VEIN, Russland-Tagebuch (Teil 2)

VEIN‘s music is unclichéd and highly original, seemingly oscillating somewhere between M-Base, Cecil Taylor and Debussy, mainly carried by heavy and highly energetic binary grooves” said  Journalist Christoph (Tagesanzeiger, 14.05.07). VEIN is now on tour in Russia. Below another postcard received today @ Swiss Vibes….

 Moscow,  08.04.2014

Iouri Dubna

Nach einem sehr frühen Flug von Izhevsk nach Moskau werden wir von unserem Russland Promoter Iouri abgeholt. Er fuhr uns sogleich nach Dubna, eine kleine Stadt in der Nähe von Moskau, wo wir unser 2. Konzert der Tour spielten. Wir hatten eine super Zeit mit Iouri und waren froh ihn zum ersten mal zu treffen.
Unser 3. Konzert fand dann in Kaliningrad (ehemals Königsberg) statt. Kaliningrad ist eine russische Enklave zwischen Polen und Lithauen am Baltischen Meer. Der Jazzclub wird von 2 super netten Freunden namens Andrey und Andrey geführt. Endlich ein richtiger Club-Gig!
Jetzt essen wir gerade Pralinen mit (fast) Schweizer Qualität auf unserem Weg nach St. Petersburg…

La dentelle d’Olivia Pedroli

op_media32Deuxième création présentée dans le cadre du Cully Jazz, la chanteuse neuchâteloise Olivia Pedroli présente au Temple les chansons de son album A Thin Line, en avant-première.

En 2010, elle était passée de « Lole » – un projet de chanson pop, un peu folk – à « Olivia Pedroli » en sortant The Den, album intimiste aux textures classieuses ; un changement de cap aussi déroutant que réussi. « J’ai commencé jeune, puis j’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes qui m’ont permis de révéler ce monde intérieur ». En l’occurrence, le producteur complice de Björk, CocoRosie ou encore Feist, l’Islandais Valgeir Sigurðsson.

“Ces dualités qui règnent en nous… “

C’est naturellement qu’elle est retournée à Reykjavik pour ce nouvel album à paraître en septembre, avec l’envie d’approfondir les choses, de « creuser un sillon, trouver une cohérence ». « Ce sont les dualités qui règnent en nous qui m’ont intéressées, d’où le titre A Thin Line : ces moment très particuliers ou se rencontrent les doutes et les certitudes. Comment aller à la rencontre de nos propres paradoxes, lorsque tout est clair mais rien n’est sûr. Et nous vivons dans une époque où il est nécessaire de jongler en permanence. » Elle évoque un album réfléchit en plusieurs temps, conçut pour un support vinyle qui conditionne en beauté l’écoute de la musique, avec « une grande recherche sur la forme ».

Hiver nomade et printemps acoustique

Son parcours classique de violoniste lui a permis d’apprendre à composer la musique, chose qu’elle tend à faire de plus en plus. “Il y a trois univers assez distincts que j’aime faire se rejoindre: une écriture folk, les arrangements classiques avec des cordes ou des cuivres, et une architecture sonore faite de textures électroniques.” Elle a dernièrement composé pour le film “Hiver Nomade”, pour lequel elle a été nominée au Quartz du Cinéma Suisse, et travaille actuellement sur le thème du loup avec le Musée d’histoire naturelle de Neuchâtel. Des collaborations transversales qui permettent un autre regard, et de souvent découvrir “la beauté insoupçonnée des choses simples”.

L’exercice de ce soir au CullyJazz Festival – réarranger ses morceaux pour une petite église – est une belle « zone de frottement ». En tentant le tout acoustique, il lui a fallut trouver des alternatives aux textures électroniques, s’approprier les résonances, « jouer avec les contraintes, ce qui amène paradoxalement une forme de liberté, car il faut aller dans le fond plutôt que plus haut ou plus loin. » Travail harmonique, improvisation des textures, beaucoup d’écriture. Pour l’occasion, elle s’est entourée de musiciens qu’elle connaît bien aux violon, violoncelle, percussions et contrebasse. Un projet qu’elle espère ensuite faire tourner dans des lieux insolites, en marge de sa formation électrique en trio (Rhodes, électronique, piano), à l’automne. On pourra revoir cet ambitieux projet acoustique dans la sublime Abbatiale du Bellleay le 5 juillet prochain.

