée rock, la Zurichoise Evelinn Trouble et les Biennois de Puts Marie ont joué des reprises surprenantes.

Evelinn Trouble
Evelinn Trouble ©Simon Letellier
Evelinn Trouble ©Simon Letellier

Evelinn Trouble se sent un peu à l’étroit dans l’auditorium du Ccs et elle le fait bien savoir : en milieu de set, elle attaque le répertoire de Tina Turner plus qu’elle ne la reprend. Pour mieux convaincre des vertus de son « What’s Love Got to Do with it » revu et corrigé version 2015, Evelinn Trouble grimpe les escaliers entre les chaises des spectateurs et se lance dans un ping pong vocal mi-hurlé mi chanté avec les trois autres membres de son groupe. Et si le prochain album « Arrrowhead » de l’excentrique diva zurichoise est censé se décliner en version trip hop, cela ne l’empêche pas de rester une rockeuse et une funky woman infernale qui balance du lourd et séduit par la puissance de sa voix et par son caractère bouillonnant.

Puts Marie
Puts Marie ©Simon Letellier
Puts Marie ©Simon Letellier

Puts Marie choisit quant à lui d’évoquer Sun Ra, le roi du free jazz psychédélique. Sun Ra, le cosmos, la folie : un univers qui parle bien au chanteur Max Usata et à ses acolytes biennois, tous bien barrés et en même temps tellement soudés. Evidemment c’est le chanteur qui attire d’abord l’attention, avec sa gestuelle saccadée, sa voix schizophrène (très haute puis presque cassée), ses deux micros qu’il ne cesse de manipuler, dévisser ou jeter. Mais le groupe disposé en arc de cercle autour de lui n’est pas en reste. Incroyablement soudé rythmiquement – alors que le batteur et le bassiste sont deux nouveau venus -, il expérimente aussi les digressions sonores et les expérimentations en tous genres. On colle volontiers à Puts Marie l’étiquette de blues psychédélique, mais au vu de l’univers développé dans leur prestation d’à peine une heure, cette étiquette semble bien réductrice.

 

Mercredi 4 juin Swiss Vibes goes électro

Même décor, autre ambiance le lendemain avec les expérimentations électro de Larytta et Egopusher.

Larytta
Larytta ©Simon Letellier
Larytta ©Simon Letellier

Le duo lausannois  constitué du designer graphique Guy Meldem et du performer sonore Christian Pahud nous avouait dans l’après-midi fonctionner comme un « vieux couple infernal ». Depuis la parution de son nouvel album « Jura » l’an dernier, il a décidé de faire peau neuve: de deux, les voilà passés à quatre, ajoutant des vrais instruments à leurs machines, ordinateurs et pédales.

Résultat : un show ultra-enjoué qui multiplie les clins d’œil musicaux; ici des guitares africaines, là un chant en portugais. Funky ou techno, les musiciens sautillent comme des balles de ping-pong et ne cessent de changer de place, d’instruments. C’est ludique, dynamique, même si parfois ce chant à quatre voix sur des micros sans cesse différents pose des petits soucis de calage. Une phase de transition pour cette formation qui a plus d’un tour dans son sac et qui sidère par son énergie communicative.

Egopusher
Egopusher ©Simon Letellier
Egopusher ©Simon Letellier

Nous vous avons déjà abondamment parlé de Egopusher dans ce blog. Ce duo constitué du violoniste Tobias Preisig et du batteur Alessandro Giannelli a décidé de lâcher les amarres et de se lancer dans un work in progress permanent. Peaufinant leur morceau sur scène, ils les mettent ensuite à disposition des internautes via soundcloud puis les retravaille, et ainsi de suite. Une prestation qui s’inscrit donc aux confluents de l’expérimentation sonore, des rythmes déconstruits ou répétitifs et des musiques improvisées. Une musique qui semble chercher à revenir vers une pulsion primale, essentielle.

