Le duo genevois The Chikitas sort son troisième album, « Wrong Motel », sur fond rock décomplexé.
À tous ceux qui cherchent un rock lisse et sans saveur, passez votre chemin. The Chikitas représente l’antonyme même de ce concept. Le duo féminin genevois s’illustre par la fureur de sa proposition. Chant et riffs de guitare électrisants délivrés par Lynn; rythmique défoulante portée par Saskia. Leur union explore et triture toutes les facettes les plus brutes et authentiques du rock, en y infusant le meilleur du punk et du grunge.
Dès la naissance de leurs deux premiers albums, « Butchery » (2011) et « Distoris Clitortion » (2014), The Chikitas ont convaincu par la qualité et le tempérament de feu de leur univers. Après avoir écumé les scènes suisses, les Romandes sont parties à l’assaut de la France, de l’Europe de l’Est et, point d’orgue à leur palmarès, du CMJ de New-York. Reconnaissance scénique, couronnée par les professionnels d’un Rock-Award à la Demotape Clinic 2015 du m4music et d’un Rock-Award au Swiss Live Talent 2015.
Pour leur troisième album, The Chikitas ont posé leurs instruments à Tucson, en Arizona (USA), pendant vingt jours. Avec la complicité du producteur Jim Waters (Sonic Youth, The Jon Spencer Blues Explosion), le duo a relevé le défi d’un enregistrement analogique pour cristalliser l’essence du son qui l’incarne. Le résultat ? « Wrong Motel » un album qui se doit d’être vécu comme un voyage d’une délicieuse brutalité. L’atmosphère est rythmée par ce crin tantôt punk, tantôt grunge, toujours rock. Un rock sans compromis hurlé, tourmenteur, déchaîné. Un rock qui, parfois, se laisse toucher par du beat-box et du rap, qui se calme pour mieux se rebeller, qui se dévoile sous un groove suggéré.
Au final, « Wrong Motel » est un concentré d’une lourdeur et d’une ferveur tumultueuse; une compilation savamment réfléchie de compositions métalliques, directes et sincères. La seule chose qui pourrait nous manquer, c’est de voir les morceaux prendre vie sous les coups, riffs et hurlements de The Chikitas. Mais ça, c’est pour très bientôt.
Chaque mois, Swissvibes vous présente un nouveau titre extrait de « Inappropriate Behaviour », le nouvel EP de Rootwords.
Incontournable de la scène musicale suisse, Rootwords puise la source de ses créations dans la culture hiphop. Loin de se contenter de recréer l’actuel ou le passé, le rappeur genevois d’origine américaine et zambienne allie des influences éclectiques à son style de prédilection. Le résultat ? Des univers hétéroclites, entre tendances et old school, guidés par le verbe consciencieusement aiguisé de Rootwords, qui mènent l’auditeur dans un voyage musical aux multiples facettes.
Après avoir présenté son premier album, « The Rush » (en 2014), et les EPs de ses débuts sur les scènes suisses, françaises, italiennes, allemandes ou encore chinoises de renom, Rootwords aborde 2016 avec un nouvel EP au concept peu commun. Composé de six titres qui sortiront au compte-gouttes tout les 25 du mois,« Inappropriate Behaviour » oscille entre titres solo et collaborations avec des artistes des quatre coins du monde, encrant ainsi Rootwords un peu plus dans la lignée des artistes citoyens du monde. Chaque mois, nous découvrirons un nouveau chapitre de cet EP avec l’impression de Rootwords sur ce dernier.
