Orioxy @Sunset (septembre 2013)

Orioxy 3_300dpiA leur sortie, les mélancolies orientalistes de « The Other Strangers », avaient suscité quelques incompréhensions délicieuses dans la presse jazz, charmée autant que bousculée dans ses certitudes par ce drôle d’objet sonore. Certains usèrent même sans trop y croire, le terme de « pop folk », plutôt incongru pour un exercice de style aux confins des traditions hébreuses et indiennes, avec une approche résolument contemporaine. Des questions vite levées lors du passage d’Orioxy au Sunset, pour la première présentation française de ce second album.

La mythologie du halètement

Et tout de suite, que ce soit en hébreu ou en anglais, la chanteuse du quartet genevois Yaël Miller fait oublier rapidement les exégèses confuses : chez elle, peu importe de savoir si son chant est « jazz ou pas jazz ». Ce qui compte, dans ses morceaux sur le bonheur (« World Database of Universe ») ou sur un misanthrope (« Bachour Meshouamam »), c’est la mythologie du halètement. Dans l’onomatopée, dans les saccades, rire sardonique, en hébreu ou en anglais. C’est ce qui donne le souffle à cet univers toujours mystérieux, d’une angoisse cinématographique – notamment quand le contrebassiste Manu Hangmann fait vibrer son engin dans une distorsion de fin du monde.

Impossible également de définir sans le trahir le travail subtil de la harpiste Julie Campiche, passée par de nombreuses formations classiques et « proprement » jazz : cambrée avec sensualité, elle torture gaiement sa harpe arrangée à coups de maillet, la caresse d’une bande de papier et improvise comme jamais en Thurston Moore de la « 47 cordes », tout en gardant un pied (voire même sa main droite) sur ses machines d’effets. Il n’y a guère que vers la fin, après une reprise des Beatles (« Blackbird », comme pour encore mieux brouiller les pistes), que cette tension sous-jacente finit par se relâcher. Pour le rappel, Yaël Miller et Julie Campiche reviennent sans leurs deux garde-chiourme, et concluent tout en douceur leur danse du ventre avec les amateurs de jazz contemporains, forcément conquis.

Dernier album paru : « the Other Strangers » (Unit Records / Abeille Musique).

Le morceau “Im Tamouti” est écoutable et téléchargeable sur le bandcamp de Swissvibes.

Swiss Vibes 2013: La chanson de la rentrée: Orioxy

Orioxy_coverIm Tamouti  signifie ” Si tu meurs ” en hébreu. J’essaie de m’imaginer ce que je ressentirais à l’annonce de la mort de l’un des membres de ma famille. J’ai l’impression qu’il me manque tellement de liens familiaux. La convention veut que l’on soit triste si quelqu’un de sa famille proche meurt. Mais perdre un parent n’est pas forcément la pire chose qui puisse arriver. L’attachement ne vient pas systématiquement des liens du sang. Dans nos chansons on cherche aussi à exprimer les non-dits, le politiquement incorrect. ” Yael Miller, chanteuse du groupe Orioxy de  Genève, à propos de la chanson “Im Tamoutli” qui figure sur la compilation Swissvibes 2013.  Cette chanson est écoutable ici:
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La chanson Im Tamouti est également téléchargeable sur le bandcamp de Swiss Vibes.

Orioxy sera en concert à Paris, au Sunset le 19 septembre prochain à l’occasion de la sortie française de leur album “The Other Strangers” (Abeille Musique).

Le compagnonnage selon The Bianca Story

The Bianca Story ©Gregor Braendli
The Bianca Story ©Gregor Braendli

“Nous n’enregistrons pas notre nouvel album pour réaliser un bénéfice maximal, mais pour tenter une expérience avec vous.” Tel est le nouveau slogan de The Bianca Story, groupe de pop bâlois qui aime autant recycler qu’innover.

La tendance s’accentue: le crowdfunding est entrain de se substituer à l’industrie du disque qui investit peu ou prou dans les nouveaux projets. Il n’est pas une semaine sans que tout un chacun se voit solliciter pour aider à payer les billets d’avion d’artistes d’horizons différents se réunissant dans un studio, pour payer la location dudit studio d’enregistrement ou pour prendre en charge d’autres coûts de production.