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Entendus dans un set flirtant avec la techno au Cully Jazz, puis plus sages dans l’émission de Manoukian sur France Inter le 29 mai, ils se présentent dans une version plus théâtrale et plus subtile au Ccs. Ce dialogue inédit entre la batterie et le violon est aussi visuel. Tobias Preisig travaille son instrument au corps pendant que les baguettes d’Alessandro voltigent sur les fûts. Le principe de l’exercice fait que l’on n’évite pas quelques moments de flottement, mais ce même principe invite aussi à la curiosité, à une attention extrême de la part de l’auditeur qui ne s’y trompe pas. « Vraiment nouveau », « Franchement étonnant », « excitant » sont les commentaires qu’on entend fuser dans l’assistance à la fin de leur set. Quant à Preisig, il définit sa musique comme du « Brahms sous psychotrope ».

 

Jeudi 5 juin Swiss Vibes goes jazz

En Suisse, jazz rime souvent avec diversité stylistique. Le double concert d’Orioxy et de PommelHORSE en fut la preuve.

Orioxy
Orioxy ©Simon Letellier
Orioxy ©Simon Letellier

Orioxy séduit en finesse avec une approche très féminine (que la rythmique masculine veuille bien m’excuser pour ce commentaire). Yael Miller, Israélienne de Suisse, impose sa marque au chant. En hébreu en anglais, entre rap, scat et chuchotements, sa voix tisse un univers d’émotions à fleur de peau, d’impressions parfois enfantines, parfois matures et engagées. Auquel répondent les mouvements du corps habité de Julie Campiche et sa gestuelle précise qui, d’une main tire un foulard entre les cordes de son instrument, de l’autre bidouille ses effets électroniques quand elle ne se sert pas d’une baguette de feutre. Le travail sur le son est subtil, pénétrant. Dans cet univers le cor de Baptiste Germser, l’invité français de la soirée, s’intègre naturellement, comme si il allait de soi. « Dans nos chansons on cherche aussi à exprimer les non-dits» nous expliquait Yael Miller sur ce blog il y a deux ans. Pari tenu au Ccs.

PommelHORSE
PommelHORSE ©Simon Letellier
PommelHORSE ©Simon Letellier

Quant à PommelHORSE, leur fonds de commerce est l’expression en musique de sentiments peu ordinaires : le stress d’un homme devant passer un scanner, les rythmiques techno qui continuent de résonner dans la tête d’un fêtard qui n’arrive pas à s’endormir à l’aube, les frémissements d’un cerf pourchassé. Pour expliquer ce monde de sensations primaires avec beaucoup d’humour, le clarinettiste Lukas Roos joue de son accent suisse-allemand avec décontraction. Lui vient plutôt du classique, le batteur à la rythmique métronomique du heavy metal, le clavier qui est aussi celui d’Evelinn Trouble aime le rock, l’électronique et à peu près toutes les musiques que vous lui nommez…. Vous l’aurez compris chez PommelHORSE, le jazz est un état d’esprit placé sous le signe de l’innovation, de la sensation, de l’énergie, de l’humour. Personnes sérieuses s’abstenir.

Hors de leurs murs, originaires de différentes régions de la Suisse et sans qu’ils ne se connaissent les uns les autres, ces sessions musicales de trois soirs ont permis de faire passer un courant entre ces différents groupes, d’affirmer haut et fort que la scène suisse se porte de mieux en mieux. « J’ai découvert des musiciens extraordinaires et des projets vraiment originaux. C’est excitant et ça donne envie d’en connaître plus ! » s’exclame le pianiste français Alexis Anerilles (qui office entre autres aux côtés de Sophie Hunger), spectateur assidu de ces trois soirées de concerts. Merci à Evelinn Trouble, Puts Marie, Larytta, Egopusher, Orioxy et PommelHORSE pour ces moments enthousiasmants et fédérateurs.

Swiss Vibes live à Paris: Pommelhorse

Pommelhorse 3Avec son nom loufoque (PommelHORSE signifie le cheval d’arçon en allemand et s’écrit en minuscule et en majuscule), PommelHORSE fait partie de ces groupes qui empêchent de tourner en rond. Etiqueté jazz, sélectionné à la grande messe de Jazz Ahead l’an dernier, on se demande souvent à l’écoute de sa musique ce qu’il reste de jazz dans cette affaire. Si l’orchestration – basse. batterie, synthétiseurs, clarinette et sax – est relativement orthodoxe, chacun des musiciens semble pris dans la tempête d’un vent libertaire. Musicophages, ils semblent littéralement avoir « bouffé » du rock, du heavy metal, de la dance music de la musique classique et, accessoirement, du jazz.

