Son nom d’artiste laisse peu de doutes son pays de résidence. Heidi Happy s’y est d’abord fait remarquer par sa voix haute, son approche folk-pop-country et son bazar d’instruments. Son dernier opus, « Hiding with the Wolves », la montrait plus sérieuse, accompagnée d’un ensemble de cordes.
Son quatrième CD, « On the Hills », synthétise ses précédentes approches musicales. On y trouve encore un peu de son bric-à-brac musical – glockenspiel et accordéon – à côté de violons. Des éléments qui ne sont plus un but en soi, mais intégrés à son univers en construction. Parfois joyeuse, par exemple dans ce «Patient Heart » où son cœur fait « Boo Boo Boom ». Heidi Happy fait la folle, jongle avec sa voix, les samples, les cordes, les sifflets. Elle qui gardait jusque ici la main haute sur l’écriture et les arrangements des morceaux a partagé cette tâche avec son pianiste Ephrem Lüchinger. Essentiellement composé dans son antre lucernoise en une semaine, mais aussi au Canada, ce disque manifeste d’une artiste épanouie capable de lyrisme, de s’offrir un duo sombre avec le songwriter américain Scott Matthew ou de chansons d’amour avec une musique qu’on croirait tout droit sorti de la bande-son d’un western de Sergio Leone (« Land of Horses »). Egerie de Stephan Eicher ou Yello, Heidi Happy s’est offert un album léger et ludique. Une respiration bienvenue qui va peut-être l’inciter à l’avenir à oser se mettre plus en difficulté. Heidi Happy, On the Hills, Silent Mode/ Irascible
On a demandé au chanteur et compositeur pop suisse romand, Nicolas Juillard, aka Fauve, de nous faire une sélection de 5 disques qu’il emporterait sur une île déserte. Voici sa réponse:
“Précisions d’emblée que je me méfie des îles désertes. La mélomanie, comme je la conçois, est surtout faite de diversité, d’envies changeantes et de goûts discutables. Le problème avec les choix d’île déserte, c’est qu’on se sent obligé d’envisager le long terme, et du coup, on table sur des classiques insubmersibles, alors qu’au quotidien, on sera parfois plus heureux d’écouter un Joe Henderson de série B que le toujours génial Coltrane, un Pretty Things erratique plutôt qu’un Beatles, ou un bon Nôze en lieu et place de Stevie Wonder. L’île déserte idéale, c’est évidemment celle qui contient tous les disques de la création. Ceci étant posé, voici sans ordre particulier, mon top 5 temporaire…”
Beatles, “White album”, 1969
La définition la plus large, donc la meilleure pour moi, de ce qu’est la pop. Un laboratoire fabuleux gorgé d’inventions baroques et de tubes insensés, portés par une jubilation d’exécution communicative. Modèle absolu.
Tim Buckley, “Lorca”, 1970
Pink Floyd, Miles Davis et Leadbelly se donnent rendez-vous sous les étoiles. Un ovni d’une audace farouche, d’un lyrisme et d’une hauteur de vue inégalés, enregistré dans cette année miraculeusement féconde, 1970. A 23 ans… Dans la même pochette, je glisserai bien en douce le “Laughink Stock” de Talk Talk et “Died In The Wool” de David Sylvian.
Nusrat Fateh Ali Khan, En concert à Paris (5 volumes), 1985
Pour passer le temps sur un île déserte, quoi de mieux que des pièces de 20 minutes qu’on peut écouter en libre succession, perdant toute notion de l’espace et du temps? La beauté stupéfiante des voix, la fausse simplicité de cette musique sacrée dont je ne sais presque rien m’enchante depuis que j’ai découvert ce coffret miraculeux, à Paris, justement.
Harco Pont, “Jibberish”, 2003
Un disque j’ai essayé en vais de faire adopter par tous mes amis. Des ébauches de chansons, des miniatures funk, blues, folk, electro qui partent dans tous les sens, un côté lo-fi magnifiquement maîtrisé par un Hollandais dont j’attends désespérément des nouvelles. A chaque fois que j’écoute, j’ai l’impression d’entendre une suite de démos, telle que j’en fais dans mon iTunes pour mes propres disques. Sauf qu’ici, toutes les idées sont géniales.
Richard Wagner, “Der Ring Des Nibelungen ” (Georg Solti, Wiener Philarmoniker, 1958-1965)
Une oeuvre-monde, quoi de mieux pour l’île déserte? Difficile de retenir une seule interprétation de ces quelque 15 heures dans lesquelles chaque seconde fait sens. La puissance inouïe de cette musique la richesse thématique et le goût de l’épopée font que j’y reviens régulièrement. J’ai logé une allusion discrète à l’Or du Rhin dans la première chanson de mon dernier disque “Cotton Fields”. Dans le passage de rupture, façon chant de bagnards, on peut deviner le martèlement rythmique des nains de la mine dont Wagner, en génie visionnaire, a fait les esclaves du libéralisme avant la lettre, inventant au passage l’électro industrielle.
