Song for New Year: PommelHorse

PommelHorse n’en fait qu’à sa tête et  “The Painfull Process of Falling asleep” se profile comme le complément indispensable de vos sorties de fin d’année. Jugez plutôt!

Pommelhorse 3« Notre musique est instrumentale, mais chaque morceau raconte une histoire, et nous jouons l’atmosphère, l’ambiance de l’histoire. Là, comme le titre l’indique, c’est l’histoire d’un personne qui rentre à 5 heures du matin, qui veut s’endormir et qui n’y arrive pas. On a utilisé un rythme drum’n’bass parce qu’on imagine la personne sortir d’un club avec cette musique de danse dans sa tête. Le personnage est en complet décalage entre ce qu’il a dans sa tête et ce qu’il souhaite faire : dormir. » Lukas Roos, clarinettiste de PommelHORSE, Berne

Ecoutez The painful The Painful Process Of Falling Asleep at 5:30 am sur soundcloud ou téléchargez-le gratuitement sur le bandcamp de Swiss Vibes:

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Nik Baertsch’s Ronin @ The London Jazz Festival

©Martin Moell
©Martin Moell

This is Ronin’s first London gig since their latest recorded-in-concert ECM release simply entitled “LIVE”. New to this Swiss quartet, I had heard them described in terms such as ‘zen, meditative, minimalist and hypnotic’, and am hence expecting to quietly relax in my seat and possibly drift off into some pleasant la-la-land reverie. Fat chance.

Then comes the master’s cry

The opening number, a piece commissioned by the London Jazz Festival to celebrate their 21st edition, admittedly sets out the minimalist framework from which many of Nik Baertsch’s compositions emerge: a small sequence of notes played out repeatedly until an almost humming, vibrational plateau is reached. Then comes the shout – akin to a quantum leap – the master’s cry which signals the change in direction, and it’s never the direction you’re expecting. Enter the spikey-edged groove that creates an exciting synergie among the four musicians as the humming vibration is maintained but layered and combined with idiosyncratic funk-jazz rhythms. At once I understand the beguiling statement featured on the band’s press page: “creating the maximum effect by minimal means”. This is music that makes space within a limited space, yet manages to sound intense and massive. “From self-imposed restriction stems freedom” explains Nik on his website.

In between anything can happen
©Martin Moell
©Martin Moell

The twists and turns inside the strict aesthetic infrastructure are varied, unexpected and occasionally brutal. Tracks merge in and out of one another with liquid low-key starts and scary built-up endings; in between anything can happen. Just as you begin to think you’ve seized the pattern – bang! – here comes a sharp corner ushering in a brisk tempo change, a pregnant pause, an unexpected motive, an anti-pattern or perhaps just a slight percusiive tap on the inside of the piano. The yin and yang of tension and release are constant key elements, (brilliantly exemplified by a loud, almost orgasmic, gasp from an audience member during an unusually abrupt stop mid-flow in track 5). To quote a You Tube comment “It goes right in the body. Ronin can sometimes feel like a drug”, no snoozing on this risky rollercoaster, Nik himself describes his musical thinking as “ecstasy through asceticism”.

What’s clear though is that Nik is having fun…

A big engaging smile encourages the interlocking rhythms between him and his band members. There’s a lot of playfulness going on in the groove habitat despite the apparent strict code of conduct. Sha on the bass clarinet shuffles and whispers like a discreet background vocalist, yet is in fact unifying the electrical force field. Kaspar Rast on drums is raw and explosive when pushing outwards from the framework . Thomy Jordi on bass is the funk master from whom the mesmerising groove stems. This is a band that meets every Monday at 2pm in Zurich to play in a workshop environment open to all members of the public, so to assume that Ronin is a musical concept best appreciated by the brainy and pretentious is a total fallacy. Tonight’s audience is made up of novices as well as diehard fans, and both types leap to a rapturous standing ovation once released from the deliciously dramatic tension.

Nik Baertsch: piano, Fender Rhodes

Sha: bass clarinet, alto saxophone

Thomy Jordi: bass

Kaspar Rast: drums

Nik Baertsch’s Ronin played @ The London Jazz Festival (Kings Place), 23rd November 2013.

Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow), chapitre 6

Johann Bourquenez_autoportraitDernier chapitre du journal de Johann Bourquenez, pianiste et compositeur de Plaistow, qui était en tournée en Inde du 23 au 30 novembre. Pour les épisodes précédents, voir les liens ci-dessous:

 
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5

30 novembre 2013 – 11h20 – aéroport de Bangalore, puis dans l’avion

Tout s’est accéléré, on fait maintenant un concert par soir dans des villes différentes.

Jeudi soir, concert au Edward’s Theater à Mumbai. On est le premier groupe à jouer dans cet endroit depuis au moins 70 ans, la salle à été utilisée comme cinéma pendant longtemps. Très beau théâtre, avec deux étages, bleu et blanc, des petits couloirs pour aller dans les loges, un bon piano et plus de 500 personnes. On a fait un concert bien intense, une heure parce qu’on est en première partie de Erik Truffaz. Standing ovation. Puis on boit quelques verres de blanc dans la cour, et on bat notre record de vente de disque en Inde (37). On rentre en taxi. En quatre jours à Mumbai, j’y ai pris quelques habitudes et repères, on peut situer l’hôtel par rapport à Bandra et le Sea-Link…

IMG_4443Vendredi, départ le matin pour Bangalore. une heure et quelque de vol. Aéroport à plus d’une heure de l’hôtel, une petite route en bon état, qui traverse des petits bleds pleins de gens, de terre rouge, de poules, de vaches, de petites maisons, un singe traverse devant nous. Toujours la conduite au klaxon (qui définitivement, sert à annoncer sa présence, et non pas à signaler son mécontentement), des motos à droite et à gauche, des vélos…

On arrive dans un hôtel ultra-business, piscine à degrés et à eau affleurante, spa, baignoire, fauteuil tigré noir et blanc, ma chambre m’inspire un truc comme une version Bollywood de “2001 l’Odyssée de l’Espace”.

Concert dans un club privé, des gens venus parfois d’autres villes pour nous voir, et d’autres plus américano-français-expat-beauf-friqués, le même modèle qui vient aux concerts de l’AMR pour parler et qu’il faut souvent recadrer d’un petit: “Could you please talk soflty, some people here actually try to listen to the music.” Difficile et fatiguant. Mais on a bien joué, des versions plus longues de certains morceaux. On rentre avec le taxi de l’hôtel, et on fume une cigarette avec Shrini sur la terrasse déserte.

BouddhaNotre civilisation bat de l’aile, tout s’effrite et ça se sent, différemment à différents endroits. C’est une chose de le comprendre. C’en est une autre de l’accepter. On parle de cette idée que cette civilisation – celle-là, et toutes les  autres – ne nous appartient pas. Un peu de silence, on regarde par le balcon. On en vient à considérer chaque ville comme un animal, puis tout le réseau des villes et des constructions humaines comme une seule entité cybernétique. Quelque chose qui nous dépasse, avec lequel on est en symbiose. Sans s’en rendre compte, et même en se sentant important.

Le soir à Bangalore, l’air est plus frais qu’à Mumbai. C’est la Silicon Valley indienne, c’est ici que les entreprises occidentales délocalisent leur sale boulot informatique ou de gestion (du développement logiciel à la hotline.) c’est peut-être ici que Swiss airlines délocalise sa comptabilité…

Ce matin on refait la route de l’aéroport dans l’autre sens. Je sens que je n’ai vu que des villes, qu’il y a une campagne qui commence au bord de cette route, avec de la terre rouge, des poules et des citernes d’eau. Je passe “Catch a Fire” dans la voiture. Avec ce paysage, cet album ne fait pas son âge (40 ans). J’ai l’impression qu’on pourrait croiser les Beatles au hasard d’un carrefour. J’ai l’impression que l’inde s’en fout un peu de notre temps historique d’Occidentaux spectaculaires et pressés.

GoaOn va atterrir déjà. La pression me fait mal aux oreilles. J’ai le nez pris à cause de la climatisation. On arrive à Goa. Quel nom mythique. Je ne sais pas à quoi m’attendre. C’est le dernier concert de cette tournée.

Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow) en Inde, chapitre 5

Chapitre 1: ici
Chapitre 2:
Chapitre 3: here
Chapitre 4: there

Jeudi 28 novembre, 9h30

Johann Bourquenez and Plaistow en balladeL’après-midi, je dors pendant le trajet en plein trafic dans la voiture de Shrini. C’est fou mais ça se me surprend déjà plus trop ce chaos. Il y a quelquefois où je sens que le surréalisto-mètre est dans le rouge (les croisements sans feu où tout le monde roule pare-chocs contre pare-chocs, les familles avec enfants qui traversent des triple voies au milieu des bus et des motos…)

Chez Shrini, je lis quelques paragraphes de Krishnamurti. En substance : se focaliser sur les résultats, ou sur l’expérience acquise, c’est la mort. La vie c’est l’action, pas le résultat. experiencING instead of experiencED. Et aussi : la discipline, la concentration, c’est réduire les possibilités, en choisissant un aspect de l’esprit au détriment d’un autre. La création, la découverte, ne peuvent apparaître que dans un esprit libre.

Bon concert au Bandra base, petit endroit “underground” (ou plutôt “indépendant”) ou Emma gère la programmation. Un bon piano droit qui tient la route, la plus petite grosse caisse du monde, une trentaine de personnes enthousiastes. Petite jam dub à la fin avec deux saxophonistes locaux. Le propriétaire est un Californien, la cinquantaine, il finit par un speech:”Please educate yourself about climate change. In 20 years this place will be under water.” C’est vrai que toute la ville est plate et au niveau de l’Océan, pas de digue ni rien.

On en parle un peu. On parle de nos voyages en avion. Il dit : “On le fait tous. On n’a pas le choix.” L’après-midi, Shrini disait : “Nous n’avons plus d’autre choix que de vivre dans le présent. Ça fait 40 ans que tout le monde vit dans le futur en croyant que ça ira mieux plus tard.”

IMG_3769Le soir on mange dans un restau chinois. Le Californien en question à étudié “quand il était jeune, c’est-à-dire il y a longtemps” les rythmes indiens et donne quelques explications sur le Tintal, compter avec les phalanges, décomposer les patterns en 3,4,5, etc. Quand je dis que je m’attendais à ce que la tradition musicale indienne soit plus présente: on ne l’entend pas, on n’en entend pas parler, ni dans la rue ni a la télé, on ne rencontre pas de musiciens qui jouent ça. Il me répond que, comme partout, les gens veulent ce que veut le voisin et ce qui est à la mode, ce qui est brillant et a du succès, c’est-à-dire, les conneries que j’ai vues à la télé.

Il dit aussi qu’on est un groupe qui réussit la synthèse d’éléments très différents, sans que ça soit parallèle ou anecdotique (Steve Reich + Dub + musique orientale + jazz + …) et qu’il n’avait jamais entendu ça.

Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow) en Inde, chapitre 4

Chapitre 1: ici
Chapitre 2:
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Mercredi 27 novembre – Mumbai – hôtel – 13h

Je perds le fil des jours – normal en tournée – je ne sais le jour et la date qu’en regardant sur mon ordi.

Lundi soir, on est sorti faire un tour des bars de Bandra avec Shrini. Il habite là. C’est le quartier des artistes et des resto pas trop chers. En Inde la bière standard c’est la KingFisher, et c’est bon.

Johann Bourquenez_gareMardi, on est parti à 10h de l’hôtel pour aller à South Bombay, le quartier plein de bâtiments victoriens et de touristes. On est resté quatre bonnes heures, entre le “India Gateway”, la station de train qui ressemble à une cathédrale, les marchés de rue et un petit atelier de photo au fond d’un couloir humide dans une vieille baraque.

