Song for New Year: PommelHorse

PommelHorse n’en fait qu’à sa tête et  “The Painfull Process of Falling asleep” se profile comme le complément indispensable de vos sorties de fin d’année. Jugez plutôt!

Pommelhorse 3« Notre musique est instrumentale, mais chaque morceau raconte une histoire, et nous jouons l’atmosphère, l’ambiance de l’histoire. Là, comme le titre l’indique, c’est l’histoire d’un personne qui rentre à 5 heures du matin, qui veut s’endormir et qui n’y arrive pas. On a utilisé un rythme drum’n’bass parce qu’on imagine la personne sortir d’un club avec cette musique de danse dans sa tête. Le personnage est en complet décalage entre ce qu’il a dans sa tête et ce qu’il souhaite faire : dormir. » Lukas Roos, clarinettiste de PommelHORSE, Berne

Ecoutez The painful The Painful Process Of Falling Asleep at 5:30 am sur soundcloud ou téléchargez-le gratuitement sur le bandcamp de Swiss Vibes:

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Rom Schaerer Eberle: At The Age of Six I Wanted To Be A Cook

artworks-000056794141-a88nt2-t500x500“At the Age of Six I wanted To be A Cook” by Rom Schaerer Eberle takes you gently by the hand into the landscape of childhood. There are lullabies oozing with ‘mother-love’, sounds of jumpy kids at play and simple, stare-into-space tracks. The achingly sweet vocal ‘stories’ of Royal Family are sung by Schaerer; his warm, steady tone flowing with imagined words whilst Eberle plays the horn with a simplicity that is both melancholic and uplifting. Rom caresses his guitar to sound different on every track whilst always creating spacious, considered and sensitive notes. At times you can almost see the coils of his A string as every scrape and pluck resonate.

Cooking the Books is a stand-out track with its robotic opening giving way to the most exquisite refrain of vibing guitar and melodic trumpet, echoed by Schaerer’s vocal-trumpet notes. Syncopated dabs of sparse rock-guitar and buzzing mouth harp serve to heighten the beauty of the theme; the guitar bending and entwining you with its longing. It holds you.

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This is a well-blended trio, each echoing the others’ voices, never trying to dominate, but I missed the fizzing energy that comes with an extended solo. In Triple Prism, Schaerer explores higher vocal registers to ghostly effect but Eberle and Rom become a mere reflection as opposed to a solid presence.

I liked Eberle’s When I Was Seven I Wanted to be Napoleon, led with great panache by Schaerer’s Cabaret-style MC. The drunken slurs of Eberle’s trumpet and Rom’s guitar draw a George Grosz sketch of a flea-bitten bar with wrinkled, topless ‘dancers’ slouched on faded velvet, but again, I wanted it to go further. Lou is the final lullaby to tuck us up in bed, but sometimes I craved something more adult – where each musician had the freedom to delve into their wonderfully creative themes in a deeper and more explosive way.

“At the Age of Six I wanted To be A Cook” by Rom Schaerer Eberle  was released in September 2013 on JazzWerkstatt Records. Tour dates include:
Rom Schaere Eberle played Bern (CH), Beeflat, the 4th Dec, and London (UK), Vortex, 8th Dec
Next concert: Zurich (CH),  Moods, 12th Dec

Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow) en Inde, chapitre 4

Chapitre 1: ici
Chapitre 2:
Chapitre 3: here

Mercredi 27 novembre – Mumbai – hôtel – 13h

Je perds le fil des jours – normal en tournée – je ne sais le jour et la date qu’en regardant sur mon ordi.

Lundi soir, on est sorti faire un tour des bars de Bandra avec Shrini. Il habite là. C’est le quartier des artistes et des resto pas trop chers. En Inde la bière standard c’est la KingFisher, et c’est bon.

