C’ho 10 anni @ Studio Foce, Lugano

C'ho 10 anniJe me souviens de la première fois où j’ai parlé avec Aris Bassetti. J’avais entendu trois titres de Peter Kernel sur MySpace et nous avions échangé quelques mails ensuite. A la fin de l’un d’eux il me disait, un poil ironique, combien il était difficile d’être Tessinois parfois. Du moins, quand on fait du rock, tant la région manquait alors de structures, de salles de concerts, de festivals ou encore de labels.

8 ans plus tard, tout n’a pas encore changé. Mais c’est un autre monde déjà. Comme MySpace, le désert rock tessinois semble révolu, remplacé par une scène en plein développement et qui fait désormais parler d’elle hors des ses frontières. « Dernièrement, de nouveaux lieux où s’organisent des concerts sont apparus. Surtout, les qualités et les ambitions des groupes tessinois ont augmenté depuis 3 ou 4 ans et ils sont toujours plus nombreux à tourner et à jouer un peu partout dans le monde », observe Aris Bassetti.

Un label, comme gage de sérieux
seul sur scène tom bar mixe garage et electro
seul sur scène tom bar mixe garage et electro

Le musicien de 38 ans n’y est pas pour rien. On the Camper, le label qu’il a créé en 2006 avec sa compagne Barbara Lehnoff a permis l’émergence ces dernières années, en plus de leur projet Peter Kernel, de plusieurs groupes tessinois qui comptent et s’exportent, de Camilla Sparksss (projet solo de Barbara) à The Lonesome Southern Comfort Company. Surtout, il a donné une visibilité au Tessin sur la carte des musiques actuelles. « Je ne sais pas pourquoi, mais les gens prennent plus au sérieux un label qu’un groupe, analyse Aris Bassetti, ce qui permet notamment d’attirer l’attention des médias. C’est en cela qu’avoir un label fait sens au Tessin.»

10 bougies
Viruuunga rejoint Peter Kernel sur scène
Viruuunga rejoint Peter Kernel sur scène

Un label aux airs de famille musicale, qui fêtait son 10ème anniversaire le temps d’un festival à Lugano, organisé durant le week-end pascal. L’occasion, en plus des fers de lance d’On the Camper, de découvrir sur scène quelques nouveaux groupes tessinois à suivre. En tête tam bor, projet solo de Vitti Bastianelli, batteur intermittent de Peter Kernel. Martelant ses frappes sur des boucles synthétiques, le jeune musicien donne vie à un étrange mix entre garage et electro, le tout rehaussé par un chant habité. Plus conventionnel, Viruuunga n’en est pas moins séduisant. Le duo basse/batterie, soutenu par une drum machine, lorgne aussi bien vers le rock psyché que vers les lignes éthérées d’une certaine new-wave. Premier EP à suivre cet automne. Enfin, le trio Niton – invité de dernière minute en remplacement de Rocky Wood – impressionne par sa posture radicale, l’électronique se frottant à un violoncelle polymorphe et à des instruments bricolés, aux sonorités inouïes.

Frissons et futures collaborations
explosion de paillettes pour clore le concert de Peter Kernel
explosion de paillettes pour clore le concert de Peter Kernel

A côté de cette relève, les (déjà) glorieux anciens de la scène tessinoise ne sont pas en reste. The Lonesome Southern Comfort Company distille son folk inspiré, plus rugueux et crasseux sur scène que sur disque, tandis que Camilla Sparksss s’impose en furie electro-lo-fi, faisant saturer les synthés comme peu d’autres. Mais le clou du week-end, c’est bien sûr Peter Kernel. Le groupe à l’origine d’On the Camper clôt ce jubilé avec un indie rock toujours aussi efficace, mais chargé soudain d’une émotion particulière. Les frissons sont palpables quand retentissent les premiers accord d’It’s Gonna Be Great avant qu’une explosion de paillettes ne ponctue la soirée et le festival.

La fête fut belle et pourrait bien laisser plus que de bons souvenirs en héritage. Les deux soirées au Studio Foce de Lugano ont affiché sold-out et donné quelques idées à Aris Bassetti. « Cet anniversaire était aussi une façon pour nous de tester les collaborations possibles entre différents acteurs culturels du Canton en vue de concrétiser un projet auquel nous pensons depuis longtemps, explique-t-il, un festival qui s’appellerait La Tessinoise. C’est notre prochain objectif. » La scène musicale tessinoise n’a peut-être pas fini de surprendre.

Record of the Month (April): Nadja Zela «Immaterial World»

 

zela_2016_4a_rgb©niklaus_spoerriEin Banjo zupft ein repetitives Muster, die Band setzt mit einem bestimmten, akzentuierten Spiel ein, während die Protagonistin durch den mit blauem Industrielicht ausgeleuchteten Gang schreitet – und näher kommt. Sie hat eine elektrische Gitarre, Marke Gretsch, umgehängt und als sie ankommt am Ende des langen Korridors, singt sie nur die Worte: «I’m still alive.»