« Wintermadness », paru en 2014, deux ans après un premier album éponyme, a gagné en intensité et en force. Il nous entraîne dans une drôle de transe hypnotique dans laquelle on s’imagine entrain de « chasser le lapin blanc », d’ouvrir une boîte de Pandore ou de marcher sur un trottoir mouvant. Bref autant d’activités qu’on ne fait pas tous les jours, mais que ces cinq musiciens bernois semblent avoir le don d’évoquer. Leur sensibilité musicale leur permet d’être à fleur de peau des sensations et des émotions les plus subtiles. Avec PommelHORSE, n’hésitez plus et embarquez dans un grand huit musical!

En concert au Centre culturel suisse de Paris, le 4 juin 2015 (avec Orioxy)

Swiss Vibes live à Paris, chapitre 5: Orioxy

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Yael Miller (chant) et Julie Campiche (harpe) au Festival de Jazz d’Avignon ©Florence Dureux

C’est la carte de l’éclectisme qui est jouée par les Genevois d’Orioxy, mais dans un registre différent. A la voix, Yael Miller mêle chant en hébreu, en anglais et en français. A la harpe, Julie Campiche égrène ses accords, frappe ou caresse ses cordes et s’amuse avec sa pédale d’effets. Deux femmes déterminées et douées soutenues par une rythmique masculine (Roland Merlinc à la batterie et Manu Hagmann à la contre basse) toute en subtilité et en demi-teintes. Orioxy n’hésite pas non plus à intégrer des instruments incongrus, telle cette machine à écrire ou cette shruti box (boîte à anches indienne produisant différents types de bourdons). Du rap au scat, du spoken word au jazz, entre cris et chuchotements, le fil conducteur d’Orioxy n’est pas stylistique, mais onirique. Avec Orioxy, on flotte dans l’imaginaire, entre contes, humour et déraison.

Cette entité d’un genre nouveau séduit avec constance public, institutions et critiques. Le deuxième album de la formation « Lost Children » a été réalisé en France aux studios la Buissonne grâce au Grand Prix que la formation a remporté au Tremplin jazz d’Avignon en 2013. Placé sous la direction de Philippe Teissier du Cros (Bojan Z, Rokia Traoré, Piers Faccini), « Lost Children » prouve l’ouverture de sa démarche en invitant le rapper Sami Darg Team.

Baptiste GermserSur la scène du Ccs, c’est le joueur de cor français Baptise Germser qui est convié. Un ami de longue date lui assui adepte d’instruments non conventionnels quand il ne joue pas de la basse pour Stephan Eicher. Et comme avec Orioxy rien n’est jamais fixé de façon indélébile, il est possible que le groupe nous réserve d’autres surprises. Une raison de plus de venir traîner vos guêtres au Ccs en ces premières journées de juin.

Et pour vous donner un avant goût, écoutez l’émission “Un Dimanche idéal” de France Musique, dimanche 31 mai à 19:30. Orioxy y est invité à jouer deux titres en live et à y rencontrer le pianiste classique japonais Kotaro Fukuma.

En concert au Centre culturel suisse de Paris, le 4 juin 2015 (avec Pommelhorse)

Swiss Vibes live à Paris, chapitre 4: Egopusher

egopusher_by_nuel_schochUn tel nom pourrait préfigurer d’un groupe totalement narcissique. Ce serait mal connaître le violoniste zurichois Tobias Preisig et son comparse Alessandro Giannelli qui ne sont que les suppôts de leur passion musicale. Premier violoniste à étudier à la Swiss Jazz School de Berne, Tobias Preisig fait partie de ces artistes qui ne s’arrêtent jamais, qui aiment pousser les limites de leur instrument. Alors qu’il fait déjà beaucoup parler de lui avec son quartet de jazz, il s’implique en parallèle dans Egopusher, un projet électro-pop.