Je transpire beaucoup, et je ne suis pas sur que le jus de canne a sucre est bien passé…

L’après-midi, workshop à la “True School of Music”, on joue 30 minutes puis on parle avec les étudiants, c’était intéressant pour tout le monde, on leur a parlé de nos façons de composer ensemble, des limites du rêve démocratique dans un groupe, de la diffusion sur internet ou pas. J’ai même parlé de mes exercices très lents et dit que ce qu’on aborde dans une école on peut mettre 10 ans à l’appliquer, parce que ça demande d’être disponible (ce qu’il m’est arrivé)

Rencontre avec les jeunes profs et ingé son, français, américain, anglo-indiens. On rencontre aussi Emma, qui a booké nos concerts et le workshop. Elle est là depuis dix ans (on peut dire qu’elle kiffe) et elle essaye de sortir de Mumbai 2 jours par mois sinon ça rend fou, surtout le bruit.

Un resto trop cher le soir. Puis j’ai passé une nuit de 11 heures à transpirer et à me sentir plutôt merdique.

J’ai regardé des clips à la télé et c’est horrible. Apologie de l’alcool, de la violence, des flingues, confusion entre sexe et amour, etc… Comme partout. Il y a un film qui sort le 29, Bullet Raja, une grosse prod bollywood, j’en ai vu 5 bandes annonces et les commentaires de la presse et des people.

Johann Bourquenez_sur les quaisCe matin ça va mieux. Certainement mon corps doit s’habituer au changement de climat de nourriture…J’ai fait un tour sur les “quais” à côté de l’hôtel, pris des photos. Il y a ce pont au dessus de l’océan qui va à Bandra, qui est énorme. L’air est épais et il fait bien chaud (30 degrés), je transpire tellement, et je ne sèche pas après la douche.

On repart à 14h, ce soir on joue dans un club, on rencontre des musiciens locaux, et demain on fait la première partie de Erik Truffaz au Edward’s Theater.

Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow) en Inde, chapitre 3

Chapitre 1: ici
Chapitre 2:

Lundi 25 novembre – 16h50 – Mumbai, hôtel.

Ça devient plus difficile d’écrire, en français et à chaud.

Mumbai (Bombay) c’est 20 millions d’habitants avec une densité de 10.000 hab/km2 (la même que Genève !). C’est dense. Il se passe toujours quelque chose. Un genre de paradis du photographe… Mais je ne fais pas beaucoup de photos, je préfère rester disponible aux moments qui passent.

Hier concert dans un joli club – terrasse, un public plutôt friqué en train de boire des coups l’après-midi, pas vraiment attentif ni intéressé par nos trucs métaphysiques qui demandent d’être à l’écoute. On a fait deux sets.

Dans la nuit d’avant Shrini a écrit, dans la suite de notre conversation, un bon article sur notre concert de Hyderabad. Je poste ça sur facebook…

Que faire avec Facebook, que faire avec le pétrole… Impossible de s’en passer pour vivre dans ce moment bizarre de l’humanité ?

Le soir on boit quelques bières et je parle avec Shrini de la fin de mes années à Toulouse, l’Espagne, le désert, le restaurant, la chine… Je m’entends lui dire un truc d’inspiration franchement bouddhiste : “On prend nos projections et nos interprétations du réel pour la réalité, on croit que c’est du solide, et en fait c’est une illusion, ça ne résiste pas à un changement de point de vue, à certaines expériences.”.

On est rentré en rickshaw, à quatre sur la banquette arrière.

Sommeil difficile, il fait chaud, je flippe un peu de toutes ces maladies tropicales potentielles – on s’est tous fait vacciner avant de partir – je me couvre d’anti-moustique. On entend des rires depuis la terrasse en bas, et après, régulièrement, la sirène des trains. Je m’imagine qu’il en va des trains comme des voitures ici, il faut faire sa place dans le trafic…

Je rêve beaucoup, de tout en même temps, et je ne me rappelle pas de beaucoup de chose en me réveillant.

Aujourd’hui, sur la route entre Pune et Mumbai (4 heures de voiture, avec un bon chauffeur qui ne nous terrorise pas. Je peux même dormir un peu), des paysages magnifiques, des collines, il y a un genre d’herbe jaune et haute qui recouvre tout, même les toits des maisons pas entretenues ou à l’abandon. Les camions sont décorés comme au Moyen-Orient, pleins de couleurs et de dessins. Il y a cette inscription qui revient souvent sur la face arrière et que je ne suis pas sûr de comprendre: “HORN OK PLEASE”. Je comprends beaucoup mieux: “PLEASE KEEP DISTANCE”. Toujours ce trafic incroyable. Il fait chaud.

