Trois clips vidéos pour faire passer l’hiver

En ce début du mois de février, les températures me donnent surtout envie de rester sur la couette. Ça tombe bien, les Suisses sont plutôt doués pour les clips. Voici mes 3 vidéos préférées du moment à visionner et revisionner sans modération.

Larytta_OsamaLarytta “Osama Obama” (Label Creaked)

Déjà encensé sur Youtube (avec près de 60 000 vues), le single “Osama Obama” est l’un des 5 clips suisses nominés au Best Swiss Vidéo Clip au M4Music Festival. Ce film d’animation signé Julien Mercier  a pris pour prétexte la soit disant ressemblance entre Obama et Osama (Ben Laden) et confronte la journée de deux personnages que tout sépare (sauf la drogue…). Drôle, bien fichu et avec une mélodie electro-pop plus qu’entêtante. N’hésitez plus, et allez voter ici avantle 25 mars 2015!

Bauchamp feat Tsunami “Afroskank” (Label Argent Sale)

Bauchamp est un DJ et producteur du bout du lac qui s’est amouraché d’un morceau de rocksteady de Paul Francis. Il l’a réécrit en compagnie du Jamaïcain Tsunami. La mise en image de Gertrude Tuning fonctionne sur le principe du découpage et du décalage chronologique. Aux dires mêmes de Bauchamp: ” Le morceau a été testé et fonctionne autant dans le contexte d’un mariage entre Beyoncé et Michael Jackson que dans les clubs les plus undergrounds”. Alors, n’hésitez plus et suivez les instructions: “Shake it, shake it…”

Pour ceux qui comme moi en redemandent, on peut toujours aller jeter un coup d’œil à l’original réédité en 2005 par l’excellent label londonien Soul Jazz.

http://youtu.be/B2Opt0NqgSU

Verveine, Antony (Creaked Records)

Enfin petit clin d’œil 100 % helvétique de Verveine pour annoncer la sortie d’un nouveau EP de son projet solo électronique en mars 2015 . Après son passage remarqué aux Transmusicales de Rennes en décembre et quelques critiques dithyrambiques dans la presse française, l’austère Verveine s’amuse et nous aussi!

Pablo Nouvelle, en toute intimité

Pablo Nouvelle“Comme The Avalanches et DJ Shadow avant lui, Pablo Nouvelle applique les techniques de production du hip hop à des enregistrements de pop et soul, coupant et recontextualisant pour obtenir des effets ahurissants”. Ainsi s’exprimait l’an dernier le Guardian.

Le jeune Bernois Pablo Nouvelle a décidé que son nom d’artiste devait faire référence à la fois à l’architecte français Jean Nouvel et à la nouvelle vague du cinéma français. Logique pour cet ancien étudiant en architecture qui construit sa musique comme un édifice subtil de samples et de live, donnant ainsi à Marvin Gaye ou à Smokey Robinson de nouvelles intonations mélancoliques.

10 morceaux dans lesquels se croisent le chant de Fiona Daniel et les rythmes de cet autre Bernois qui monte, Domi Chansorn,  est téléchargeable gratuitement sur son site Internet (vous pouvez bien sûr aussi faire un don!) Je vous recommande également vivement de visionner ce concert filmé, qui fait partie de la série “Live at Music Apartment” et qui diffusé sur le net depuis quelques jours.

[vimeo 75018068 w=500 h=281]

Disque du mois : Imperial Tiger Orchestra

ITO_wax_cover_HDQuand les tigres se mettent à rugir….

 « Quelqu’un nous a dit un jour que nous étions un joli jardin. Imperial Tiger Orchestra c’est vraiment ça : des plantes qui grandissent et qui ont plein de trucs à raconter» résume Raphaël Anker au bout du fil.

Après s’être  enthousiasmés pour la musique éthiopienne des années 70 (“Addis Abeba”), puis pour celles des années 80-90 (“Mercato”), les Genevois d’Imperial Tiger Orchestra se plongent dans les rythmes traditionnels d’Ethiopie et d’Afrique de l’Est sur leur nouvel opus.

Ils propulsent la tradition vers le futur

Sur cet enregistrement, ils sortent de leurs besaces des nouveaux trucs et astuces (une batterie électronique bricolée avec des klaxons et des bouts de ficelle, des flûtes faites maison, des synthétiseurs déraisonnables).