Rootwords a levé le voile sur « Inappropriate Behaviour » au travers de titres aux mille couleurs. De lourdes basses vibrantes (« Move (feat. Muthoni The Drummer Queen) »), une escapade au rythme africain (« Voodoo (feat. Blitz The Ambassador) ») et une mélancolie assumée (« She ») qui se relie d’un fil mélodique à l’atmosphère qui plane sur le titre dévoilé aujourd’hui. « Your Kingdom » se dessine sur un fond mélodique composé un beatmaker suisse habitué aux collaborations qualitatives : Celloprod (CasaOne Records). Après avoir façonné des harmonies pour Youssoupha ou encore Keny Arkana, le compositeur s’est laissé inspirer par un sample tiré de « Transients (feat. Szjerdene) » du producteur anglais Bonobo pour offrir le nuage envoûtant qui porte « Your Kingdom ». Sur ce titre, Rootwords reçoit l’artiste chinoise ChaCha à évoquer l’influence que peut avoir la société sur la créativité :
« La vie sur terre peut parfois être perçue comme un long et fastidieux chemin vers notre propre tombe. On se lève, mange, travaille, mange, travaille, joue, mange, dort, et on recommence. A chaque étape, on a souvent l’impression que ce n’est pas assez. On se pose des questions sur nous-même, sur le sens de la vie, on regarde le ciel et tout autour de nous, sans jamais obtenir de réponse satisfaisante. Si je ne vivais que pour moi-même, je ne pense pas que ce serait aussi difficile. Mais aucun homme n’est une île, et en tant qu’être humain, on dépend des uns des autres. Chacun contribue à la vie en société. Mais, à quel point la société me le rend à son tour ?
C’est un cycle sans fin.
En tant qu’artiste, je suis particulièrement sensible aux effets néfastes de la société sur ma créativité. J’ai décidé de collaborer avec ChaCha sur cette chanson car c’est une femme également sensible, en phase avec les ondes électromagnétiques de notre monde. Elle a voulu exprimer le même émerveillement, les mêmes douleurs et craintes que moi lorsqu’elle a entendu cette instru de Cello Prod inspirée d’un sample de Bonobo (qui au passage, a apprécié le morceau). »
Kaleidoscope String Quartet – Le Temple, Cully, 8/4/16
@J-C Arav
Two violins, one viola and a cello make up the unconventional Kaleidoscope String Quartet who kicked off the first night of Swiss musical contributions at the prestigious Cully Jazz festival. Performing material from their second LP, ‘Curiosity’, their strictly acoustic set up was a perfect fit to the meditative church setting of Le Temple.
I was lucky to bump into violinist Tobias Preisig just before the band came on, he tipped me off with a few insights into the quartet: « I used to play with them in the early days. What they do is technically very hard, you have to be really connected as musicians. Their forte is how they swerve tradition, always looking for new ways to play their instruments ».
@JC-Arav
These words proved a useful interpretation tool. A string quartet inevitably conjures up very rigid ideas of genre, hence what makes this group interesting is how a variety of styles, rhythms and tones are woven into the classical string infrastructure. There’s a feeling of the experimental and the improvised even though they’re clearly a tightly rehearsed unit. Seamlessly the ball is passed from one member to the other as the violin is bent and shaped in all directions. Closing my eyes I could have sworn someone had sneaked in some Japanese pipes during track 3. Quasi pop refrains and folkloric riffs creep up when least expected to add colour and vibrancy.
@J-C Arav
Admittedly, there were moments when some the barren plucking overstayed its welcome, (at a critical point in the musical tension I overheard someone muttering «sounds a bit like a swarm of mosquitoes » ), the bass tones of the cello proving a welcome contrast to the higher pitches of the violins. Possibly too many sparsely clad moments where the rowdy festival crowd outside the venue added more rhythmic movement to the music than the quartet itself.
@J-C Arav
The higlights for me were the warm, swirling melodies that sprang suddenly out of the languid tones. Nothing gives the feeling of lift off and transportation quite like a set of strings, so to hear them setting off into fourth gear with dynamic, frenetic synchronisation was a delight – one track culminating with a joyful vocal shout! Amazing that a string didn’t break in the process.
Some questions and answers with KSQ bandleader and composer, Simon Heggendorn:
Is it important for KSQ to be seen as more than just a classical outfit?
@J-C Arav
Simon Heggendorn: In many ways, yes. From our point of view, a ‘classical’ string quartet mostly interpretes music, whereas we create the music ourselves – rather like a band – and are completely free in the style of interpretation. This gives us the possibility to have a unique ensemble sound defined by the music we write for it.
Did the fact you were playing in a church impact your choice of what material to play?