Le site d’Olivia Pedroli

[vimeo=http://vimeo.com/35942405]

Julian Sartorius en mode random

On l‘a vu un peu partout ces derniers mois, en solo ou auprès de Merz ou Colin Vallon, dans les club de jazz, les galeries d’art contemporain ou à l’affiche de festivals indie, le jeune batteur bernois Julian Sartorius ouvre ce soir le 32ème CullyJazz Festival avant Avishai Cohen et Rusconi sous un chapiteau sold out.

ImageFriand d’atmosphères intimistes, la batterie à même le sol pour être au plus proche du public, on l’a vu plusieurs fois émouvoir et faire se lever les foules. A Cully, le dispositif sera tout différent : 900 personnes en rang d’oignon, lui bien loin, sur un large piédestal et sous un gros logo jaune. Il est curieux de voir ce que cela va donner. Le jazz ? Une formation aux conservatoires de Berne puis Lucerne. « J’aime Coltrane, Monk, ce qui a du spirit. » Avant de rajouter gaiement dans l’immense sourire qui le caractérise « Mais j’aime autant Schubert que Madlib ! », et citer encore Awesome tapes from Africa ou le label Sublime Frequencies.

Beat diary

Julian Sartorius est un chercheur, et c’est grâce à un travail titanesque, son « Beat Diary », qu’il a véritablement développé son jeu : pendant une année, il s’est donné pour contrainte de produire et prendre en photo un beat par jour afin de le publier sur un blog, devenu un livre album. « La contrainte est toujours un procédé créatif intéressant, où tu peux aller au fond des choses. Regarde par exemple la gravité, et comme les gens ont été inventifs pour tenter d’y échapper, de l’escalade au base-jump… J’aime les règles, comme dans un jeu. Si elles sont bonnes, il y a beaucoup de fun. Attention, je ne dis pas que la musique juste est un jeu, mais qu’il faut jouer avec les limites. »

“Les nuances sont infinies…”

Ce qui étonne et éblouit dans son solo, c’est la gamme d’harmonies qu’il parvient à faire sortir de son instrument, l’inventivité de sa proposition, et un groove toujours en mouvement. « J’essaie de garder les jambes dans la pulsation et de faire aller mes mains ailleurs. Quand tu arrives à faire bouger les choses tout en restant dans le tempo, cela donne quelque chose de très fort. Et puis les nuances que tu peux apporter selon comment tu touches les choses sont infinies. »

“J’adore quand je ne sais pas ce qui va arriver”

S’il écrit la musique, des plans plutôt que des partitions, il aime se laisser surprendre et s’inspirer de tout ce qui l’entoure : nature, animaux, machine à laver, frottement des vêtements, tout ce qui peut produire un rythme, qu’il soit régulier ou non. « J’ai toujours des images dans la tête, c’est très narratif, et souvent j’entends des synthétiseurs ». Il a lu John Cage qui lui a « ouvert l’esprit », et a peu à peu développé un élan vers le random, l’imprévisible : « J’adore quand je ne sais pas ce qui va arriver, quand il se passe des choses qu’on ne peut pas penser. Cela me rend vraiment heureux ! »

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=MVLNRLnqTI8]

A l’automne, il sort un album du solo, parce qu’on lui l’a souvent demandé, et un autre album fait de duo entre lui et un train, un frigo, ou une caisse à la Migros. Et puis encore un single 7’’ avec des beats dessus. Dans l’intervalle, il réfléchit à comment optimiser les sous qu’il vient de recevoir pour sa nomination au premier Prix de Musique Suisse. Les idées ne manquent pas.

Le site de Julian Sartorius

Dernier disque en date: Merz, “No Compass Will Find Home” (Julian Sartorius drum and vocal renditions), Everest records

Best Swiss Vidéo Clip

Les 2 gagnants et le jury @Allessandro Dellabella
Les 2 gagnants et le jury
@Allessandro Dellabella

La semaine dernière dans le cadre du M4Music ont été décernés deux prix pour le meilleur clip vidéo. Parmi 14 vidéos retenues, cinq étaient en compétition. Le Prix du public était organisé sur la plateforme Mx3 par votation online et le Prix du Jury faisait appel au regard de trois personnalités du milieu culturel suisse : Franz Treichler des Young Gods, Vincent Jaquier de l’ECAL et Désirée Wismer de la TV zurichoise Joiz.