Alessandro Gianelli est aussi zurichois. Il actif dans plusieurs projets dont Lumières de l’Espace dans lequel se mêlent musiques ambient et psychédéliques, rock et jazz.

La rencontre entre ces deux mutants musicaux a lieu en novembre 2013 sous la haute surveillance de l’excentrique Dieter Meier qui les convie à jouer dans son groupe. Un coup de foudre musical plus tard, les deux amis décident de lancer leur ovni Egopusher. Tobias Preisig au violon et au Moog bass, Alessandro Gianelli à la batterie au drum-pad et au synthétiseur. A l’origine, Egopusher songeait à se produire dans des lieux inhabituels ou incongrus. Las, le duo s’est vite fait remarquer par la crème des programmateurs helvétiques et s’est déjà vu offrir les prestigieuses scènes du Bad Bonn Kilbi et du Cully Jazz Festival. Il est vrai que ce binôme est envoûtant. Tobias Preisig est plongé dans un dialogue sans fin avec son instrument qu’il fait parler, chanter et hurler. Quant à son complice, il ne semble jamais à court de rythmes pour le soutenir ou lui donner la répartie. Le duo a promis qu’il n’entrerait pas en studio avant d’avoir malaxé sa matière musicale pendant au moins 100 concerts. Le compte à rebours a commencé…

En avant-goût du concert du 3 juin, ne ratez pas le live de France Inter, vendredi 29 mai à 21:00 dans l’émission “Partons en Live” d’André Manoukian!

En concert au Centre culturel suisse de Paris, le 3 juin 2015 (avec Larytta)

 

Swiss Vibes live à Paris, chapitre 3: Larytta

laryttaenvoie2Quand il se crée en 2004, Larytta est un duo constitué de Guy Meldem and Christian Pahud. Des producteur-artistes, adeptes du collage, du bricolage sonore, des musiciens capables de concilier leur admiration pour Jean-Michel Jarre avec d’improbables rythmes africains.

Six ans après leur premier album “Difficult Fun”, le duo Larytta est devenu quartet. Il est de retour avec “Jura”. Un album au nom du 26ème canton suisse dont la pochette présente le profil d’une jeune fille asiatique coiffée d’une visière et portant l’oreillette…. « Le Jura a cette particularité d’être un canton rural et progressiste en même temps. Ça nous plaît. Tout comme ses paysages. C’est un peu notre Far West suisse. » déclarait Larytta au quotidien Le Temps en février. Le melting pot des genres, le côté décalé a valu à Larytta un début de reconnaissance internationale avec plusieurs tournées à l’étranger et des collaborations avec Jamie Lidell ou DJ Medhi entre autres.

Christian Pahud, également membre actif du groupe de rock Honey for Petzi vient, quand à lui, de se voir nominer, pour le Grand Prix suisse de musique (tous genres confondus).

Pour célébrer dignement la sortie de son nouvel opus, Larytta s’est offert un clip animé par Julien Mercier pour illustrer leur morceau « Osama Obama ». Partant de la soi-disant ressemblance entre Obama et Osama Ben Laden, la vidéo déroule en parallèle la journée de deux personnages que tout sépare ou presque… Elle a également été élue meilleur clip vidéo par  le jury du M4Music.

En concert au Centre culturel suisse de Paris, le 3 juin 2015 (avec Egopusher)

Swiss Vibes live à Paris, chapitre 2: Puts Marie

puts marie
puts marie

Puts Marie est un groupe de Bienne éclectique qui avait fait beaucoup parler de lui au début des années 2000. En 2009, le départ aux Etats-Unis du charismatique chanteur Max Usata semblait annoncer la mort du groupe. D’autant que son batteur Nick Porsche n’allait pas tarder à s’illustrer dans un excellent projet solo.

Contre toute attente, Puts Marie a refait son apparition en 2013 avec un enregistrement de six titres, « Masoch ». Teinté de blues, psychédélique, marqué par la voix légèrement fêlée si particulière de Max Usata, Puts Marie revient sur les devants de la scène et frappe dans le mille.