Aujourd’hui The Bianca Story  pousse le bouchon plus loin. Il demande à ses, fans, amis et compagnons (“Kumpel” en allemand) de financer de A à Z son prochain CD.  Ce qui inclut les frais de production,  de fabrication, de distribution, de communication et fait s’élever le montant de l’opération à…. 90 000 €. Une somme qui semble gigantesque, mais qui est répartie en contributions accessibles pour toutes les bourses (de 2 € à 8000 €).  12’500 € ont déjà été rassemblés. Le compte à rebours a commencé et il reste 70 jours pour rassembler l’entier de la somme.

S’il atteint son objectif, The Bianca Story s’engage à réaliser un disque entièrement gratuit. Outre les souscripteurs qui recevront bien sûr le CD dédicacé et la titre spécial de “gueule noire”, tous les spectateurs de sa prochaine tournée se verront offrir le disque, disque également commandable par mail (au prix des  frais de port). Quant au téléchargement, il va s’en dire qu’il se fera librement aussi. Bref tout sera gratuit dans le pays  de “la musique libre” que The Bianca Story souhaite créer de tout cœur.

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L’acteur principal de la vidéo ci-dessus, Tim Renner, n’est autre que la tête pensante de Motor Entertainment, label de The Bianca Story et l’ex-boss d’Universal Allemagne. Il est connu pour ses écrits engagés sur la musique digitale (“Der Tod ist gar nicht so schlimm”, “Digital ist besser”).

En un mot comme en cent, “Bist du Kumpel oder nicht?”: autrement dit: ” Etes-vous prêt à creuser le long tunnel vers la musique libre avec les cinq musiciens de The Bianca Story?

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Si oui, rendez-vous sur le site de wemakeit.ch Et, last but not least, un peu de musique en avant goût de cette opération de crowdfunding audacieuse:

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Jazz à califourchon

Pommelhorse 3« Pommelhorse signifie en anglais ” cheval d’arçon “. Le nom nous plaisait car cette discipline de gymnastique est précise comme notre musique. Et puis, cela nous donne un point de repère amusant pour toute notre communication », explique le clarinettiste Lukas Roos. PommelHORSE, ce sont donc cinq musiciens bernois, ex-étudiants de l’école de jazz, mais tous issus d’horizons différents. Électro pour les claviers, rock pour la basse, classique pour la clarinette, heavy metal pour le batteur et blues-jazz pour le sax. Ensemble, ces cinq-là pratiquent une drôle de fusion où chaque chanson évoque une histoire et chaque musique l’ambiance de cette histoire… Parti en tournée en Inde à la fin de l’année dernière, Lukas Roos est encore excité à l’évocation de ce concert devant un stade au Congosquare Jazzfestival. « Nous nous sommes rendu compte de la dimension pop de notre musique ! » Jouant acoustique, mais utilisant des effets de distorsion et de retard, Pommelhorse propose une musique en mutation sur des rythmiques étonnantes.
Pommelhorse en concert le 10 août 2013 au Festival Hors tribu de Môtiers (CH)

Orioxy, vainqueur du Tremplin Jazz d’Avignon!

Grand prix_AvignonIls sont venus, ils ont joué, ils ont vaincu: je vous présentais hier le groupe israëlo-genevois Orioxy à l’occasion de son passage au Tremplin Jazz d’Avignon. Je reçois aujourd’hui un mail pour me dire qu’ils ont séduit les quatorze professionnels du jury dont Pascal Bussy, directeur d’Harmonia Mundi et Franck Bergerot, rédacteur en chef de Jazz Man Mag. A la clef, un concert en première partie d’une tête d’affiche lors du Tremplin Jazz 2014. Pour info, ont été programmés cette année au Festival Bojan Z, Roberto Fonseca et quelques autres… Et surtout, un enregistrement et mixage au studio de la Buissonne, l’un des plus prestigieux studio de France. Bravo à Yaël Miller, Julie Campiche, Manu Hagmann, Roland Merlinc! On se réjouit d’ores et déjà du futur enregistrement.

Suisses d’ailleurs: Orioxy

Orioxy 2_300dpiRares sont les Suisses qui n’ont que du sang suisse qui coule dans les veines. Entre les vagues d’immigration économique (italienne, espagnole et portugaise) et les vagues de réfugiés, la Suisse se métisse. Cela se sent aussi dans sa musique. Le CD Swiss Vibes 2013 propose quatre projets radicalement différents, emmenés par des artistes qui ont élu résidence en Suisse ou qui sont nés de parents immigrés. Le premier chapitre de cette série est consacré à Orioxy, quartette genevois atypique.