 

Eine markante weibliche Stimme in der Schweizer Rocklandschaft

Die «Überlebende», die diese Zeile nicht ohne Trotz intoniert, ist Nadja Zela, die glücklicherweise immer noch da ist und seit über zwei Jahrzehnten eine markante weibliche Stimme in der Schweizer Rocklandschaft ist. Erst waren da Bands wie The Whooshings oder Rosebud, später dann Fifty Foot Mama. Ab 2009 veröffentlicht Zela nur noch unter eigenem Namen. Immer war die 44-jährige Zürcherin da, doch nie mittendrin. Denn dazu sind ihre Musik und ihre Stimme zu eigensinnig und unverkennbar. Und vor allem: Zela lässt sich nicht vereinnahmen. Wenn es zu bequem wird, dann bricht sie auf – und geht weiter.

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“Ich bin doch nicht Blues! Ich bin auch nicht Rock oder Folk!”

«Immaterial World» ist ihr viertes Album. Sie hat es mit einer neuen, rockigeren Band eingespielt – mit Martin Fischer am Schlagzeug, Michel Lehner am Bass, Nico Feer an Gitarre und Bruder Rico Zela an Orgel und Oboe. Mitproduziert wurde es von Mama-Rosin-Mitglied Robin Girod. «Ich hatte einfach plötzlich wieder dieses Lechzen nach einer Rockband», schreibt sie. Denn ihr wurde es «zu Comfort-Zone-mässig» mit der vorherigen jazzigen Formation. «Ich mag es einfach nicht, wenn eine Szene mich für sich beansprucht. Ich bin doch nicht Blues! Ich bin auch nicht Rock oder Folk! Ich will Zela sein, irgendwas zwischen Bowie, Sister Rosetta Tharpe und Cheyenne aus ‘Spiel mir das Lied vom Tod’», so Zela.

Eine Art kollektive Ahnung

Das Album beginnt mit einem stillen «Prelude». «We are the children of the old world», singt Zela, nur begleitet von ihrem Gitarrenspiel. Sie meint mit dieser Zeile vor allem ihre Generation der «Golden Age Kids in Europa» – «die aufgeklärte, prosperierende, kolonialisierende, missionierende alte Welt.» Eine Welt, die wie der Kapitalismus ihrer Meinung nach ausgedient habe. Die «Immaterial World», die Zela in zwölf Songs besingt, empfindet sie «als eine Art kollektive Ahnung von einer seelischen Verbundenheit der Menschen in ihrem Bestreben nach Liebe, Zusammenhalt und Frieden.» Dies sei nicht religiös oder esoterisch motiviert, sondern rein emotional zu verstehen.

Die Gegenwart und Vergangenheit zu überwinden

Und so klingt denn auch «Immaterial World», das versucht, aufzubrechen in diese neue, bessere Welt – und es aber nicht immer schafft, die Gegenwart und Vergangenheit zu überwinden. Weil: Die Verletzungen, das Elend und Ungerechtigkeiten der momentanen Gesellschaft, sie geben den Ton mit an, beispielsweise im schroffen «I’m Still Alive» – einem der Schlüsselsongs der Platte – oder gleich darauf in «Break Every Bone». Und selbst wenn die Band ausgelassen aufspielt wie in «Sunday Morning» fühlt sich die Sängerin allein. Aber: «I try to carry on», weil es muss weitergehen, irgendwie.

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Es gibt aber auch Hoffnung, und Aufrufe zu mehr Solidarität wie im grossartigen «Mercy on the Weak», in dem Zela und ihre Band eine entspannte und doch dringliche Gospelspielart entwerfen. Überhaupt: Diese Band folgt Zela und ihrer Stimme überallhin – sei es im Reggae «Level Off Level Out» oder im abschliessenden und tröstenden «Homeless Son» – und es ist zu hören, dass hier etwas gemeinsames entstanden ist, das mehr ist als nur eine weitere beeindruckende Soloplatte. Denn es ist so (und da darf man schon mal pathetisch werden, etwas, das dieses Album zu keiner Zeit ist): Nur gemeinsam ist sie zu erreichen, diese «Immaterial World».

Nadja Zela: «Immaterial World» (Patient Records/Irascible)

Konzerte:
16.04., Bundeshaus zu Wiedikon, Zürich
27.04., Kraftfeld, Winterthur
29.04., Le Singe, Biel
30.04., Kammgarn, Schaffhausen
06.05., Palace, St. Gallen
16.07., Café Kairo, Bern
02.09., Neubad, Luzern
03.09., El Lokal, Zürich:
17.09., Kiosk Tabak, Zürich
29.10., Bibliothek, Dottikon

LEON un quartet extrémiste et polymorphe, chapitre 1

A l’origine, LEON est composé des deux bassistes: le Genevois Raphaël Ortis et le Lausannois Louis Schild. Depuis 2011, ils font vivre ce projet avec ses multiples formes et facettes en duo, trio ou quartet, dans l’improvisation, la noise et le rock aux compositions abrasives. Ils sont aujourd’hui entourés de David Meier (à la batterie) et d’Antoine Läng (voix). Antoine Läng a pris la plume pour raconter de l’intérieur le premier concert de la tournée à swissvibes.

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Je goûte le calme d’une matinée qui se prolonge seul, la tête et les membres qui vibrent de ces cinq jours avec LEON, une résidence au Romandie suivie de deux concerts – le premier sur place à Lausanne puis le second, ce soir, au Bad Bonn de Dudingen – qui initient une série en Suisse pour la sortie de notre premier album. Une respiration bienvenue dans cet enchaînement qui imprime déjà sa marque sur le corps – j’ai dormi quelques heures et la fatigue siffle encore un peu dans les oreilles, la tension musculaire dans le cou fait écho aux rythmes dont les secousses parcourent encore mes articulations et ma voix.