Prix du Jury

Le réalisateur Vaudois Simon Wannaz remporte le Prix du Jury pour le clip « Airplane Friendship » de Buvette. Une vidéo à l’atmosphère étrange, où les bonnes idées et une belle photo parent intelligemment aux petits moyens à disposition. Un visuel en belle adéquation avec l’électronique DIY de Buvette, qui avait déjà été remarqué, notamment à la Nuit du Court de Lausanne qui l’avait programmé. Simon Wannaz vient de terminer le prochain clip de la jeune veveysanne Verveine – dont nous parlerons ici très bientôt – et s’envole pour New York où il compte travailler ces prochaines années.

[youtube.com=http://youtu.be/AhfifHipcZU]


Prix du Public

Le Prix du Public a quant à lui été remporté par Uslender Production pour « Würsch Sie », un clip dont la victoire au nombre de clics doit franchement beaucoup aux très jolies filles en bikinis et à leurs nombreux amis.

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=LhmqdfcTGPY]

Or parmi les 14 clips projetés, il y avait d’autres belles choses, qui n’étaient étonnamment pas en compétition. Pour le plaisir, voici donc la….

Sélection Swiss Vibes

Le clip du rappeur Skor, pour les rondes enchanteresses en costumes traditionnels:
[youtube=http://youtu.be/rpSmHh6zIjM]

Celui du producteur vaudois Christophe Calpini, dont le dispositif en négatif, simple comme bonjour, est diablement maîtrisé:[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=yvBtPwlq6ac]

La vidéo de Bonaparte, une jolie animation bricolée :
[youtube=http://youtu.be/gVWK7cuWh2w]

Et enfin, la vidéo de Metube qui est plus un court métrage qu’un réel clip musical, mais qui, tout en s’amusant, raconte beaucoup de choses sur les nouveaux médias et le rapport à l’image:
[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=P2jn_lxrrPg&list=PLl-CRSATZiXSMWhkvfHs0H5j9JQ12DsZm&feature=share]

 

Record of the month: Tobias Preisig, ‘Drifting’

Tobias Preisig's 'Drifting'

I’ve got Drifting on constant rewind. It’s a spacious album, pulling back to allow an experience of resonance and a sort of quiet mayhem. The musicians don’t hate us: they want to captivate, however, we’re not their only object of desire. There’s a care and deep listening in their interplay that is almost audible. It’s as if they are feeling their way into a new form of being, as a quartet.

Abstract, even animalistic

Tobias Preisig spoke to me of his band working as an ‘integrated instrument’ with ‘spots’ replacing full-blown solos, such as when André Pousaz’s double bass breaks out into a sombre spotlight in Floating Causes amongst low violin stabs and hi-hat shimmers. It’s true that tracks like Out of Reach weave a subtle tapestry of instruments, intensifying in colour as it progresses. But there is no ignoring the quality of Tobias’ violin: rich, assured, respectful of its emotional power yet avoiding sentimentality. It can be abstract, even animalistic, revelling in a purity of sound.

Miniature for Gold is a painfully-gentle vignette painted by Stefan Aeby‘s piano. Preisig’s violin balances the sweetness, plucking as if a tight bass line. The track is like an exquisite kiss. But Searching for Soil is my highlight, a spellbinding piece.

Michi Stulz’s drum rolls… an unrelenting mantra

The opening Rhodes’ chord conjures a translucent pathway out to the Milky Way, there’s the metallic jingle of a cold star, before Michi Stulz’s drum rolls march us on; an unrelenting mantra. It’s the woozy high violin plucks and quivering strokes of the strings that send my goosebumps bumping. It’s a trip, to somewhere magical or possibly, macabre. Piercing violin runs twist the screws tighter whilst a stormy piano bashes at its low notes. A scrap of melody breaks through as if to keep us entwined in the music, before it shudders to a close.