Il y a des perroquets sur le fil électrique qui passe devant ma fenêtre, on entend des cris d’oiseaux inconnus, et on voit un peu l’océan qu’on a longé en arrivant.

Sur les sets de table du restaurant, des photos de Mumbai à la fin du XIXè siècle. Dans les légendes, des noms d’officiers de police et de gouverneurs anglais qui font plutôt flipper. Et puis ce truc de la modernité, les trams, les voitures, des chevaux et des façades, toutes les villes occidentales ou d’anciennes colonies se ressemblent beaucoup à ce niveau-là. Ça fait un genre de point commun entre Mumbai et Gaillard !

Je m’entraîne à dire oui en hochant la tête de droite à gauche. Et comme je me dis que cette façon de dire “oui” est la même – d’un point de vue “physio-social” – que d’exprimer un rythme, je m’entraîne à groover “à l’indienne”, en hochant la tête sur les côtés plutôt que d’avant en arrière, et c’est pas facile…

Les Indiens sont souriants, et les conversations vont rapidement sur des sujets comme “comment être heureux”. C’est peut-être une clé pour comprendre l’engouement des occidentaux qui adôôôrent l’inde ? Chez nous on est beaucoup plus cynique.

Il y a aussi ces énormes structures de panneaux de publicité à l’abandon, rouillés, qui symbolisent quelque chose d’assez monstrueux. Parfois il y en a un avec une nana dans une piscine, pour vendre un appart de luxe dans une nouvelle résidence ou un téléphone, et c’est encore pire.

Le journal de Johann Bourquenez (Plaistow) en Inde, chapitre 2

Si vous avez raté le chapitre 1, c’est par là!

Dimanche 24 novembre – 10 h – dans l’avion de Hyderabad à Pune

300 personnes au concert de Hyderabad hier, piano droit qui ne tenait pas l’accord au fur et à mesure du concert, Cyril sur un stand de batterie, standing ovation après un concert de 1h30, on signe des autographes et on pose pour les photos…

Discussion intéressante autour d’une bière a l’hôtel à propos de la différence entre l’intensité des concerts et ce qu’on arrive a canaliser sur les disques et les vidéos. Shrini dit, comme beaucoup d’autres, qu’il ne s’attendait pas a ce niveau de quasi transe, ni à voir le public – plutôt conservateur selon lui qui est né dans cette ville – autant réceptif et touché.

Ce matin petit déj excellent, potage de légumes, petites crêpes… Je suis aussi allé au gymnasium transpirer un peu.

Puis taxi pour l’aéroport, toujours cette circulation chaotique. Mais en fait, qui est le plus stressé entre un conducteur genevois et un indien ? Il n’est pas rare par exemple qu’un automobiliste a Genève ACCELERE quand un piéton essaye de passer au rouge, alors qu’ici où tout le monde essaye de passer et klaxonne tout le temps, il semble qu’il n’y ait pas la même expression dangereuse de frustration.

A propos du non port de casque en moto et scooter, on se dit que c’est pour ne pas avoir l’air d’une poule mouillée.

On se demande aussi comment on passe son permis de conduire ici, et à quel moment la police arrête une voiture ou une moto, qu’est-ce qui est vraiment interdit. Shrini dit en plaisantant : “This is true democracy, people really do what they want.”

