Le journal de Leo Tardin au Japon (dernier chapitre)

LeoTardin_Japon_last1Dernier jour à Tokyo avant un vol de 12 heures pour Zürich… Il pleut et la ville humide ressemble à un décor de Blade Runner sous ce ciel sombre et chargé, ce qui n’est pas sans charme d’ailleurs…
Le plan du métro a des allures de tableau de contrôle d’une centrale nucléaireLeoTardin_Japon_last2
Après une journée de visite dans le quartier de Shibuya je décide de rentrer à mon hôtel en métro aérien et constate que le plan du métro a des allures de tableau de contrôle d’une centrale nucléaire. Mais encore une fois grâce à la gentillesse et politesses des habitants je prends le chemin de mon hôtel sans trop de problèmes.
Quelques dernières impressions resteront, outre l’extrême courtoisie de habitants et la sophistication des WC (apparemment atomiques eux aussi, ou en tout cas très largement fournis en diverses options et boutons-poussoirs électroniques):
Les voitures ne font quasiment aucun bruit en roulant dans les rues (au trafic pourtant parfois intense), grâce à un revêtement spécial sur les routes.
Les Japonais sont FOUS de jazz
Dans les petites boutiques pas particulièrement spécilisées, c’est du jazz qui passe en boucle, même si les Japonais ne savent pas forcément que c’en est. Un des publics les plus respectueux, appréciatifs et enthousiastes que j’aie rencontré. Ce fut un très grand honneur  pour moi de jouer au Japon. Idem pour les journalistes qui m’ont posé des questions particulièrement pointues et bien informées.
Enfin,  inutile d’espérer avoir un “I don’t know” clair quand un interlocuteur n’est pas en mesure de répondre à une question posée e en anglais. Les Japonais préfèrent répéter très poliment ce que je viens de demander, jusqu’à l’absurde,… Ce qui n’est pas sans compliquer les choses par exemple lorsqu’on oublie des affaires dans ledit métro aérien et qu’on appelle les objets trouvés à la police de Shibuya…
Affaire (presque) classée!
Léo

Le Journal de Leo Tardin au Japon (chapitre 4)

Aujourd’hui c’est dans un club plus traditionnel que j’attaque un concert en piano solo, toujours à Tokyo.
A mon grand étonnement un groupe monte sur scène après mon set, brandissant de grandes images de chiens et chats.
LeoTardin_Japan_Day4Il s’agit d’un groupe de militants pour les droits des animaux, qui chantent un morceau pour diffuser leur message, avant de céder leur place au band prévu dans le programme. La marraine / instigatrice de cette fondation se révèle être la CEO d’une grande entreprise japonaise de sodas et bières au citron, présente ce soir-là dans le club pour soutenir les troupes, et proche du patron de l’établissement. Nous sympathisons après mon set et échangeons nos contacts. Elle semble beaucoup apprécier l’album Dawnscape
Qui sait, peut-être bientôt une track de Dawnscape pour le prochain spot commercial de cette fameuse bière au citron? (testée et approuvée!)
Affaire à suivre…
Léo

Le journal de Leo Tardin au Japon (chapitre 3)

LeoTardin_Japan_Day2_1Equipe technique au taquet, magnifique piano Rhodes, public au rendez-vous et très démonstratif: notre premier concert Grand Pianoramax au Japon, dans le cadre du Tokyo Jazz Festival fut un beau succès! Egalement belles ventes de CDs au stand Tower Records Japon, avec un petit pincement au cœur en souvenir de ce disquaire maintenant  défunt aux USA, qui avait marqué mes années d’étudiant à New York lorsque je passais des heures à creuser dans leurs bacs.
Un piano imparfait, qui me pousse à jouer plus sauvagement…
©Maiko Hanawa
©Maiko Hanawa

Le lendemain c’est en piano solo que je me produit pour présenter mon projet Dawnscape au Japon, au très branché club SuperDeluxe. L’excellent Dimlite se produit en deuxième partie de soirée. Ambiance intimiste, public également au rendez-vous et attentif, piano “charmant” et imparfait, qui me pousse à jouer beaucoup plus sauvagement que d’habitude. Video coming soon, stay tuned!