This music has character: it can be moody, sensitive, frustrated yet is often playful – it’s got soul. What I hope to hear from the band in the future is a wider range of textures and themes; an evolution of their emerging and ear-catching language. Look out for this quartet playing live and let me know what you think.

http://www.youtube.com/watch?v=6UpFkg3F_8s

 

05.04.2014 CH-Zurich, Moods
12.04.2014 DE-Erfurt, Jazzclub
13.04.2014 DE-Dresden, Tonne
15.04.2014 DE-Jena, Cafe Wagner
16.04.2014 DE-Berlin, A-Trane
25.04.2014 CH-Basel, Jazzfestival Offbeat
16.05.2014 CH-Arbon, Kultur Cinema
02.06.2014 CH-Orsière, Fête de la musique
20.07.2014 CH-Gstaad, Menuhin Festival
14.08.2014 CH-Winterthur, Musikfestwochen

 

 

The bianca Story an der Deutschen Oper Berlin

Web2_gilgamesh_1Ausser für Musik, die über die Landesgrenzen hinaus Anerkennung findet, und verrückten Crowdfunding-Aktionen (90’000 Euro in knapp zweieinhalb Monaten) sind The bianca Story auch dafür bekannt, dass sie ihre Musik gerne mit Theater und Schauspiel vereinen. Mit ihrem neusten Album «Digger» sind sie nun auf der Bühne der Deutschen Oper Berlin zu sehen.

Gilgamesh Must Die!

Das Epos von Gilgamesch, einem mesopotamischen König, ein Drittel Mensch, zwei Drittel Gott, dient als Vorlage für das Musiktheater «Gilgamesh Must Die!». Bereits Ende 2011 zeigte die Basler Band mit «M & The Acid Monks», dass sie es verstehen, Konzert und Schauspiel zu vermischen. Damals wie heute führt Daniel Pfluger Regie. «Gilgamesh Must Die!» nimmt Songs aus dem Album «Digger» als Leitmotiv, um die Geschichte eines totalitären Herrschers zu erzählen, der nach dem Tod seines besten Freundes Enkidu auf die Suche nach dem Unsterblichen geht.

The bianca Story werden bei der Aufführung dieses musikalischen Theaters von einer Opernsängerin, einer Schauspielerin und 16 jugendlichen Laiendarstellern aus Berlin unterstützt. Sowohl die Uraufführung am 17. März 2014 als auch vier weitere Vorstellungen von «Gilgamesh Must Die!» finden in der Deutschen Oper Berlin statt. Ab April wird das Stück auch in Zürich, Basel und Bern aufgeführt.

Aufführungstermine von «Gilgamesh Must Die!»:

Deutsche Oper Berlin: 17./20./21./22./25. März 2014
Gessnerallee Zürich: 15./16./17. April 2014
Kaserne Basel: 23./24./25. April 2014
Konzert Theater Bern: 29. April & 1. Mai 2014

Alle Konzerte und Billete hier!

William White – Open Country

OpenCountry-williamwhite-coverHalf Swiss, half Barbadian William White arrived in the German part of Switzerland 20 years ago to study at university. But thanks to the mix of Bob Marley, Dionne Warwick, Nashville and country ballads that formed his musical DNA, engineering got the elbow for song-writing and playing his guitar in bars and bands instead. Celebrating ten years as a solo Swiss recording artist, William White spoils us with his 4th studio album, “Open Country”, a double CD featuring ten new studio tracks recorded in Jamaica last year, plus a live album recorded at Das Welt Winterthur in 2012.

A star-studded production

Compared to his previous albums constructed in solo mode, this is a star-studded production featuring the imput of Devon Bradshaw (former Burning Spear bassist) and Ian Coleman (Ziggy Marley guitarist), not to mention the distinctive legendary voices of Bushman and Toots & The Maytals. It’s a colourful and varied collaboration which hints appropriately at the title. “Open Country”: an invitation for White’s work to be interpreted and moulded by others, paying homage to his Caribbean roots and above all tipping his hat in the direction of free spiritedness, the love of nature, the wild and the organic backyard setting of the simple life.

The sound is refreshingly pure and authentic

showthumb-1.phpHugely radio-friendly, there are welcome country, folk and pop nuances that are woven throughout the reggae textures. The occasional syrupy moments (the new single ‘For Your Love’) are well contrasted with forceful, emotionally charged protest songs where White’s vocal ability is always convincing and sensitive (as in ‘Power Reggae’ or in the Marley cover of ‘Caution’). In keeping with all good reggae albums, the production is unfussy and organic, the sound is refreshingly pure and authentic. An album that exudes sunny joyfulness and the clear euphoria of mixed cultures. Listen barefoot, preferably with the sun on your back whilst planting something fabulous in your garden, (“Money for the strong man and the earth for the wise”). The album is out on 7th March 2014, launched live at Les Docks (Lausanne). A tour throughout Switzerland till April follows.

