Swiss Vibes 2013, la chanson du mois de mai

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« On pourrait croire, en écoutant cette chanson, que je travaille dans un état de spleen profond. Ce n’est pas du tout le cas. Je fais partie de ceux qui ne croient pas au cliché qui dit qu’il faut être malheureux pour produire de bonnes chansons. En composant ” Sorrow “, je voulais trouver une fragilité, je cherchais des ambiances éthérées et subtiles. C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’y ai pas mis de basses. J’ai voulu aussi être très concis. On m’a souvent dit que mes chansons étaient longues, dilatées. Avec cette minute et demie, on ne pourra plus me reprendre. » Nick Porsche, à propos de la chanson Sorrow.

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Sorrow est écoutable et téléchargeable sur le bandcamp de Swissvibes. Récemment le chanteur biennois aux goûts décidément éclectiques a fait paraître un nouveau single qui comprend une reprise de son cru de « Billie Jean ».

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Le double électro de Peter Kernel

tumblr_inline_mk0abbdWD31qz4rgpSecond single solo après «I’ll teach you to hunt», Barbara Lehnoff alias Camilla Sparksss enfonce le clou avec «Precious People». Elle creuse son sillon si particulier dans un style électronique quasi-mécanique aux sonorités 80’s assez éloigné de ce que l’on connaissait d’elle au travers du groupe rock Peter Kernel. A l’image de son clip percutant, «Precious People» est une claque sonore inquiétante et hypnotique qui sort des sentiers battus avec ses basses énormes et des arpèges électroniques technoïdes aux frontières de la Cold Wave. Un titre masterisé par Simon Davey (Chemical Brothers, Depeche Mode, Mirwais…) qui n’est sans doute pas pour rien dans cette électro puissante et implacable baignant dans une sensualité toujours sous-jacente.

A l’image des intrigants trois «s» de «Sparksss», la troublante Barbara Lehnoff est définitivement une artiste déstabilisante et hors-norme qui bouleverse les lieux communs. Entre provocation et douceur sauvage, la suisse-canadienne se fraye son chemin au travers de la musique électronique underground… une piste à suivre et à ne lâcher sous aucun prétexte.
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Swiss Vibes 2013 dans les starting-blocks!

Le 7 mai 2013, Vibrations publie un supplément de 32 pages entièrement consacré à la scène suisse et offre une compilation de 19 titres à ses abonnés. Parallèlement le blog swissvibes.org, propose le téléchargement gratuit de cette même compilation sur bandcamp. Une opération globale qui allie trois support – presse, CD physique et Internet – pour manifester de l’effervescence de la scène musicale suisse ainsi que son potentiel de développement à l’international. Cette opération est rendue possible grâce aux liens qui unissent depuis quatre ans le magazine Vibrations et Pro Helvetia.

Petit rappel de l’histoire de Swiss Vibes:

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Début 2009, constatant la montée en puissance de la scène musicale helvétique, le magazine Vibrations et la fondation Pro Helvetia unissent pour la première fois leurs forces et réalisent la compilation Swiss Vibes 2009 qui rassemble,  à côté de étoiles déjà confirmées de la scène suisse  que sont Erik Truffaz, Jérémie Kisling, Sophie Hunger, de talentueux musiciens de jazz, de pop ou d’électro. Fort éloignés des clichés habituellement associés à la Suisse, certains, comme Filewile, Grand Pianoramax ou Lole, ont depuis fait parler d’eux dans des festival de renom ou aux travers de leurs enregistrements discogaphiques.

swissvibes_HD_pochette 2011

Deux ans plus tard, la scène suisse a tellement évolué qu’une nouvelle compialtion s’impose d’elle-même. Diffusée aux abonnés de Vibrations et au sein du réseau national et international de Pro Helvetia, Swiss Vibes 2011 s’accompagne désormais d’un blog destiné à être éphémère,  www.swissvibes.org. Du 1 avril au 15 mai, il offre du contenu sur les diffférents groupes sélectionnés (interviews, reportages, sons et vidéos) dont Rusconi, Mama Rosin, Imperial Tiger Orchestra, Oy, Kara Sylla Ka, Samuel Blaser, Anna Aaron, The National Fanfare of Kadebostany.

