Rootwords – “Inappropriate Behaviour” (EP) part. I

Rootwords-She-thumbRootwords puise la source de ses créations dans la culture hiphop. Loin de se contenter de recréer l’actuel ou le passé, le rappeur genevois d’origine américaine et zambienne mêle hiphop et influences éclectiques. Le résultat ? Des univers hétéroclites, entre tendances et old school, guidés par le verbe consciencieusement aiguisé de Rootwords, qui mènent l’auditeur dans un voyage musical aux multiples facettes.

Après avoir présenté son premier album, “The Rush” (en 2014), et les EPs de ses débuts sur les scènes suisses, françaises, italiennes, allemandes ou encore chinoises de renom, Rootwords aborde 2016 avec un nouvel EP au concept peu commun. Composé de six titres qui sortiront au compte-gouttes chaque 25 du mois, “Inappropriate Behaviour” oscille entre titres en solo et collaborations avec des artistes des quatre coins de la planète. Toujours plus ancré dans la lignée des artistes citoyens du monde, Rootwords propose chaque mois sur swissvibes  un nouveau chapitre de cet EP avec ses impressions.

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Pour inaugurer la série, Rootwords offre ce mois le titre “Move” en featuring avec Muthoni The Drummer Queen, énergique et talentueuse artiste kényane. Un beat aux basses prenantes où les flow des deux artistes s’allient pour condamner l’hypocrisie du rap:

« Une des choses qui me dérange le plus dans le rap est la capacité de beaucoup de rappeurs  à être “faux” . Leurs chansons parlent de deal, d’armes à feu, d’assassinats, de proxénétisme, d’argent, de voitures, de putains etc. OK, cela ne date pas d’hier, mais je ne l’accepte quand même pas!

« Move » a donc été écrit avec l’intention délibérée de surprendre mon public. J’ai choisi une instru inspirée du trap, composée par GR! et Hook basés en Suisse, sur laquelle j’ai posé des paroles et flows avec beaucoup d’ironie afin de condamner de tels comportements. Cerise sur le gâteau, j’ai invité une vraie artiste africaine, internationale et combattante du nom de Muthoni The Drummer Queen, pour vous montrer ce qui est vraiment bon.

C’est comme ça que le Hip Hop doit sonner ! »    

Rootwords – “Move” (feat. Muthoni The Drummer Queen) est disponible en téléchargement gratuit sur Soundcloud.

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Jonas à bâtons rompus

Portrait2Presque dix ans se sont écoulés depuis son premier album, « Bagages ». Pourtant, la plume du rappeur genevois Jonas n’a pas perdu sa verve. Une plume qui se dévoile aujourd’hui à travers un nouvel album sobrement intitulé « Oxymore ». Une plume précise, où chaque mot est réfléchi et prononcé avec minutie. Une plume qui manie avec tact des thèmes comme l’homosexualité, les dérives du commerce de cacao et de l’esclavage qui en découle ou encore le deuil. Réelle explosion de saveurs musicales, « Oxymore » s’émancipe des contours du hiphop pour exporter le rap de Jonas sur des harmonies voyageuses, entre rock et jazz, orient et sonorités expérimentales. Rencontre.

Peux-tu nous expliquer le choix du titre de ton album, « Oxymore » ?

Jonas Lors de la période de vie où j’ai composé cet album, je ressentais beaucoup de tiraillements intérieurs. J’avais l’impression que chaque position que l’on a, chaque chose que l’on fait, charrie son contraire. Chaque fois que l’on fait quelque chose, on attire son opposé. Cela montre également que tout est un tout. Ces tiraillements intérieurs se retrouvent dans chaque texte. Un oxymore est une figure de style qui rassemble deux termes a priori contradictoires.

Qu’est-ce qui t’a donné le déclic de reprendre la plume, près de dix ans après ton premier album ?

Jonas Je n’avais plus rien à dire. J’ai tout quitté lors de l’enregistrement d’un disque avec le Taxi Brousse Orchestra et l’inspiration n’était plus là. Puis, petit à petit, les choses se sont remisent en place et le besoin de parler et de remonter sur scène sont revenus. Mon épouse m’a alors conseillé d’aller voir le pianiste Maël Godinat. Ensemble, on a commencé à composer des morceaux. Il a signé un peu près la moitié des compositions de l’album. Maintenant j’ai un groupe avec Mathieu Kracher (guitare), Maxence Sibille (batterie), Christophe Chambet (contrebasse) et Cédric Schaerer qui a remplacé Maël (piano).