IMG_2881(1)Le temps aussi d’une séance d’écoute et de manipulation de l’album-objet, le dépliage de la pochette, la découverte des photos et illustrations de Lisa Bonard et de Michel Bonvin et le caractère aléatoire de l’agencement du tout qui à la manière d’une composition ouverte s’inscrivent dans le même élan que celui de la musique.
Les quelques jours passés ensemble ont justement été consacrés à travailler sur l’équilibre des sons, un point sensible quand le projet repose sur l’articulation de deux basses selon différents modes. LEON cultive cette particularité du double instrumental sous diverses formations – en duo, en trio avec invité puis avec Kasper T Toeplitz – qu’il l’explore dans l’improvisation noise, l’électroacoustique ou le rock, et Louis et Raphael attachent un soin particulier à jouer sur l’ambiguïté des timbres, les complémentarités rythmiques et les rétrécissements/élargissements du spectre, dont les matières servent à produire des ombres, des reflets, des fantômes ou des jumeaux au même titre qu’elles laissent s’exprimer deux personnalités.
Dans le cadre de ce LEON à quatre, ce jeu crée de nouvelles ramifications dans l’appui rythmique de David et dans l’ouverture vers le texte apportés par la présence d’une voix et demande que d’autres équilibres se créent. L’objectif de la résidence au Romandie est de préparer les concerts à venir en visant l’épure, la création de nouveaux espaces dans les morceaux existants et de travailler sur la complémentarité des gestes et leur partage. Deux pièces récemment écrites jouent sur l’articulation des rythmes et des textes. Elles impliquent une distribution des voix entre tous qui ouvre de nouvelles perspectives en matière de jeu et de substitution des rôles qui caractérise le projet.Au soir du premier concert de la série, une certaine fébrilité mêlée d’excitation est palpable. On se plonge alors dans le concert de Massicot et leurs maillages rythmiques faussement bancals, hypnotiques, dont chaque répétition fait monter l’intensité et pare la soirée d’une couleur obsessionnelle de transe. On en oublie la neige de la journée, les embouteillages et les glissades sur la route, l’angoisse avant de commencer. La salle est pleine quand on prend place sur l’avant-scène, de plein pied pour partager au mieux ce travail de quelques jours et une nouvelle étape dans ce parcours de plus de deux ans ensemble, les yeux dans les yeux avec le public, les amis venus fêter ce moment avec nous.

Le concert se déroule bien si j’en crois mes sensations, je me sens porté par la musique et la présence des gens. Pour l’aspect technique l’enchaînement des parties écrites et des improvisations, l’intégration des nouveaux espaces dans les pièces a l’air de bien fonctionner, et surtout les canaux sont ouverts et l’énergie circule. Après une heure dix de concert on sort de scène, croise des regards, on se prend dans les bras. Le sourire et les encouragements font vraiment du bien. Je rentre vite à Genève – histoire de pouvoir chanter le lendemain – porté par l’adrénaline et l’envie de remettre ça.” Antoine Läng

Prochains concerts de LEON

Winterthur, Albani Club, le 18 février
Lucerne, Süd Pol, le 20 février
Bâle, le Flatterschaft, le 22 février 

et en juin au festival Toxoplasmose à St Imier ainsi qu’au 2.21 à Lausanne.

www.l-e-o-n.ch

Rusconi und Fred Frith: Im Spieltrieb vereint

Pianist Stefan Rusconi über die Entwicklung seines Trios und das neue Live-Album mit Fred Frith

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Mit Rusconi, seinem Trio mit dem Bassisten Fabian Gisler und dem Schlagzeuger Claudio Strüby, reiht sich der Zürcher Pianist Stefan Rusconi seit bald 15 Jahren in die Riege der Erneuerer des klassischen Klaviertrios im Jazz ein. „Garagen-Jazz“ nannten Kritiker ihren charakteristischen, sehr zugänglichen und bis 2012 bei Sony erscheinenden Mix aus Jazz, Rock und Pop, der Einflüsse aus der elektronischen Musik bis hin zum Noise-Rock einer Band wie Sonic Youth – deren Kompositionen sie 2010 auf dem Album „It’s A Sonic Life“ interpretierten – verarbeitet. Nun ist beim eigenen „Qilin“-Label das Album „Live in Europe“ erschienen, das die gemeinsame Tour mit dem amerikanischen Avantgarde-Gitarristen Fred Frith dokumentiert.

Wie habt ihr und Fred Frith euch gefunden?
Stefan Rusconi Wenn man seit ein paar Jahren unterwegs ist, denkt man über Gäste nach. Wir haben uns zuletzt immer wieder mal mit verschiedenen Leuten getroffen und sie zum Mitspielen eingeladen. Bei manchen hat es wider Erwarten nicht gepasst, bei anderen sehr gut. Ich glaube, es geht natürlich um Geschmack und eine ähnliche ästhetische Ausrichtung, aber auch sehr viel um Haltung. Was will ich in der Musik oder sogar im Leben? Was ist es, das mich da fasziniert, was ich leben möchte?