A sa manière, indéfinissable et pourtant immédiatement reconnaissable, Imperial Tiger Orchestra part de l’essence, déconstruit et reconstruit la tradition en la propulsant vers le futur.

Plus expérimental, plus psyché, mais toujours aussi irrésistiblement dansant, les tigres balancent à la face du monde leur concept-maison: le wax.

Authenticité

ITO_portrait_03Ce qui n’était qu’un terme fourre-tout que les membres du groupe utilisaient à toutes les sauces est aujourd’hui transformé en acte assumé. Le wax, c’est le groove, le rythme, mais aussi une façon de vivre, de penser, de rester en contact les uns avec les autres, d’être authentique, de prendre les choses comme elles viennent. Par exemple les participations des gens que l’on invite sur un morceau et qui arrivent avec des propositions pas forcément conformes à nos attentes.

OVNI de transe ethio-helvétique

Les étonnantes vocalises du rapper érythréen Ghost Tape, aka Gabriel Ghebrezghi, sur « Tgeregna » en sont une preuve. Les impressionnants chants de gorge de celui qu’on connaissait jusqu’ici comme un danseur, Getu Tirfe, en sont une autre. Au final, l’album est un vrai petit OVNI de transe éthio-helvétique que l’on se repasse en boucle. Il a convaincu sans problème les autres amoureux du roots genevois que sont les Mama Rosin. Wax paraîtra donc le 23 septembre sur le label, « Moi J’Connais Records ». Préparez-vous !

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=HYWxxqwcg5I]

Imperial Tiger Orchestra, «Wax », (Moi J’Connais Records)

En concert: Creil (F), La Grange  à musique, 5 octobre. Fribourg (CH), La Spirale, le 12 octobre. Belgrade (Serbie), Dom Omladine, 19 octobre. Oslo (Nor), Café Mir, Bergen (Nor), 25 octobre, Copenhague (Danemark), Global Copenhagen, le 26 octobre. Zurich, Le Moods (CH), 2 novembre. Genève (CH), Cave 12, 9 novembre.

Disque du printemps: Plaistow “Citadelle”

 

Plaistow_Citadelle_cover_low

Depuis sa création en 2007, Plaistow ne cesse de réinventer le trio jazz. Johann Bourquenez, Cyril Bondi et Vincent Ruiz (le dernier arrivé), aiment l’exercice de l’enregistrement. C’est l’occasion comme l’affirme le leader et pinaiste Johann Bourquenez, de « redéfinir les directions, de faire le point ». Après “Lacrimosa” et ses deux longues plages de 20 minutes, voici donc “Citadelle”, qui paraît pour la première fois sur un vrai label (Two Gentlemen) : huit morceaux dont un seul ose cette fois durer 20 minutes. On connaît certains des ingrédients-clefs de Plaistow : un amour inconditionnel de la répétition et de la musique minimale allié à un goût prononcé pour certains rythmes issus du monde la techno (drum’n’bass, dubstep). On découvre ici une exploration des modes arabes, une démarche toujours plus construite et même un morceau de hip hop expérimental avec le rapper de Psykick Lyrikah. Traversée d’oscillations, travaillant sur les couleurs harmoniques, la musique de “Citadelle”est à la fois primale, sensuelle et incroyablement subtile. Evoquant la nature ou les constellations planétaires, elle vous prend pour vous redéposer quelque cinquante minutes plus tard, empli d’une nouvelle sensation d’urgence. Et comme cette musique est fondamentalement libre, elle laisse la place à chacun de s’y projeter avec ses idées et ses sensations. Ce que prouve en beauté cette vidéo de Janice Siegrist.

Plaistow, “Citadelle” (Two gentlemen/Dist Irascible)

Concerts de Plaistow:

26 april – BERN (CH) – Ono
28 april – ZURICH (CH) – Exil
2 may – GENEVE (CH) – La gravière

[vimeo http://vimeo.com/63859823]

 

 

Les clips de deux artistes Swiss Vibes récompensés M4Music

Rusconi et La Fanfare Kadebostany, deux artistes qui figurent sur la compilation Swiss Vibes 2, ont remporté respectivement le prix du jury et celui du public du “Best Swiss Video Clip”. Tous deux ont été projetés ce soir aux Docks de Lausanne, lors de l’ouverture du M4Music Festival.