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Le titre « Génération » donne l’impression d’autobiographie tapissée de critiques de notre société. On sent un basculement dans le texte et dans la musique, juste avant ton couplet sur les années 2000. Mise à part le contexte international de cette époque, est-ce que cela a aussi été, pour toi, un basculement ?

studio3Jonas « Génération » est composé de quatre couplets dédiés à des périodes de vies différentes.  Mais, toute cette période de politique islamophobe, d’hégémonie des USA sur le reste du monde avec l’Europe qui se cache dessous a provoqué des questionnements. Je trouve toujours bizarre de penser qu’on arrive à faire tomber des tours avec des avions sans charges explosives et de retrouver un passeport saoudien dans les décombres. Cela m’a poussé à me renseigner et à user de mon esprit critique. J’ai l’impression que c’est travail insidieux qui vise à amplifier toute cette haine contre les musulmans. Il y a vraiment cette scission dans le monde. Je suis récemment allé au Mali et en revenant on m’a questionné car ce pays est considéré comme terroriste. Au bout d’un moment, on ne sait plus ce qui est terroriste et ce qui ne l’est pas. Si on regarde l’histoire, les résistants face à l’Allemagne nazi étaient considérés comme des terroristes. Si on reprend la définition de la terreur, tout le monde s’y retrouve. Tout est noir ou blanc. Tu es chrétien ou tu ne l’es pas. T’es un noir, t’es un blanc. Ce basculement dans le texte et la musique est peut-être aussi dû au fait que c’est une période où tu commences à devenir vraiment indépendant, à t’assumer seul. Après, ce n’est pas qu’une critique contre la société. C’est une autobiographie qui parle aux gens. Les gens qui ont vécu à la même période que moi, se reconnaissent. C’était une façon de recontextualiser le lieu d’où je viens au travers de références genevoises et parisiennes avec mes vinyles achetés à Tikaret. Je parle aussi de l’arrivé des roms à Genève, de l’arrivé des identitaires. A mon adolescence, tout cela n’était pas présent.

Qui se cache derrière la « Rose des Sables » ?

Jonas C’est un petit homosexuel que j’ai rencontré à Nouakchott (Mauritanie). On était sur un festival de rap où je donnais un atelier d’écriture. Un jeune est venu me voir pour me poser une question. Je m’attendais à ce qu’il me demande comment est la vie en Europe. Mais, il a commencé à me poser des questions sur l’homosexualité. J’ai trouvé cela vraiment touchant. Au bout d’une demi-heure, sentant qu’il pouvait me faire confiance et que je n’allais pas en parler ou le juger, il m’a annoncé qu’il était homosexuel. « Rose » car c’est la couleur qu’on attribue aux homosexuels et « sable » parce que là-bas il n’y a pas de goudron mais du sable partout. Je trouvais que c’était une jolie figure de style pour parler de lui. Son histoire était vraiment touchante car l’homosexualité est très difficile à vivre là-bas. C’est quelque chose de mal vu, que l’on condamne et qui est aussi considéré comme une « maladie » importé en Afrique par les blancs. Là, on parle d’un homosexuel en pays musulman, mais tu peux aussi transposer cette discrimination à un musulman dans un pays islamophobe, à celle d’un jeune juif en 39/45. C’est une question de minorité. Cette rencontre a été un vrai cadeau de la vie et m’a donné envie de parler de son histoire.

Sur le titre « On », tu tires un portrait assez décourageant de notre monde et tu demandes même si cette situation n’est pas de notre faute. Penses-tu qu’on puisse encore changer les choses ?

Jonas Dans « On », j’ai choisi d’utiliser le pronom impersonnel. Des fois je dis, « on nous fait ça » et d’autres fois « on subit ça ». Ce que je trouve intéressant avec le « on », c’est que desfois c’est nous et des fois c’est eux. On ne sait pas qui c’est. Je voulais dire que tout le monde participe. Il y a ce côté où tout le monde se plaint. On a tous un côté Oxymore, on subit tous des choses du système mais, en même temps, on y participe tous. A la fin du titre je questionne même sur l’identité de ce « on » : « C’est qui ce On, ce con, serait-ce moi au final / La farce, le dindon, en phase terminale / Pronom à la drôle de mine, tellement impersonnelle / Qu’il en perd son latin au fond des latrines ». Et j’y fais échos sur « Oxymore » : « Un système qui est la somme de nous-mêmes / De ce que l’on sème, on verra où ça nous mène ». Je pense que le monde dépend de chacun d’entre nous. Mais, quand on est dans ce côté impersonnel et que l’on dit tous « on, on, on, on », on se décharge, on se victimise et on se déresponsabilise.