La première, Yael Miller, est Israélienne, chanteuse et pianiste, arrivée en Suisse pour des raisons de cœur. La seconde, Julie Campiche, est une harpiste genevoise aventureuse. Assistées d’un bassiste et d’un batteur, les deux musiciennes se sont lancées dans l’ambitieux défi de créer un « spectacle de folklore urbain imaginaire ». Leur nom, Orioxy, ne veut pas dire grand-chose, mais il a l’avantage de leur laisser toute liberté de construire et de déconstruire. Un peu comme une pâte à modeler qu’elles façonneraient pour mettre en forme leurs différentes visions du monde, leurs interrogations. Ainsi, « World Database Of Happiness » rit de ce classement mondial du bonheur découvert dans un article du Monde Diplomatique. « The Other Strangers » évoque tous les étrangers, réel, fictif ou intérieur, « We Are Done-May 21 » aborde les questions de haine et de peur à travers les prophéties de fin du monde. En hébreu ou en anglais, la voix de Yael Miller ose l’expérimentation vocale, ose l’ultra-intime, sent les esprits. « À partir du moment où je me suis installée en Suisse, j’ai découvert l’attachement à mon pays, et par conséquent la nostalgie », explique Yael Miller. Partant du jazz, réfutant toute idée de faire du jazz, ces deux amatrices de la confrontation explorent musicalement les rythmiques décalées et les sons différents. Orioxy est une entité en devenir, une musique intuitive, imaginaire, habitée, qui s’appuie sur scène sur une gestuelle non dénuée d’humour. Affaire à suivre.

Orioxy, The Other Strangers (Unit Records)

Concerts : Avignon (F), Tremplin Jazz, les 31 juillet et 1er août. Genève (CH), Aubes Musicales, Bains des Pâquis, le 9 août. Paris (F), Sunset, le 19 septembre. St-Genest Malfaux (F), Sommet Festival, 20 septembre. Lyon (F), Périscope, 21 septembre. Heilbronn (D), Cave 61, le 28 septembre

 

 

 

Bojan Z et Tobias Preisig s’envolent!

Bojan Z band feat Tobias Preisig @Festival de la Cité
Bojan Z band feat Tobias Preisig @Festival de la Cité

Hier, au Festival de la Cité, la tension était grande. Le pianiste serbe Bojan Z qui devait ouvrir la soirée n’a pas pu prendre l’avion prévu et a fini par atterrir à l’aéroport de Cointrin à 18 h. Une heure plus tard, il était propulsé sur la scène du Château pour un mini concert d’une trentaine de minutes où il posait les bases de son univers foisonnant construit à partir des musiques ethniques, du jazz, du rock.… Après cette mise en bouche, Bojan Z devait remonter sur scène à 22 h avec son trio et un invité spécial en la personne du violoniste suisse Tobias Preisig. Les deux ne s’étaient jamais rencontrés, avaient échangé par mail et devaient répéter dans l’après-midi… Gloups.

Lorsque Tobias Preisig entre en scène, la nuit est tombée et le vent s’est levé. La tension monte d’un cran. Bojan Z annonce « Greedy (In Goods, We Trust) » dédié aux banquiers et à la cupidité. Un morceau visionnaire qu’il a fait paraître en 2009. Les musiciens s’observent, prennent leur marque. Bojan a une main sur le piano à queue, l’autre sur son Fender Rhodes. Tout d’un coup ça démarre, le violon de Tobias Preisig s’embrase, les claviers de Bojan lui répondent. Les deux semblent s’être trouvés : ils attaquent leurs instruments avec une hargne jouissive. Une forme d’agressivité magique qui transforme le négatif en positif. La rencontre est puissante et leur permet ensuite de poursuivre le dialogue dans des modes plus doux.

Backstage: Bojan Z, Thomas Bramerie, Fabrice Moreau et Tobias Preisig
Backstage: Bojan Z, Thomas Bramerie, Fabrice Moreau et Tobias Preisig

« Finalement, c’est bien que cette rencontre se soit faite directement en public. On a été obligé de converser tout de suite. J’ai déjà joué avec d’autres violonistes à Paris, mais là c’était plus fort » explique, le sourire aux lèvres Bojan Z un peu plus tard dans les backstage.

« Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Mais comme ils sont très forts, je n’ai pas eu de peine à entrer dans leur musique, reprend Tobias Preisig, Leur travail au niveau des rythmes est vraiment incroyable. Bojan Z a un côté franchement rock que j’adore ». Il en sait quelque chose lui qui va se produire le 18 juillet au Montreux Jazz Festival dans le cadre du nouveau projet du king de la pop helvétique, Dieter Meier.

