Malcom Braff und Andreas Schaerer: Jazz made in Switzerland

Malcom Braff (à gauche), Reggie Washington et Lukas Koenig
∞Malcom Braff (à gauche), Reggie Washington et Lukas Koenig ©Suisa

Das Malcolm Braff Trio und Andreas Schaerer’s Hildegard lernt fliegen begeisterten an der jazzahead!-Messe in Bremen das internationale Publikum und zeigten einmal mehr, dass sich Schweizer Jazz im internationalen Vergleich nicht zu verstecken braucht.

Die Fachmesse fand dieses Jahr bereits zum siebten Mal statt und hat sich mittlerweile zu DEM Treffpunkt der europäischen Jazzszene entwickelt. Erfreulich aus Schweizer Sicht war deshalb, dass die Jury gleich zwei Schweizer Bands für eines der begehrten Showcases ausgewählt hatte.

Hildegard lernt fliegen ergatterte sogar einen besonders begehrten Platz am Samstagabend im Kulturzentrum Schlachthof, das zur Prime Time aus allen Nähten platzte. Die Zuschauer waren von der musikalisch eindrucksvollen und ideenreichen Performance begeistert und applaudierten der Band frenetisch.

Das Trio um Malcolm Braff (piano) mit Reggie Washington (bass) und Lukas Koenig (drums) überzeugte am Nachmittag ebenso mit erstaulicher Spielkraft. Ungeheure Energien und phantastische Klangbilder entfalteten sich hier aus kleinsten musikalischen Zellen, die drei Musiker loteten die Grenzen ihrer Instrumente vielfältig aus und kosteten sowohl die Transparenz als auch die Kraft ihrer Musik genüsslich aus. Das routinierte Trio eroberte die Gunst des internationalen Fachpublikums schon vom ersten Stück an – auch ihnen stand nur eine kurze halbe Stunde zur Verfügung. Schliesslich musste Malcolm Braff am selben Abend (wie am Abend zuvor!) auch wieder das heimische Publikum beim Cully Jazz Festival unterhalten… Beide Bands sind auch auf der brandneuen CD-Compilation “jazz made in switzerland, selection 2012/13” vertreten. 

Malcolm Braff Trio, Inside, Enja Records 2011
Hildegard lernt fliegen, Cinéma Hildegard, Unit record 2012

Chief, une question de feeling

Il arrive à Chief de recevoir des mails en anglais de Français qui veulent travailler avec lui. Quand il leur dit qu’il est Suisse et qu’il parle la même langue qu’eux, certains hésitent à le croire. C’est qu’à trente ans le jeune producteur lausannois a déjà collaboré avec pas mal de grands noms de la scène américaine et canadienne : KayDee, Sene ou, plus récemment, Moka Only. Avec ce-dernier Chief a enregistré « Crickets ». Pour mettre en musique cette invasion d’insectes au chant entêtant et perusasif, il a tissé une toile de rythmes et de voix soul sur lesquels Moka pose son flow précis et soyeux.  Mais comment ce trentenaire qui, adolescent écoutait Nirvana, les Beatles et A Tribe Called, est-il arrivé à se hisser aux premières loges de la scène internationale du hip hop underground ? Autodidacte, Chief gère tous les aspects de la création, de la production et de la diffusion de sa musique.

Vous vous définissez comme un beatmaker. Comment devient-on un beatmaker ?

Chief À l’école déjà, je voulais être DJ. J’ai fait un apprentissage de monteur-électricien puis d’ingénieur du son. J’ai ensuite fondé mon label avec un pote. A 21 ans, j’avais envie de faire des beats. J’ai commencé à « découper » des échantillons de quelques secondes. Je prends par exemple une ou deux notes d’un morceau de jazz qui me plaît et je lui ajoute une basse rock, puis je joue des claviers dessus. Je n’ai aucun apprentissage musical, je ne lis pas les notes. Mais j’ai une excellente oreille. A force d’aligner les heures dans mon studio, je me suis amélioré. J’aime les mélodies. J’aime ce qui est instrumental, ce qui est calme

Vous avez fait un album d’instrumentaux en hommage à Chick Corea. Ecoutez-vous du jazz ? 