Forthcoming William White gigs:

7/03/14: Les Docks, Lausanne

8/03/14: Chollerhalle, Zug

13/03/14: Rete 3, Studio 2, Lugano

14/03/14: Rössli, Stäfa

15/03/14: Casino Theater, Winterthur

28/03/14: Hotel Murten, Murten

29/03/14: TonArt Festival, Altdorf

03/04/14: Kofmehl, Solothurn

04/04/14: Schüür, Luzern

05/04/14: Eintracht, Kirchberg

25/04/14: Nordportal, Baden

26/04/14: Mühle Hunziken, Bern

Sex & Videos & Rock’n’roll

La pop suisse s’est trouvée un nouvel étendard visuel: tous à poil!

Une obsession de la jambe à l’air qui transcende les “genres” de la folk au slam. Oubliée la grande déclaration de Clémenceau, “le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier“. Ce qui compte maintenant, c’est de faire tomber la feuille de vigne.

Anna Aaron “Linda”

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=cGyS_goCnLI]

On aurait pu croire la Bâloise aussi sage que ses chansons

Dans son précédent clip “Stellarling”, Anna Aaron se montrait en Piéta dans les bois, tenant délicatement son hipster christique sur ses genoux, avec la douceur d’un cours de catéchisme. Mais sur “Linda”, elle oppose sa beauté froide et ses rondeurs serrées dans un pull moulant, au corps nu, terriblement sec, de la danseuse et performer Oriana Cereghetti.

Introduction plastique, anti-érotique, à la morphologie humaine qui s’offre aux regards devant un mur noir et quelques néons. L’esprit torturé par Godwin pourrait y trouver des réminiscences contemporaines des “Dieux du stade” (ceux du documentaire allemand avec Leni Riefensthal, pas le calendrier des rugbymen français), pourtant si éloignées des jolies élégies de son dernier album “Neuro”, à paraître en Suisse le 28 février (et en France le 11 mars).

Kadebostany “Jolan”

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=t994-0_1bJI?feature=player_detailpage&w=640&h=360]

Erotisme crypto-fasciste et vaguement sado-maso…

C’est  le parti-pris visuel des derniers clips de Kadebostany. Alors même que la fanfare électro semblait plutôt lorgner du côté des anciennes démocraties populaires de l’Est, le grand leader Kadebostan, en costume d’apparat, s’y montre toujours entouré de deux amazones aux jambes gracieuses et aux poses ouvertement lascives sous l’uniforme. Sans hésiter à enlever le haut parfois, mais toujours de manière fugace.

Comme chez Anna Aaron, ces visions subliminales s’appliquent sur fond noir et néons clinquants, pour mieux mettre en valeur cette esthétique d’une froideur infinie. Un choix d’autant plus étonnant que les paroles de “Jolan” semblent dire le contraire de ce qui est montré ” Ho, je me sens si haut quand tu es prêt de moi […] et je suis sûr que nous pourrons traverser l’univers” chante Kadebostan avec un romantisme insoupçonnable derrière se poses martiales.

Puts Marie “Pornstar”

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=OHWL14EQOcc&w=640&h=390]

Chez les Puts Marie, on se fait plus explicite…

Les rockers de Bienne, parmi lesquels Nick Porsche, réanimés après une longue période de sommeil, ont frappé un grand coup avec “Pornstar”, tiré de leur EP, au titre tout aussi transparent, “Masoch”. Emmenés par leur chanteur-acteur de théâtre, Max Usata, ils ont recréé en studio une sorte de boîte échangiste délirante, presque sortie d’un film de Fellini, où les corps plus ou moins gracieux se mêlent sans complexe dans un même élan hétéro et gay-friendly. Un choix qui a le mérite de faire sens: leur nouvel album, mi-rappé, mi-chanté, les voit explorer l’auto-destruction et la provoc authentique.

 

Bänz Oester et les faiseurs de pluie

Rain, O Rainmaker.
Because when you rain, the soul of mankind will rejoice
Leaving the spirit of the ancestors to sleep in peace
Again, rain!