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Vibrations Magazine, Pro Helvetia et swissvibes.org sont heureux de vous faire découvrir une nouvelle sélection d’artistes suisses, prêts à investir la scène internationale. Découvrez Fiona Daniel, My Heart Belongs to Cecilia Winter, Fai Baba, Tobias Preisig, Soraya Ksontini et Lucien Dubuis et les autres  en téléchargeant la compilation numérique sur bandcamp!

Disque du printemps: Plaistow “Citadelle”

 

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Depuis sa création en 2007, Plaistow ne cesse de réinventer le trio jazz. Johann Bourquenez, Cyril Bondi et Vincent Ruiz (le dernier arrivé), aiment l’exercice de l’enregistrement. C’est l’occasion comme l’affirme le leader et pinaiste Johann Bourquenez, de « redéfinir les directions, de faire le point ». Après “Lacrimosa” et ses deux longues plages de 20 minutes, voici donc “Citadelle”, qui paraît pour la première fois sur un vrai label (Two Gentlemen) : huit morceaux dont un seul ose cette fois durer 20 minutes. On connaît certains des ingrédients-clefs de Plaistow : un amour inconditionnel de la répétition et de la musique minimale allié à un goût prononcé pour certains rythmes issus du monde la techno (drum’n’bass, dubstep). On découvre ici une exploration des modes arabes, une démarche toujours plus construite et même un morceau de hip hop expérimental avec le rapper de Psykick Lyrikah. Traversée d’oscillations, travaillant sur les couleurs harmoniques, la musique de “Citadelle”est à la fois primale, sensuelle et incroyablement subtile. Evoquant la nature ou les constellations planétaires, elle vous prend pour vous redéposer quelque cinquante minutes plus tard, empli d’une nouvelle sensation d’urgence. Et comme cette musique est fondamentalement libre, elle laisse la place à chacun de s’y projeter avec ses idées et ses sensations. Ce que prouve en beauté cette vidéo de Janice Siegrist.

Plaistow, “Citadelle” (Two gentlemen/Dist Irascible)

Concerts de Plaistow:

26 april – BERN (CH) – Ono
28 april – ZURICH (CH) – Exil
2 may – GENEVE (CH) – La gravière

[vimeo http://vimeo.com/63859823]

 

 

Mama Rosin à la rencontre de Moriarty

imagehautsiteMoriarty et Mama Rosin sortent tout juste de l’enregistrement de 5 titres communs, à paraître le 20 avril dans le cadre du «Disquaire Day 2013». Ils se sont donnés rendez-vous pour célébrer la chose à la Flèche d’Or dix jours avant cette date. Moriarty ouvre le bal. A Paris, les franco-américains de Moriarty jouent à domicile et leur réputation n’est plus à faire, ce qui n’est pas le cas du trio helvétique, inconnu de la plupart des spectateurs.

Natifs de Genève, la musique des Mama Rosin baigne dans le blues suintant de la Louisiane et se permet de multiples écarts géographiques vers la Nouvelle-Orléans ou les Caraïbes. Lorsque les neufs musiciens sont réunis sur la petite scène de la Flèche d’or, ils  attaquent les titres communs et la sauce prend instantanément, comme si les deux entités avaient toujours joué ensemble. Banjo et violon croisent le fer avec harmonica et contrebasse, les accordéons sont de sortie, et le bottleneck est de rigueur. Ces morceaux inédits donnent l’impression d’avoir toujours existés, comme un bon vin resté à la cave et qu’on ressort pour une grande occasion. «Ginger Joe» et sa grosse rythmique fait immanquablement taper du pied. «Every Night» est plus dans le style des Moriarty, mais le banjo de Robin Girod de Mama Rosin fait merveille aux côtés de l’harmonica de Thomas Puéchavy. Après ce voyage outre-Atlantique, on revient en Europe avec «Sept jours en mer». Sans doute un des meilleurs moments du concert. Dans un style peu abordé jusque là, les deux groupes nous proposent un chant de marin aux allures de légende traditionnelle celtique. Les «sombres héros de l’amer» de Noir Désir ne sont pas loin, et comme souvent dans ce genre d’histoire de sirènes et de navires perdus, c’est simple, efficace et terriblement poignant. Rosemary de Moriarty qui chante en français, c’est superbe et suffisamment rare pour être signalé! On est sous le charme délicieusement vintage de cette formation éphémère.