J’aimerais que tu nous parles un peu d’une phrase du titre « Oxymore » : « Les plus belles roses poussent dans la merde, terreau fertile… »

RefletJonas Le premier exemple est le graffiti (dont je parle d’ailleurs dans le texte) et le hiphop. Regarde le fado, le flamenco, le blues et toutes ces musiques qui ont vraiment la niaque. Elles viennent du ghetto et des lieux où c’était la merde. Donc oui, les plus belles roses naissent dans la merde. Il y a des styles de musiques qui sont nés dans des milieux où l’argent était présent et que je trouve admirable. Mais il n’y a pas cette niaque, cette envie de vivre.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=uGINEEaTkh4&w=560&h=315]

Comment s’est passé la collaboration avec Gael Faye, Rox et Edgar Sekloka pour le titre « Comportement à Risque »?

Jonas On est pote depuis longtemps. On s’est rencontré à un atelier d’écriture il y a environ sept ans. Quand on les a entendu rapper, on s’est dit : « Wow, vous étiez où ?! Enfin des rappeurs qui assument qu’ils approchent la trentaine, qui peuvent avoir de la technique et des textes touchants ». On s’est senti moins seul. C’était un coup de cœur réciproque, la rencontre de nos frères de plume. Niveau fond, forme, c’est la famille. Pour moi, c’était évident de les inviter sur l’album. J’avais déjà commencé à écrire le titre et quand je leur ai envoyé il leur a tout de suite plus. On a composé le refrain en studio et on l’a gardé. En ce qui concerne le thème, c’est quelque chose que l’on a en commun : comment avancer à contre-courant (dans la société et dans le rap). J’ai été bluffé par leur performance.

D’un point de vue harmonique, c’est un album très riche avec des influences rock, jazz, orientales et des éléments plus expérimentaux comme sur « La Baleine ». Pour moi, le hiphop n’y figure que par suggestions…

Jonas Ce que j’ai gardé du hiphop, c’est le rap. Comme pour les frontières territoriales qui ne m’intéressent pas vraiment, les frontières du hiphop ne m’intéressent pas non plus.

Le tapis musical de cet album est construit de manière subtile et recherché. Quelle était ta volonté musicale première ?

Jonas Je voyais quelque chose de vraiment plus perché avec du violoncelle et pleins d’autres trucs. J’ai beaucoup été influencé par le titre « Be Brave » de My Brightest Diamond qui est l’un des meilleurs  morceaux que j’ai entendu ces dernières années. Finalement, on est revenu vers quelque chose de plus rap. Par contre, j’avais cette envie d’enregistrer tout les instruments en une prise et de reposer les voix après. On a fait des concerts avant d’enregistrer pour permettre aux musiciens de vraiment roder le truc et de s’approprier les morceaux. Pour moi, il fallait de bons textes mais également de la bonne musique.

Avec cet album, tu as posé des mots sur notre époque mais tu as aussi cherché des réponses. Tu comprends un mieux le monde qui t’entoure ?

Jonas Je ne pense pas avoir des réponses mais je pense poser des questions plus précises. Je pense que c’est important de garder des questions ouvertes et de ne pas s’arrêter. « Oxymore » parce que les choses ne sont pas telles que tu le penses. Ces gens qui votent UDC mais qui, sur certains points, sont des personnes magnifiques, ces leaders politiques de gauche qui se comportent comme des connards dans le privé. Dans le titre « Sur les toits », je parle de ce besoin d’aller là où je peux mieux voir les étoiles. Quand tu sors d’un concert, tout le monde est ton pote. Quand tu galères un peu, tu vois comment les gens se comportent avec toi. Chaque chose est vraiment une source d’apprentissage. Je pense qu’on est dans une société qui veut donner des réponses toutes faites. Il faut entrer dans des cases. Mais, on est pas dans une époque où il faut donner ce type d’explications. Il faut rester ouvert au questionnement. Ce disque est une invitation à réapprécier le monde pour ce qu’il est. Il y a aussi le deuil, le deuil de la désillusion. C’est pour cette raison que la pochette à un côté carte de condoléances. Il y a des choses qui meurent. Mais, quand cela arrive, d’autres choses naissent.

Le disque

Jonas, Oxymore (jonasmc.com Dist Irascible)
Jonas Oxymore Bandcamp

Live

Genève, Disco Club (en duo), 30 octobre 2015
Nyon, Usine à Gaz, le 7 novembre
Neuchâtel, Bar King, le 21 novembre
Delémont, SAS, le 4 décembre 2015
Fribourg, La Spirale, le 30 janvier 2016

Swiss autumn vibes

vinyle-musique-f15461T650-650x325Et hop, une petite playlist spotify qui met en avant quelques-unes des sorties les plus excitantes de l’automne. Rock, pop, jazz, rap, electro et même un remix en clôture: laissez-vous surprendre par cette sélection helvétique inédite.