Johann Bourquenez_gareMardi, on est parti à 10h de l’hôtel pour aller à South Bombay, le quartier plein de bâtiments victoriens et de touristes. On est resté quatre bonnes heures, entre le “India Gateway”, la station de train qui ressemble à une cathédrale, les marchés de rue et un petit atelier de photo au fond d’un couloir humide dans une vieille baraque.

Je transpire beaucoup, et je ne suis pas sur que le jus de canne a sucre est bien passé…

L’après-midi, workshop à la “True School of Music”, on joue 30 minutes puis on parle avec les étudiants, c’était intéressant pour tout le monde, on leur a parlé de nos façons de composer ensemble, des limites du rêve démocratique dans un groupe, de la diffusion sur internet ou pas. J’ai même parlé de mes exercices très lents et dit que ce qu’on aborde dans une école on peut mettre 10 ans à l’appliquer, parce que ça demande d’être disponible (ce qu’il m’est arrivé)

Rencontre avec les jeunes profs et ingé son, français, américain, anglo-indiens. On rencontre aussi Emma, qui a booké nos concerts et le workshop. Elle est là depuis dix ans (on peut dire qu’elle kiffe) et elle essaye de sortir de Mumbai 2 jours par mois sinon ça rend fou, surtout le bruit.

Un resto trop cher le soir. Puis j’ai passé une nuit de 11 heures à transpirer et à me sentir plutôt merdique.

J’ai regardé des clips à la télé et c’est horrible. Apologie de l’alcool, de la violence, des flingues, confusion entre sexe et amour, etc… Comme partout. Il y a un film qui sort le 29, Bullet Raja, une grosse prod bollywood, j’en ai vu 5 bandes annonces et les commentaires de la presse et des people.

Johann Bourquenez_sur les quaisCe matin ça va mieux. Certainement mon corps doit s’habituer au changement de climat de nourriture…J’ai fait un tour sur les “quais” à côté de l’hôtel, pris des photos. Il y a ce pont au dessus de l’océan qui va à Bandra, qui est énorme. L’air est épais et il fait bien chaud (30 degrés), je transpire tellement, et je ne sèche pas après la douche.

On repart à 14h, ce soir on joue dans un club, on rencontre des musiciens locaux, et demain on fait la première partie de Erik Truffaz au Edward’s Theater.

Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow) en Inde, chapitre 3

Chapitre 1: ici
Chapitre 2:

Lundi 25 novembre – 16h50 – Mumbai, hôtel.

Ça devient plus difficile d’écrire, en français et à chaud.

Mumbai (Bombay) c’est 20 millions d’habitants avec une densité de 10.000 hab/km2 (la même que Genève !). C’est dense. Il se passe toujours quelque chose. Un genre de paradis du photographe… Mais je ne fais pas beaucoup de photos, je préfère rester disponible aux moments qui passent.

Hier concert dans un joli club – terrasse, un public plutôt friqué en train de boire des coups l’après-midi, pas vraiment attentif ni intéressé par nos trucs métaphysiques qui demandent d’être à l’écoute. On a fait deux sets.

Dans la nuit d’avant Shrini a écrit, dans la suite de notre conversation, un bon article sur notre concert de Hyderabad. Je poste ça sur facebook…

Que faire avec Facebook, que faire avec le pétrole… Impossible de s’en passer pour vivre dans ce moment bizarre de l’humanité ?

Le soir on boit quelques bières et je parle avec Shrini de la fin de mes années à Toulouse, l’Espagne, le désert, le restaurant, la chine… Je m’entends lui dire un truc d’inspiration franchement bouddhiste : “On prend nos projections et nos interprétations du réel pour la réalité, on croit que c’est du solide, et en fait c’est une illusion, ça ne résiste pas à un changement de point de vue, à certaines expériences.”.

On est rentré en rickshaw, à quatre sur la banquette arrière.