Le concours était organisé en collaboration avec les Journées de Soleure, le jury était présidé par le réalisateur parisien Tony T.Datis, auteur de clips pour Skrillex, Modeselektor et Katy Perrry. Les autres membres du jury étaient le réalisateur lausannois Laurent Fauchère et la productrice et rédactrice musicale zurichoise Eliane Laubscher.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=XDdzOFYnLuo]

Les réalisateurs du clip “Alice in The Sky”de Rusconi sont Jonas Meier et Mike Raths. Ils ont été salué pour leur inventivité, savoir-faire et visions poétique.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=PQDK6x1i8jY]

Les réalisateurs du clip “Walking With A ghost” de la Fanfare Kadebostany sont David Houncheringer, Steven Blatter, Mirko Eremita. Ce prix du public a été décerné au moyen d’un vote en ligne de 3500 personnes sur la plateforme mx3. Les deux lauréats empochent chacun 5000.-

Le festival M4Music  lieu ce soir à Lausanne et vendredi et samedi à Zurich. Défileront entre autres dans les clubs de la capitale économique de la Suisse, Oy, La Gale, Velvet Two Stripes, Domi Chansorn et Evelinn Trouble.

Plaistow, video and interview…

Cyril Bondi
Cyril Bondi

Three questions to Cyril Bondi, drummer of Plaistow, a  band formed in 2007, currently kicking up a storm everywhere they play. Plaistow’s next album, “Citadelle”, will be released on Two Gentlemen Records in April.

[vimeo http://vimeo.com/52917016]

Interview first published in french in May 2011. Translation: Beatrice Venturini. Photographer: Raphaelle Mueller

What does Plaistow mean?

Cyril Bondi : Plaistow means two things. Firstly, it’s a disused metro stop in London. Many of our compositions refer to the metro because we love everything that is underground. It’s another way of saying that we can always dig. Plaistow is also a track by Squarepusher. We later found out that it’s also a playground, which fits in nicely with the spirit of the band.

Why have you chosen such a classic format as the jazz trio?

Vincent Ruiz
Vincent Ruiz

Cyril Bondi: We have fun with it. We act as if we were a jazz trio but in fact we transcend this format by bringing to it a dub, punk or electro side. There has always been this desire to gather up extremes, to bring together all our basic different influences. Johann Bourquenez, the pianist, comes from electronic music. Raphaël Ortis, our former bassist, from metal. Vincent Ruiz, our new bas player, comes from jazz. As for me, they say I come from jazz, but I think I come more from improvised music. All three of us have strong personalities and the formula ‘piano-bass-drums’ is the most comfortable for us, it allows us the most freedom to play. We never play any of our tracks the same way twice.

You’re often labelled with the term ‘post-jazz’, does it suit you?

Cyril Bondi: This ‘post-jazz’ idea actually came from us; it’s handy because it doesn’t really mean anything and it allows us to go far and wide with it. In the same track there are moments where we try to just improvise together, others where we try to play the same thing over a long stretch, and others again where we slow things down to the max. And then we might decide to throw ourselves into pure noise…..


Johann Bourquenez
Johann Bourquenez

Rusconi versus la Fanfare Kadebostany

Rusconi Trio–©Niki CheungThe Band II (by Toci) low resAprès la grande opération pop des Swiss Music Awards, où Bastian Baker a remporté sans surprise la place de la meilleure performance de Suisse romande, place à un concours qui nous concerne plus, lancé par le festival M4Music en partenariat avec mx3 et les festivals du film de Soleure). celui du meilleur vidéo clip.

Parmi les 5 nominés, deux artistes Swiss Vibes entre lesquels notre cœur balance:

1) Les Suisses allemands de Rusconi proposent court métrage surréaliste pour un de leurs titres qui ne l’est pas moins “Alice in The Sky”, auquel le grand Fred Frith a prêté sa guitare.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=XDdzOFYnLuo#!]

2) La mystérieuse Fanfare Kadebostany dont seul le président, Guillaume Kadebostan, connaît l’origine exacte s’est lancée il y a quelques mois dans un clip en forme de parodie d’une parade militaire où danse classique percute hip hop et électro. Le titre s’appelle “Walking with the Ghosts” et la vidéos est un véritable carton sur Internet depuis sa parution.