 

Avec dans l’ordre:

  • Plaistow, “Mimas” extrait de l’album Titan
  • Evelinn Trouble, “Never Came around” extrait de l’album Arrowhead
  • Puts Marie, “Hecho en México”, extrait du EP Masoch II
  • Phall Fatale, “The Girls, the Beat” extrait de l’album Moonlit bang bang
  • La Gale, “Nouvelle Pandémie”, extrait de l’album Salem City Rockers
  • Grand Pianoramax, “A little more”, extrait du EP Big Easy avant la parution du nouvel album  du groupe Soundwave le 30 octobre
  • Verveine, “Premier” extrait du EP Antony
  • Aisha Devi, “Remix Mazdâ

Ecoutez, savourez et partagez!

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La Gale fait trembler le Romandie avec “Salem City Rockers”

©Mehdi Benkler
©Mehdi Benkler
Vendredi 18 septembre. 22h30…

L’enclave rocailleuse du Romandie lausannois déborde. La foule est réunie pour prendre le pouls du très attendu nouvel album de La Gale : “Salem City Rockers”.

Une scène brumeuse accueille la rappeuse. Métaphore du soir. La Gale se positionne dans la mouvance du rap qui n’a que faire des illusions dorées.

@Mehdi Benkler
@Mehdi Benkler
Son verbe est brut, miroir des réalités qui parcourent son chemin

N’attendez pas de prose fleur bleue, La Gale attire la conscience civile là où certains tentent de la bercer de chimères.

Rap coup de gueule, rap social, rap engagé. La force d’impact de son verbe, quant à lui, trouve sans doute sa source dans la mixité de La Gale : héritage maternel d’une sensibilité sociale orientale, héritage paternel d’une détermination occidentale sans faille. La brume scénique du soir se dévoile comme élément focalisateur. Écouter plus que regarder. Les rythmes, les harmonies, les mots sont l’importance du soir. Le reste n’est que fioritures.

“Salem City Rockers” ne déroge pas aux lois de l’univers de La Gale

la_gale_cover_by_AMMO_300x300_300Son flow et son verbe ont toujours ce caractère brut si particulier. Les récits ouvrent une porte sur un album plus personnel, tout en restant toujours aussi engagé. Un franc-parler punk qui, allié à l’énervement rap, donne à chacun de ses titres une puissance indéniable.

Produit les beatmakers français I.N.C.H et Al’Tarba, l’univers harmonique de “Salem City Rockers” pose ses racines dans la tradition hiphop et fait la part belle aux samples. Sans rester dans les frontières du déjà-vu, l’album s’autorise des voyages bénéfiques en terres éclectiques. Oud et ambiances orientales enveloppent l’excellent “Petrodollars (avec la participation de la chanteuse Paloma Pradal)“.

Effluves bluesy et rock alliées à la profondeur hiphop donnent toute sa puissance à “Qui m’aime me suive” (téléchargeable pour la modique somme de 1.- sur le bandcamp de La Gale). Dérives aux tendances electro sur “5000 km” (feat. DJ Nix’on).

Attitude punk – héritage du passé. Flow hip-hop – encre du présent
©Mehdi Benkler
©Mehdi Benkler

“Salem City Rockers” reflète une alliance subtile aux couleurs variées, une alliance qui puise une grande partie de sa force dans le rock, une alliance tenue en équilibre par la précision du travail des samples.

Scéniquement, La Gale s’esquisse d’un trait à mi-chemin d’univers qu’on a pas l’habitude de marier. Attitude punk – héritage du passé. Flow hip-hop – encre du présent. Sur scène, l’envergure de “Salem City Rockers” se dévoile corps et âme. La Gale ne fait pas que poser ses tripes sur papier, elle les révèle à chaque mouvement.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=fNDlBiZ-lXw]

Salem City Rockers” est paru le 18 septembre sur Vitesse Records et paraîtra le 2 octobre dans le reste du monde.

Prochains concerts:

Paris (F), Festival MaMA, Le backstage By the Mill, le 16 octobre

Niort (F), Festival En Vie Urbaine, le 17 octobre

Milan (I), Expo Pavillon suisse, le 24 octobre

Tour (F), Le Temps Machine, le 6 novembre

Grenoble (F), salle Eve, le 12 novembre

Salon-de-Provence (F), Le portail Coucou, le 14 novembre

Cenon (F), Le Rocher-de Palmer, le 3 décembre

Castres (F), Le Bolegason, le 5 décembre

Lausanne (CH), les Docks, le 11 décembre

Sknail: close encounters of the glitch jazz kind

 

coverNot a great fan of distorted digital noises of any kind, I was not prepared to like the work of Blaise Caillet – AKA Sknail – the main perpetrator of the nu-electronica subgenre called ‘glitch jazz’. However, one must always be ready to eat one’s hat. In the intelligent hands of Caillet, the Sknail project is carried off with such graceful modernity and beauty that no one could begrudge him a few mechanical distortions here and there.