Chief  Comme j’écoute de la musique toute la journée. je n’en n’écoute pas ou très peu chez moi. Le jazz, la soul, le rock psyché sont mon « charbon ». Je les écoute en pensant à ce que je vais pouvoir en extraire. Parfois quand la matière première est riche, je ne fais que des instrumentaux, sans avoir recours à un rapper. C’est ce qui s’est passé avec Chick Corea. J’ai fait l’album « Tribute to Chick Corea by Chief » en une semaine. Je l’ai mis en téléchargement gratuit sur bandcamp. Certains diront que c’est du vol. Je vois les choses différemment : en ne prenant qu’une ou deux notes et en les associant à autre chose, j’ai simplement recours à un autre processus de création. Je pense que Chick Corea a dû voir ce que j’ai fait car ma sélection est l’une des premières à s’afficher si vous faites une recherche sur google. Mais le résultat est méconnaissable. Ma petite chirurgie a fait son effet.

Combien de beats pensez-vous avoir déjà composés ?

Chief Je travaille en studio toute la journée. Je fais entre un et deux beats par jour et je les stocke.

Comment en êtes-vous arrivé à travailler avec des rappers américains ?

Chief KayDee, de Washington a été le premier à me contacter sur mon MySpace. On s’est envoyé des fichiers audio. Finalement il est venu dans mon studio de Malley à Lausanne et on a fait un disque en une semaine. Puis il y en a eu d’autres. Dont Sene avec qui j’ai fait une quarantaine de morceaux. 10  d’entre eux sont parus sur mon label Feelin’Music.

Pourquoi avoir voulu créer votre porte label ?

Chief Dans le milieu hip hop, la plupart des labels ne paient pas les artistes. En créant ma propre structure, cela me permettait de garder le contrôle de la situation. J’ai dû faire une vingtaine de productions en 3 ou 4 ans. Essentiellement avec des Américains. Malheureusement le rap suisse ne permet pas de payer les factures. On bosse avec beaucoup de blogs. On leur envoie un presskit avec un morceau exclusif et on attend que le réseau qu’on a activé nous ramène des internautes et des téléchargements. Notre newsletter est un autre élément essentiel de promotion. La durée de vie d’une production est d’un ou deux mois. On souffre de la concurrence des plates-formes pirates qui proposent nos morceaux gratuitement le lendemain de notre mise en ligne. Mais on s’en sort quand même. On propose aussi des sélections en téléchargement gratuit. A la mort de Jay Dee, j’ai proposé avec deux collectifs lausannois, Food for ya Soul et Do the Right Print, une sélection gratuite de morceaux à sa mémoire. Il y a eu 20’000 téléchargements en un mois. Ce qui veut dire aussi 20’000 adresses mail de personnes potentiellement intéressées par notre musique.

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Le site internet de feelin’music

La fanfare Kadebostany cartonne sur le net!

De Genève aux plaines arides de Kadebostany, cette fanfare aussi improbable que futuriste fait sensation sur le net. En avant goût de son nouvel album (à paraître sous peu), elle vient de mettre en ligne  le clip d’une nouvelle chanson, “Walking with A Ghost”. En trois semaines – rien que sur Viméo – cette vidéo a déjà dépassé les 100’000 visionnements!

Au programme, des danseuses, aux corps aussi parfaits que synchronisés, des cuivres érotisés, des voix soul ou mécaniques et une fanfare aussi martiale qu’impériale. A voir ci-dessous. Et si vous aimez, vous pouvez télécharger le morceau sur Itunes ou sur bandcamp!

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Rusconi et Preisig créent l’événement Cully Jazz Festival

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Le projet était audacieux et deux des musiciens de jazz suisse les plus aventureux du moment ont relevé le défi. En janvier dernier le violoniste Tobias Preisig et le pianiste Stefan Rusconi ont investi le temple protestant de Cully pendant trois jours pour préparer une création. Trois mois et quelques répétions plus tard, ils sont de retour dans le cadre Cully Jazz Festival. Samedi 14 avril 2012, à 18 h, alors que le public est sagement assis sur les bancs du parterre de l’église, ils s’installent au balcon, invisibles d’en bas. Une drôle d’idée? “C’est le concept de base de la musique d’église, s’exclame un peu avant le concert Stefan Rusconi, ne pas voir les musiciens permet de mieux se concentrer sur les sons et, dans un contexte religieux, de se rapprocher de Dieu“.