Demain sera un jour (presque) off à Tokyo.
Affaire à suivre…
Léo

Le journal de Leo Tardin au Japon (chapitre 1)

Reçu dans la boîte mail de Swiss Vibes ce matin cette courte missive de Léo Tardin. Il nous en promet d’autres tout au long de son périple japonais. Affaire à suivre!

Bonjour Swissvibes,

Concert _Aubes_MusicalesAprès un concert magique au lever du soleil aux Bains des Pâquis en duo avec la chanteuse lisboète Paula Oliveira il y a quelques jours (photo ci-dessous), je m’apprête à m’envoler pour le Japon pour quelques concerts:

Piano solo (projet Dawnscape) au All Of Me ce dimanche 6 sept, au SuperDeluxe ce dimanche 7 sept. et au Jazz Spot lundi 8 sept:

Cap ensuite sur Istanbul pour deux concerts avec le percussionniste Burhan Öçal les 20 et 21 septembre (Grand Pianoramax + duo avec Burhan).
 
De retour en Suisse, place enfin à une brève tournée piano solo pour soutenir l’album Dawnscape récemment sorti (co-prod. Montreux Jazz Artists Foundation, distrib: Irascible) dont voici les dates:
 
24 septembre: Eisenwerk, Frauenfeld 
6 octobre: Meet Art: rencontre / discussion CEC Emilie Gourd, Genève 
11 octobre (après-midi): masterclass EJMA, Lausanne (festival Jazz Contreband)
11 octobre (soir): Ferme Asile, Sion (festival Jazz Contreband)
14 octobre: Rolex Learning Center, EPFL, Lausanne
25 octobre: Sud des Alpes, Genève (festival Jazz Contreband)
 
Excellente rentrée à toutes et tous!
Léo

Bit-Tuner: «The Japan Syndrome»

bit-tuner_by_martinrichi_3.jpg__630x400_q80_crop_upscaleMarcel Gschwend ist Bit-Tuner. Seit 1997 produziert der St. Galler, der mittlerweile in Zürich lebt, basslastigen Electro, spannt mit Rappern wie Dani Göldin zusammen, vertont live Stummfilme und spielt Bassgitarre bei Stahlberger, der Band, die mit ihrem dritten Album «Die Gschicht isch besser» auch die Schweizer Hitparaden erobert hat.

Solo veröffentlichte der 36-Jährige zuletzt «The Japan Syndrome», das nun auch auf Vinyl erschienen ist. Es ist nach «The China Syndrome» bereits die zweite Platte, die während seiner Live-Residency im Zürcher Club Helsinki entstanden ist.

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Vz5eC3dKZ2U&w=640&h=360]

Auf «The Japan Syndrome» bringt Bit-Tuner seine Sounds aus seinem stetig anwachsenden elektronischen Gerätepark mit Alltagsgeräuschen zusammen, die er auf seiner Japanreise im Frühling 2013 gesammelt hat. Grossstadtlärm und Vogelgezwitscher treffen auf mächtige Bässe, auf Beats, die sich langsam entwickeln und auf zirpende Höhen.

So entwickelt sich eine eigentümliche Dub-Atmosphäre, die zwischen tiefen Strassenschluchten und Stadtpark und zwischen Club und Schlafzimmer anzusiedeln ist. Bit-Tuner ist auf «The Japan Syndrome» einmal mehr ein überaus einfallsreicher Soundarchitekt, der auch dank seinem Band-Hintergrund weit über die Electro-Landschaft hinausweist.

Bit-Tuner: «The Japan Syndrome» (Hula Honeys)

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=VExkiTt_dtg&w=640&h=360]

 

Bit-Turner Konzerte: 21 May, Rote Fabrik (Zurich), 23 May TabTap (Shaffausen), 24 May, Palace (St.Gallen) und mehr…

Trois questions à Tobias Preisig

Tobias Preisig band @Corinne Kramer
Tobias Preisig band @Corinne Kramer

En 2012, le CD “In transit” de Tobias Preisig figure parmi les meilleures ventes de disques jazz au Japon. Le violoniste suisse est sur le point de repartir avec son band pour une tournée de six concerts sur l’île nippone. Interview exprès.