A mercurial soundscape

« Snail Charmers » is the second LP that spearheads this sci-fi fusion of jazz and the dark side of modern electronics. Listening to the album is like stepping into a mercurial soundscape where drums are replaced by subtle, finely-tuned scratches and digital malfunctions. Thanks to Caillet’s gifted production skills, they actually are made to sound beautiful, sitting perfectly at ease next to six professional jazz musicians and their elegant experimentation. The LP is a seamless work, fabulously suited to the soundtrack of a would-be Nordic thriller set in a misty land of half human, half robotic jazz warriors.

This Mad Max journey of confrontation between man and machine.

The chilly, not-quite-human electronic glitches are woven with great craftmanship into the sinuey hues of voice, trumpet, bass clarinet, piano and double bass. The result is a silvery, thin blanket of sound that is far warmer and more welcoming than expected. ‘Snail Charmers’ and ‘Something’s got to give’ are probably my favourite tracks of the year so far. Rapper/narrator/singer, Nya, works wonders with his languid, lilting vocals, adding the needed human guidance along this Mad Max journey of confrontation between man and machine. This work is cleverly thought-out and studied from every angle: concept, sound and visuals. Glitch jazz is indeed a product of our digital times, proving that the conquering and innovative spirit of  jazz can be merged with anything, even “the aesthetic of failure”.

In conversation with Blaise Caillet:

Did you come up with the term ‘glitch jazz’?

Blaise Caillet: Glitch jazz is a subgenre of electronica. When I checked it on google, the term “glitch jazz” already existed. There are mostly DJ productions, in other words an electro beat with jazz samples and some little glitchy sounds thrown in. When I created the “Sknail” project, I wanted to take the word “glitch jazz” quite literally, ie: real glitches with real jazz! It felt really new. Now when you google “glitch jazz”, the first result that appears is sknail.com.

How was your first LP, ‘Glitch Jazz’ received?

Blaise Caillet: Some listeners were shocked and still are now! The first time I heard Alva Noto (pure glitch music) I was shocked too but it’s good to be troubled or affected when listening to new music. Personally, I always look for this sensation when listening to music. The first Sknail LP was generally well received by people looking for these kind of sensations. I prefer developing an original musical project, taking a path where nobody has gone before, even if it’s something shocking or displeasing.

Drums? Is this the role of the glitches?

Blaise Caillet: Yes, you can look at it this way. The glitches are micro samples and micro sounds stemming from machine failures, electronic malfunctions. When these micros samples are cut, clipped, treated, stuck together, you can get a very smart and definite percussion sound.  In the end, the way to give a pulse to a track doesn’t matter, the important thing is getting the pulse, feeling the vibe. Also, using glitch rhythms in electronic music gives a different, finer sound than the “classical” electro drum machines. It results in a different aesthetic.

A lot of the tracks on both LPs have a very filmic, soundtracky quality. Do you plan to work in this domain?

Blaise Caillet: Yes I do. I worked last year with a French producer to adapt a Sknail track for a short movie that was featured in the “Nuit des Images” at Lausanne’s Elysée photography museum.

The timbre of the music has a beautiful melancholic quality. Do you think glitch jazz can ever be upbeat and joyful?

Blaise Caillet: I always use minor and modal (without harmonic changes) tonalities in this project. That gives a very specific mood to the music with a melancholic timbre. This timbre is specific to a certain kind of avant-garde jazz and, when it’s mixed with a cold and clinical electronica glitch music, it transcends itself. This is what I’m into: mixing the timbre and the styles, finding new aesthetics. At the beginning, I tried to make some tracks that were joyful and upbeat, but that didn’t work. They had a kitschy side, a kind of a hopping experimental electrojazz house sound which wasn’t what I was after.

Your rapper, Nya, touches on some relevant points about today’s decaying society, (especially in ’Slow Poison’). Is the band more a celebration or an attack on the digital age and what’s it’s brought to the world?

Blaise Caillet: I’ll let Nya answers this question: “It’s neither an attack nor a celebration of the digital age. It’s a balancing act, as with so many things in life. Trying to stay true to our human selves while at the same time evolving and adapting to our environment. Never losing sight of the essential things.”

How important are the visuals to your music? Who’s in charge of them?

Blaise Caillet: It’s very important. When you listen to music, you automatically create images and scenes in your mind. So I think it’s a very smart way to deliver the sound and the image of the music together, to suggest an entire artistic concept to the listener. And the aim is the same as the music: to create something innovative. Online, I met Efrain Becerra from Phoenix, Arizona, I stumbled upon his FB page and was very impressed with his 3D graphical work. I contacted him with the instruction: “Imagine how a jazz club might be in the year 3147 ». We had a lot of brainstorming ideas and exchanges via e-mail, Facebook, Whatsapp but I still haven’t seen, touched or talked to him yet face to face. Welcome to the 2015 dematerialized world!

