Figure montante de la scène électronique suisse, FlexFab sort « LOAS », un EP aux basses vibrantes et à l’éclectisme subtil.
Stage
Discret jusqu’en 2015, le neuchâtelois FlexFab s’est imposé comme pièce incontournable du puzzle musical suisse en conquérant la scène. Après avoir fait ses premiers pas publics dans la formation live des Murmures Barbares, le producteur a accroché aficionados et badauds avec des performances pointues et mirifiques. Bien plus qu’une adaptation des tendances actuelles en la matière, son light show (créé par la Supermafia) saisi, prend au corps et porte l’audience dans une danse mystifiante ; le tout en fusion totale avec les dérives sonores de sa création. Du Paléo Festival de Nyon au Montreux Jazz Festival en passant par les Trans Musicales de Rennes, les plus belles scènes lui ont offert leurs planches.
Après son premier mini-album, « Manoir », sorti fin 2014, et son remix remarqué à l’international du « River » d’Ibeyi, FlexFab continue de dévoiler les facettes de son univers et propose en ce début 2016 un nouvel EP, « LOAS », aux saveurs addictives. Ouverture avec « A Bright August Day » en featuring avec Verveine. Réunissez la crème de la scène électro suisse-romande et vous obtiendrez un titre organique, profond et relaxant. Sa continuité croche grâce à cette rythmique et cette basse détonante. La voix de Verveine agit comme un spectre qui donne une dimension percutante au morceau; caractère feutré qui guide les harmonies et expérimentations de FlexFab vers ses plus convaincantes conclusions. La suite de l’EP recèle de surprises tout autant saisissantes.
Epopée spatiale et exubérance électro
Épopée spatiale aux titillements exotiques sur « Break-Fast (feat. Shake It Maschine) ». Escapades trap et hip-hop imposées par « Climax ». Exubérance électro et lettres de noblesse portent « Tricky Martine », titre produit avec Hook, son acolyte des Murmures Barbares. Cris fédérateurs, vocalises orientales et intrusions savanesques portent « Safari » et, alliés au maniement rigoureux du beat, en font l’une des productions les plus intéressantes de l’EP.
L’éparpillement ne fait pas partie du vocabulaire du neuchâtelois. En guise de fil rouge, il offre des atouts à la fois puissants et discrets: crescendo qui emporte avec délicatesse, mains précises qui tissent textures et volupté, beat percutant et envoûtant. Avec « LOAS » et ses productions à la croisée des microcosmes musicaux, FlexFab affûte ses armes et ne manquera pas de continuer son ascension musicale.
Après avoir été l’une des révélations des Transmusicales en 2014, Verveine s’est imposée au Printemps de Bourges cette année et vient d’annoncer sa participation à la Mecque du rock européen, Eurosonic au mois de janvier prochain. En attendant Verveine donne encore quelques concerts en France et en Suisse d’ici à la fin de l’année. Ne la manquez pas!
Un objet qui en tape un autre. Une cadence qui s’établit. Vingt secondes où ce rythme se répète et attire subtilement l’auditeur dans l’atmosphère si particulière de cet album sobrement nommé « Antony ». Petit à petit, d’autres éléments rejoignent la bulle. On se retrouve projeté dans un univers aux contours électro, au tempo envoûtant. Le verbe s’envole dans un nuage lyrique, porté par une vague organique et cosmique.
Derrière cette création aussi étonnante que savoureuse se cache Verveine, un talent nourrit au bouillonnement artistique de la petite ville de Vevey, au bord du lac Léman. Après une formation au chant et au piano, Joëlle Nicolas, de son vrai nom, se tourne vers l’électro. Réelle autodidacte, elle se familiarise avec les boîtes à rythmes pour en faire ses instruments de prédilection et développe sa patte musicale sur scène. « La musique me suit depuis que je suis gamine. C’est quelque chose de très intuitif et ça a été très naturel pour moi d’aller explorer des choses musicales et sonores. Je n’ai pas cherché à créer dans un style musical précis. Je fais ce qui me plaît et le résultat est ce qu’il est ».