Simon Heggendorn: Not primarily, maybe the fact we played in a church had an influence on ‘how’ we played (tempi, improvisations, dynamics). We like to play completely acoustic, so Le Temple was a perfect set-up for us.
What’s your relationship to Cully Jazz?
Simon Heggendorn: We played at Cully Jazz in 2012 for the first time. Spots are limited so it’s always very special to be chosen. Since it’s a big festival, you get more press attention than with standard gigs. It’s important to get known on the scene and be exposed to a wider audience, maybe even internationally. Not to mention the unique atmosphere in the village during the festival and the effort of everybody working here – just amazing!
[youtube=https://youtu.be/YTYVvcAsda8]
Band members:
Simon Heggendorn – violin & composition
Ronny Spiegel – violin
David Schnee – viola & composition
Solme Hong – cello
Chaque mois, Swissvibes vous présente un nouveau titre extrait de “Inappropriate Behaviour”, le nouvel EP de Rootwords.
Incontournable de la scène musicale suisse, Rootwords puise la source de ses créations dans la culture hiphop. Loin de se contenter de recréer l’actuel ou le passé, le rappeur genevois d’origine américaine et zambienne allie des influences éclectiques à son style de prédilection. Le résultat ? Des univers hétéroclites, entre tendances et old school, guidés par le verbe consciencieusement aiguisé de Rootwords, qui mènent l’auditeur dans un voyage musical aux multiples facettes.
Après avoir présenté son premier album, “The Rush” (en 2014), et les EPs de ses débuts sur les scènes suisses, françaises, italiennes, allemandes ou encore chinoises de renom, Rootwords aborde 2016 avec un nouvel EP au concept peu commun. Composé de six titres qui sortiront au compte-gouttes tout les 25 du mois, “Inappropriate Behaviour” oscille entre titres solo et collaborations avec des artistes des quatre coins du monde, encrant ainsi Rootwords un peu plus dans la lignée des artistes citoyens du monde. Chaque mois, nous découvrirons un nouveau chapitre de cet EP avec l’impression de Rootwords sur ce dernier.
Pour succéder aux basses prenantes de « Move (feat. Muthoni The Drummer Queen) » et à la mélancolie de « She », Rootwords s’allie à Blitz The Ambassador et s’offre un voyage dans des contrées musicales teintées d’Afrique. Rien d’étonnant quand on prête une oreille à l’univers musical de l’invité du titre. Originaire du Ghana et des USA, Blitz The Ambassador s’illustre dans un hip-hop aux racines afro-beat et au résultat saisissant. Pour cette collaboration, les deux rappeurs mettent le verbe sur les relations interculturelles et sur les injustices que les personnes de couleur vivent encore de nos jours. L’image, quant à elle, est mise en forme par Idal (membre des Murmures Barbares), et portée par l’excellent breakdancer Bad Liks (qui fait parti du Warriorz Crew de Genève). Ton sobre et point de fioritures, les mots de Rootwords et Blitz The Ambassador raisonnent dans les gestes précis et percutants de Bad Liks. Le message du texte est porté avec pertinence et reflète la volonté de Rootwords :
« Non, je ne suis pas parano. Les regards, les insultes, les incivilités, les moqueries, les crachats, les coups d’épaule… c’est une réalité. Et ça arrive régulièrement lorsque tu as la peau colorée comme moi. C’est comme ça depuis que je suis tout petit. Ma mère m’a raconté que, lorsque j’avais trois ans et que nous vivions aux Etats-Unis, elle m’a récupéré à la crèche et j’étais en train de pleurer. Elle m’a demandé pourquoi et je lui ai répondu qu’un « copain » m’avait dit qu’il ne pouvait pas jouer avec moi parce que j’étais noir.
On est en 2016 et je vois toujours des affiches dans la rue avec des « retournez d’où vous venez, rentrez chez vous ». Où que j’aille, c’est toujours la même rengaine, le même problème. Ca me pousse à croire que je suis maudit, qu’il existe des forces obscures qui « nous écrasent », comme le dit si bien Blitz The Ambassador sur cette instru hypnotique de Tismé, tout en décrivant notre situation en tant qu’être humain à part entière sur cette planète.
