Et hop, une petite playlist spotify qui met en avant quelques-unes des sorties les plus excitantes de l’automne. Rock, pop, jazz, rap, electro et même un remix en clôture: laissez-vous surprendre par cette sélection helvétique inédite.
L’enclave rocailleuse du Romandie lausannois déborde. La foule est réunie pour prendre le pouls du très attendu nouvel album de La Gale : “Salem City Rockers”.
Une scène brumeuse accueille la rappeuse. Métaphore du soir. La Gale se positionne dans la mouvance du rap qui n’a que faire des illusions dorées.
@Mehdi Benkler
Son verbe est brut, miroir des réalités qui parcourent son chemin
N’attendez pas de prose fleur bleue, La Gale attire la conscience civile là où certains tentent de la bercer de chimères.
Rap coup de gueule, rap social, rap engagé. La force d’impact de son verbe, quant à lui, trouve sans doute sa source dans la mixité de La Gale : héritage maternel d’une sensibilité sociale orientale, héritage paternel d’une détermination occidentale sans faille. La brume scénique du soir se dévoile comme élément focalisateur. Écouter plus que regarder. Les rythmes, les harmonies, les mots sont l’importance du soir. Le reste n’est que fioritures.
“Salem City Rockers” ne déroge pas aux lois de l’univers de La Gale
Son flow et son verbe ont toujours ce caractère brut si particulier. Les récits ouvrent une porte sur un album plus personnel, tout en restant toujours aussi engagé. Un franc-parler punk qui, allié à l’énervement rap, donne à chacun de ses titres une puissance indéniable.
Produit les beatmakers français I.N.C.H et Al’Tarba, l’univers harmonique de “Salem City Rockers” pose ses racines dans la tradition hiphop et fait la part belle aux samples. Sans rester dans les frontières du déjà-vu, l’album s’autorise des voyages bénéfiques en terres éclectiques. Oud et ambiances orientales enveloppent l’excellent “Petrodollars (avec la participation de la chanteuse Paloma Pradal)“.
Effluves bluesy et rock alliées à la profondeur hiphop donnent toute sa puissance à “Qui m’aime me suive” (téléchargeable pour la modique somme de 1.- sur le bandcamp de La Gale). Dérives aux tendances electro sur “5000 km” (feat. DJ Nix’on).
Attitude punk – héritage du passé. Flow hip-hop – encre du présent
“Salem City Rockers” reflète une alliance subtile aux couleurs variées, une alliance qui puise une grande partie de sa force dans le rock, une alliance tenue en équilibre par la précision du travail des samples.
Scéniquement, La Gale s’esquisse d’un trait à mi-chemin d’univers qu’on a pas l’habitude de marier. Attitude punk – héritage du passé. Flow hip-hop – encre du présent. Sur scène, l’envergure de “Salem City Rockers” se dévoile corps et âme. La Gale ne fait pas que poser ses tripes sur papier, elle les révèle à chaque mouvement.
Lors de la de la finale du concours permettant de décrocher une place fort convoitée aux Eurockéennes de Belfort, les trois musiciens de Hathors, orginaires de Schaffouse avaient un petit avantage sur leurs concurrentes féminines, Anna Aaron et La Gale. Ils s’étaient placés sous la protection de la déesse égyptienne Hathor, divinité de l’amour de l’ivresse, de la beauté, de la musique, de la danse. Comme quoi les Dieux rendent bien des services. Et sous celle de Couleur 3 aussi qui adorent jouer leur premier CD, paru l’an dernier. Trio basique – guitare-basse-batterie – Hathors est un groupe de l’extrême, quelque part entre punk, garage et métal. Si vous voulez (ré)écoutez le concert et interview, c’est dans Couleur 3 Live.
Ci-dessous la vidéo de leur chanson “Keeping Secrets”
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