Sommeil difficile, il fait chaud, je flippe un peu de toutes ces maladies tropicales potentielles – on s’est tous fait vacciner avant de partir – je me couvre d’anti-moustique. On entend des rires depuis la terrasse en bas, et après, régulièrement, la sirène des trains. Je m’imagine qu’il en va des trains comme des voitures ici, il faut faire sa place dans le trafic…

Je rêve beaucoup, de tout en même temps, et je ne me rappelle pas de beaucoup de chose en me réveillant.

Aujourd’hui, sur la route entre Pune et Mumbai (4 heures de voiture, avec un bon chauffeur qui ne nous terrorise pas. Je peux même dormir un peu), des paysages magnifiques, des collines, il y a un genre d’herbe jaune et haute qui recouvre tout, même les toits des maisons pas entretenues ou à l’abandon. Les camions sont décorés comme au Moyen-Orient, pleins de couleurs et de dessins. Il y a cette inscription qui revient souvent sur la face arrière et que je ne suis pas sûr de comprendre: “HORN OK PLEASE”. Je comprends beaucoup mieux: “PLEASE KEEP DISTANCE”. Toujours ce trafic incroyable. Il fait chaud.

Il y a des perroquets sur le fil électrique qui passe devant ma fenêtre, on entend des cris d’oiseaux inconnus, et on voit un peu l’océan qu’on a longé en arrivant.

Sur les sets de table du restaurant, des photos de Mumbai à la fin du XIXè siècle. Dans les légendes, des noms d’officiers de police et de gouverneurs anglais qui font plutôt flipper. Et puis ce truc de la modernité, les trams, les voitures, des chevaux et des façades, toutes les villes occidentales ou d’anciennes colonies se ressemblent beaucoup à ce niveau-là. Ça fait un genre de point commun entre Mumbai et Gaillard !

Je m’entraîne à dire oui en hochant la tête de droite à gauche. Et comme je me dis que cette façon de dire “oui” est la même – d’un point de vue “physio-social” – que d’exprimer un rythme, je m’entraîne à groover “à l’indienne”, en hochant la tête sur les côtés plutôt que d’avant en arrière, et c’est pas facile…

Les Indiens sont souriants, et les conversations vont rapidement sur des sujets comme “comment être heureux”. C’est peut-être une clé pour comprendre l’engouement des occidentaux qui adôôôrent l’inde ? Chez nous on est beaucoup plus cynique.

Il y a aussi ces énormes structures de panneaux de publicité à l’abandon, rouillés, qui symbolisent quelque chose d’assez monstrueux. Parfois il y en a un avec une nana dans une piscine, pour vendre un appart de luxe dans une nouvelle résidence ou un téléphone, et c’est encore pire.

Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow) en Inde, chapitre 2

Si vous avez raté le chapitre 1, c’est par là!

Dimanche 24 novembre – 10 h – dans l’avion de Hyderabad à Pune

300 personnes au concert de Hyderabad hier, piano droit qui ne tenait pas l’accord au fur et à mesure du concert, Cyril sur un stand de batterie, standing ovation après un concert de 1h30, on signe des autographes et on pose pour les photos…

Discussion intéressante autour d’une bière a l’hôtel à propos de la différence entre l’intensité des concerts et ce qu’on arrive a canaliser sur les disques et les vidéos. Shrini dit, comme beaucoup d’autres, qu’il ne s’attendait pas a ce niveau de quasi transe, ni à voir le public – plutôt conservateur selon lui qui est né dans cette ville – autant réceptif et touché.

Ce matin petit déj excellent, potage de légumes, petites crêpes… Je suis aussi allé au gymnasium transpirer un peu.

Puis taxi pour l’aéroport, toujours cette circulation chaotique. Mais en fait, qui est le plus stressé entre un conducteur genevois et un indien ? Il n’est pas rare par exemple qu’un automobiliste a Genève ACCELERE quand un piéton essaye de passer au rouge, alors qu’ici où tout le monde essaye de passer et klaxonne tout le temps, il semble qu’il n’y ait pas la même expression dangereuse de frustration.