Un effet domino
En septembre 2013, la sortie de son premier album, « Peaks », marque l’aboutissement de cette évolution et une étape importante dans la carrière de Verveine, en Suisse, mais aussi en France. « Il y a eu un effet domino positif : la sortie de « Peaks », ma participation à l’Opération Iceberg et mon concert au Paléo Festival qui m’a permis de rencontrer ma bookeuse française ». Album de qualité et bon timing lui ont ainsi permis d’attirer l’ouïe des programmateurs des Transmusicales de Rennes qui l’invitent pour leur édition de 2014. Ce concert lui ouvre d’autres portes.
«Les Transmusicales ont été un événement majeur. Libération a ensuite publié un très bel article. J’en ai été la première surprise. A partir de là, les autres médias se sont intéressés au projet. Je suis très heureuse de ces retombées médiatiques mais je me protège également. L’essentiel n’est pas d’apparaître dans la presse mais de faire un bon son ». Libération et Les Inrocks offrent une pléiade de critiques les plus flatteuses les unes que les autres. Loin d’un effet de mode éphémère, Verveine parcours les planches suisses et françaises à la rencontre de son public. En 2015, un mois à peine après la sortie de son deuxième album,« Anthony », son passage au Printemps de Bourges confirme son succès grandissant et attire la plume du journal Le Monde.
“Je sors mon projet et le laisse vivre là où il peut évoluer”
Verveine se réjouit de ce succès naissant tout en avançant au rythme de ses harmonies : « Ce projet est potentiellement extensible à n’importe quel territoire. Cela peut être la Suisse romande, l’Europe ou le monde…Voir qu’en une année et demi il y a eu la France et la Suisse, c’est génial. Mais ce n’est pas un but, mais cela ne peut que me donner confiance. Je sors mon projet et le laisse vivre là où il peut évoluer ».
Fin 2015, c’est au coeur du MaMA à Paris – haut lieu de rencontre des professionnels de l’industrie musicale – que la Veveysanne a posé ses machines. Signe de reconnaissance de la profession, cette participation à ce festival visant, entre autres, à faire connaître les talents en phase ascendante, lui a permis d’asseoir un peu plus sa place de « révélation à surveiller » dans le paysage musical suisse et français. Sa sélection à Eurosonic au Danemark le 14 janvier prochain la positionne désormais sur l’échiquier européen. Une évolution plaisante mais qui devra patienter; Verveine met la scène de côté en 2016 pour se consacrer à la création de son prochain album.
Avec un univers musical qui se détache des codes actuels et qui chatouille le subconscient d’une caresse d’écume cosmique, la patte Verveine s’inscrit dans cette nouvelle génération de musiciens qui n’ont pas peur de repousser les limites harmoniques toujours plus loin, le tout avec une attitude emprunte d’humilité.
Et hop, une petite playlist spotify qui met en avant quelques-unes des sorties les plus excitantes de l’automne. Rock, pop, jazz, rap, electro et même un remix en clôture: laissez-vous surprendre par cette sélection helvétique inédite.
En cette première semaine du mois de juin, le Centre culturel suisse se présente sous ses plus beaux atours. En plein cœur du Marais, la devanture de la libraire fait de l’œil au passant en exposant ses sacs Freitag bien en évidence. Passé les lourdes portes en bois les cours intérieures fleuries transportent en un instant le passant de l’ébullition de la rue des Franc-Bourgeois au calme d’un bâtiment historique. Intra muros, place à la création contemporaine avec Marc-Antoine Fehr et l’installation sonore et visuelle de Dominique Koch.
Les deux directeurs du Centre culturel suisse, Olivier Kaeser et Jean-Paul Felley et leur équipe, travaillent d’arrache-pied pour faire « connaître en France une création contemporaine helvétique ouverte sur le monde et y favoriser le rayonnement des artistes suisses ».