Quoiqu’il arrive, mes yeux sont ouverts, et j’ai depuis bien longtemps conscience des choses qui se passent autour de moi.»
Pour sa 6ème édition, les RepreZent Awards ont mis les petits plats dans les grands pour offrir une expérience inédite à son public.
La scène musicale suisse recèle de talents – cachés ou dévoilés. Là où d’autres entités s’attèlent à dévoiler les perles rock ou pop de nos contrées, le site web RepreZent.ch a pris le pari de lever le rideau sur les artistes s’illustrant avec brio sur les planches du hiphop suisse romand. Tout au long de l’année, les meilleures créations des rappeurs, performers et beatmakers sont mises en avant par le biais de chroniques et d’interviews.
Une fois par année, RepreZent organise les RepreZent Awards pour récompenser les acteurs les plus talentueux du hiphop romand. Pour cette 6ème édition, la cérémonie a élu domicile dans les locaux de Couleur3 pour offrir une expérience unique et inédite en son genre. Retransmise dans une émission spéciale de Downtown Boogie, vous pourrez faire connaissance des intervenants en écoutant des extraits de leurs projets, des interviews, mais aussi et surtout en les voyant à l’œuvre dans le cadre d’un cypher (exercice de style propre au hiphop dans lequel les rappeurs s’affrontent tour à tour au micro) qui a, pour la première fois de l’histoire de la radio, été filmé en 360 degrés. Ainsi, en cliquant dans les différents recoins de la vidéo, vous pourrez découvrir le moment sous de nouveaux angles. Voyez plutôt :
Composé cette année de Geos (mc, journaliste et animateur sur couleur3), de dj Ronfa, de Redstar (mc) et de Mr Seavers (dj, journaliste et rédacteur en chef du site repreZent.ch), le jury avait pour lourde tâche de juger de la qualité des projets sélectionnés.
Jonas, dont on vous présentait le travail il y a peu, est reparti avec le prix de meilleur album pour « Oxymore ». Les acolytes de Jonas, Noé Cauderay, Fred de Haro et Jérémie Bacher, ont été récompensés pour le clip « Petit Carré ».
Le prix venant saluer ceux qui oeuvrent dans l’ombre, à savoir les beatmakers, s’en ira du côté de Berne cette année, puisque c’est le duo de compositeur The Soundbrothers qui l’a remporté, saluant ainsi une année très prolifique pour eux qui ont non seulement produit pour des artistes romands tels que Karolyn mais seront certainement très rapidement certifiés diamant pour leur collaboration avec Maître Gims. La révélation 2015 revient à Slim K, jeune mc tout autant talentueux que prometteur qui a su convaincre le jury tant par sa polyvalence que l’état d’esprit et l’atmosphère qu’il crée dans chacun de ses morceaux.
L’artiste de l’année, seul prix remis après un vote du public, est Makala qui a su occuper tous les terrains en publiant de nombreux clips de qualité, des mixtapes mais aussi et surtout en prenant sa place sur les scènes romandes
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Yl_-AMDxl78]
Encore une fois, les RepreZent Awards ont su mettre en avant avec brio le travail de qualité produit par la scène hiphop suisse romand, permettant ainsi à ses artistes une exposition qualitative méritée.
With musicians Yilian Cañizares, Christoph Irniger, Yael Miller, Mandla Mlengeni, Manuel Troller, Julie Campiche, Nils Fischer and Joel Graf.
I’ve just visited the second edition of Take Five Switzerland, an invite-only, professional development course for musicians. There are sessions on everything from legal affairs to communication skills, and time to network with a selection of European promotors and experts. Run by Serious, the UK’s most standout organisation in jazz, it’s an intense week, softened by the setting of a beautiful, organic farm in the ‘garden of England’ (Kent).