Elina Duni Quartet @ the London Jazz Festival

BaO_DuniYou physically feel the power of Elina’s cry

Elina Duni is a storyteller and from the moment her first ever London concert began she unapologetically took us, barefoot, from the Queen Elizabeth Hall into the forests and mountains of Eastern Europe. And into a culture of stirring tales of family bonds, passionate love, loss and longing. You physically feel the power of Elina’s cry, the emotional quivering of the Balkan vibrato and resonance of the words (even though most of us didn’t know the language) and along with her quartet she held the audience rapt

“The magical part is what’s happening between us, our interplay”

Elina’s lifeblood is both the folk music of her birthplace, Albania, and improvised music. “The magical part is what’s happening between us, our interplay,” she explained to me and over the nine years they’ve played together they’ve evolved ways to hold Elina’s stories (two were traditional songs passed to her by grandparents) without crushing them under the weight of jazz improv or, more to the point, not being eclipsed by them and Elina’s charisma. In The Girl of the Waves Elina’s ethereal vocal sounded as if it was floating on the wind, being carried to the bird that the girl is questioning about her missing lover. Colin Vallon’s piano felt like the bird’s reply, sweet yet with edgy minor keys to hint at tragedy.

“The earth beneath us”

Elina Duni_PF2I have to admit I was entranced by Colin’s imagination; he is a potent voice and I want to check his own trio now. At times he played with such melancholy it broke my heart, then in a moment, flashed his anger or became cold, like ice cubes dropping into Elina’s blood-red cocktail, cracking and clinking, changing the temperature. He used various techniques to physically alter the piano, deadening the resonance or twisting the keys into cimbalom-like notes, revealing a Balkan soul whilst never breaking the spiritual thread of jazz.

The drumming of Norbert Pfammatter was sensitive and swinging. He made every beat count and at a pace that clearly said, ‘I’m taking my time, got a problem with that?’ He used bundles of thin sticks to create an effect between brushing and drumming and exuded a yin quality: soft but dark, tapping out a funereal rhythm or taking us into a tribal trance. The double bass of Patrice Moret stayed warm and solid, ‘The earth beneath us,’ as Elina described it.

Albanian blues

A rendition of Nënë Moj, a son sorrowfully telling his mother he must leave to his homeland to work, was a highlight. Elina described it as Albanian blues and it’s the flavour of the quartet’s next album. If it’s half as thrilling as their performance it will blow your socks off. I did want to hear a wider range of sounds and ideas but admittedly it was a short set. I think it will be vital for the quartet to establish the breadth of their creativity in the future. After the gig finished, I heard a woman behind me say, “You can feel the root, the tradition and that’s what she is.” I would add that Elina is genuine, humble and only at the start of exploring her full compelling potential.

 

Elina Duni played @The London Jazz Festival (Southbank), 19 November, 2013.

Next concerts:

23.11. 2013, München (DE), Unterfarht
06.12. 2013 Fribourg, La Spirale (Elina Duni & Bessa Myftiu, lecture-chant)
25.12. 2013 Bern (CH), Bee-Flat, Elina Duni & Colin Vallon
05.01.2014 Toulouse (FR), salle Nougaro
16.01.2014 Paris-Pantin (FR), Festival Banlieues Bleues, la Dynamo
17.01.2014 Auray (FR), Centre Culturel Athena

Samuel Blaser: Trombone Man

SamuelBlaserLacPosterSamuel Blaser doesn’t mess around. The 32 year old formed the Samuel Blaser Trio with Marc Ducret and Peter Bruun six months ago and they’re already on their third tour touching down at the Festival Jazz Onze+ in Lausanne, London Jazz Festival and playing Poland and Italy in the next couple of months.

You need Sherlock Holmes to deduce which bands he was, is, or will be, performing in

In the last few months he’s toured as a duo with Ducret in Brazil (“There is an opening market there,” he says, due to the SESC cultural centres), released a CD with Consort in Motion, the international outfit that included revered drummer Paul Motion until his death in 2011 and has been to Japan with his new solo venture, “It’s like a marathon for trombone,” he tells me of the hour-long performances.

“A lot of time I don’t like the way the trombone is played…

When I ask him how he keeps his ‘creative well’ topped up, with so many projects on the go, he looks at me questioningly, “I don’t feel like I need to be inspired.” He just listens to music every day, “Yesterday I listened to…Burning Spear, Dennis Bovell [with whom Samuel also plays] then some Polish pop, and today Maria Callas, Beethoven and Joe Henderson, all kinds of music, yeah.” And it was Vinco Globokar and Berlioz that originally fired his love of trombone, “Those guys really pushed the boundaries of the instrument and that was really inspiring.” He moved into jazz through his mum’s love of the music but says, “A lot of time I don’t like the way the trombone is played…I try to keep the natural way of the trombone to express myself and to have new extended techniques.”