Les deux musiciens complices ont quant à eux choisi d’expérimenter. Tobias Preisig tire des sons étonnants de son violon avec lequel il semble danser et frappe parfois de son pied droit une caisse-tambour posée au sol. Stefan Rusconi tente de dompter le vieil orgue du temple. La vidéo ci-dessous montre le tout premier morceau du concert. Le public, en bas, est encore un peu déconcerté par cette prestation “à l’aveugle”. Après quelques morceaux il est conquis et se met à applaudir à tout rompre. A signaler également l’apparition de la chanteuse Evelinn Trouble dans un gospel fort peu orthodoxe en final. Un autre moment intense de cette prestation malheureusement non-filmable vu le manque de lumière.

Hathors aux Eurockéennes de Belfort

Lors de la de la finale du concours permettant de décrocher une place fort convoitée aux Eurockéennes de Belfort, les trois musiciens de Hathors, orginaires de Schaffouse avaient un petit avantage sur leurs concurrentes féminines, Anna Aaron et La Gale. Ils s’étaient placés sous la protection de la déesse égyptienne Hathor, divinité de l’amour de l’ivresse, de la beauté, de la musique, de la danse. Comme quoi les Dieux rendent bien des services. Et sous celle de Couleur 3 aussi qui adorent jouer leur premier CD, paru l’an dernier. Trio basique – guitare-basse-batterie – Hathors est un groupe de l’extrême, quelque part entre punk, garage et métal. Si vous voulez (ré)écoutez le concert et interview, c’est dans Couleur 3 Live.

Ci-dessous la vidéo de leur chanson “Keeping Secrets”
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Peter Kernel au Point Ephémère, Paris, le 1er avril 2012

Les déflagrations punk de Road to Fiasco, le groupe français qui ouvrait cette soirée au Point Ephémère, ne semblait pas avoir dérangé ce couple : pendant le changement de set, deux jeunes gothiques n’ont pas arrêté de s’enlacer langoureusement, par terre, indifférent au monde extérieur. A leur manière, ils avaient tout compris à ce qui allait suivre : Peter Kernel revenait dans cette salle parisienne quatre ans après leur dernier passage à Paris. Sur scène, le Suisse italien  Aris Bassetti à la guitare et la canadienne anglophone Barbara Lehnhoff subliment les tensions nerveuses d’un couple – le leur. De leur propre aveu, les dix heures de route qu’ils venaient de subir les avaient lessivés, mais il n’en paraît rien. En présentant principalement les morceaux de leur deuxième album White Death & Black Heart, les deux rejouent les grands marivaudages du noise punk : elle est Kim Gordon, elle est Kim Deal, il est Thurston Moore, il est Frank Black. Elle est primal, il se réfugie derrière sa guitare. Contrairement aux usages, ils se font face, ignorant presque un public fasciné par cette drôle de parade nuptiale. Rythmée par les coups de boutoir d’un batteur français originaire de Lausanne, leur danse s’accompagne de peu de mots, chaque dissonance  d’Aris répondant à un cri de Barbara, chaque mélodie lui renvoyant un sourire. Finalement, Barbara semble se faire plus pressante, sur le morceau “Hello My Friend”: « Viens voir par ici », envoie-t-elle, frondeuse. Le dénouement approche dans un final où les sons se troublent : Aris vient la rejoindre et l’enlace littéralement, tandis que leurs instruments se mêlent dans un déluge de larsens. Résultat, une jeune fille s’évanouit dans l’assistance, sans que l’on sache si c’était la moitié du couple qui s’embrassait au début. Peter Kernel conclut alors logiquement par « Panico ! This is Love » et par « We’re not going to be the same again », comme si le public n’avait pas (encore) compris le message. Las, pour se remettre de cette parenthèse fusionnelle, les spectateurs auront ensuite droit de se relaxer grâce aux envolées pures de This Will Destroy You, alter ego texan de Mogwai venu conclure ce plateau.