Da seid ihr euch mit Fred Frith ebenso einig wie in der Liebe zu extravaganten Sounds?
Stefan Rusconi Ja, da decken wir uns mit ihm exakt. Nicht im Musikalischen, die Musik seiner Bands ist ganz anderes als unsere, und das hat ihn ebenso gereizt wie uns. Aber die Grundeinstellung, auf der Bühne in einem definierten Kontext Dinge zu wagen und so anzuspielen, dass sie scheitern könnten, aber dann doch die Kurve kriegen, dieses Spielerische, das teilen wir. Wir kennen ihn inzwischen besser, er ist öfter bei Fabian in Basel zu Besuch, weil er ja in Basel unterrichtet. Wir spielen dann alle mit Fabians drei Kindern.

Einfach einmal geklingelt

Ihr habt ihn also einfach gefragt, ob er mitmachen will?
Stefan Rusconi  Naja, es war auch ein bisschen Zufall. Wir waren für unsere „Revolution“-Platte in dem Haus, in dem wir immer aufnehmen. Wir bauen uns da immer selbst ein Studio zusammen und nehmen uns selber auf, ganz ohne diesen Strukturdruck, dass Techniker da sind, die gerne nach Hause möchten. Nur aufnehmen, das ist echt einfach. Wir haben einen Techniker, der richtet uns alles ein, und dann darf er wieder gehen. Das ist für den und für uns schön. In dieser Atmosphäre kam uns dann bei einem Track, bei „Alice In The Sky“, die Idee, dass da der Sound von Fred Frith perfekt passen könnte. Und er arbeitete quasi nebenan. Wir haben geklingelt, ihn gefragt, und er war sofort dabei.

So einfach geht das manchmal.
Stefan Rusconi Ja, und das ist schon sehr schön, denn zu der Zeit hatten wir noch einen Manager. Und es lief bei solchen Features normalerweise so, dass der Manager einer Agentur oder irgendeinem Assistenten eine Mail schreibt, und dann die Anfrage hin und her geht. Das ist oft ein bisschen verkrampft und komisch. So hieß es halt: Ja klar, lasst uns ein bisschen spielen gehen, in den Keller runter. So ist das Ganze dann entstanden.

Das war dann direkt vor den Konzerten, bei denen das Album entstanden ist?
Rusconi and Fred Frith_1Stefan Rusconi Nein, wir hatten etwa ein Jahr Pause dazwischen. In der hat Fabian immer mehr Gitarre gespielt, weil wir durch Fred gemerkt hatten, wie sehr wir diesen Sound gebrauchen können. Da kamen wir auf die Idee, mit ihm ein paar Konzerte zu spielen. Es hat sich also ganz natürlich ergeben, war kein Festivalprojekt – was auch toll sein kann -, und war deshalb total entspannt.

Ihr tourt jetzt aber gar nicht mit Fred?
Stefan Rusconi Nein, im Moment spielen wir ohne ihn. Ich weiß, das ist jetzt nicht im Sinne eines klassischen Marketings. Aber wir hatten viele Gastfeatures zuletzt, und es ist jetzt schön, mal wieder auf einer Tour zu sein, wo wir mal wieder den ganzen Abend nur für uns haben (lacht).

 „Die Schweiz ist so klein“

Du hast in Zürich studiert, Fabian in Basel und Claudio aus Luzern. Wie habt ihr euch denn gefunden, damals vor bald 15 Jahren?
Stefan Rusconi Die Schweiz ist so klein. Da ist dann halt die eine Jam Session in Bern, die nächste in Luzern, da bist du eine Stunde unterwegs. In Berlin, wo ich seit einiger Zeit wohne, brauche ich die fast, nur um in den Übungsraum zu kommen.

Kann man sagen, dass die klaren Strukturen, das Rhythmische und das Hymnische eurer alten Alben jetzt in einen starken Kontrast zu Noise- und freien Improvisationsphasen treten? Dass also eure Ästhetik offener ist als früher?
Stefan Rusconi  Ja, das Gefühl habe ich auch. Das hat sich aber schon mit dem „History Sugar Dream“-Album und in den vergangenen zwei Tour-Jahren so entwickelt. Die Funktion von Fred kann auch immer jemand von uns übernehmen. Ich spiele dann halt mehr Synthi-Bass und Fabian Gitarre. Wir haben dann freilich immer noch den Kontext einer quasi konventionellen Band; bei Fred konnten wir wieder auf unsere Ur-Instrumente zurückkommen, gleichzeitig ergab sich sehr viel Raum, eine Spielwiese zum Ausprobieren. Die Stücke sind verschachtelter. Das ist, wo wir jetzt stehen, denke ich.

Esbjörn Svensson hat von seinem Trio mal gesagt: „Wir sind eine Rock-Band, die Jazz spielt“. Trifft das auch für euch zu?
Stefan Rusconi Das würde ich nicht sagen. Der Claudio etwa spielt schon ein sehr distiguiertes Jazz-Schlagzeug. Esbjörn Svensson war so zehn Jahre vor uns, aber wir haben das schon mitbekommen: Es war damals richtig, sich ein bisschen zu distanzieren, zu sagen: Wir sind eine neue Generation, wir schauen auf die Geschichte ein bisschen anders, wir haben andere Höreinflüsse. Aber trotzdem: Für uns bleibt Jazz immer ein wichtiger Bezugspunkt. Es gibt halt viele Schnittstellen, auch bei der Film- und Theatermusik, die ich schreibe. Auch für Claudio und Fabian, wir loten unsere eigene Welt aus, eine sehr bildhafte.