Christoph Irniger
“… great to meet someone from every aspect to build a career” Yilian Cañizares Edition 1 of Take Five Switzerland in 2013 was my personal introduction to the creative intelligence and ambition of Swiss artists and honestly, my love of music was re-invigorated by them. Their feedback maybe shaped Edition II and the latest group were unanimous in their appreciation of the week. “There is a lot of information that I need to digest,” said Yilian Cañizares, “but it’s been really great to meet someone from every aspect to build a career and in my case that’s what I’m looking for: how to meet the right people to push me, help me with skills to get to the next step.” The experienced Christoph Irniger agreed, “Nothing is really new but when you hear it enough, it becomes clear: there are no shortcuts, you have to be really patient and it’s all about personal connections.”
The ‘personal touch’ was a key theme. It can be used to build a fan base and to address promotors when looking for gigs. The saxophonists, Nils Fischer of the Great Harry Hillman, Joel Graf of pommelHORSE and Christoph, were all keen to think more deeply about what venues might like their sound and target them as part of developing a strategy. Christoph said he would, “Check out who might programme my music and go for that…The spam is what makes the business so hard.”
“…choose clubs that fit our music” Nils Fischer
Jan Ole Otnaes of Nasjonal Jazzscene confirmed this and advised putting thought into targeting venues and writing personal emails to promotors. This came out in useful Q&A sessions that were in relaxed settings (literally around the fireplace) encouraging open dialogue. Nils heard the message clearly, “Now we know to focus on specific countries with the booking, really using personal contact, and choose clubs that fit our music.”
Manuel Troller
“You sharpen your consciousness about things” Manuel Troller
The Sony consultant Wulf Muller was another expert happy to hang out with the musicians and harpist Julie Campiche recognised it was a privilege to have quality time with such experience, especially at a time of uncertainty. “You know, as an artist you feel something – I want to go in a direction, but am I right or am I wrong? Is it my fear speaking or is this good intuition?” Her conversations at Take Five were, “a confirmation that I’m on the right path.” Manuel Troller, a guitarist to watch out for, intelligently observed, “You sharpen your consciousness about things – if someone speaks about something that you completely disagree with then you feel even more strongly about it, or if you agree, it helps you develop new ideas.”
“To have…something that helps you artistically and personally was great” Joel Graf Yael Miller noticed that one expert said Facebook ‘likes’ were vital, whilst another promotor ignores them. Yilian felt the best advice was to forget Facebook ‘goals’ and, “Look at your audience as ‘friends’, you are building friendships – people you communicate with through music that have common values and ways of seeing life.” In order to do this artists need to learn how to speak openly. “The work with Mary McCusker [a communication coach] was fantastic,” said Joel Graf, “…to have all this information on the course, but also something that helps you artistically and personally was great.” They made short videos simply talking about their music and although Joel wasn’t sure of their usefulness, having to think of concise phrases to describe themselves and their creative work was helpful.
“It made me define what I want to do next, better” Yael Miller
When I arrived at Take Five I discovered that the band Orioxy were splitting up to allow Yael Miller and Julie Campiche to follow new creative ideas. Both were unsure whether to attend the course because everything was changing for them. However the promotors said they loved discovering artists who were transforming and it forced both of them to verbalise their ideas. Yael said, “So then I started talking about it and being open about it. It made me define what I want to do next, better.” Yael added of Take Five, “It was the thing I needed at this time because I’m in a transition period.”
There are some lessons that can’t be learned in Take Five. How do you face moving on from a band and deal with the consequences? These are situations that can be mis-handled but what spoke volumes to me was that Julie and Yael both turned up on the course. It takes balls to deal with changes and to face something like Take Five in a state of uncertainty. Yael’s concerns about taking a new direction were calmed, “One of them told me, ‘This is artist development.’ And it’s true, you have to take time to think about what you want, to be true to yourself…it was really reassuring.”
Charming gardens of Bore Place
“For me, healing myself…was through making music” Mandla Mlangeni
The last word goes to Mandla Mlangeni, a trumpeter from Soweto invited onto Take Five. When he was just four years old his activist father was murdered by a bomb sent to his home. Mandla explained, “For me, healing myself and all the pain that lingered in me, was through making music.” Ultimately all these musicians at one point or another felt this power of music and the professional side of things is there to support that. Mandla added, “Take Five has opened my eyes to a whole new world of opportunity and made me think about my career in ways I never have before particularly when it comes to making contacts.” So, if it helps such people, the future generations of this music, get their work out there, then it’s doing its job.