Au Canada, avec le batteur des Mama Rosin

Victoriaville (Québec), le 27 juin,

Xavier Bray

J’aurais aimé prendre le temps de raconter ces quinze jours au Québec. Faire d’abord un tour rapide sur l’histoire de ce pays pour ne pas toujours tourner autour du cliché : Conquête des Amériques=Génocide des Amérindiens. Car même si Christophe Colomb a vraiment éradiqué les tribus des Bahamas de la surface de la terre, un peu plus haut, au nord il s’est passé des jolies choses. A l’époque où le Canada n’était qu’une “forêt confuse”.

Ouais ça aurait été bien de raconter comment, par le biais des “truchements”, certains européens ont donné tout son sens au mot “acculturation”. Comment au XVIIème siècle, ces mal-aimés des vieux continents ont traversé le grand océan pour devenir purement et simplement des “indiens blancs”. Raconté par les missionnaires assermentés aux états souverains cette histoire est sordide, mais raconté par ces “coureurs des bois” eux-mêmes, on se permet de rêver que l’homme a du bon en lui. Quand même. Et puis j’aurais, bien sur, pris le temps de raconter notre arrivée à Montréal, où à chaque coin de rue, tu as l’impression de revoir un vieux pote. Ici on ne dit pas “bonjour”. On dit : “bonjour, comment ça va c’matin?”. Et ça change beaucoup de choses.
Ha pis j’aurais raconté notre rencontre avec Lisa Le Blanc, ce petit bout de femme qui ne fait absolument pas semblant de chanter des chansons. Invités ici et là par les bons artistes de notre bon label Bonsound, nous nous sommes sentis simplement bienvenus.

Vous auriez bien rigolé si je vous avais raconté le matin ou j’ai confondu ma crème pour le visage (bah oui quoi… Faut s’hydrater!) avec mon dentifrice, et que…hum…ma tête…”Non madame, c’est pas le soleil, c’est mon dentifrice.” J’aurais sûrement aussi raconté notre périple au nord. Quand on a suivi le fleuve Saint Laurent qui, à 1000 km de l’océan, fait déjà 20 km de large. Les deux day off à Tadoussac qui ont été réduits à un, car on a trouvé un concert pour se payer la bouffe d’un soir. Et puis cerise sur le gâteau, ils nous ont offert un tour en ferry pour aller voir les baleines. Au large du “plus vieux village du Canada” j’aurais raconté qu’il se trouve un mélange étonnant d’eau douce et d’eau de mer qui offre aux grands cétacés de quoi se nourrir en quantité. De mon côté je vous aurais avoué que je me suis chopé une fièvre de cheval dans les 39°, donc les baleines je m’en foutais un peu (mais qu’est-ce que tout le monde a avec les baleines!?!). J’ai donc laissé les touristes japonais et leurs jumelles…(oui moi aussi j’ai trouvé louche que des japonais viennent admirer des baleines…A mon avis c’était plutôt du repérage…enfin je dis ça je ne dis rien). Je me suis donc réfugié dans la cabine pour griffonner quelques poèmes dédier à une déesse lointaine. C’est quand la biologiste a crié “A 9h!!” et que les japonais se sont rués à bâbord que j’ai daigné sortir le bout de mon nez dans le vent glacial. Et puis là, effectivement, voir un troupeau de 60 bélougas nager à coté du bateau m’a impressionné. C’est drôle ces animaux…Ça ressemble à un gros pénis circoncis tout blanc. Bon, oui pardon pour la ressemblance mais allez voir des photos ça saute aux yeux.

J’aurais expliqué comment j’ai été troublé par les indépendantistes Québécois dans ce “Grand” nord. Pas du tout gênés de chanter à tue-tête que l’ennemi juré c’est l’Anglais. J’ai tenté de leur expliquer qu’en France aussi, on avait des rigolos en Corse avec armes et cagoules (en fait non, c’est pas rigolo du tout). Ils n’ont pas aimé la relation je crois. Enfin, de toute façon, je ne me permettrais pas de donner mon avis sur la question. Car un peu chauvin, j’aurais avoué qu’il y de belles choses chez les francophones ici, et que chez les anglophones c’est pas la même.