Pour participer au vote du public, rendez-vous sur la page créée à cet effet par mx3 avant le 20 mars 2013. Les clips seront projetés et les prix remis lors de la journée d’ouverture du M4Music festival aux Docks de Lausanne, le 21 mars.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=PQDK6x1i8jY]

Elina Duni, eine Heimat so nah und doch so fern

Das neue Album “Matanë Malit” (ECM/Harmonia Mundi) der schweiz/albanischen Musikerin und Sängerin Elina Duni ist eine Hommage an die albanische Poesie und deren Lieder. Sie nimmt uns dabei mit auf eine wunderschöne Reise in ein fernes Land, dessen Klänge uns wehmütig stimmen und ergreiffen vom ersten bis zum letzten Ton.

Im Gegensatz zu deinen früheren Alben “Baresha” und “Lume Lume”, singst du auf “Matanë Malit” ausschliesslich albanisch. was bedeutet es für dich, als Sängerin, die davor vorwiegend englische Texte interpretiert hat, in deiner Muttersprache zu singen?

Eina Duni Albanisch zu singen ist für mich sehr speziell und auch sehr interessant. Bis ich 10 Jahre alt war habe ich in Albanien gelebt, danach bin ich in die Schweiz ausgewandert, wo ich lange Zeit in Genf wohnte. Ich bin also zum einen mit der albanischen Tradition, wie zum anderen mit der westlichen Musiktradition, dem Jazz, der Klassischen Musik usw. aufgewachsen. Das führte auch oft dazu, dass ich noch nicht genau wusste, wo mein Platz ist. Dies änderte sich aber, als ich begann diese beiden Welten zusammenzuführen, in dem ich die albanischen Texte mit meinen musikalischen Einflüssen kombinierte. Aufeinmal fühlte sich alles viel klarer an. Eine Erfahrung, die mich in meinem musikalischen Schaffen sehr bereichert hat, auch wenn ich mich in Zukunft nicht nur auf mein albanisch beschränken möchte.

“Matanë Malit” heisst auf Deutsch “Jenseits der Berge”. Ein Albumtitel in Bezug auf deine Heimat, so nah und doch so fern?

Elina Duni Das Album ist für mich tatsächlich eine Reise in die Ferne, die mir aber auch sehr vertraut ist. Gleichzeitig bezieht sich “Matanë Malit” aber auch auf die Standorte meiner beiden Heimatländer. Egal ob du von der Schweiz oder Albanien aus schaust, die Länder liegen immer Jenseits der Berge. Der Albumtitel bezieht sich aber auch auf das westliche Publikum. Die Texte handeln alle von universellen Themen, wie z.b. der Liebe, dem Tod, Freiheit. Themen die uns alle beschäftigen. Auch die Musik empfinde ich als sehr universell. Es sind also Stücke, die uns hier zwar fern sind, aber im Grunde genommen sehr vertraut.

Mit deinem neuen Album hast du dich musikalisch noch tiefer mit der Geschichte Albaniens auseinander gesetzt. Während du dich vorher noch in eher gewohnten Jazz/Balkanischen Klängen bewegt hast und dich schritt für schritt an den Fundus der balkanischen Folklore herangewagt hast, klingt “Matanë Malit” wie das Ergebnis einer langen Reise durch verschiedenste Einflüsse, die dich geprägt haben. Inwiefern unterscheidet sich für dich “Matanë Malit” von deinen anderen beiden Alben?

Elina Duni Wir sind an dieses Album ganz anders herangegangen als noch bei den letzten beiden. In unserem Zusammenspiel sind wir viel klarer geworden. Auch der Umgang mit den Klangfarben ist uns viel bewusster geworden. Ganz nach dem Motto “weniger ist mehr” haben wir es geschafft, der Musik diese Tiefe zu geben, in dem wir die Spannung viel ausgeglichener gestaltet haben. Im Vergleich zu “Lume Lume” klingt “Matanë Malit” reifer. Auch habe ich zu den traditionellen Stücken die wir umarrangiert haben, noch zwei eigene Stücke komponiert, was eine spannende Herausforderung für mich war. Zusammen mit meiner Band (Colin Vallon Piano, Norbert Pfammatter Drums, Patrice Moret Bass) und diesen zwei völlig verschiedenen kulturellen Einflüssen, ist dieses Album entstanden. Hätte ich nur in Albanien gelebt, würde meine Musik mit Sicherheit ganz anders klingen. Auf Metane Malit wollte ich die Aspekte der albanischen Poesie mit der traditionellen albanischen Folklore zusammenbringen. Es ist eine Hommage an die albanischen Dichter.