„Wir fühlen uns Leuten verbunden, die an den Rändern arbeiten“

Dazu passen die Licht- und Videobegleitung eurer Konzerte. Ihr denkt Musik wohl sehr interdisziplinär?
Stefan Rusconi Ja, wir haben an der „Art Basel“ sogar mit einer Modedesignerin gearbeitet, was aber nichts mit „Germans Next Top Model“ zu tun hatte oder an was man so denken könnte. Wir fühlen uns sehr verbunden mit Leuten, die an den Rändern arbeiten, ob die nun vom Film, von der Kunst oder aus der Mode kommen.

Ihr wart früher bei Sony, jetzt habt ihr „Live in Europe“ wie schon zuvor „History Sugar Dream“ beim eigenen „Qilin“-Label herausgebracht, das auch eine Plattform für befreundete Künstler sein soll. Ist die Zeit der Majors für Jazzmusiker vorbei?
Stefan Rusconi Ich weiß nicht. Es muss einfach passen, und bei uns hat’s nicht mehr gepasst. Große Labels schauen sich Musik nach einem Verkaufsargument an, und dann läuft die Maschine Major auch. Es gibt immer noch Jazz, den man so unter die Leute bringen kann. Unser Sonic-Youth -Album wurde damals in den Magazinen besprochen, die beim Friseur liegen. Das ist einfach nicht unser Publikum. Wir haben uns auseinanderbewegt bei dem, was so ein Major gut kann, mit uns aber gar nicht mehr umsetzen konnte. Am Anfang war das noch anders, da war alles noch offen. Das hätte Zukunft haben können, das haben wir dann irgendwie anders entwickeln lassen. Bei einem Till Brönner zum Beispiel, ein toller Musiker, mit dem ich auch schon gespielt habe, kann das prima funktionieren. Für uns aber sind gewisse konkrete Erwartungshaltungen inzwischen ein Horror. Wir fühlen uns sehr wohl, wo wir sind. Auch wenn die Konsequenz ist, dass alles etwas länger dauert, und die Leute dich ein bisschen suchen gehen müssen. Das ist aber auch was Schönes, das hat für uns viel mit einer Lebenshaltung zu tun, bei der wir alles an uns genommen und unter Kontrolle haben. Das färbt auch auf die Musik ab: Es ist dann etwas konsequent Eigenformuliertes.

Rusconi & Fred Frith: Live in Europe, Qilin Records;

Link für Rusconi Konzerte

Les Transmusicales font la part belle à quatre groupes suisses

Ce soir, au mythique club Ubu de Rennes, quatre groupes suisses – et pas des moindres – sont à l’affiche!

Grand CannonLa playlist ci-dessous vous permettra d’en découvrir trois. Seul Grand Cannon, un trio dont les membres (plus proches de la soixantaine que de la vingtaine) ne sont pas forcément des adeptes de soundcloud, n’est pas inclus dans notre playlist. La vidéo ci-dessous saura toutefois vous convaincre de l’efficacité de leur blues déjanté et humoristique emmené par le Chicagoan Zach Prather

FlexFabQuant aux trois autres sélectionnés au grand rendez-vous des musiques actuelles françaises, leur jeunesse n’a d’égal que leur détermination et leur feeling. Justement: le Neuchâtelois FlexFab s’est fait remarquer dès la sortie de son premier EP sur l’excellent label Feelin Music du beatmaker Chief. Son univers musical sombre, des basses transperçantes et un hip hop bien méchant a déjà été récompensé aux Swiss Live Talents et au M4music, FlexFab est du genre à tout faire tout seul, armé de ses seules machines et platines. Bon chance pour cette conquête de la Bretagne!

 

KlausJohannGrobe2Klaus Johann Grobe, dont notre collaboratrice anglaise, Debra Richards est une fan, ne séduit pas que les British. Ce trio alémanique associe orgue, guitare et rythmiques binaires pilonnées et semble collectionner les passages dans les festivals cultes (Bad Bonn Kilbi, For Noise, Great Escape et aujourd’hui les Trans). Psychédélique, romantique, imprégné de krautrock, Klaus Johann Grobe chante majoritairement en allemand et est passé maître dans l’art de soupeser les genres et les influences pour façonner un son et une musique très prenante.

Chikitas_1Quant aux Genevoises des Chikitas, elles marient, elles, les életrochocs musicaux; en particulier les intros douces, presque mélancoliques et une déferlante punk. Beaucoup de bruit et de fureur orchestrés par deux charmantes jeunes femmes, respectivement, chanteuse-guitariste et batteuse-choriste. Leur premier album «Distoris Clitortion», est paru en 2014 sur le label Rough Trade.

Et pour tous ceux qui ne seront pas aux Trans ce soir, petite séance de rattrapage via notre playlist!

Grand Cannon, Klaus Johann Grobe et Chikitas seront en concert aux Transmusicales de Rennes, jeudi 3 décembre.

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Swiss autumn vibes

vinyle-musique-f15461T650-650x325Et hop, une petite playlist spotify qui met en avant quelques-unes des sorties les plus excitantes de l’automne. Rock, pop, jazz, rap, electro et même un remix en clôture: laissez-vous surprendre par cette sélection helvétique inédite.

