En 2012, le Cully Jazz fait la part belle aux artistes suisses

Tobias Preisig

Le Cully Jazz Festival a trente ans. Depuis 1982, le festival vaudois a su grandir s’en prendre la grosse tête. Il a d’ailleurs décidé de ne pas se lancer dans une opération de commémoration aussi coûteuse que pompeuse. Fidèle à son esprit, fidèle à la passion qui l’anime, il a décidé de laisser la place à la musique; tout simplement..

Du côté des artiste suisses, il y aura beaucoup de très bonnes choses, à commencer par un vieux de la vieille, Al Comet (l’homme des samplers des Young Gods) qui investit le caveau HBBC les deux weekends du festival.

Autre moment fort, samedi 14 avril au Temple le Kaléidoscope String Quartet, à mi-chemin entre musique classique, contemporaine et jazz. Un projet emmené par le violoniste Tobias Preisig. Ce-dernier poursuivra la soirée en duo avec son ami Stefan Rusconi qui martèlera pour l’occasion les touches de l’orgue du Temple.

Mercredi 18 avril, le pianiste Marc Perrenoud viendra présenter son tout nouvel album sur la grande scène en première partie de Branford Marsalis. Un challenge qui fera sans doute monter son taux d’adrénaline à des hauteurs intéressantes …

Quant au Tessinois Frank Salis, il fut la révélation du festival Off l’an dernier. Il fera valser son orgue Hammond et son groove lors de la soirée d’ouverture du 13 avril en première partie de Amp Fiddler !

Sevdah Dragi Moj

Beaucoup de musiciens suisses seront également présents dans les caveaux.Carte blanche au label biennois de musique électronique Oh My au Jardin. Dans le tout nouveau caveau Weber, l’association Addis Sounds propose un parcours du blues qui passe de l’Afrique à la Grèce et à la Bosnie. Le tout orchestré uniquement par des musiciens suisses ou résidents en Suisse. Nous y reviendrons.

Piano sous toutes ses formes

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Le pianiste Marc Perrenoud se prépare à enregistrer un nouvel opus en trio avec ses complices Cyril Regamey (batterie) et Marco Müller (basse). Son précédent opus, «Logo», dans cette même formation avait été une des meilleurs ventes de jazz en Suisse l’année de sa parution (2008). Sobre, classique et romantique. Rencontré au Cully Jazz Festival, Marc Perrenoud explique son approche du piano.

Vous n’avez pas trente ans et vous travaillez déjà à la réalisation d’un troisième album sous votre nom?

Marc Perrenoud Je n’ai jamais vraiment joué les sidemen. Sitôt mes études terminées, j’ai travaillé à mes propres projets. En solo, en duo et en trio. C’est drôle: quand j’ai fait un disque en duo avec Sylvain Ghio (piano-batterie), les gens trouvaient ça bizarre et un peu dérangeant. Maintenant que je fais un trio, on me reproche parfois de ne pas être original.

Qu’est-ce qui vous plait dans ce format trio?

Marc Perrenoud C’est le plus petit groupe qu’on puisse imaginer. C’est ça qui intéressant. Notre trio, s’inspire du jazz américain, mais aussi de la musique classique. Mes deux parents sont des musiciens classiques et j’ai commencé par faire du piano classique. Ce n’est qu’ensuite que je me suis tourné vers les musiques improvisées, puis le jazz. Nous proposons des compositions originales. Mais nous aimons aussi reprendre des classiques. Je dirais même parfois des archétypes du jazz, comme «Alone Together» qui figure sur la compilation Swiss Vibes. C’est un morceau des années 30, complètement éculé qui se joue dans toutes les écoles de jazz. Ces morceaux chargés d’histoire sont des défis qui nous stimulent.
Quels sont vos autres projets?

Marc Perrenoud Je travaille avec Piano Seven. Faire de la musique entre pianistes, c’est quelque chose qui n’arrive jamais. C’est excitant, c’est inspirant. Le groupe va fêter ses 25 ans en 2012 et je suis son plus jeune membre. François Lindemann a deux fois mon âge. Ça aussi c’est intéressant: travailler avec des gens qui ont une autre approche de la musique, qui ont connu la musique différemment. C’est à la fois une richesse et un partage. J’ai aussi été mandaté par deux producteurs de la Radio Suisse romande pour être le pianiste, arrangeur et coordinateur artistique d’un spectacle qui va raconter l’histoire du jazz en une quinzaine de pièces, en grande formation et avec un acteur-narrateur ainsi qu’un couple de chanteurs. Je ne peux pas en dire beaucoup plus car nous en sommes encore aux prémisses.