A propos du non port de casque en moto et scooter, on se dit que c’est pour ne pas avoir l’air d’une poule mouillée.

On se demande aussi comment on passe son permis de conduire ici, et à quel moment la police arrête une voiture ou une moto, qu’est-ce qui est vraiment interdit. Shrini dit en plaisantant : “This is true democracy, people really do what they want.”

Samuel Blaser: Trombone Man

SamuelBlaserLacPosterSamuel Blaser doesn’t mess around. The 32 year old formed the Samuel Blaser Trio with Marc Ducret and Peter Bruun six months ago and they’re already on their third tour touching down at the Festival Jazz Onze+ in Lausanne, London Jazz Festival and playing Poland and Italy in the next couple of months.

You need Sherlock Holmes to deduce which bands he was, is, or will be, performing in

In the last few months he’s toured as a duo with Ducret in Brazil (“There is an opening market there,” he says, due to the SESC cultural centres), released a CD with Consort in Motion, the international outfit that included revered drummer Paul Motion until his death in 2011 and has been to Japan with his new solo venture, “It’s like a marathon for trombone,” he tells me of the hour-long performances.

“A lot of time I don’t like the way the trombone is played…

When I ask him how he keeps his ‘creative well’ topped up, with so many projects on the go, he looks at me questioningly, “I don’t feel like I need to be inspired.” He just listens to music every day, “Yesterday I listened to…Burning Spear, Dennis Bovell [with whom Samuel also plays] then some Polish pop, and today Maria Callas, Beethoven and Joe Henderson, all kinds of music, yeah.” And it was Vinco Globokar and Berlioz that originally fired his love of trombone, “Those guys really pushed the boundaries of the instrument and that was really inspiring.” He moved into jazz through his mum’s love of the music but says, “A lot of time I don’t like the way the trombone is played…I try to keep the natural way of the trombone to express myself and to have new extended techniques.”

He refesamuelblaser3rs to his trombone as ‘her’

It’s a true romance (he refers to his trombone as ‘her’) that began after seeing marching bands when he was two years old. He couldn’t say the word, ‘trombone’, so tried to make a sliding movement to his parents then held onto his dream until he was nine when his arms were (almost) long enough to play. He progressed rapidly at the local conservatory in La Chaux-de-Fonds, winning awards, praise and a Fullbright scholarship to study in America.

“Maybe if I call myself ‘Trombone Chubby’…”

It’s when I ask whether he has to ‘compose to order’ that he remembers the tribute to Jimmy Giuffre he’s recording next year with, due to his own suggestion to Fortune Records, Ravi Coltrane. “I don’t like to record an album only with material written by someone else. I need to add my touch so that I feel it is mine,” Blaser comments. Last month saw the release of a recording made with Benoît Delbecq and Who Trio’s Gerry Hemingway that charted in Billboard’s top 50 jazz albums. “Maybe if I call myself Trombone Chubby…” he quips with reference to Trombone Shorty’s chart success.

He keeps his spirit light

It’s not all fast and plain sailing as Blaser explains, “I still cannot really break through into France and I’ve been playing with French musicians since 2002.” He also has to find a label for a solo recording made with ‘sound designer’ Martin Ruch in various rooms of the ex-DDR radio station in Berlin. He knows it’s not an easy sell, but says it with his ever-optimistic smile. It’s the Blaser secret: he doesn’t spend time on things that don’t work or he doesn’t like to do (a good manager helps) and he keeps his spirit light. While he has a smile on his face, a shiny trombone in his hands and a song in his heart, I’m sure Blaser will maintain this incredible workload and find out who he really is as a musician.

Samuel Blaser is playing London Jazz Festival (Oto Café), the 17th of November.