 

Avec dans l’ordre:

  • Plaistow, “Mimas” extrait de l’album Titan
  • Evelinn Trouble, “Never Came around” extrait de l’album Arrowhead
  • Puts Marie, “Hecho en México”, extrait du EP Masoch II
  • Phall Fatale, “The Girls, the Beat” extrait de l’album Moonlit bang bang
  • La Gale, “Nouvelle Pandémie”, extrait de l’album Salem City Rockers
  • Grand Pianoramax, “A little more”, extrait du EP Big Easy avant la parution du nouvel album  du groupe Soundwave le 30 octobre
  • Verveine, “Premier” extrait du EP Antony
  • Aisha Devi, “Remix Mazdâ

Ecoutez, savourez et partagez!

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Preview: Klaus Johann Grobe at For Noise

© Paléo / Boris Soula
© Paléo / Boris Soula

I can’t pay a bigger compliment to Klaus Johann Grobe than to say they make me want to learn German (I’m actually looking at courses in London now). For the moment I freely sing along to their album Im Sinne der Zeit not knowing what on earth I’m saying. When I got the CD I played it every morning, over and over, because it made me so happy.

A minor-key world of melancholy and sensuality

My interest in KJG was immediate. I was due to see them at the Great Escape festival in Brighton in May and so I did some research on YouTube (of course). I found a live version of ‘Traumhaft’ and the very first chords of Moog/Farfisa synths pricked up my ears – the sound was so dandy, almost comical, and yet honest and soulful. The vocals seemed to dwell in a minor-key world of melancholy and sensuality, entwined with a thread of quiet optimism. It sounded nostalgic for DIY culture and a time of simplicity yet was progressive and fresh.

© Paléo / Boris Soula
© Paléo / Boris Soula
The irresistible synth sensibility of Sevi

Their show confirmed me as a fan and I literally barged people out of the way so I could be near the front (I avoided the very front row as I was aware my stalker-grin might scare the band). It was the irresistible synth sensibility of Sevi Landolt that drew me to them, but the equally genuine and clever rhythm section of Daniel Bachmann on drums and Stephan Brunner on bass (for the live shows) made this trio greater than the sum of its parts. I cornered their manager (who happens to be a great guy from Liverpool), gushed about how much I liked them and got a CD – then I gushed about how much I loved the CD cover. My gushing hasn’t stopped.

A serious depth of musical knowledge

On the album, tracks such as ‘Koffer’ give a sense of The Doors metamorphosing into The Jam via Herb Alpert. There are wafts of garage band, psychedelia and post-punk outfits like Howard Devoto’s sharp and lyrical, Magazine. Sevi throws us scraps of groove that the keyboard King, Jimmy Smith, would even nod his head to. You sense there is a serious depth of musical knowledge that underpins their unique ideas, but they draw on influences without being derivative.

KlausJohannGrobeThese guys aren’t afraid of an easy listening sway

‘Les Grecks’ still makes me chuckle as it wafts in memories of Peter Fenn’s music for the TV quiz show, ‘Sale of the Century’. These guys aren’t afraid of an easy listening sway or blowing an unashamedly romantic mist onto tracks like ‘Vergangenes’. If they keep their timing, simplicity and never try to be anything except genuine, I’m sure I will stay hooked. In fact I’m coming all the way to Switzerland to see them play the For Noise Festival in Pully on Thursday 20 August (I’ll be near the front with a big stalker-grin on my face…).

20.08. For Noise, Pully (CH)
21.08. C/o Pop, Köln (GER)
22.08. Dockville, Hamburg (GER)
09.09. Daba Daba, San Sebastian (ESP)
10.09. Moby Dick, Madrid (ESP)
11.09. Psych Fest, Zaragoza (ESP)
12.09. Sala Apolo, Barcelona (ESP)

Swiss Vibes sessions: l’union fait la force! (Paris, Ccs du 2 au 4 juin 2015)

tete_visit-in_centre_culturel_suisse_2014_-sebastienborda-sb20140217073En cette première semaine du mois de juin, le Centre culturel suisse se présente sous ses plus beaux atours. En plein cœur du Marais, la devanture de la libraire fait de l’œil au passant en exposant ses sacs Freitag bien en évidence. Passé les lourdes portes en bois les cours intérieures fleuries transportent en un instant le passant de l’ébullition de la rue des Franc-Bourgeois au calme d’un bâtiment historique. Intra muros, place à la création contemporaine avec Marc-Antoine Fehr et l’installation sonore et visuelle de Dominique Koch.

Les deux directeurs du Centre culturel suisse, Olivier Kaeser et Jean-Paul Felley et leur équipe, travaillent d’arrache-pied pour faire « connaître en France une création contemporaine helvétique ouverte sur le monde et y favoriser le rayonnement des artistes suisses ».

Ça tombe bien, au rayon musique, c’est exactement la même ambition qui anime le blog swissvibes.org. Les grands esprits se sont donc rencontrés au Ccs du 3 au 6 juin 2015 pour présenter trois soirées de concerts aux couleurs musicales différentes. Grâce au soutien de Pro Helvetia (la Fondation pour la culture suisse) et de Swiss Music Export, l’entreprise dut une réussite tant au niveau de la qualité artistique, des échanges que de l’affluence. L’union fait la force!

 

Mardi 3 juin Swiss Vibes goes rock

Pour cette soirée étiquetée rock, la Zurichoise Evelinn Trouble et les Biennois de Puts Marie ont joué des reprises surprenantes.