A l’origine, LEON est composé des deux bassistes: le Genevois Raphaël Ortis et le Lausannois Louis Schild. Depuis 2011, ils font vivre ce projet avec ses multiples formes et facettes en duo, trio ou quartet, dans l’improvisation, la noise et le rock aux compositions abrasives. Ils sont aujourd’hui entourés de David Meier (à la batterie) et d’Antoine Läng (voix). Antoine Läng a pris la plume pour raconter de l’intérieur le premier concert de la tournée à swissvibes.
“Je goûte le calme d’une matinée qui se prolonge seul, la tête et les membres qui vibrent de ces cinq jours avec LEON, une résidence au Romandie suivie de deux concerts – le premier sur place à Lausanne puis le second, ce soir, au Bad Bonn de Dudingen – qui initient une série en Suisse pour la sortie de notre premier album. Une respiration bienvenue dans cet enchaînement qui imprime déjà sa marque sur le corps – j’ai dormi quelques heures et la fatigue siffle encore un peu dans les oreilles, la tension musculaire dans le cou fait écho aux rythmes dont les secousses parcourent encore mes articulations et ma voix.
Le temps aussi d’une séance d’écoute et de manipulation de l’album-objet, le dépliage de la pochette, la découverte des photos et illustrations de Lisa Bonard et de Michel Bonvin et le caractère aléatoire de l’agencement du tout qui à la manière d’une composition ouverte s’inscrivent dans le même élan que celui de la musique.
Les quelques jours passés ensemble ont justement été consacrés à travailler sur l’équilibre des sons, un point sensible quand le projet repose sur l’articulation de deux basses selon différents modes. LEON cultive cette particularité du double instrumental sous diverses formations – en duo, en trio avec invité puis avec Kasper T Toeplitz – qu’il l’explore dans l’improvisation noise, l’électroacoustique ou le rock, et Louis et Raphael attachent un soin particulier à jouer sur l’ambiguïté des timbres, les complémentarités rythmiques et les rétrécissements/élargissements du spectre, dont les matières servent à produire des ombres, des reflets, des fantômes ou des jumeaux au même titre qu’elles laissent s’exprimer deux personnalités.
Dans le cadre de ce LEON à quatre, ce jeu crée de nouvelles ramifications dans l’appui rythmique de David et dans l’ouverture vers le texte apportés par la présence d’une voix et demande que d’autres équilibres se créent. L’objectif de la résidence au Romandie est de préparer les concerts à venir en visant l’épure, la création de nouveaux espaces dans les morceaux existants et de travailler sur la complémentarité des gestes et leur partage. Deux pièces récemment écrites jouent sur l’articulation des rythmes et des textes. Elles impliquent une distribution des voix entre tous qui ouvre de nouvelles perspectives en matière de jeu et de substitution des rôles qui caractérise le projet.Au soir du premier concert de la série, une certaine fébrilité mêlée d’excitation est palpable. On se plonge alors dans le concert de Massicot et leurs maillages rythmiques faussement bancals, hypnotiques, dont chaque répétition fait monter l’intensité et pare la soirée d’une couleur obsessionnelle de transe. On en oublie la neige de la journée, les embouteillages et les glissades sur la route, l’angoisse avant de commencer. La salle est pleine quand on prend place sur l’avant-scène, de plein pied pour partager au mieux ce travail de quelques jours et une nouvelle étape dans ce parcours de plus de deux ans ensemble, les yeux dans les yeux avec le public, les amis venus fêter ce moment avec nous.
Le concert se déroule bien si j’en crois mes sensations, je me sens porté par la musique et la présence des gens. Pour l’aspect technique l’enchaînement des parties écrites et des improvisations, l’intégration des nouveaux espaces dans les pièces a l’air de bien fonctionner, et surtout les canaux sont ouverts et l’énergie circule. Après une heure dix de concert on sort de scène, croise des regards, on se prend dans les bras. Le sourire et les encouragements font vraiment du bien. Je rentre vite à Genève – histoire de pouvoir chanter le lendemain – porté par l’adrénaline et l’envie de remettre ça.” Antoine Läng
Nouvelle création de la scène suisse romande, le duo Elvett vernira son premier EP, « Who Shot First ? », le 19 décembre prochain à l’Usine à Gaz de Nyon.