What’s the Sknail live experience like?

Blaise Caillet: It’s important to understand that my musicians have never met (for both albums!). I recorded each musician one by one and created the tracks layer by layer because I’ve got only one microphone and because I really didn’t know where this project was going at the start. My objective was to realize an entire project by myself: artistic concept, creation, composition, arrangement, recording, mixing, promotion. The only thing I haven’t done myself is the mastering. I’m now working on how to produce the live show. First I have to find the adapted hardware and software, then, figure out how to perfectly synchronize the glitches with the double bass player to make the perfect rhythm section. In a live situation, I want the musicians to be very free like in a “classic” jazz concert, we play the theme and/or the vocal part very straight and arranged, and then the improvisations take off with great interaction between musicians.

Do you have any other music projects outside of Sknail?

Blaise Caillet: I did all the electronic musical arrangements for the last album of Ultra Dieez from Geneva, (Mathieu Delieutraz: composer, singer and guitarist who plays French rock/folk). When we decided to work together, I mixed the electronica glitch timbres to his roots bluesy French rock music and the result was great.

KoQa oscille entre beat box et instruments

KoQa-liveLe Chaux-de-Fonnier KoQa a fait du human beat boxin son art.  On l’avait vu cet été sur les scènes de Suisse romande en solo, composant des rythmes en direct sur son imposant  sampler. Ce virtuose était capable en un seul morceau  d’évoquer six thèmes de hip hop. Aujourd’hui Koqa revient avec un nouveau concept KoQa Cyclic Oscillation qui mêle beatbox, batterie, bugle, VJing, et lumières. A découvrir sur la vidéo ci-dessous:

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=w_0ZXZcQqno]

Prochains concerts de Koqa

01.02 – Koqa trio @  Espace Noir – St-imier. Avec Murmures Barbares, The Legists
15.02 – Koqa solo @ Mascotte – Zürich en première partie de Beardyman
15.03 – Koqa trio @ Cave à Mine – Delémont
21.03 – Koqa Cyclic Oscillation @ Zinal Freeride 2014  

Grand Pianoramax @Festival Jazz Onze+ (Lausanne)

Grand Pianoramax_300dpiDescribed in terms such as “power trio”, “supergroup” and “heavyweight”, Grand Pianoramax easily testify to being greater than the sum of their parts. The deceptively skimpy lineup of keyboards, drums and rapper belies the aural magic monster that lurks beneath the surface.  Elegant piano/rhodes, razor sharp drums and urban-edged rap/poetry jostle and come together to create a fiery fullness of sound that has become their distinctive trademark since the band’s inception in 2008.

A rich, emotive soundtrack that already hints at the light and shade which is to follow

Tonight, the Jazz Onze+ crowd are warm and receptive towards their errant Swiss son, keyboard maestro and band leader Leo Tardin, who has over the years immersed himself in foreign locations such as New York and Berlin to develop his sound until recently relocating back to his native Geneva. Much of tonight’s tracklist comes from the latest Grand Pianoramax LP, “Till There’s Nothing Left”, released on ObliqSound last spring and is met with appreciative familiarity indicative of an audience who’s been paying attention.

The skimpy elements are eased in gradually. Leo seduces us gracefully with “Firefly”, a captivating and melodic solo start on the piano, creating a rich, emotive soundtrack that already hints at the light and shade which is to follow.
Joined on stage by drummer, Dom Burkhalter – a modernist fist in an iron glove –  the friendly duel quickly evolves between the two main musical elements, at times rolling around happily side by side, other times in stark stylistic contrast to one another as though wanting to stretch the listener’s awareness to its fullest capacity.

Two herculean pillars laying down a spectacular multi-textured foundation…

The play-fighting relationship between keyboards and drums is what underpins the essence of Grand Pianoramax, two herculean pillars laying down a spectacular multi-textured foundation on which the third element, Black Cracker, can nimbly unleash his craft of language and movement. This Alabama wordsmith and charismatic agent provocateur forges an agile bridge between the audience and the stage, bringing things down from a powerful sonic ride to a more urban, earthly, NYC dimension using rap, poetry or song.

In common with each track is a strategic sense of rise and fall, density and space. It’s an occasionally challenging but always engaging journey. The rhythmic patterns and shapes vary from mercurially dark (“Cry Alone”, “Runaway”, “Have You ever Seen”) to quirkily funky, bouncing along like De la Soul meets Michel Legrand (“Nights Turn To Days”), and hard-edged urgency complete with strobe lights (“Call it Like You See It” and “Roulette”).