Evelinn Trouble
Evelinn Trouble ©Simon Letellier
Evelinn Trouble ©Simon Letellier

Evelinn Trouble se sent un peu à l’étroit dans l’auditorium du Ccs et elle le fait bien savoir : en milieu de set, elle attaque le répertoire de Tina Turner plus qu’elle ne la reprend. Pour mieux convaincre des vertus de son « What’s Love Got to Do with it » revu et corrigé version 2015, Evelinn Trouble grimpe les escaliers entre les chaises des spectateurs et se lance dans un ping pong vocal mi-hurlé mi chanté avec les trois autres membres de son groupe. Et si le prochain album « Arrrowhead » de l’excentrique diva zurichoise est censé se décliner en version trip hop, cela ne l’empêche pas de rester une rockeuse et une funky woman infernale qui balance du lourd et séduit par la puissance de sa voix et par son caractère bouillonnant.

Puts Marie
Puts Marie ©Simon Letellier
Puts Marie ©Simon Letellier

Puts Marie choisit quant à lui d’évoquer Sun Ra, le roi du free jazz psychédélique. Sun Ra, le cosmos, la folie : un univers qui parle bien au chanteur Max Usata et à ses acolytes biennois, tous bien barrés et en même temps tellement soudés. Evidemment c’est le chanteur qui attire d’abord l’attention, avec sa gestuelle saccadée, sa voix schizophrène (très haute puis presque cassée), ses deux micros qu’il ne cesse de manipuler, dévisser ou jeter. Mais le groupe disposé en arc de cercle autour de lui n’est pas en reste. Incroyablement soudé rythmiquement – alors que le batteur et le bassiste sont deux nouveau venus -, il expérimente aussi les digressions sonores et les expérimentations en tous genres. On colle volontiers à Puts Marie l’étiquette de blues psychédélique, mais au vu de l’univers développé dans leur prestation d’à peine une heure, cette étiquette semble bien réductrice.

 

Mercredi 4 juin Swiss Vibes goes électro

Même décor, autre ambiance le lendemain avec les expérimentations électro de Larytta et Egopusher.

Larytta
Larytta ©Simon Letellier
Larytta ©Simon Letellier

Le duo lausannois  constitué du designer graphique Guy Meldem et du performer sonore Christian Pahud nous avouait dans l’après-midi fonctionner comme un « vieux couple infernal ». Depuis la parution de son nouvel album « Jura » l’an dernier, il a décidé de faire peau neuve: de deux, les voilà passés à quatre, ajoutant des vrais instruments à leurs machines, ordinateurs et pédales.

Résultat : un show ultra-enjoué qui multiplie les clins d’œil musicaux; ici des guitares africaines, là un chant en portugais. Funky ou techno, les musiciens sautillent comme des balles de ping-pong et ne cessent de changer de place, d’instruments. C’est ludique, dynamique, même si parfois ce chant à quatre voix sur des micros sans cesse différents pose des petits soucis de calage. Une phase de transition pour cette formation qui a plus d’un tour dans son sac et qui sidère par son énergie communicative.

Egopusher
Egopusher ©Simon Letellier
Egopusher ©Simon Letellier

Nous vous avons déjà abondamment parlé de Egopusher dans ce blog. Ce duo constitué du violoniste Tobias Preisig et du batteur Alessandro Giannelli a décidé de lâcher les amarres et de se lancer dans un work in progress permanent. Peaufinant leur morceau sur scène, ils les mettent ensuite à disposition des internautes via soundcloud puis les retravaille, et ainsi de suite. Une prestation qui s’inscrit donc aux confluents de l’expérimentation sonore, des rythmes déconstruits ou répétitifs et des musiques improvisées. Une musique qui semble chercher à revenir vers une pulsion primale, essentielle.

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Entendus dans un set flirtant avec la techno au Cully Jazz, puis plus sages dans l’émission de Manoukian sur France Inter le 29 mai, ils se présentent dans une version plus théâtrale et plus subtile au Ccs. Ce dialogue inédit entre la batterie et le violon est aussi visuel. Tobias Preisig travaille son instrument au corps pendant que les baguettes d’Alessandro voltigent sur les fûts. Le principe de l’exercice fait que l’on n’évite pas quelques moments de flottement, mais ce même principe invite aussi à la curiosité, à une attention extrême de la part de l’auditeur qui ne s’y trompe pas. « Vraiment nouveau », « Franchement étonnant », « excitant » sont les commentaires qu’on entend fuser dans l’assistance à la fin de leur set. Quant à Preisig, il définit sa musique comme du « Brahms sous psychotrope ».

 

Jeudi 5 juin Swiss Vibes goes jazz

En Suisse, jazz rime souvent avec diversité stylistique. Le double concert d’Orioxy et de PommelHORSE en fut la preuve.

Orioxy
Orioxy ©Simon Letellier
Orioxy ©Simon Letellier

Orioxy séduit en finesse avec une approche très féminine (que la rythmique masculine veuille bien m’excuser pour ce commentaire). Yael Miller, Israélienne de Suisse, impose sa marque au chant. En hébreu en anglais, entre rap, scat et chuchotements, sa voix tisse un univers d’émotions à fleur de peau, d’impressions parfois enfantines, parfois matures et engagées. Auquel répondent les mouvements du corps habité de Julie Campiche et sa gestuelle précise qui, d’une main tire un foulard entre les cordes de son instrument, de l’autre bidouille ses effets électroniques quand elle ne se sert pas d’une baguette de feutre. Le travail sur le son est subtil, pénétrant. Dans cet univers le cor de Baptiste Germser, l’invité français de la soirée, s’intègre naturellement, comme si il allait de soi. « Dans nos chansons on cherche aussi à exprimer les non-dits» nous expliquait Yael Miller sur ce blog il y a deux ans. Pari tenu au Ccs.