Moriarty & Mama RosinMoriarty quitte temporairement la scène pour laisser les trois rockeurs suisses prouver au public français qu’ils en ont sous la pédale. Sans crainte, ils nous balancent leur blues rock de la Louisiane helvétique. Leur univers est bariolé. Il mélange allègrement le Mississippi et le Québec, comme si Jimmy Page et Robert Plant s’étaient initiés aux mythes vaudou et à la danse Two-Step du Texas. On comprend mieux pourquoi Jon Spencer du fameux groupe  new-yorkais Jon Spencer Blues Explosion a décidé de prêter main forte à l’enregistrement de leur dernier album «Bye Bye Bayou», sorti en février dernier. «Sittin on top of the world», extrait de cet album, est représentatif du mélange des genres cher aux Mama Rosin: un riff bluesy au bottleneck soutenu par un accordéon dansant et une grosse rythmique hypnotique et rock n’roll. Il n’en faut pas plus pour faire dodeliner de la tête les 500 personnes de la Flèche d’Or, et on aperçoit même les Moriarty taper des mains en coulisses. L’effet est instantané et délicieusement addictif.

Quelques morceaux plus tard, Moriarty rejoint à nouveau les Mama Rosin sur scène pour clôturer un concert enlevé et rythmé. Pas d’artifices superflus, juste de l’énergie brute et le plaisir de livrer un concert unique, qui se termine dans un mélange de transe vaudou et de blues country et une petite traversée parmi la foule. Merci Moriarty et Mama Rosin !

 Le concert de Mama Rosin et Moriarty a eu lieu mercredi 10 avril, salle de la Flèche d’or à Paris

L’enregistrement 5 titres “Moriarty Meets Mama Rosin” paraît en vinyle en édition limitée le 20 avril sur le label Air Rytmo de Moriarty.

des cadeaux, encore des cadeaux…

Ce n’est plus Noël, mais l’excellent label genevois, Mental Groove a décidé de jouer les prolongations. Il nous offre une compilation gratuite en téléchargement ici. On y retrouve des titres (dont des inédits) de Mama Rosin, Imperial Tiger Orchestra et La Fanfare Kadebostany dont nous vous avons longuement parlé sur ce blog.

Chapter

Mais aussi des autres artistes plutôt inspirés, comme Chapter, ce duo genevois qui conçoit ses albums comme des livres. Tome après tome, il égrène, un folk blues inspiré aux voix un peu décalées.

The Young Gods

Et comme Mental Groove aime la musique électronique, il y a aussi de bons titres de house dont celui de Laolu qui lorgne du côté du Nigéria. De l’electro tout droit sortie du cerveau défectueux de Sinner DC. Et du rock teinté d’électro avec Nectar Divine, un nouveau projet signé Christophe Calpini (Stade, Mobile in Motion) et une long remix des parrains Young Gods.
La playlist propose même un ovni de The Proteins, dont le titre “Could this be the End?” fait très fin de monde…

Bref beaucoup de bonnes choses, agrémentées d’excellentes notes de pochettes (également téléchargeables) signées du journaliste Thierry Sartoretti.

Dépéchez-vous! Ces pépites musicales sont offertes jusqu’au 31 janvier 2012 seulement sur le site de Mental Groove.

Hell’s Kitchen, au four et au moulin…

Comme à son accoutumée, Hell’s Kitchen a concocté son nouvel album dans les cuisines du diable. Du Mississipi à Genève, ces trois-là déclinent leur recette bien particulière, loin des clichés du genre. Un nouvel opus sur le label Dixiefrog, la référence français en matière de blues et quelques dates cette semaine dans l’Hexagone. Après deux shows radio dont un à France Inter écoutable ici , ils partent à l’assaut de la France avec des «vrais» concerts aux Trois Baudets à Paris, le 25 mai et à la Péniche à Lille, le 26 mai. Avant ça, ils se sont pliés au jeu de l’interview.