“Matanë Malit” ist am 21. September auf dem berühmten deutschen Jazz Label ECM veröffentlicht worden. Dein erstes ECM Album. Wie hast du die Arbeit mit dem Gründer und Produzenten des traditionsreichen Labels, Manfred Eicher erlebt?

Elina Duni Die Zusammenarbeit mit Manfred Eicher war sehr befruchtend. Er hatte die genau gleichen Vorstellungen wie wir. Von Anfang an war er von unserer Musik begeistert. Auch er wollte ein Album, welches nicht den einzelnen Musiker hervorhebt, sondern immer das Stück im Vordergrund steht. Es gibt also praktisch keine Jazzsoli im herkömmlichen Sinne, improvisiert wird im Kollektiv und immer mit dem Bewusstsein, dass das Stück an oberster Stelle steht. Mich hat Manfred auch stark beeindruckt mit welcher Euphorie er nach über 2000 produzierten Platten und über 40 Jahre Labelarbeit er noch an die Dinge herangeht und sich freuen kann wie ein kleines Kind. Er hat eine unglaubliche Weitsicht und war immer zur Stelle mit guten Ideen, wenn wir uns mal verloren haben.

Mit deiner Band und auch als Musikerin in anderen Projekten bist du ständig unterwegs und viel im Ausland. Seit Jahren wohnst du aber in der Schweiz. Fühlst du dich hier heimisch?

Elina Duni   Ja, ganz klar. ich fühle mich sehr wohl hier in Bern. Mir gefällt das kultivierte und offene Volk. Und auch wenn ich die grossen Städte im Ausland liebe, könnte ich dort nicht leben. Die Schweiz ist mein Zuhause.

Elina Duni, “Matanë Malit” (ECM)

Webpage und Tourdaten Elina Duni elinaduni.com

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=EwvMt1qbFF8]

Oy fait son marché

Mais qu’est-ce qui se passe? Oy, notre chanteuse helvetico-ghanéenne préférée devient funky. Ce n’est pas pour nous déplaire, bien au contraire. Après s’être intéressée – avec le succès que l’on sait – aux souvenirs d’enfance, la chanteuse à la voix de caméléon est partie à plusieurs reprises séjourner en Afrique. Elle y a enregistré les bruits les plus divers, de la machine à laver de sa mère à celui du pilon écrasant le blé. Le premier morceau, issu de ses pérégrinations lointaines, s’appelle “Market Place”. Ses signes distinctifs sont des samples de bruits de rue, des rythmes empruntés à l’Afrique ou à l’électro et un chant soul. En attendant la sortie de l’album prévue en 2013, vous pouvez écouter ce morceau sur Youtube ou le télécharger sur votre smartphone/Iphone) au moyen de l’application Creaked (le label de Oy).

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=-YOR85sgu5o]

Et pour avoir une idée du live, regardez le petit film réalisé sur elle dans le cadre de la série Jazzout de Mezzo.  Oy s’y montre désormais accompagnée d’une vraie batterie tenue par un mystérieux compagnon masqué. Le morceau s’appelle “Halleluja” et figurera également sur le nouvel album de Madame.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=n36CvQCvzJE]

Et surtout, ne la ratez pas sur scène si elle passe près de chez vous.

SEPTEMBRE

28 Toulouse, France @ Nuits Nomades
29 Bern, Switzerland @ Schlachthaus

OCTOBRE

05 Delémont, Switzerland @ SAS
06 Cully, Switzerland @ I Ha Nüt Festival
13 Paris, France @ Factory Festival – La Cigale
17 Nancy, France @ Jazz Pulsations
27 Durbe, Latvia @ Zemlika Festival
NOVEMBRE
01 Lausanne, Switzerland @ Love and 8 – Le Bourg
23 Darmstadt, Switzerland @ Jetztmusik
DECEMBRE
07 Zurich, Switzerland @ Kilbi Im Uberall

Chief, une question de feeling

Il arrive à Chief de recevoir des mails en anglais de Français qui veulent travailler avec lui. Quand il leur dit qu’il est Suisse et qu’il parle la même langue qu’eux, certains hésitent à le croire. C’est qu’à trente ans le jeune producteur lausannois a déjà collaboré avec pas mal de grands noms de la scène américaine et canadienne : KayDee, Sene ou, plus récemment, Moka Only. Avec ce-dernier Chief a enregistré « Crickets ». Pour mettre en musique cette invasion d’insectes au chant entêtant et perusasif, il a tissé une toile de rythmes et de voix soul sur lesquels Moka pose son flow précis et soyeux.  Mais comment ce trentenaire qui, adolescent écoutait Nirvana, les Beatles et A Tribe Called, est-il arrivé à se hisser aux premières loges de la scène internationale du hip hop underground ? Autodidacte, Chief gère tous les aspects de la création, de la production et de la diffusion de sa musique.