Ça tombe bien, au rayon musique, c’est exactement la même ambition qui anime le blog swissvibes.org. Les grands esprits se sont donc rencontrés au Ccs du 3 au 6 juin 2015 pour présenter trois soirées de concerts aux couleurs musicales différentes. Grâce au soutien de Pro Helvetia (la Fondation pour la culture suisse) et de Swiss Music Export, l’entreprise dut une réussite tant au niveau de la qualité artistique, des échanges que de l’affluence. L’union fait la force!
Mardi 3 juin Swiss Vibes goes rock
Pour cette soirée étiquetée rock, la Zurichoise Evelinn Trouble et les Biennois de Puts Marie ont joué des reprises surprenantes.
Evelinn Trouble se sent un peu à l’étroit dans l’auditorium du Ccs et elle le fait bien savoir : en milieu de set, elle attaque le répertoire de Tina Turner plus qu’elle ne la reprend. Pour mieux convaincre des vertus de son « What’s Love Got to Do with it » revu et corrigé version 2015, Evelinn Trouble grimpe les escaliers entre les chaises des spectateurs et se lance dans un ping pong vocal mi-hurlé mi chanté avec les trois autres membres de son groupe. Et si le prochain album « Arrrowhead » de l’excentrique diva zurichoise est censé se décliner en version trip hop, cela ne l’empêche pas de rester une rockeuse et une funky woman infernale qui balance du lourd et séduit par la puissance de sa voix et par son caractère bouillonnant.
Puts Marie choisit quant à lui d’évoquer Sun Ra, le roi du free jazz psychédélique. Sun Ra, le cosmos, la folie : un univers qui parle bien au chanteur Max Usata et à ses acolytes biennois, tous bien barrés et en même temps tellement soudés. Evidemment c’est le chanteur qui attire d’abord l’attention, avec sa gestuelle saccadée, sa voix schizophrène (très haute puis presque cassée), ses deux micros qu’il ne cesse de manipuler, dévisser ou jeter. Mais le groupe disposé en arc de cercle autour de lui n’est pas en reste. Incroyablement soudé rythmiquement – alors que le batteur et le bassiste sont deux nouveau venus -, il expérimente aussi les digressions sonores et les expérimentations en tous genres. On colle volontiers à Puts Marie l’étiquette de blues psychédélique, mais au vu de l’univers développé dans leur prestation d’à peine une heure, cette étiquette semble bien réductrice.
Mercredi 4 juin Swiss Vibes goes électro
Même décor, autre ambiance le lendemain avec les expérimentations électro de Larytta et Egopusher.
Le duo lausannois constitué du designer graphique Guy Meldem et du performer sonore Christian Pahud nous avouait dans l’après-midi fonctionner comme un « vieux couple infernal ». Depuis la parution de son nouvel album « Jura » l’an dernier, il a décidé de faire peau neuve: de deux, les voilà passés à quatre, ajoutant des vrais instruments à leurs machines, ordinateurs et pédales.
Résultat : un show ultra-enjoué qui multiplie les clins d’œil musicaux; ici des guitares africaines, là un chant en portugais. Funky ou techno, les musiciens sautillent comme des balles de ping-pong et ne cessent de changer de place, d’instruments. C’est ludique, dynamique, même si parfois ce chant à quatre voix sur des micros sans cesse différents pose des petits soucis de calage. Une phase de transition pour cette formation qui a plus d’un tour dans son sac et qui sidère par son énergie communicative.
Nous vous avons déjà abondamment parlé de Egopusher dans ce blog. Ce duo constitué du violoniste Tobias Preisig et du batteur Alessandro Giannelli a décidé de lâcher les amarres et de se lancer dans un work in progress permanent. Peaufinant leur morceau sur scène, ils les mettent ensuite à disposition des internautes via soundcloud puis les retravaille, et ainsi de suite. Une prestation qui s’inscrit donc aux confluents de l’expérimentation sonore, des rythmes déconstruits ou répétitifs et des musiques improvisées. Une musique qui semble chercher à revenir vers une pulsion primale, essentielle.