Les prémisses Elvett
Né du besoin de renouveau de Lyn M et Alain Frey, créateurs du groupe genevois Aloan avec lequel ils ont écumé quelques unes des scènes phares d’Europe (Paléo Festival, Eurockéennes de Belfort ou encore Printemps de Bourges), Elvett se dévoile comme l’une des révélations musicales suisses de l’année.
Quelques mois après la sortie de leur premier single, « Home », en janvier 2015, le groupe écume les festivals suisse (Caribana Festival ou encore Rock Oz’Arènes) et s’offre une escapade en France (Les 3 Baudets, Paris) et en Italie (Exposition Universelle, Milan). Son électro-acoustique teintée d’un spectre trip-hop leur a permis de gagner le Swiss Live Talent 2015 dans la catégorie pop et d’aguicher les blog américain et anglais. Leur premier EP, « Who Shot First ? », sera à découvrir sur scène le 19 décembre prochain à l’Usine à Gaz de Nyon.
Le son Elvett
« So Easy » ouvre les portes de l’univers Elvett. Les premières harmonies donnent le la de ce qui sera la patte du duo. Tirades électro, bercées d’une douce vague qui attire l’auditeur dans une profondeur salvatrice. Si ce premier EP a d’abord été porté en radio par « Home », un titre miroir de cette profondeur où le groove est tiré en longueur et l’eurythmie envoûte, « Who Shot First ? » ouvre également une voie généreuse à des envolés rythmiques portant leur son dans un cosmos organique aux multiples facettes. Les percussions incarnent une précision saisissante, invoque le tribal et, d’un geste aiguisé, transporte leur musique du calme hypnotique à la ferveur salutaire. Un grain de l’imaginaire cinématographique marque. La musique d’Elvett image le son. Ce n’est pas un hasard si leur patte a été choisi pour orner le film suisse « Sweet Girls ».
L a voix Elvett
Fil conducteur du voyage, la voix de Lyn M guide de la chaleur caractérielle de son timbre. Une chaleur à la fois douce et puissante. Une puissance à la fois subtile et déconcertante. La couleur, le maniement de la note, l’intonation des mots ; quelque chose de soul glisse à l’oreille. Délicatement suggérée, cette soul s’efface parfois au profit d’effluves aérienne. L’ornement vocal agit tantôt comme leader du récit harmonique, tantôt comme compagnon de voyage.
« Who Shot First ? » pose les fondations d’un univers musical où chaque élément est mesuré avec attention et où l’osmose règne en maitre. Sonorités fraiches, électro et acoustiques à la fois, sèment les graines d’une formation prometteuse dans l’air du temps.
Concerts Nyon (CH), Usine à Gaz, 19 décembre 2015 (Vernissage EP) Genève (CH), Meyrin, salle Antoine-Verchère, 29 janvier 2016 Audincourt (FR), Le Moloco, 30 janvier 2016 Zurich (CH), Moods, 11 février 2016 Chamonix (FR), résidence à la maison des artistes du 8 février au 06 mars 2016
Ce soir, au mythique club Ubu de Rennes, quatre groupes suisses – et pas des moindres – sont à l’affiche!
La playlist ci-dessous vous permettra d’en découvrir trois. Seul Grand Cannon, un trio dont les membres (plus proches de la soixantaine que de la vingtaine) ne sont pas forcément des adeptes de soundcloud, n’est pas inclus dans notre playlist. La vidéo ci-dessous saura toutefois vous convaincre de l’efficacité de leur blues déjanté et humoristique emmené par le Chicagoan Zach Prather
Quant aux trois autres sélectionnés au grand rendez-vous des musiques actuelles françaises, leur jeunesse n’a d’égal que leur détermination et leur feeling. Justement: le Neuchâtelois FlexFab s’est fait remarquer dès la sortie de son premier EP sur l’excellent label Feelin Music du beatmaker Chief. Son univers musical sombre, des basses transperçantes et un hip hop bien méchant a déjà été récompensé aux Swiss Live Talents et au M4music, FlexFab est du genre à tout faire tout seul, armé de ses seules machines et platines. Bon chance pour cette conquête de la Bretagne!