He refesamuelblaser3rs to his trombone as ‘her’

It’s a true romance (he refers to his trombone as ‘her’) that began after seeing marching bands when he was two years old. He couldn’t say the word, ‘trombone’, so tried to make a sliding movement to his parents then held onto his dream until he was nine when his arms were (almost) long enough to play. He progressed rapidly at the local conservatory in La Chaux-de-Fonds, winning awards, praise and a Fullbright scholarship to study in America.

“Maybe if I call myself ‘Trombone Chubby’…”

It’s when I ask whether he has to ‘compose to order’ that he remembers the tribute to Jimmy Giuffre he’s recording next year with, due to his own suggestion to Fortune Records, Ravi Coltrane. “I don’t like to record an album only with material written by someone else. I need to add my touch so that I feel it is mine,” Blaser comments. Last month saw the release of a recording made with Benoît Delbecq and Who Trio’s Gerry Hemingway that charted in Billboard’s top 50 jazz albums. “Maybe if I call myself Trombone Chubby…” he quips with reference to Trombone Shorty’s chart success.

He keeps his spirit light

It’s not all fast and plain sailing as Blaser explains, “I still cannot really break through into France and I’ve been playing with French musicians since 2002.” He also has to find a label for a solo recording made with ‘sound designer’ Martin Ruch in various rooms of the ex-DDR radio station in Berlin. He knows it’s not an easy sell, but says it with his ever-optimistic smile. It’s the Blaser secret: he doesn’t spend time on things that don’t work or he doesn’t like to do (a good manager helps) and he keeps his spirit light. While he has a smile on his face, a shiny trombone in his hands and a song in his heart, I’m sure Blaser will maintain this incredible workload and find out who he really is as a musician.

Samuel Blaser is playing London Jazz Festival (Oto Café), the 17th of November.

Who Trio @Festival Jazz Onze+

Who Trio_HemingwayWhen I hear a band like Who Trio, I feel I need to get out from under my rock and listen to a lot more Swiss-based music. Playing together since 1995, they thrilled Lausanne’s Jazz Onze+ Festival last week with highlights such as drummer Gerry Hemingway losing himself in a cave of pounding beats that never hit us like falling rocks but swung with such power and groove we could hardly stay in our seats. But I’m getting ahead of myself – a key to imagining their performance is to know how they looked.

Three toddlers, who are black belts in music improvisation

Who Trio_WintschPut simply, three toddlers. Who are black belts in music improvisation. The way they played, stroked, tweaked, plucked and beat the living daylights out of their instruments, was as creatively done as it could be. Michel Wintsch was often hunched over the piano like Schroeder from Charlie Brown as if to control his delicate touch, or plucking strings under the hood of the piano like a car mechanic. Gerry also used physicality to direct energy into his drum kit, emphasizing beats be they furious or almost inaudible. He’d throw his head back and release vocally, serving us with scraps of a monologue; mutterings of the crazy guy who loiters on a street corner. Inventive sounds and ideas were continually mushrooming from this trio.

animalistic whines, walking bass, scratches…

Who Trio_Oester

Whatever Baenz Oester created with his double bass there was clarity and conviction: animalistic whines, walking bass, scratches, deep twangs and a series of Bach-like notes that I found particularly moving. It was the trio’s emotion and revealing of vulnerability that stood their performance apart and gave it resonance. Michel’s work as a film and theatre composer showed itself in glimmers of exquisite melodies and perfectly imagined chords that were authoritative yet melancholic.

It is a feat to improvise a full set without pausing but I wanted breaks in the music so we, the audience, could express and release our responses and also so the trio had a chance to start a piece, afresh. There was a tendency to build the tension, bring it down, then re-build the sound and this became a little predictable as a landscape. However, the music never was and the view was continually riveting. I can’t wait to hear more.

 

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