Entendus dans un set flirtant avec la techno au Cully Jazz, puis plus sages dans l’émission de Manoukian sur France Inter le 29 mai, ils se présentent dans une version plus théâtrale et plus subtile au Ccs. Ce dialogue inédit entre la batterie et le violon est aussi visuel. Tobias Preisig travaille son instrument au corps pendant que les baguettes d’Alessandro voltigent sur les fûts. Le principe de l’exercice fait que l’on n’évite pas quelques moments de flottement, mais ce même principe invite aussi à la curiosité, à une attention extrême de la part de l’auditeur qui ne s’y trompe pas. « Vraiment nouveau », « Franchement étonnant »,« excitant » sont les commentaires qu’on entend fuser dans l’assistance à la fin de leur set. Quant à Preisig, il définit sa musique comme du « Brahms sous psychotrope ».
Jeudi 5 juin Swiss Vibes goes jazz
En Suisse, jazz rime souvent avec diversité stylistique. Le double concert d’Orioxy et de PommelHORSE en fut la preuve.
Orioxy séduit en finesse avec une approche très féminine (que la rythmique masculine veuille bien m’excuser pour ce commentaire). Yael Miller, Israélienne de Suisse, impose sa marque au chant. En hébreu en anglais, entre rap, scat et chuchotements, sa voix tisse un univers d’émotions à fleur de peau, d’impressions parfois enfantines, parfois matures et engagées. Auquel répondent les mouvements du corps habité de Julie Campiche et sa gestuelle précise qui, d’une main tire un foulard entre les cordes de son instrument, de l’autre bidouille ses effets électroniques quand elle ne se sert pas d’une baguette de feutre. Le travail sur le son est subtil, pénétrant. Dans cet univers le cor de Baptiste Germser, l’invité français de la soirée, s’intègre naturellement, comme si il allait de soi. « Dans nos chansons on cherche aussi à exprimer les non-dits» nous expliquait Yael Miller sur ce blog il y a deux ans. Pari tenu au Ccs.
Quant à PommelHORSE, leur fonds de commerce est l’expression en musique de sentiments peu ordinaires : le stress d’un homme devant passer un scanner, les rythmiques techno qui continuent de résonner dans la tête d’un fêtard qui n’arrive pas à s’endormir à l’aube, les frémissements d’un cerf pourchassé. Pour expliquer ce monde de sensations primaires avec beaucoup d’humour, le clarinettiste Lukas Roos joue de son accent suisse-allemand avec décontraction. Lui vient plutôt du classique, le batteur à la rythmique métronomique du heavy metal, le clavier qui est aussi celui d’Evelinn Trouble aime le rock, l’électronique et à peu près toutes les musiques que vous lui nommez…. Vous l’aurez compris chez PommelHORSE, le jazz est un état d’esprit placé sous le signe de l’innovation, de la sensation, de l’énergie, de l’humour. Personnes sérieuses s’abstenir.
Hors de leurs murs, originaires de différentes régions de la Suisse et sans qu’ils ne se connaissent les uns les autres, ces sessions musicales de trois soirs ont permis de faire passer un courant entre ces différents groupes, d’affirmer haut et fort que la scène suisse se porte de mieux en mieux. « J’ai découvert des musiciens extraordinaires et des projets vraiment originaux. C’est excitant et ça donne envie d’en connaître plus ! » s’exclame le pianiste français Alexis Anerilles (qui office entre autres aux côtés de Sophie Hunger), spectateur assidu de ces trois soirées de concerts. Merci à Evelinn Trouble, Puts Marie, Larytta, Egopusher, Orioxy et PommelHORSE pour ces moments enthousiasmants et fédérateurs.