Plus mélancoliques, plus matures et moins dispersés, les Biennois balancent du lourd. « Le fait que chacun de nous se soit consacré à d’autres projets musicaux, nous a permis d’enrichir nos influences, d’être plus ouverts. Mais nos concerts sont toujours forts, vulgaires et bizarres » expliquait Max Usata dans une interview sur ce blog. Les récentes performances de Puts Maris aux Transmusicales de Rennes et à Eurosonic en sont une preuve. Le succès sur YouTube de leur récente vidéo « Pornstar », réalisée dans un cabaret gay, en est une autre. Puts Marie n’a plus peur de se dénuder, au propre comme au figuré. Avis aux amateurs.

En concert au Centre culturel suisse de Paris, le 2 juin 2015 (avec Evelinn Trouble)

Egalement en concert à La Maroquinerie à Paris, le 19 mai dans le cadre de la Tournée Europavox.

Swiss Vibes live à Paris, chapitre 1: Evelinn Trouble

Evelinn_Trouble_Trio15_klEvelinn Trouble est un cas. Un pied dans le rock, l’autre dans le jazz. Un jour rousse le lendemain blonde, maquillée à outrance ou sans fard, elle ne cesse de surprendre. A peine vingt-cinq ans, et déjà un cinquième album, « Arrowhead ». Fille d’une chanteuse de jazz et d’un architecte, Evellinn Trouble vit à Londres depuis une année. Entourée de son studio mobile, elle aime composer et s’immerger dans les villes connues pour leur haute teneur musicale.

Après s’être illustrée comme choriste de Sophie Hunger et un premier album folk-pop-soul “Arbitrary Act” (2007), qu’elle a concocté toute seule ou presque, cette fille d’une chanteuse de jazz et d’un architecte continue de n’en faire qu’à sa tête. A chaque enregistrement, elle se réinvente. Sur son précédent opus, « The Great Big Heavy », elle rendait hommage au rock des années 60. Aujourd’hui Evelinn Trouble prépare la sortie de « Arrowhead », le journal d’un « traveller » urbain qui reçoit une flèche dans la tête et ne peut pas l’enlever.

Enregistré dans les studios Invadia de Geoff Barrows, là où quelques opus mythiques de Portishead et Massive Attack on été réalisés, « Arrowhead » est emballé dans un son trip hop qui lui sied. Il amplifie la puissance et la hargne de Evelinn Trouble ainsi que sa voix, entre séduction à la rébellion. Connue pour ses prestations sauvages, Evelinn Trouble sera accompagnée par l’un des batteurs les plus en vue de la scène alémanique, Domi Chansorn et par Flo Götte à la basse et à la guitare.

En concert au Centre culturel suisse de Paris mardi 2 juin (le même soir Puts Marie)

Swiss Vibes live à Paris!

Swissvibes_live_1 cœur_LRDe Bienne à Zurich, de Genève à Berne, la scène musicale suisse explose de talents, pour la plupart inclassables.  Et cette fois nous allons vous le prouver! Le Centre culturel suisse a en effet invité Swiss Vibes le temps d’une carte blanche, le temps de trois double-concerts aux couleurs forcément éclectiques.

Dans l’agréable centre de la rue des Francs-Bourgeois, défileront donc dans l’ordre:

Mardi 2 juin : Evelinn Trouble et Puts Marie (rock)
Mercredi 3 juin : Larytta et Egopusher (pop & electro )
Jeudi 4 juin :  Orioxy & PommelHORSE
(jazz & more)

 

Aventureux et bluffants, les musiciens suisses que vous proposent Swiss Vibes et le Centre culturel suisse assument tous avec fierté leur particularisme et leur diversité culturelle.

Jugez plutôt en écoutant la sélection ci-dessous et suivez l’actualité du blog ces prochains jours pour avoir plus d’informations sur chacun des groupes présentés. Et surtout, amis parisiens, sortez vos agendas et venez au Centre culturel suisse de Paris les 2, 3 et 4 juin 2015!