Who Trio @Festival Jazz Onze+

Who Trio_HemingwayWhen I hear a band like Who Trio, I feel I need to get out from under my rock and listen to a lot more Swiss-based music. Playing together since 1995, they thrilled Lausanne’s Jazz Onze+ Festival last week with highlights such as drummer Gerry Hemingway losing himself in a cave of pounding beats that never hit us like falling rocks but swung with such power and groove we could hardly stay in our seats. But I’m getting ahead of myself – a key to imagining their performance is to know how they looked.

Three toddlers, who are black belts in music improvisation

Who Trio_WintschPut simply, three toddlers. Who are black belts in music improvisation. The way they played, stroked, tweaked, plucked and beat the living daylights out of their instruments, was as creatively done as it could be. Michel Wintsch was often hunched over the piano like Schroeder from Charlie Brown as if to control his delicate touch, or plucking strings under the hood of the piano like a car mechanic. Gerry also used physicality to direct energy into his drum kit, emphasizing beats be they furious or almost inaudible. He’d throw his head back and release vocally, serving us with scraps of a monologue; mutterings of the crazy guy who loiters on a street corner. Inventive sounds and ideas were continually mushrooming from this trio.

animalistic whines, walking bass, scratches…

Who Trio_Oester

Whatever Baenz Oester created with his double bass there was clarity and conviction: animalistic whines, walking bass, scratches, deep twangs and a series of Bach-like notes that I found particularly moving. It was the trio’s emotion and revealing of vulnerability that stood their performance apart and gave it resonance. Michel’s work as a film and theatre composer showed itself in glimmers of exquisite melodies and perfectly imagined chords that were authoritative yet melancholic.

It is a feat to improvise a full set without pausing but I wanted breaks in the music so we, the audience, could express and release our responses and also so the trio had a chance to start a piece, afresh. There was a tendency to build the tension, bring it down, then re-build the sound and this became a little predictable as a landscape. However, the music never was and the view was continually riveting. I can’t wait to hear more.

 

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Grand Pianoramax @Festival Jazz Onze+ (Lausanne)

Grand Pianoramax_300dpiDescribed in terms such as “power trio”, “supergroup” and “heavyweight”, Grand Pianoramax easily testify to being greater than the sum of their parts. The deceptively skimpy lineup of keyboards, drums and rapper belies the aural magic monster that lurks beneath the surface.  Elegant piano/rhodes, razor sharp drums and urban-edged rap/poetry jostle and come together to create a fiery fullness of sound that has become their distinctive trademark since the band’s inception in 2008.

A rich, emotive soundtrack that already hints at the light and shade which is to follow

Tonight, the Jazz Onze+ crowd are warm and receptive towards their errant Swiss son, keyboard maestro and band leader Leo Tardin, who has over the years immersed himself in foreign locations such as New York and Berlin to develop his sound until recently relocating back to his native Geneva. Much of tonight’s tracklist comes from the latest Grand Pianoramax LP, “Till There’s Nothing Left”, released on ObliqSound last spring and is met with appreciative familiarity indicative of an audience who’s been paying attention.

The skimpy elements are eased in gradually. Leo seduces us gracefully with “Firefly”, a captivating and melodic solo start on the piano, creating a rich, emotive soundtrack that already hints at the light and shade which is to follow.
Joined on stage by drummer, Dom Burkhalter – a modernist fist in an iron glove –  the friendly duel quickly evolves between the two main musical elements, at times rolling around happily side by side, other times in stark stylistic contrast to one another as though wanting to stretch the listener’s awareness to its fullest capacity.

Two herculean pillars laying down a spectacular multi-textured foundation…

The play-fighting relationship between keyboards and drums is what underpins the essence of Grand Pianoramax, two herculean pillars laying down a spectacular multi-textured foundation on which the third element, Black Cracker, can nimbly unleash his craft of language and movement. This Alabama wordsmith and charismatic agent provocateur forges an agile bridge between the audience and the stage, bringing things down from a powerful sonic ride to a more urban, earthly, NYC dimension using rap, poetry or song.