« Vous êtes là pour Blixa ? » se demande-t-on poliment au sein d’une foule compacte d’où émerge, en connaisseur, la tête du géant (au sens propre) de l’électro analogique parisienne, Arnaud Rebotini. Blixa Bargeld, donc, fait l’attraction de ce premier concert de rentrée au centre culturel suisse. Le fondateur d’Einstürzende Neubauten vient prêter sa voix caverneuse au nouveau projet de KIKu, le duo d’indus jazz romand. Mais, comme pour rester fidèle au titre de leur album, « Marcher sur la tête », Yannick Barman, à la trompette et Cyril Regamey, à la batterie, s’amusent d’emblée à brouiller les pistes. En introduisant le slammeur lausanno-new-yorkais Black Cracker et leur guitariste David Doyon, ils démarrent par une impressionnante session de hip hop noise, tandis que sur l’écran sont projetés les dandinements d’une caméra entre deux murs léprosés. Regamey, métronomique sur sa batterie électronique et Barman, toujours entre miaulements de trompettes et mélodies fugaces orchestrent l’ensemble avec toute leur science du micro silence et du groove impossible.
Quelques morceaux plus tard, après cet échauffement emballant, frémissements : « Blixa », impassible dans son costume trois pièces impeccables, débarque en fauteuil. A peine le temps d’un « Bonjour ! » tonitruant, et déjà les meilleurs morceaux de « Marcher sur la tête » s’enchaînent. Avec « Nuages », longue composition labyrinthique, KIKu tempête sur drone; sur « Belehrung », poème de Herman Hesse contée d’une voix profonde, la trompette chuinte du free jazz; sur le classique new wave des Korgis, « Everybody’s got to learn sometime », d’incongrus apartés pop font leur apparition. Parfois, Blixa lâchera un cri ou soulèvera un sourcil rageur, Régamey laissera l’impression d’être le Tony Martin du free-drone; Barman, la trompette dans la bouche, fricotera avec ses machines (la sainte trinité sampler-ipad-laptop). Mais toujours, sauf peut-être pour le final, qui, à défaut de marcher sur la tête, piétinera les tympans, toujours KIKu, Blixa et Black Cracker réussiront à rester imprévisibles.
Die neugierigste und furchtloseste Musik wird nicht in den Zentren dieser Welt geschaffen, sondern stammt aus den Provinzen. Das ist auch in der Schweiz nicht anders. Ein Beispiel ist Cédric Streuli aus Leysin, der unters einem Alias Buvette im Sommer sein bereits drittes Album «The Never Ending Celebration» veröffentlicht hat. Erschienen auf dem französischen Label Pan European Recordings, geht Buvette den Weg, der vom grellen, enorm lustigen und unterhaltsamen Pop seiner Anfangstage wegführt, weiter. Ein Weg, den er bereits auf seiner zweiten, in sich gekehrteren Platte «Palapa Lupita» eingeschlagen hatte – wie auch auf «Airplane Friendship», das dieses Jahr mit dem «Best Swiss Video»-Award ausgezeichnet wurde.
Neu ist aber die Orientierung hin zum Song: Beispielhaft dafür steht die Single «The Never Ending Party», auf der Buvette die elektronischen Kicks und Sounds behutsam zu einem Song zusammenbaut. Ein Song, der nicht auf den schnellen Effekt zielt, sondern dank dem hell-fröhlichen Refrain lange nachhallt:
«The Never Ending Celebration» ist auch ein Album, in das man sich reintanzen kann – wie bei «The Sun Disappeared» und bei «Living in a Painting», dem späten Höhepunkt der Platte –, ehe Buvette die Gitarre auspackt und das Album mit dem spanisch gesungenen «El Nuevo Paraiso» endet. So bleibt Buvette – auch dank seinem eigenen Label Rowboat Records – einer der eigenständigsten Popforscher der Schweiz, der immer noch viel zu unbekannt ist.
Dans les travées encore clairsemées du Nouveau Casino, ça murmure. Ignorant une première partie désespérante (Edward Barrow, grand échalas androgyne pleurant ses chansons d’amour à la harpe dans une indifférence polie), le public s’inquiète.