J’aurais pu parler de la langue du coup. Et notamment d’un mot : “Tantôt”. Je l’adore. Il arrive à exprimer le passé ou le présent. Par exemple : “On ira se boire une bière tantôt” ou alors “c’était bien de se boire une bière tantôt”. Et puis j’aurais pas pu m’empêcher de parler de la peur qu’il y a ici que la langue anglaise devienne trop présente. Pourtant j’explique qu’en France on va faire du shopping alors qu’ici on fait du magasinage.

Aurais-je osé raconter nos concerts devant des Québécois souriants et étonnés de voir des Suisses faire du Cajun.
Où plutôt vous dire comment je me sens lorsque pris d’une de mes sempiternelles insomnies-mélancolie, j’ère à 4 heures du matin dans le hall de l’hôtel à la recherche d’alcool et de tabac.

Ouais, j’aurais vraiment aimé vous raconter tout cela. Mais je ne vais pas passer mon temps devant mon ordi quand même!!
Enfin. Pour certains ça va bientôt être les vacances, alors je vais me mettre en vacance de récits aussi. Et si je suis encore vivant on se verra à la rentrée.
Mais sachez que j’aurais vraiment aimé…

Après le Canada, les Mama Rosin sont visibles sur les scènes suivantes

04.07.2013 – Jazzparade, Fribourg SWITZERLAND
19.07.2013 – Colours of Ostrava, Ostrava CZECH REPUBLIC
20.07.2013 – Gartenfestival, Bern SWITZERLAND
23.07.2013 – Paléo, Nyon SWITZERLAND
24.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
25.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
26.07.2013 – Les allées chantent, Grenoble FRANCE
27.07.2013 – Blue Balls, Luzern SWITZERLAND
01.08.2013 – Yverdon-Les-Bains SWITZERLAND
02.08.2013 – Esperanzah Festival, Namur BELGIUM
10.08.2013 – Guiness Festival, Sion SWITZERLAND
11.08.2013 – Heitere Open Air, Zofingen SWITZERLAND
16.08.2013 – Sounds of the Forest, Erbach GERMANY
17.08.2013 – Zone Piétonne, La Neuveville SWITZERLAND
18.08.2013 – Theaterspektakel, Zürich SWITZERLAND
20.08.2013 – Mardi Sablés, Excenevex FRANCE
22.08.2013 – Nest Collective / SBC roof top, London UNITED KINGDOM
23.08.2013 – Purbeck Folk Festival, Purbeck UNITED KINGDOM
25.08.2013 – Towersey Festival, Towersey UNITED KINGDOM
26.08.2013 – Greenbelt Festival, London UNITED KINGDOM
16.10.2013 – MaMA Festival, Paris FRANCE

Swiss Vibes 2013, la chanson du mois de juin, Pierre Omer

Pierre Omer & Stewarts Garages Conspiracy Crew_low« La chanson évoque ce mal du pays que j’éprouvais tous les jours alors que je vivais à Madrid. J’y raconte la nostalgie des terres noires et fertiles, je dis entre les lignes le blues que j’ai ressenti dans un pays qui est, lui, plutôt aride voire désertique. En écrivant le texte, j’ai su tout de suite que le rythme allait être lent, j’ai compris à quel type de scansion j’allais faire appel. En l’écoutant aujourd’hui, je me dis qu’il y a dans le chant quelque chose de Dylan, un artiste que j’ai beaucoup écouté dans ma vie. » Pierre Omer, chanteur, Genève, à propos de la chanson “I Wanna go Home” qui figure sur la compilation Swissvibes 2013.  Cette chanson est écoutable ci-dessous et téléchargeable sur le bandcamp de Swiss Vibes.

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En concert à Lausanne, Festival de la Cité, le 9 juillet
Bienne, Podring Festival, le 10 juillet
Pierre Omer’s Swing Revue, Guebwiller (F), Festival Les Dominicains de Haute Alsace, le 13 juillet