In common with each track is a strategic sense of rise and fall, density and space. It’s an occasionally challenging but always engaging journey. The rhythmic patterns and shapes vary from mercurially dark (“Cry Alone”, “Runaway”, “Have You ever Seen”) to quirkily funky, bouncing along like De la Soul meets Michel Legrand (“Nights Turn To Days”), and hard-edged urgency complete with strobe lights (“Call it Like You See It” and “Roulette”).

In the case of Grand Pianoramax, less is definitely more

An effortless cohesion of threads coming together is felt during ‘Till There’s Nothing Left’, their most radio-friendly hit, a subtle suggestion that crossover to commercial polish is possible if so desired. ‘The Hook’ provides the encore, a track remixed by DJ Spinna and put out on vinyl a few years back, an example of what can work well in a club setting as through the headphones of the rap enthusiast or jazz muso.

It’s a consummate work performed by heavyweights in their field. Honed down talent and acumen has produced an act that can adeptly bend styles and cook up a rhythmic frenzy on only three burners. In the case of Grand Pianoramax, less is definitely more.

Grand Pianoramax played @ Festival Jazz Onze+ in Lausanne on the 31th of October

Grand Pianoramax, Till There Is Nothing Left, (Obliq Sound)

Pommelhorse, für Körper, Kopf und Seele

Pommelhorse 3Das Pauschenpferd auf Reisen: Die fünfköpfige Art-Rock-Jazzband Pommelhorse hat erst in Indien Temperatur gefühlt, bevor sie unsere nördlichen Nachbarn besuchten. Dafür geht’s diesen Herbst quer durch den deutschen Sprachraum. Mit dem selbstbetitelten Debutalbum. Und einer guten Portion Humor.

Der Bandname verleitet natürlich zu Gymnastikvokabular, und so geschieht es auch, dass die Band in Pressetexten turnt, grätscht, oder auf Schritt und Tritt überrascht. Ob das die Jazzer stört? Kein Stück, meint Pommelhorse-Keyboarder Olivier Zurkirchen, der findet, dass bei ihrer Musik durchaus gelacht werden dürfe. Ausserdem, so Zurkirchen, «hat Jazz ja durchaus einen sportlichen Aspekt: Man setzt alles auf die Karte Musik, übt und übt und nimmt Abstriche in anderen Lebensaspekten gerne in Kauf.»

Vor allem, wenn’s so rund läuft wie bei Pommelhorse. Spielte das Quintett 2009 gerade mal drei Konzerte, so ist diese Anzahl dieses Jahr auf beeindruckende 43 Konzerte geklettert. Im 2012 tourte Pommelhorse durch Indien, noch bevor sie unsere Nachbarländer besuchten. «Wir wollten damit signalisieren, dass unser Ziel darin besteht, mit unserer Musik internationale Anerkennung zu geniessen», erklärt Pommelhorse-Klarinettist Lukas Roos. Dafür ist Pommelhorse seit diesem Herbst ausgiebig auf Europatournee – und ab nächstem Frühling bereits mit ihrem zweiten Album am Start. Doch den Anfang macht das Pauschenpferd mit dem nächsten Release, wie es sich gehört, zuhause: In der Turnhalle. Gemeint ist natürlich das bee-flat im Berner PROGR.

Vom 22. Oktober bis 8. November reisen Pommelhorse nach Deutschland und spielen Konzerte in Berlin, Köln, Hamburg

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Serge Wintsch à propos de la scène jazz suisse

Francine et Serge Wintsch
Francine et Serge Wintsch

Directeur du JazzOnze+ Festival avec son épouse Francine depuis plus de vingt ans, Serge Wintsch est aussi un musicien à ses heures perdues. Il connaît la scène suisse sur le bout des doigts. D’autant qu’Onze+ était à l’origine une association de musiciens lausannois, rassemblés pour donner plus de visibilité « aux musiques d’improvisation, à la musique contemporaine ». Du haut de ses 25 éditions, Onze+ s’impose aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable du jazz suisse  comme international ainsi que des musiques actuelles. Les concerts de jazz ont lieu dans la salle Paderewski alors que depuis 2001, la salle des Fêtes du Casino de Montbenon se transforme en EspaceJazz et propose des concerts gratuits destinés à un public plus jeune, amateur de musiques africaines, de soul-funk ou d’electro.