A Paris, le « président Kadebostan » ne débarquait pas encore en pays conquis
Son look de général d’opérette aurait d’ailleurs pu très vite le voir affublé de quelques railleries jadis réservées au Général Tapioca. « J’ai quand même des réserves sur cet album » glisse un beau gosse à l’oreille de sa compagne de concert – « je ne suis pas sûr d’accrocher à leur virage électro hip hop » renchérit un autre, qui avait découvert le groupe quand il s’appelait encore, The National Fanfare of Kadebostany. Et pourtant. Et pourtant, il n’a pas mis longtemps pour se mettre les danseurs au rythme de ses galons brillants.
Un dispositif scénique légèrement mégalo
Au centre de la scène, il annonce la couleur dès les premières secondes, devant une audience immédiatement densifiée : bombardement de batterie électronique martiale alourdie de tonnes de réverb, un trombone et un saxo sur le côté gauche en support d’artillerie, la voix diaphane de sa « ministre Amina » pour adoucir les mœurs, sur sa droite. Dispositif scénique légèrement mégalo, surtout que le « président » se retrouve sous les deux « drapeaux écrans » faisant défiler les couleurs du Kadebostany, mais relativement efficace pour faire bondir la foule tout au long des morceaux de « Pop Collection » : electro pop emphatique sous influences légèrement balkaniques.
Le passage à la scène de ce disque inégal permet d’en gommer certains clichés de production
Kadebostany revient ainsi à l’essence de sa musique, profondément dansante, déclinée sous forme dub,hip hop ou presque jungle et laisse de côté ses inclinations kitscho-dégoulinantes. On regrette quand même la disparition des sources plus traditionnelles de son premier album, “Songs from Kadebostany”, en s’obligeant même à rejouer une deuxième fois ses deux « tubes », « Walking with a Ghost » et « Jolan ».
Kadebostany s’est produit le 12 novembre 2013 à Paris, au Nouveau Casino Prochains concerts : à Lyon le 22 novembre, à Strasbourg le 28 novembre Dernier album paru: “Pop Collection” (Mental Groove)
Second single solo après «I’ll teach you to hunt», Barbara Lehnoff alias Camilla Sparksss enfonce le clou avec «Precious People». Elle creuse son sillon si particulier dans un style électronique quasi-mécanique aux sonorités 80’s assez éloigné de ce que l’on connaissait d’elle au travers du groupe rock Peter Kernel. A l’image de son clip percutant, «Precious People» est une claque sonore inquiétante et hypnotique qui sort des sentiers battus avec ses basses énormes et des arpèges électroniques technoïdes aux frontières de la Cold Wave. Un titre masterisé par Simon Davey (Chemical Brothers, Depeche Mode, Mirwais…) qui n’est sans doute pas pour rien dans cette électro puissante et implacable baignant dans une sensualité toujours sous-jacente.
A l’image des intrigants trois «s» de «Sparksss», la troublante Barbara Lehnoff est définitivement une artiste déstabilisante et hors-norme qui bouleverse les lieux communs. Entre provocation et douceur sauvage, la suisse-canadienne se fraye son chemin au travers de la musique électronique underground… une piste à suivre et à ne lâcher sous aucun prétexte.
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Welcome to the OY experience – another intoxicatingly, left-of-centre, musical adventure dispelling all myths that life is unexotic in Switzerland.
This highly creative duo is made up of Joy Frempong: Swiss/Ghanaian vocalist, composer, story teller, sound sampler – and Lleluja-Ha: drummer, writer, producer. Their on stage appearance already communicates that you’re in for an outlandish and unique evening. Joy is like an elegant gazelle, all height and hair, dressed in colourful childlike patterns exuding both innocence and depth; Lleluja-Ha, possibly a lost member of Sun Ra’s arkestra, is shrouded within engulfing high priest regalia and remains the enigmatic driving force behind the entire show.