Sparen wir uns die Vergleiche mit anderen musikalischen Größen: Heidi Happy klingt nach Heidi Happy! Eine versierte, vielseitige Musikerin, die nach eigenen Angaben ein „Control Freak“ ist. Die, wenn sie nicht gerade die Folkmusik modernisiert, auch mal musikalisch fremdgeht, ob nun mit GeilerAsDu, Yello oder Zwicker.
Folk oder Singer-Songwritertum als gängige Genre-Schubladen reichen für eine musikalische Beschreibung von Heidi Happy nicht aus. Die Frau macht mehr, kann mehr und hat privat wunderbarerweise sogar ein Faible für Country-Musik.
Heidi Happy veröffentlicht ihr Album „Hiding With The Wolves“ bei Two Gentleman, einem der besten Label der Schweiz, welches unter Kennern in der Euro-Label-Liga im gleichen Atemzug mit Cityslang oder Excelsior Records genannt wird.
Was liegt da näher, als sich von Heidi Happy selbst Heidi Happy und auch ein klein wenig die Schweiz erklären zu lassen:
Wie geht es dem Sedel in Luzern und wie kam es zu der Zusammenarbeit mit GeilerAsDu und zuvor mit Yello?
Heidi Happy Der Sedel ist einer der wenigen noch übrig gebliebenen alternativen Kulturräume Luzerns und ist enorm wichtig für das Kulturgeschehen Luzerns.
GeilerAsDu wollte einen Remix von Who You Are von Zwicker feat. Heidi Happy machen. Sie haben mich dann angefragt, ob das okay wäre und mir eine erste Fassung geschickt, die deutlich langsamer als das Original war. Deshalb wurde mein Gesang verzogen und ich habe entschieden, ihn besser nochmals einzusingen.
Boris Blank von Yello hat einen Song von mir am Radio gehört und sich daraufhin ganz scheu per E-Mail an mich gewendet und gefragt, ob ich eventuell Interesse hätte, auf ihrem neuen Album zu singen. Er hat mir dann Songskizzen geschickt und ich hab ihm erste Entwürfe meines Gesangs und ein paar Backing Vocals-Vorschläge zurückgeschickt, dann haben wir uns bei Yello im Studio getroffen und die Sachen aufgenommen und Boris hat die Sachen danach nochmals neu arrangiert.
Welche Musik/Künstler hörst du gerade selber gerne?
Wie viel Instrumente spielst du eigentlich und welches von denen liegt dir besonders?
Heidi Happy Besonders liegt mir nur die Stimme. Im Duo spiel ich noch Gitarre, Loop Station, Kinderschlagzeug, Melodika und Glockenspiel. Auf den neuen Aufnahmen und auf Tour mit Stephan Eicher hab ich auch noch Vibraphon gespielt. Und ab und zu spiel ich auch Blockflöte. Ach ja, und früher spielte ich Klavier und Cello.
Du kommst viel rum. Fallen dir Unterschiede oder Gemeinsamkeiten zwischen deinem deutschen Publikum und dem in anderen Ländern auf?
Heidi Happy Was mir auffällt ist, dass die Leute in jeder Stadt wieder anders sind. Die Deutschen empfinden wir als ein sehr dankbares, wertschätzendes Publikum.
In Deutschland gibt es gerade anlässlich der jüngsten Wahlerfolge der Piraten-Partei eine große öffentliche Debatte zu Themen wie dem Urheberrecht und illegalen Downloads. Wie nimmst du diese Diskussion als Musikerin auf der Durchreise wahr?
Heidi Happy Beim Ausfüllen der GEMA-Liste kommt oft irgendein Kommentar dazu. Wir suchen auch in der Schweiz eine Lösung zu diesem Problem.
In einem Interview auf RegioTV sagst du, dass das deutsche Publikum dich und deine Musik unvoreingenommener wahr nimmt. In der Schweiz dagegen hätten deine Konzertbesucher eher ein Bild von dir vor Augen, wie über dich in den Medien berichtet wird. Was würdest du dir von Journalisten wünschen, wenn sie sich mit deiner Musik bzw. mit dir als Musikerin auseinandersetzen?
Heidi Happy Viel Zeit, und dass sie sich mehr mit meiner Musik als meiner Person auseinandersetzen. Ich würde behaupten, dass meine Musik viel erzählt. Wenn man die Lieder schnell schnell durchzappt, kriegt man die Geschichten nicht mit.
After her german tour, Heidi Happy will be playing duo show with Ephrem Lüschinger (keyboards) in Canada and USA.
Canada, Vancouver, The Main, 31.05.2012, Falconnett’s, 01.06.2012.
USA, Portland, Mother Foucault’s Bookshop. 05. 06.2012. Oakland, The Uptwon Nightclub, 08.06.2012. San Francisco, Amnesia Music hall, 10.06.2012. Los Angeles, The Hotel Café, 12.06.2012. San Diego, 98 Bottles, 13.06.2012