(Extrait d’un poème de Darko Antwi, Ghana)

Rainmakers_2Le disque de Bänz Oester & The Rainmakers s’ouvre sur ces mots. Une belle introduction à ces quelque six morceaux enregistrés en quatre jours à Bâle, au Bird’s Eye. Ils préfigurent d’une musique fulgurante où l’ont reconnaît des bribes de folklores, un piano sud-africain mais surtout un sens de l’improvisation forcené. Les Rainmakers sont la rencontre  de deux musiciens sud-africains – Africa Mkhize, Ayanda Sikade – et de deux musiciens suisses, le contrebassiste Bänz Oester et son ami saxophoniste Ganesh Geymeier.

 J’aime ce groupe pour son esprit démocratique” (Africa Mkhize)

L’histoire a commencé en 2011 au National Arts Festival de Grahamstown. Bänz Oester y est invité avec son ami Andreas Schaerrer. Les rencontres avec les musiciens locaux sont multiples, mais le coup de foudre avec Africa Mkhize et Ayanda Sikade est immédiat. « C’est drôle, on peut ne pas se voir pendant une année. On se met à répéter et en trente minutes, nous sommes en sueur. Cela ne m’était jamais jusque-là » s’exclame le contrebassiste connu aussi pour être un membre du Who Trio.

Un an plus tard, ces quatre-là se retrouvent en Suisse, tournent et enregistrent. Pour célébrer la sortie de ce premier opus des Rainmakers, les musiciens sont repartis à la conquête des scènes de Suisse.

Ils terminaient leur tournée à Lausanne au Chorus, pour deux sets magistraux où le piano percussif de Africa Mkhize se plongeait dans les folies d’une rythmique qui semblait libre de toute contrainte et d’un sax aussi séducteur que surprenant. « J’aime ce groupe pour son esprit démocratique. Chacun contribue. Une idée peut amener dans n’importe quelle direction. Dans mon quartet sud-africain, on a plus tendance à maîtriser les idées. » explique le sourire aux lèvre Africa Mkhize à la sortie du dernier concert de la tournée, au Chorus de Lausanne.

« Nous ne cherchons pas à faire un morceau de yodel avec un rythme africain » (Bänz Oester)

Rainmakers_photo 1Des compositions originales (signées de lui ou de Bänz Oester), des standards de jazz, des morceaux issus du folklore bulgare ou suisse, toutes les musiques sont à portées d’instrument. «Ce n’est pas un concept de producteur, précise Bänz Oester. « Nous ne cherchons pas à faire un morceau de yodel avec un rythme africain. Tout part d’abord du cœur. On ne peut jouer le morceau à notre manière que si on aime le morceau. »

 « C’est ma voix qui me permet d’entrer en contact avec le piano» (Africa Mkhize)

La musique de ces quatre-là est porteuse, porteuse d’émotions, porteuse d’univers musicaux en constante mutation, du free à la ballade. A Chorus, penché sur son piano, Africa Mkhize semble absorbé par son instrument, sa voix laissant échapper parfois cris, murmures, scat. «Je joue tous les soirs sur des pianos différents, sur lesquels tant de mains sont passées. Ma voix est la seule façon d’entrer en contact avec eux» explique celui qui joua pendant près de dix ans avec Miriam Makeba. » Ses doigts effleurent, voltigent, frappent les touches blanches et noires, ouvrent la porte de la spiritualité, une porte par laquelle, ses trois comparses s’empressent de s’engouffrer.

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=mEJ-34vtJTo]

Bänz Oester & The Rainmakers, « Playing at The Bird’s Eye » (Unit Records)

 

KoQa oscille entre beat box et instruments

KoQa-liveLe Chaux-de-Fonnier KoQa a fait du human beat boxin son art.  On l’avait vu cet été sur les scènes de Suisse romande en solo, composant des rythmes en direct sur son imposant  sampler. Ce virtuose était capable en un seul morceau  d’évoquer six thèmes de hip hop. Aujourd’hui Koqa revient avec un nouveau concept KoQa Cyclic Oscillation qui mêle beatbox, batterie, bugle, VJing, et lumières. A découvrir sur la vidéo ci-dessous:

[youtube=https://www.youtube.com/watch?v=w_0ZXZcQqno]

Prochains concerts de Koqa

01.02 – Koqa trio @  Espace Noir – St-imier. Avec Murmures Barbares, The Legists
15.02 – Koqa solo @ Mascotte – Zürich en première partie de Beardyman
15.03 – Koqa trio @ Cave à Mine – Delémont
21.03 – Koqa Cyclic Oscillation @ Zinal Freeride 2014