Here, on the 30th of March 2013, to promote their newly-released 2nd album – Kokokyinaka – on Creaked Records, their sound is a refreshing, improvised breeze of African-influenced electronica based on a road trip that absorbed sounds and experiences from Ghana, Mali, Burkina Faso and South Africa. Tales, proverbs and folklore were gathered along the way to be retold in an experimental, kaleidoscopic style, at times dark and mercurial, other times as joyful as walking through an African market place.
Graced with ambidextrous talents, Joy is busy at the controls of her many synths and sound machines, often sampling her voice and playing it back as haunting accompaniment or backing vocals. An impressive wall of sound is often created between herself and partner as in ‘Chicken Beer’, where dark voice effects and heavy synth rhythms clash with swirling drum beats as menacing as a locust storm. Contrast this with a playful singing voice that combines rare soothing sweetness and reassuring confidence, (I imagined Joy singing me the last rites and how delightful it would sound). Songs about bizarre name choices ‘My name is happy’ and the sexual politics of hair ‘Halleluja Hair’ are pure poetry in motion full of observational delight and personal fire. Her seductive speaking voice entertains us with tales of how you should “never run to a funeral if you’re late” or how Ghanaians believe that “every mistake is a new style”.
If she fancied reading out the local Chinese take-away menu I think most of the audience would have happily listened. There was a lot of love in the room for this band. OY exude compassionate observation of humanity and wrap it up in multi-textured, exhuberant electronic soundscapes. The slightly drunken man standing next to me kept muttering “I’m in love with the singer, she makes me feel love, she makes me feel things I’ve never felt before”. He wasn’t wrong.
[vimeo http://vimeo.com/62645660]
Joy Frempong – vocals, sampler, synths, sound machines. Leluja-Ha – drums, production Oy, Kokokyinaka (Creaked Record)
En dix ans, le festival Electron s’est imposé comme une référence en matière de musique électronique. Avec ses expos, ses conférences, ses projections, ses spectacles de danse, il s’impose pendant trois jours et dans dix lieux genevois comme le QG des musiques électroniques actuelles. Toutes les tendances sont représentées, des pionniers aux derniers arrivés. Et les Suisses ne sont pas en reste dans ce grand panorama. Comme le manifeste d’emblée le spectacle d’ouverture : une création entre le chorégraphe Guilherme Botelho (de la compagnie Alias) et Murcof, artiste mexicain qui s’était déjà compromis avec notre trompettiste national Erik Truffaz il y a quelques années.
Jeudi, il ne faudra pas rater la prestation de Mimetic, projet solo du batteur et compositeur prolifique Jérôme Soudan (également l’un des deux programmateurs de la manifestation) qui a entre autres officié au sein de Von Magnet. De formation classique, rompu à l’exercice de la bande son, Jerôme Soudan est passé maître dans l’art de créer une musique électro aux résonances et aux pulsations essentielles.
Les Chevaliers de la Table ronde version house et électro ne sont autre que les Bernois de Round Table Knights auteur des singles « Deadfish » et « Cut To the Top » (en collaboration avec le Reverend Beat-Man). Leur premier album les a déjà consacrés comme un groupe avec lequel il fallait désormais compter sur la scène internationale.
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Quant à Oy, elle viendra présenter sur la scène genevoise son second opus nourri de ses séjours en Afrique. Nous y reviendrons.
Evidemment, une bonne partie de la scène électro-techno-indu genevoise est dignement représentée. Parmi celle-ci Dachshund. Après s’être illustré en faisant de la drum’n’bass, ce DJ et producteur, amoureux du bon vieux dub jamaïcain, s’est reconverti à la techno.
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Un des ses compagnons de fortune, le Dj et producteur Quenum, co-fondateur avec Luciano du label Cadenza Records, présente en avant-première à Electron son premier album sur la scène du Zoo.
Pour clore le festival, place à l’inénarrable et provocateur artiste de rap vaudois, Rocco Roccobelly qui aime à se présenter comme « le plus grand artiste de rap doté du plus petit appareil génital. »
En un mot comme en cent: dirigez vos pas dès ce soir du côté de Genève; vous ne serez pas décus!