Klaus Johann Grobe, dont notre collaboratrice anglaise, Debra Richards est une fan, ne séduit pas que les British. Ce trio alémanique associe orgue, guitare et rythmiques binaires pilonnées et semble collectionner les passages dans les festivals cultes (Bad Bonn Kilbi, For Noise, Great Escape et aujourd’hui les Trans). Psychédélique, romantique, imprégné de krautrock, Klaus Johann Grobe chante majoritairement en allemand et est passé maître dans l’art de soupeser les genres et les influences pour façonner un son et une musique très prenante.
Quant aux Genevoises des Chikitas, elles marient, elles, les életrochocs musicaux; en particulier les intros douces, presque mélancoliques et une déferlante punk. Beaucoup de bruit et de fureur orchestrés par deux charmantes jeunes femmes, respectivement, chanteuse-guitariste et batteuse-choriste. Leur premier album «Distoris Clitortion», est paru en 2014 sur le label Rough Trade.
Et pour tous ceux qui ne seront pas aux Trans ce soir, petite séance de rattrapage via notre playlist!
Grand Cannon, Klaus Johann Grobe et Chikitas seront en concert aux Transmusicales de Rennes, jeudi 3 décembre.
Jürg Frey allows musical notes to appear on his blank sheet in a playful way, ‘Not because I have something in my mind…but I like to draw dots and strings. And through this process, the impression of what this piece could be, starts to come into the foreground.’ From there he begins a dialogue with the music; it’s a mindful approach, apparent in his work. Part of the ’90s Wandelweiser group, Frey has been an advocate of silence as sound; the contrails of which are still present in his slow-moving pieces or long, solitary notes.
‘We feel the ‘handwriting’ of Graham McKenzie’
He is being truly celebrated at the Huddersfield Contemporary Music Festival (hcmf) this November with the UK premier of String Quartet No.3 played by Quatuor Bozzini and world premier of Accurate Placement with double bassist, Dominic Lash, amongst other work. This highly respected event is nearly 40 years old and as Frey describes it, ‘We feel the ‘handwriting’ of Graham McKenzie,’ the innovative festival director who added improvisation and electronica to the contemporary classical menu. This year even features an interdisciplinary piece with Graham Massey of 808 State and visual artists.
Mavericks striving for the boldest version of their music
Originally a clarinetist, Jürg was brought up in the ’50s with his dad playing violin in an amateur orchestra and sax in a jazz combo – a rarity then – as Frey says, ‘We played Mozart and Benny Goodman.’ As a composer he found his form and took inspiration from the ‘individualists’ that Switzerland is so good at producing. It’s also what drew me to Swiss artists: mavericks striving for the boldest version of their music, unrestrained by conventionality or the mainstream.
Their paint strokes affected the rhythm of his pulse
This is hard, hard work though, and risky. And for Jürg there are traps in his highly reduced music; how can it be so minimised yet still breathing? ‘The danger is that you have something that is death…10 minutes of music and 20 minutes of death material!’ It was the abstract painting of Agnes Martin that showed there was a way. ‘It is flat on the wall, but floats in space, and fills up the whole space,’ is Frey’s magical description of Martin’s artwork, and as he spoke of her and the still life painter, Giorgio Morandi, I sensed how they had changed him, and it is this changed person who composes. As if their paint strokes affected the rhythm of his pulse.
Listening to the new album, Circles and Landscapes (out on Another Timbre), it has the solo pianist Philip Thomas press the keys with such resonating deliberation I felt I was at the piano with him. There is not only vibrant life in this music, but maturity. Frey’s journey continues, he is not ‘there’ yet, but he is beyond the need to prove something, or make a point. His music just is.
Jürg Frey at hcmf
22 Nov: Quatuor Bozzini
24 Nov: Konus Quartett
27 Nov: Ensemble Grizzana
27 Nov: Philip Thomas