PommelHORSE
PommelHORSE ©Simon Letellier
PommelHORSE ©Simon Letellier

Quant à PommelHORSE, leur fonds de commerce est l’expression en musique de sentiments peu ordinaires : le stress d’un homme devant passer un scanner, les rythmiques techno qui continuent de résonner dans la tête d’un fêtard qui n’arrive pas à s’endormir à l’aube, les frémissements d’un cerf pourchassé. Pour expliquer ce monde de sensations primaires avec beaucoup d’humour, le clarinettiste Lukas Roos joue de son accent suisse-allemand avec décontraction. Lui vient plutôt du classique, le batteur à la rythmique métronomique du heavy metal, le clavier qui est aussi celui d’Evelinn Trouble aime le rock, l’électronique et à peu près toutes les musiques que vous lui nommez…. Vous l’aurez compris chez PommelHORSE, le jazz est un état d’esprit placé sous le signe de l’innovation, de la sensation, de l’énergie, de l’humour. Personnes sérieuses s’abstenir.

Hors de leurs murs, originaires de différentes régions de la Suisse et sans qu’ils ne se connaissent les uns les autres, ces sessions musicales de trois soirs ont permis de faire passer un courant entre ces différents groupes, d’affirmer haut et fort que la scène suisse se porte de mieux en mieux. « J’ai découvert des musiciens extraordinaires et des projets vraiment originaux. C’est excitant et ça donne envie d’en connaître plus ! » s’exclame le pianiste français Alexis Anerilles (qui office entre autres aux côtés de Sophie Hunger), spectateur assidu de ces trois soirées de concerts. Merci à Evelinn Trouble, Puts Marie, Larytta, Egopusher, Orioxy et PommelHORSE pour ces moments enthousiasmants et fédérateurs.

Swiss Vibes live à Paris, chapitre 2: Puts Marie

puts marie
puts marie

Puts Marie est un groupe de Bienne éclectique qui avait fait beaucoup parler de lui au début des années 2000. En 2009, le départ aux Etats-Unis du charismatique chanteur Max Usata semblait annoncer la mort du groupe. D’autant que son batteur Nick Porsche n’allait pas tarder à s’illustrer dans un excellent projet solo.

Contre toute attente, Puts Marie a refait son apparition en 2013 avec un enregistrement de six titres, « Masoch ». Teinté de blues, psychédélique, marqué par la voix légèrement fêlée si particulière de Max Usata, Puts Marie revient sur les devants de la scène et frappe dans le mille.

Plus mélancoliques, plus matures et moins dispersés, les Biennois balancent du lourd. « Le fait que chacun de nous se soit consacré à d’autres projets musicaux, nous a permis d’enrichir nos influences, d’être plus ouverts. Mais nos concerts sont toujours forts, vulgaires et bizarres » expliquait Max Usata dans une interview sur ce blog. Les récentes performances de Puts Maris aux Transmusicales de Rennes et à Eurosonic en sont une preuve. Le succès sur YouTube de leur récente vidéo « Pornstar », réalisée dans un cabaret gay, en est une autre. Puts Marie n’a plus peur de se dénuder, au propre comme au figuré. Avis aux amateurs.

En concert au Centre culturel suisse de Paris, le 2 juin 2015 (avec Evelinn Trouble)

Egalement en concert à La Maroquinerie à Paris, le 19 mai dans le cadre de la Tournée Europavox.

Swiss Vibes live à Paris, chapitre 1: Evelinn Trouble

Evelinn_Trouble_Trio15_klEvelinn Trouble est un cas. Un pied dans le rock, l’autre dans le jazz. Un jour rousse le lendemain blonde, maquillée à outrance ou sans fard, elle ne cesse de surprendre. A peine vingt-cinq ans, et déjà un cinquième album, « Arrowhead ». Fille d’une chanteuse de jazz et d’un architecte, Evellinn Trouble vit à Londres depuis une année. Entourée de son studio mobile, elle aime composer et s’immerger dans les villes connues pour leur haute teneur musicale.

Après s’être illustrée comme choriste de Sophie Hunger et un premier album folk-pop-soul “Arbitrary Act” (2007), qu’elle a concocté toute seule ou presque, cette fille d’une chanteuse de jazz et d’un architecte continue de n’en faire qu’à sa tête. A chaque enregistrement, elle se réinvente. Sur son précédent opus, « The Great Big Heavy », elle rendait hommage au rock des années 60. Aujourd’hui Evelinn Trouble prépare la sortie de « Arrowhead », le journal d’un « traveller » urbain qui reçoit une flèche dans la tête et ne peut pas l’enlever.

Enregistré dans les studios Invadia de Geoff Barrows, là où quelques opus mythiques de Portishead et Massive Attack on été réalisés, « Arrowhead » est emballé dans un son trip hop qui lui sied. Il amplifie la puissance et la hargne de Evelinn Trouble ainsi que sa voix, entre séduction à la rébellion. Connue pour ses prestations sauvages, Evelinn Trouble sera accompagnée par l’un des batteurs les plus en vue de la scène alémanique, Domi Chansorn et par Flo Götte à la basse et à la guitare.

En concert au Centre culturel suisse de Paris mardi 2 juin (le même soir Puts Marie)