Le festival a toujours accueilli des musiciens suisses. Parlez-nous de ceux que vous avez invités en 2013 ?
Serge Wintsch Le Who Trio est une valeur sûre. Michel Wintsch (mon homonyme sans être un parent) joue depuis de nombreuses années avec Gerry Hemingway et Bänz Oester. Ce trio s’est rarement produit à Lausanne. Idem pour le guitariste genevois Christian Graf dont le côté rock me plaît beaucoup. Et comme cette année, nous voulions mettre l’accent sur les guitaristes, l’occasion était toute trouvée.

Qu’en est-il de Samuel Blaser et Jean-Lou Treboux ?
Serge Wintsch Samuel Blaser est un extraordinaire inventeur de musiques. Il trace sa propre voie dans la musique improvisée sans s’inscrire dans un genre particulier. Sa formation autant classique que jazz lui a permis d’acquérir des bases techniques solides pour créer avec la plus grande liberté formelle. Jean-Lou Treboux est un jeune vibraphoniste que nous suivons de près. Il a décroché une aide financière institutionnelle pour résider à New York pendant six mois. Cette invitation à Onze+ constitue son premier concert en Suisse avec cette nouvelle formation. Nous ne savons pas du tout ce que cela va donner, mais nous lui faisons entièrement confiance.

Que pensez-vous du jazz en Suisse en 2013 ?
Serge Wintsch Cette scène est extrêmement intéressante et riche. Rappelons qu’en Suisse il y a une longue tradition du jazz. Avant elle existait sans doute plus à l’intérieur des frontières qu’à l’extérieur. Je pense en particulier au Zürcher Jazz Festival qui de 1951 à 1973 fut un lieu de rendez-vous incontournable des musiciens alémaniques comme romands. Mais peu de musiciens s’exportèrent. On peut citer, parmi ceux-ci, Pierre Favre, Daniel Humair, George Gruntz, Irène Schweizer, Matthieu Michel ou Mathias Rüegg (Vienna Art Orchestra). Dans la nouvelle génération, il suffit d’écouter les pianistes, Colin Vallon, Stefan Aeby, Gabriel Zufferey, Léo Tardin ou Marc Perrenoud pour être convaincu que la relève est là et qu’elle possède un haut niveau créatif.

Les musiciens que vous mentionnez se sont souvent intégrés à d’autres scènes, comme Daniel Humair en France ou Pierre Favre en Allemagne. On oublie presque que ce sont des Suisses.
Serge Wintsch Oui, les Suisses sont discrets ! Peu nombreux sont ceux qui se sont exportés et ceux-là se sont fondus dans l’internationalisme du jazz. Ce qui manque, c’est un mouvement spécifiquement helvétique. Il me semble toutefois que les musiciens circulent plus qu’avant, qu’ils collaborent plus entre eux, peut-être aussi grâce à l’apparition d’écoles comme l’HEMU (Haute Ecole de Musique) de Lausanne).

Les conditions seraient donc réunies pour un mouvement spécifiquement helvétique ?
Serge Wintsch Ce serait drôle d’imaginer des tournées internationales avec des ensembles suisses en alternance. Un peu comme le Chicago Blues en son temps. Cela permettrait de montrer le foisonnement de cette scène suisse au reste du monde.

Festival JazzOnze +, Lausanne, du 30 octobre au 3 novembre. www.jazzonzeplus.ch