Alors que ta carrière décolle à l’étranger, pourquoi être resté à Zürich et ne pas avoir déménagé, à Berlin ou Paris  ?
Tobias Preisig  Etonnamment, c’est plus pratique pour moi de rester par ici. Mon groupe est éparpillé un peu partout en Suisse, entre Bâle, Bern et Lausanne, et je peux les retrouver en un clin d’oeil. Pareil pour voyager à l’étranger : Zürich a une position tellement centrale en Europe que l’on peut se rendre partout sans problème. Enfin, c’est bête à dire, j’ai la chance d’avoir mon bureau et mon espace de répétition dans un club d’ici, l’Exil, et cela me permet de me concentrer sur mon travail. En plus, je peux profiter des conseils d’un ancien d’ici, Nik Bärtsch, et évoluer dans un environnement où les musiciens prennent des risques, et c’est la seule chose que je recherche.

Comme le pianiste Stefan Rusconi, par exemple, avec qui tu partages une approche originale de vos instruments respectifs?
Tobias Preisig Et oui, non seulement je m’essaie au jazz au violon, ce qui est très rare (à part Stéphane Grappelli, j’aurais du mal à citer d’autres violonistes de jazz!), mais en plus j’essaie d’exploiter mon instrument au-delà des canons du genre, sinon je m’ennuie. Il y a tellement de gens qui savent jouer du violon parfaitement, cela ne sert à rien de d’être un nouveau disciple appliqué. A vrai dire, j’ai eu de la chance de pouvoir rencontrer un professeur au conservatoire et à l’école de jazz suffisamment ouvert pour me dire :  « ce n’est pas grave si tu joues la tête en bas, du moment que tu joues bien… » Ca m’est resté… et effectivement ca me fait un grand point commun avec Stefan Rusconi. Lui, c’est comme c’est comme un frère pour moi, nous formons une petite communauté à nous deux. On a énormément joué ensemble pour d’autres musiciens et maintenant, nous avons un drôle de duo, à l’orgue et au violon, qui nous ouvre un espace pour explorer de nouveaux sons.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=N3JW83f-0hQ]

Justement, comment peut se dérouler le processus créatif qui amène à dénicher ces nouveaux sons ?
Tobias Preisig Comme pour tout le monde : avec beaucoup de travail, et un peu de chance. Prenons l’exemple de « Transforming », l’un des morceaux les plus connus de « In Transit ». Au départ, j’ai eu huit mesures en tête, dans la rue, et je me suis empressé de les noter sur le carnet où je note toutes mes idées. Plus tard, en répétant, je me replonge dans mon carnet et je me rend compte que ces mesures pourraient bien s’accorder avec d’autres, que j’avais notées plusieurs pages plus tôt. En les réarrangeant, j’avais la base de mon morceau… mais ce n’est pas tout ! Un peu plus tard, je me suis mis en tête d’apprendre à jouer du theremin, alors je me rend sur youtube pour trouver un tutoriel… et je tombe sur la vidéo d’un type qui joue le thème principal de « Transforming »  – sans le savoir, j’avais repris un morceau de Gabriel Fauré ! C’était moins une : la pochette de l’album partait le lendemain à l’impression, j’ai appelé le label en catastrophe pour qu’ils  « créditent » Fauré sur le livret …

il paraît que « In Transit » est rentré dans les tops albums au Japon…
Tobias Preisig Oui, c’est incroyable, n’est-ce-pas ? Il y a deux ans, le bureau export nous a permis de faire une petite tournée à Tokyo et Kyoto; une excellente expérience. Non seulement les ingénieurs du son ont été formidables, mais notre mélange de rock, de jazz et de musique expérimentale a paru complètement avant-gardiste aux oreilles du public japonais… et ils en redemandaient ! En exagérant à peine, les filles étaient en pleurs à la fin des concerts. Du coup, nous avons prévu d’y retourner cet automne pour flatter nos nouveaux fans hystériques (il rit ).

En concert au Japon: Shikori Fukuoka, sa 12 octobre 2013. Hiroshima, Speak Low, di 13. Osaka, Mister Kelly’s, lu 14. Kyoto, Live Spot Rag, me 16. Tokyo, Spiral Lay, je 17. Kyoto, Left Alone, ve 18.