In the case of Grand Pianoramax, less is definitely more

An effortless cohesion of threads coming together is felt during ‘Till There’s Nothing Left’, their most radio-friendly hit, a subtle suggestion that crossover to commercial polish is possible if so desired. ‘The Hook’ provides the encore, a track remixed by DJ Spinna and put out on vinyl a few years back, an example of what can work well in a club setting as through the headphones of the rap enthusiast or jazz muso.

It’s a consummate work performed by heavyweights in their field. Honed down talent and acumen has produced an act that can adeptly bend styles and cook up a rhythmic frenzy on only three burners. In the case of Grand Pianoramax, less is definitely more.

Grand Pianoramax played @ Festival Jazz Onze+ in Lausanne on the 31th of October

Grand Pianoramax, Till There Is Nothing Left, (Obliq Sound)

La scène suisse électro se porte bien!

Electron - PosterEn dix ans, le festival Electron s’est imposé comme une référence en matière de musique électronique. Avec ses expos, ses conférences, ses projections, ses spectacles de danse, il s’impose pendant trois jours et dans dix lieux genevois comme le QG des musiques électroniques actuelles. Toutes les tendances sont représentées, des pionniers aux derniers arrivés. Et les Suisses ne sont pas en reste dans ce grand panorama. Comme le manifeste d’emblée le spectacle d’ouverture : une création entre le chorégraphe Guilherme Botelho (de la compagnie Alias) et Murcof, artiste mexicain qui s’était déjà compromis avec notre trompettiste national Erik Truffaz il y a quelques années.

Jeudi, il ne faudra pas rater la prestation de Mimetic, projet solo du batteur et compositeur prolifique Jérôme Soudan (également l’un des deux programmateurs de la manifestation) qui a entre autres officié au sein de Von Magnet. De formation classique, rompu à l’exercice de la bande son, Jerôme Soudan est passé maître dans l’art de créer une musique électro aux résonances et aux pulsations essentielles.

Les Chevaliers de la Table ronde version house et électro ne sont autre que les Bernois de Round Table Knights auteur des singles « Deadfish » et « Cut To the Top » (en collaboration avec le Reverend Beat-Man). Leur premier album les a déjà consacrés comme un groupe avec lequel il fallait désormais compter sur la scène internationale.
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Quant à Oy, elle viendra présenter sur la scène genevoise son second opus nourri de ses séjours en Afrique. Nous y reviendrons.

Evidemment, une bonne partie de la scène électro-techno-indu genevoise est dignement représentée. Parmi celle-ci Dachshund. Après s’être illustré en faisant de la drum’n’bass, ce DJ et producteur, amoureux du bon vieux dub jamaïcain, s’est reconverti à la techno.
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Un des ses compagnons de fortune, le Dj et producteur Quenum, co-fondateur avec Luciano du label Cadenza Records, présente en avant-première à Electron son premier album sur la scène du Zoo.

Pour clore le festival, place à l’inénarrable et provocateur artiste de rap vaudois, Rocco Roccobelly qui aime à se présenter comme « le plus grand artiste de rap doté du plus petit appareil génital. »

En un mot comme en cent: dirigez vos pas dès ce soir du côté de Genève; vous ne serez pas décus!

Festival Electron, Genève, divers lieux, du 28 au 31 mars.

Disque du mois: Lucien Dubuis, le New-Yorkais

Lucien Dubuis Trio coverLucien Dubuis pourrait être né dans le Lower East Side et avoir grandi au Stone de John Zorn où on l’aurait biberonné au son des Beastie Boys. Au lieu de quoi, il a vu le jour à Porrentruy en 1974 et son trio est basé à Bienne. Musicalement, disons que le saxophoniste est New-Yorkais d’adoption. Après y avoir enregistré son précédent album en compagnie de Marc Ribot (Ultime Cosmos, Enja Records, 2009), une résidence new-yorkaise de six mois, en 2011, a accouché du cinquième album de son trio que complètent Roman Nowka (basse et guitare électrique) et Lionel Friedli (batterie). En choisissant un titre, Future Rock, qui sonne comme une déclaration d’intention, Lucien Dubuis continue de creuser le sillon d’un jazz contemporain sur une assise binaire. Si le fond est ambitieux, la forme sait aussi être sexy voire ludique : clins d’oeil exotiques (« Lançang »), surf music (« 4 Wände »), solo de guitare digne de Michael Hampton (« Yiwu Shan »), rap nerveux (« En descendant de la montagne » qui évoque la collaboration Saul Williams-Trent Reznor). Brillant à la clarinette basse, Lucien Dubuis signe un album qui fourmille d’idées. New York n’a qu’à bien se tenir.