Vous vous définissez comme un beatmaker. Comment devient-on un beatmaker ?

Chief À l’école déjà, je voulais être DJ. J’ai fait un apprentissage de monteur-électricien puis d’ingénieur du son. J’ai ensuite fondé mon label avec un pote. A 21 ans, j’avais envie de faire des beats. J’ai commencé à « découper » des échantillons de quelques secondes. Je prends par exemple une ou deux notes d’un morceau de jazz qui me plaît et je lui ajoute une basse rock, puis je joue des claviers dessus. Je n’ai aucun apprentissage musical, je ne lis pas les notes. Mais j’ai une excellente oreille. A force d’aligner les heures dans mon studio, je me suis amélioré. J’aime les mélodies. J’aime ce qui est instrumental, ce qui est calme

Vous avez fait un album d’instrumentaux en hommage à Chick Corea. Ecoutez-vous du jazz ? 

Chief  Comme j’écoute de la musique toute la journée. je n’en n’écoute pas ou très peu chez moi. Le jazz, la soul, le rock psyché sont mon « charbon ». Je les écoute en pensant à ce que je vais pouvoir en extraire. Parfois quand la matière première est riche, je ne fais que des instrumentaux, sans avoir recours à un rapper. C’est ce qui s’est passé avec Chick Corea. J’ai fait l’album « Tribute to Chick Corea by Chief » en une semaine. Je l’ai mis en téléchargement gratuit sur bandcamp. Certains diront que c’est du vol. Je vois les choses différemment : en ne prenant qu’une ou deux notes et en les associant à autre chose, j’ai simplement recours à un autre processus de création. Je pense que Chick Corea a dû voir ce que j’ai fait car ma sélection est l’une des premières à s’afficher si vous faites une recherche sur google. Mais le résultat est méconnaissable. Ma petite chirurgie a fait son effet.

Combien de beats pensez-vous avoir déjà composés ?

Chief Je travaille en studio toute la journée. Je fais entre un et deux beats par jour et je les stocke.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec des rappers américains ?

Chief KayDee, de Washington a été le premier à me contacter sur mon MySpace. On s’est envoyé des fichiers audio. Finalement il est venu dans mon studio de Malley à Lausanne et on a fait un disque en une semaine. Puis il y en a eu d’autres. Dont Sene avec qui j’ai fait une quarantaine de morceaux. 10  d’entre eux sont parus sur mon label Feelin’Music.

Pourquoi avoir voulu créer votre porte label ?

Chief Dans le milieu hip hop, la plupart des labels ne paient pas les artistes. En créant ma propre structure, cela me permettait de garder le contrôle de la situation. J’ai dû faire une vingtaine de productions en 3 ou 4 ans. Essentiellement avec des Américains. Malheureusement le rap suisse ne permet pas de payer les factures. On bosse avec beaucoup de blogs. On leur envoie un presskit avec un morceau exclusif et on attend que le réseau qu’on a activé nous ramène des internautes et des téléchargements. Notre newsletter est un autre élément essentiel de promotion. La durée de vie d’une production est d’un ou deux mois. On souffre de la concurrence des plates-formes pirates qui proposent nos morceaux gratuitement le lendemain de notre mise en ligne. Mais on s’en sort quand même. On propose aussi des sélections en téléchargement gratuit. A la mort de Jay Dee, j’ai proposé avec deux collectifs lausannois, Food for ya Soul et Do the Right Print, une sélection gratuite de morceaux à sa mémoire. Il y a eu 20’000 téléchargements en un mois. Ce qui veut dire aussi 20’000 adresses mail de personnes potentiellement intéressées par notre musique.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=Gmbz0Fonet8&feature=related]

Le site internet de feelin’music