Comment avez-vous conçu ce quatrième album ?
Bernard Monney Nous adorons le blues, mais on en a marre de cette façon de le jouer avec des solos de guitare insupportables. Ce qui nous plaît dans le blues, c’est le côté, minimaliste, touchant, espacé. On a l’impression que le rythme part des battements du cœur. Dans les campagnes du Mississipi, les musiciens jouaient avec trois bouts de ficelle et ils arrivaient à reproduire les sons du sifflement d’un train !

Le blues vient du Sud des Etats-Unis. Vous êtes suisses. Comment vous positionnez-vous par rapport à ça ?
Bernard Monney Il n’est pas nécessaire d’être originaire d’une région pour jouer le style de musique que l’on aime. C’est comme les groupes d’afrobeat ou de reggae. Cela dit, quand on joue à l’étranger, le public est surpris. Il trouve ça exotique. Je pense que le fait d’être Suisse, d’être au milieu de l’Europe nous permet de ressentir toutes les influences qui nous entourent. C’est en tout cas un de nos objectifs.

Cedric Taillefert, batteur et percussionniste, joue avec tout ce qui lui tombe sous la main ?
Bernard Monney Il s’est constitué sa propre batterie avec certains des éléments usuels, mais aussi un tambour de machine à laver, un poubelle… A intervalles réguliers, il amène un nouvel élément pour perfectionner son instrument. En studio, il travaille également avec un énorme conduit de ventilation. Malheureusement, cette partie-là est intransportable. Sur scène, il joue donc avec les sons échantillonnés de ce conduit.

Vous venez tous les trois d’univers musicaux très différents ?
Bernard Monney Le contrebassiste Christophe Ryser est un punk déguisé en jazzeux. Cédric Taillefert a appris à jouer dans les fanfares. Puis il a découvert le jazz. Ce n’est qu’adulte qu’il a commencé à s’intéresser à des trucs plus minimalistes, extrêmes. Il a fait le chemin inverse de celui que l’on emprunte habituellement. Moi je viens du hard rock et du punk. Le dénominateur commun entre nous trois, c’est le blues.

Sur ce disque, il y a pour la première fois une chanson en français. Pourquoi ?
Bernard Monney L’anglais est une langue belle et ronde. Elle se prête évidemment très bien pour chanter le blues. Mais j’ai un problème avec l’anglais, tout simplement parce que ce n’est pas ma langue. En même temps si on cherche à faire des paroles similaires à celles du blues rural, c’est affreux. J’ai donc choisi de parler un français approximatif, celui d’un paysan du début du siècle qui descend à la ville et qui se fait complètement arnaquer. Je voulais surprendre.

Hell’s Kitchen de plus en plus méchant…

Le nouvel album de Hell’s Kitchen «Dress To Dig» est dans les bacs. La vidéo ci-dessous vous en donne un aperçu. Quant à l’interview de son chanteur et guitariste, Bernard Monney, il sera en ligne la semaine prochaine ici même.

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Les nouveaux jouets d’Oy

Son dernier album, “First Box, Then Walk” (Creaked Records) lui valut de tourner un peu partout. Oy avait alors pour source d’inspiration les souvenirs d’enfance de ses amis et pour matériau sonore des bruits de jouets d’enfants. Comme cela ne correspondait qu’à une petite partie d’elle-même, la chanteuse d’origine ghanéenne Joy Frempong avait choisi de ne prendre que deux lettres de son prénom pour en faire son nom d’artiste.

Aujourd’hui, Oy remonte aux sources de ses origines africaines. Elle est partie collecter des sons dans différents pays d’Afrique. En Afrique de l’Ouest, elle cherche plus particulièrement des conteurs et des histoires traditionnelles pour les mettre dans un contexte musical. C’est au Burkina Faso qu’elle rencontre Ismael Sawadogo, chauffeur de taxi et conteur qui vit à Bobo-Dioulasso. Sa jeunesse, son bagout et ses anecdotes personnelles la séduisent. Jugez plutôt sur cet extrait, intitulé “Diplomatie” qui s’inspire de ses mésaventures avec l’ambassadeur belge de Ouagadougou. 2 minutes à écouter jusqu’au bout pour entendre l’intervention de Oy. Une petite leçon de découpage électronique franchement drôle!