Lucien Dubuis Trio, Future Rock (Unit Records)

Chief, une question de feeling

Il arrive à Chief de recevoir des mails en anglais de Français qui veulent travailler avec lui. Quand il leur dit qu’il est Suisse et qu’il parle la même langue qu’eux, certains hésitent à le croire. C’est qu’à trente ans le jeune producteur lausannois a déjà collaboré avec pas mal de grands noms de la scène américaine et canadienne : KayDee, Sene ou, plus récemment, Moka Only. Avec ce-dernier Chief a enregistré « Crickets ». Pour mettre en musique cette invasion d’insectes au chant entêtant et perusasif, il a tissé une toile de rythmes et de voix soul sur lesquels Moka pose son flow précis et soyeux.  Mais comment ce trentenaire qui, adolescent écoutait Nirvana, les Beatles et A Tribe Called, est-il arrivé à se hisser aux premières loges de la scène internationale du hip hop underground ? Autodidacte, Chief gère tous les aspects de la création, de la production et de la diffusion de sa musique.

Vous vous définissez comme un beatmaker. Comment devient-on un beatmaker ?

Chief À l’école déjà, je voulais être DJ. J’ai fait un apprentissage de monteur-électricien puis d’ingénieur du son. J’ai ensuite fondé mon label avec un pote. A 21 ans, j’avais envie de faire des beats. J’ai commencé à « découper » des échantillons de quelques secondes. Je prends par exemple une ou deux notes d’un morceau de jazz qui me plaît et je lui ajoute une basse rock, puis je joue des claviers dessus. Je n’ai aucun apprentissage musical, je ne lis pas les notes. Mais j’ai une excellente oreille. A force d’aligner les heures dans mon studio, je me suis amélioré. J’aime les mélodies. J’aime ce qui est instrumental, ce qui est calme

Vous avez fait un album d’instrumentaux en hommage à Chick Corea. Ecoutez-vous du jazz ? 

Chief  Comme j’écoute de la musique toute la journée. je n’en n’écoute pas ou très peu chez moi. Le jazz, la soul, le rock psyché sont mon « charbon ». Je les écoute en pensant à ce que je vais pouvoir en extraire. Parfois quand la matière première est riche, je ne fais que des instrumentaux, sans avoir recours à un rapper. C’est ce qui s’est passé avec Chick Corea. J’ai fait l’album « Tribute to Chick Corea by Chief » en une semaine. Je l’ai mis en téléchargement gratuit sur bandcamp. Certains diront que c’est du vol. Je vois les choses différemment : en ne prenant qu’une ou deux notes et en les associant à autre chose, j’ai simplement recours à un autre processus de création. Je pense que Chick Corea a dû voir ce que j’ai fait car ma sélection est l’une des premières à s’afficher si vous faites une recherche sur google. Mais le résultat est méconnaissable. Ma petite chirurgie a fait son effet.

Combien de beats pensez-vous avoir déjà composés ?

Chief Je travaille en studio toute la journée. Je fais entre un et deux beats par jour et je les stocke.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec des rappers américains ?

Chief KayDee, de Washington a été le premier à me contacter sur mon MySpace. On s’est envoyé des fichiers audio. Finalement il est venu dans mon studio de Malley à Lausanne et on a fait un disque en une semaine. Puis il y en a eu d’autres. Dont Sene avec qui j’ai fait une quarantaine de morceaux. 10  d’entre eux sont parus sur mon label Feelin’Music.

Pourquoi avoir voulu créer votre porte label ?

Chief Dans le milieu hip hop, la plupart des labels ne paient pas les artistes. En créant ma propre structure, cela me permettait de garder le contrôle de la situation. J’ai dû faire une vingtaine de productions en 3 ou 4 ans. Essentiellement avec des Américains. Malheureusement le rap suisse ne permet pas de payer les factures. On bosse avec beaucoup de blogs. On leur envoie un presskit avec un morceau exclusif et on attend que le réseau qu’on a activé nous ramène des internautes et des téléchargements. Notre newsletter est un autre élément essentiel de promotion. La durée de vie d’une production est d’un ou deux mois. On souffre de la concurrence des plates-formes pirates qui proposent nos morceaux gratuitement le lendemain de notre mise en ligne. Mais on s’en sort quand même. On propose aussi des sélections en téléchargement gratuit. A la mort de Jay Dee, j’ai proposé avec deux collectifs lausannois, Food for ya Soul et Do the Right Print, une sélection gratuite de morceaux à sa mémoire. Il y a eu 20’000 téléchargements en un mois. Ce qui veut dire aussi 20’000 adresses mail de personnes potentiellement intéressées par notre musique.

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Le site internet de feelin’music