Dans la caverne de Fai Baba

photo_fai_baba_01Sur la scène du Bourg, Fabian Sigmund, alias Fai Baba surprend avec sa formation trio aussi minimale que puissante. D’abord il y a la voix, une voix qui peut partir très haut, dans un registre habité et qui ne colle pas forcément avec la silhouette longiligne et les mouvements de ce corps nerveux. Un décalage intrigant qui accroche d’emblée. A ses côtés, bassiste et batteur suivent, amplifient et bousculent ce blues bruitiste traversé de fulgurances rock et punk. Les rythmes se cassent pour faire place à de longues parties instrumentales. Deux guitares (une simple et une douze cordes), quelques pédales d’effets, Fai Baba met ses tripes à l’air sans avoir l’air d’y toucher. Une reprise de Townes Van Zandt et des clins d’œil à beaucoup de tendances rock confirment que l’homme est un fou de musiques.  Fai Baba salue, annonce qu’il vend ses CDs et passe illico à l’acte en extirpant une mallette planquée sur un des côtés de la scène. A l’intérieur ses deux CD dont le deuxième, « She’s The Guru », vient de paraître. Il fait état d’une musique nettement plus orchestrée que ce que le Zurichois vient d’envoyer sur scène. Pourtant Fai Baba l’a conçu presque entièrement seul. Explications.

Comment avez-vous réalisé « She is My Guru » ?

Fai Baba Cet album s’est fait en six mois. Je me suis enfermé dans un local de répétition à Zurich et j’ai commencé à faire des loops, à expérimenter des sons avec une table de mix huit pistes. En six mois les bases du disque étaient faites. Puis je suis parti à New York pour le terminer. J’ai travaillé dans le studio de Tony Maimone, qui a été longtemps le bassiste de Père Ubu.

Comment avez-vous rencontré Tony Maimone ?

Fai Baba Par hasard. J’aidais un ami à organiser un marché d’habits d’occasion pour enfants. En discutant avec une femme, je lui ai dit que j’étais musicien. C’était la belle sœur de Tony Maimone et elle m’a mis en contact ave lui. J’ai découvert un nerd qui aimait comme moi la musique organique et travailler en analogique.

Fai Baba_02Depuis combien de temps travaillez-vous tout seul ?

Fai Baba  A 14 ans, j’ai commencé à jouer dans un groupe et je traînais pas mal avec un ami plus âgé et plus au courant. C’est lui qui m’a appris à m’enregistrer sur un magnéto à bandes et j’ai tout de suite trouvé ça plus cool que de bosser avec un ordinateur.

Comment procédez-vous?

Fai Baba J’ai toujours joué avec les rythmes en plus de la guitare. Dès que je touche un instrument, il y un son spécifique pour moi. Je vais par exemple faire un son de grosse caisse avec le pied. Je le sample et je le rejoue. Ça me donne une base à partir de laquelle je construis. Ce sont des choses très simples parfois une simple note. La technique s’inspire du hip hop, mais l’esprit vient du blues.

Comment avez-vous découvert le blues ?

Fai Baba Je jouais dans un groupe. On est passé par tous les style, du hip hop à du rock façon Radiohead, puis façon Pink Floyd, puis façon Sonic Youth ! Je suis ensuite parti en Inde avec ma guitare. Ce sont des travellers qui m’ont initié au blues. Quand je suis rentré, je me suis retrouvé à faire une première partie de concert tout seul à la guitare. C’est là que j’ai réalisé que je voulais jouer solo.

Vous semblez avoir une collection impressionnante d’instruments et de synthétiseurs?

Fai Baba Je ne sais pas combien j’ai d’instruments. Ça remplit une pièce chez moi. Ça me stresse d’ailleurs car je vais devoir déménager bientôt… J’ai toujours aimé les sons vintage, les instruments. Mais je ne suis pas assez riche… Récemment mon amie a déniché un orgue Ace Tone (orgue portable électronique beaucoup utilisé dans le rock américain des années 60). Je l’ai utilisé sur ce disque

Puis vous avez convié d’autres musiciens à vous rejoindre, quels ont été leurs apports ?

Fai Baba Quand je demande à quelqu’un de venir jouer sur mon disque, je sais exactement ce que je veux, le son qu’il va m’amener. Mais j’aime que le processus soit instantané, radical.

Votre dernier album s’intitule « She is the Guru ». Qui est votre gourou ?

Fai Baba Une fois l’enregistrement terminé, j’ai remarqué que je n’avais fait que des chansons d’amour. Quand on pense à un gourou, on pense d’abord à un homme. Ça m’a amusé de dire : « Elle est mon gourou ». Un « elle «  qui renvoie à la femme en général, ma muse autant que mon gourou.

“Julia”, chanson qui figurait sur le premier album de Fai Baba (“Snake Snake”) est téléchargeable sur le bandcamp de Swiss Vibes et écoutable ici:

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Nouvel album: Fai Baba, “She Is My Guru” (A Tree in a Field Record/Irascible)